31 octobre 2007

Mille Mots Dits

Bill Wabo, Jambe de bois,
couleuvres de Chine,
Sorcières dévoyées,
boa boa...

aujourd'hui
la rue est aux mousses
énervaillés
et tous les accommodements charitables
sont dans les friandises imaginées!

Même les pigeons
à matin
ont un cri
de poulie mal huilée

En tous cas,
je rappelle que c'est aussi ce soir
la première de
Mille Mots Dits

au Café Sarajevo,6548, boul. Saint-Laurent
flanqués des flamboyants musiciens
du Anthony Rozankovic Trio,

à 20h00.

Photo Jacques Desmarais
***
Finalement, il convenait de ne pas forcer la note et de laisser toute la place à la fête spontanée, la musique (les musiciens étaient extra), la danse... Telle était l'ambiance au Café Sarajevo ce soir-là.

Même moi je suis sorti des griffes de mon fleuve de gêne en glace et suis allé rejoindre l'orchestre ET LILI avec ma Marine Band, le temps d'un blues!

Allez faire un tour sur le site de Lili Lalonde, il y a la photo qui suit, des extraits, Miss... et c'est très bon!



Pour les 1000 Mots Dits, ce n'est que partie remise dès le mois prochain...

Photo de Lili importée de son Myspace.

29 octobre 2007

Slam libre! Dernière heure!

*
Marie-Paule Grimaldi a animé ce slam session finement et en douceur, avec un grand champ de fleurs de poésie dans la voix. Un slam session avec beaucoup d'âme, de l'humour, des belles personnes. La preuve : j'ai slamé moi-même! (hihihi!). Plus à venir. Là je me dépêche de publier avant minuit. Car si trouille!




















Marie-Paule, l'hôtesse-poétesse exquise de la soirée.

***
En supplément, quelques photos...
Paolo«Toffu», le coeur en sueur, ne fut point avare de synonymes.

Monk.e, l'éveillé, le semeur, le troubadour.
Il était de la première partie avec Mykalle, Isabelle St-Pierre et
Jocelyn Thouin.


Longue filée des slameurs au milieu des spectateurs attentifs. Ils monteront sur scène
à leur tour puisque c'est slam session.



 Jean-François Nadeau a fait crouler de rire la salle avec une histoire d'halloween horrifugeante
qui se passe dans les allées underground d'une épicerie où même les gens ordinaires tombent en amour. Gare à Frank Sinatra!


Ce slameur, au centre, vient tout juste de revenir à sa place. On est un peu détricoté quand on atterri...


À l'intermission se rapaillent toujours sur l'avenue du Mont-Royal jazzeurs et fumeurs. Je dirais même plus : fumeurs. Cette photo sera célèbre un jour. Mais puisqu'on ne m'a pas présenté la demoiselle qui est à côté de Jocelyn Thouin (ce dernier est encore tout trempé du gala de l'Adisq de la veille et mon éthique journalistique m'empêche de révéler de qui il a reçu un Félix!), alors ça me gêne de nommer les autres, de dire que le rêveur est bien Carl et que le poète est bien Mario.

***


Et puis voilà, le temps me manque pour en dire plus sur les autres slameurs qui ont défilé nombreux. J'ai d'ailleurs dû quitter avant la troisième partie. Je n'aurai pas vu, entre autres, Rebell Trankil, alias Gabriel, qui m'avait fait lire son texte. 

Photos : Jacques Desmarais.


Slam Micro Ouvert

Slam-Session

Micro Ouvert

Au O Patro Vys (356 Mont-Royal Est)

Ce lundi 29 octobre, 20h00

Entrée : 5$

Ouverture des portes: 19h30.

27 octobre 2007

Train de nuit roule vers Courcelles







Vers Courcelles
et son pluton granitite,
sa rivière aux Bleuets,
ses cowboys devenus muets dessinateurs

Il y a eu un peu beaucoup de brousse
dans le paysage de notre imaginaire

Imaginez, un vieux snoque
invité par les Bido et les Nico.
C'est une chance!
Car sans farce, je crois
à l'égalité des marcheurs
même si je sais
qu'ils vont m'enterrer
de quolibets gentils
pour toujours

quolibet n'est pas le bon mot

Se retrouver entre nous avec une carafe de joie
c'est-à-dire entre Irlandais
au Griffintown Café

On m'aurait dit Courcelles
1848
entre Abénakis sous le tipi
pour prendre un pich
ou une chique de je ne sais trop quoi,
tout autant plumitif

je suis caméléon!

et j'ai mon passeport gaspésien
quand il fait froid dans la tête

C'était une soirée
où les fenêtres sont ouvertes
on parle, on parle
il nous manque toujours des mots
jamais d'allumettes

on veut parler de Fernande
quand je pense à Fernande
je pense à Brassière...
je veux dire Bras de sens

On veut parler de Fernande St-Martin,
signataire du Refus global,
sémiologue, gueule de liberté
et c'est même pas sur le bout de la langue


On veut parler de Serge Lemoyne
On veut parler de Serge Lemoyne

artiste tripeux bleu blanc rouge
originaire de la porte des Cantons-de-l'Est,
c'est-à-dire Acton Vale, 
mon pays,
façon de parler,
pis ça ne nous vient pas
on a le nom de Lamothe dans la tête
« Willie, c'est autre chose »,
dira Nico

Alors, on passe à autre chose

On se dit que c'est le grand âge

On vide un autre bock

On voudrait parler du ciel d'Anselm Kiefer...

On se dit que les arbres dans l'Ouest-de-l'Île
sont plus jaunes d'oc que ceux de l'Est
question d'espèce
que c'est joli

La vessie est plus qu'une lanterne
c't'un gyrophare croisant le faisceau de la Place Ville-Marie...

Alors, passé minuit,
on pisse a capella 
en revenant
sur la rue Notre-Dame
dans un carré vague
où il y a encore des fleurs soleil

puis à nouveau sur la rue Gustave-Bleau,
sous un arbre,
en se demandant s'il est parent avec Jos

On se dit que les pôles ce soir
sont bien arrosés de paraphes





et que vraiment,
ça adonne bien d'être
à Montréal
entre émigrés.

La Sainte-Flanelle a gagné 7-4
aux Carolines

Dans le dernier métro attrapé de justesse
on se dit joyeusement
que c'est l'âge, la boisson, l'ivresse...

Ah! oui, on parle des McGarrigle,
de la violence
de la création
de la pauvreté...

S. Lemoyne, Dryden
MBAM, ad usum privatum

entre la sagesse
et Lajeunesse

«Il y a un arrêt...».

24 octobre 2007

22 octobre 2007

Salmigondis de cul

Photo Jacques Desmarais, parc Gamelin, Montréal


De temps en temps
le salmigondis me reprend
Voici donc en vrac
le dernier chargement

Avant de venir à Montréal
la seule grosse ville que je connaissais
c'était la Nouvelle-Orléans
avec son lot de fatiguants

Une fois, je me promenais
librement
dans les rues
certaines ressemblent
 à un décor de cinéma

sans doute que j'étais beau
les cheveux longs...
je ne le sais pas!

qu'est-ce qu'on peut savoir à 20 ans?

En voilà un qui me demande
si je veux marcher avec lui!

Pis un autre!

No! I able to walk alone!

Un autre, un noir me baraguine du chinois
mais je comprends qu'il finit par me dire
de crisser mon camp!

Dans un bar,
assis au bar
je tue le temps
avant de prendre l'autobus
qui me ramènera à Franklin

Deux mecs dans la trentaine, je dirais
m'abordent, s'informent, réalisent bien
que j'ai un accent à couper
ils sont très cool,
de plus en plus coolant

m'offrent d'aller fumer
avec eux, en haut,
dans leur chambre...

j'ai beau être naïf
j'ai beau avoir le goût
de fumer

Je dis non thank you

Je suis certain qu'ils me prenaient
pour une valise
un jeune perdu dans ville
qui se cherche quoi faire

Je suis certain qu'ils voulaient m'enfirouapé

C'est fatiguant de se faire achaler comme ça
je pensais que c'est parce que j'avais l'air d'une fille!

En fait, c'est peut-être parce que
j'avais l'air d'un gars.

Une autre fois
Je débarque de l'autobus à Houston
avec ma bicyclette
aux petites heures du matin
dehors, y mouillasse

j'explore les grandes artères désertes
je spotte des places pour coucher
je n'ai pas un budget à tout casser

Je trouve un endroit moche mais abordable
il y a un tenancier aux cheveux noirs comme des mûres
ma chambre est minuscule, mais correcte
pour un soir

Je parle au bonhomme
m'informe de la ville
des autobus et toute

À un moment donné,
il frappe à ma porte
et me fait signe de le suivre

What? What about?

Coming!

Adjacent à sa suite
se trouve une pièce
avec une espèce de judas
à mi-mur

Il me fait signe de monter sur une chaise
et de... regarder

Ce que je fais,
pauvre épais

C'est quoi la scène primaire?
Eh! Ben! J'étions dans un bordel
peuchère et très cheap!
et j'ai vu pendant dix secondes
dans la chambre de l'autre côté
une pute,
une noire abracadabrante,
boursoufflée, chambranlante
qui pompait un mec éjoré...

Le bordelier me demanda alors
si je voulais ça... but not her!
Je te la paye la shotte, m'a-t-il dit!

Ah! que le monde est donc fin avec moi!

En revenant des Éatt
Sur le pouce,
dans Washington D.C,
je pogne encore deux zozos d'affilée
qui me font des avances

Je me tanne
je ramasse une grosse roche sur le bord de la route
et je continue de poucer et ça continue!
avec un «athlète» cette fois qui fait du road'derbie
et qui me dit :«I love your accent»

Puis, soudain, coup de roue
on sort de la route,
m'amène dans un cul-de-sac, noir,
immobilise son char...

j'ai la main dans ma poche, je tiens ma roche,
je ne veux rien savoir
et je suis prêt à l'assommer
côlis!

Y voit ben que je suis pas là-dedans.
On reprend la route et il me dumpe drette-là!

Ouf!

À Montréal, dans ma première tentative
de vivre dans cette ville
j'habitais sur la rue Ontario
en face de la Grande-Passe,
la grand'mère des Clochards Célestes,
qui eux-mêmes engendrèrent
Les Foufounes Électriques,
vrai comme je vous parle.

Le pâté de vieilles maisons de brique
où je demeurais
avec une gagne de sautés
est aujourd'hui démoli
Sur le côté, il y avait une rue-ruelle
menant au Terminus d'autobus
puis, à présent, au parc Gamelin
où l'on joue aux échecs
sur la photo, en haut de la page

À la Grande-Passe
j'aimais la fille qui faisait les sandwichs au jambon
j'aimais son toupet existentialiste,
mais faute d'argent
je me nourrissais surtout
de deux ou trois Yoplait par jour
pris à l'épicerie d'à-côté

J'étais pauvre en christ!

Plusieurs de mes cours en philo
se donnaient le soir
à l'Uqam, rue de la Gauchetière

Je revenais dépassé 22h00
en empruntant la Catherine

Combien de fois me suis-je fais achaler
aux alentours de la taverne Le Plateau?

«T'as des belles fesses», me dit chose
un de ces soirs!

Je ne me revirais même pas.
Je ne pouvais pas croire
que c'est à moi qu'on s'adressa.

***

C'est salmigondis! Parlons d'autre chose.

Aujourd'hui, sur Train de nuit
est monté le 15 000e passager!

Il y en a un peu plus car j'ai perdu
une partie des stats du mois d'octobre 2006
à cause d'une panne

Et c'est soit M. Dunn ou bien soit un quelqu'un ou une quelqu'une
qui venait de son site.

La preuve :

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Alors, en cet honneur,
je payerai soit une rousse, une brune, une blonde ou une noire
(est-ce qu'ils en font des auburn aux yeux de mousse pers?)
au pays que j'aime tant de la profonde nostalgie des Irlandais,
un de ces jours
peut-être même un de ces soirs.

Mais je dis aussi un gros merci
à tous ceux et celles qui passent ici
jour et nuit.

Voilà, comme disent les Français.

Photo : jd.

21 octobre 2007

Barde & Mistral

Le hasard avec un brin de nécessité a fait que ça s'est adonné de même : au cours des dernières semaines, j'ai rencontré rapidement Jean Barde et Christian Mistral. Avant ces rencontres, ils étaient avec Dany Laferrière (croisé lui aussi un soir de slam) et André Major, mes têtes de lecture à venir en vue de nourrir ce blogue.

Photo Jacques Desmarais
J'ai dit à Jean Barde que je le lisais en tout premier lieu du temps qu'il était le boss à Voir, mais là,«je suis en retard dans mes lectures». Cela ne l'a pas dérangé. Le lendemain de notre rencontre, je me suis procuré en format de poche dans la collection Babel de Leméac Comment devenir un monstre. Je n'ai plus d'excuse.

Mistral, lui, je l'ai déjà interviewé en 1990 pour Train de nuit, version Radio Centre-ville. J'ai son Léon, Coco et Mulligan (Boréal) qui trône au-dessus de ma pile. Depuis la parution de ce roman, j'avais vaguement esquissé l'idée de reprendre l'interview que j'ai conservé en quelque part sur cassette afin de faire (peut-être) émerger quelques traits du jeune auteur que l'on reverrait dans le Mistral de la maturité.

Mais voici que tout cela est ravivé à la faveur d'une rencontre imprévue la semaine dernière au Quartier Latin alors que Mistral participait à l'émission Vous m'en lirez tant de Radio-Canada.

Raymond Cloutier interview Christian Mistral
Photo Jacques Desmarais

J'ai dit à Mistral que j'avais son roman, mais que j'en étais pour le moment à l'exergue. «Ah! C'est la première fois que quelqu'un me fait un commentaire sur l'exergue, me dit-il. C'est important de bien choisir un exergue.»

Je ne reviendrai pas là-dessus, je ne veux pas que personne m'achale avec ça, mais voilà, j'ai connu de l'intérieur la bibliothèque que fréquenta Émile Nelligan dans son enfermement. Or l'exergue de Christian cite à peine quelques mots de Rêve d'une nuit d'hôpital, ça me touche, ça m'émeut aux larmes.

Mais il y a plus. C'est vivant au-delà des écrivains eux-mêmes la littérature. Hier, samedi, en auto, de retour de mes commissions, je pogne L'autre midi à la table d'à côté. Ça me prend quelques secondes pour identifier les voix. Mais le propos est d'emblée un régal. Barde & Mistral échangent! Pas d'esbroufe pour les micros. J'arrive au moment où les complices parlent d'alcool, d'esprit figé, de pensées de notaire. Ils parleront des peines profondes d'amour, du père, des enfants, de la liberté («la liberté fait mal», dira Barde), et toujours du métier.

Mistral répètera ce que mon ami journaliste et poète Michael Thomas Gurrie disait, Mistral répètera ce qu'il m'avait dit lui-même en 1990 : «Nous sommes toujours en train d'écrire.»

J'aime beaucoup ces deux-là. J'aime leur voix personnelle. J'ose croire que les éblouissements se partagent en toute égalité.

Photos : jd.

16 octobre 2007

Slamontréal : c'est reparti!


Retour hier soir à la case slam sur la scène du O Patro Vys. En conversation avec Harm, le très sympathique boss du Vys, on se disait que le slam, pour les jeunes notamment, était une très joyeuse invitation à la prise de parole.

J'ai peu de photos potables et à peine cinq minutes pour dire que le personnel des slameurs était complètement renouvelé hier soir.

Bien porté sur le biberon et les vers, c'est un abracadabrant monsieur Daniel Dubé qui s'est mérité les plus hautes notes des juges, suivi de Abdeslam (son prénom véritable!) Alfadil qui a offert deux solides slams engageant. Enfin, à quelques pico-secondes de points près, la très remuange Nina Louve nous a fait entendre «Encore de l’encre bleue plein l’émoi /Spinant dans le ventre,/À tâtons/Entre la fête et le boudoir.» (Puis plus rien, Téoutéki) .

Nina
Abdeslam


J'ai de plus aimé les coups de patin de Rebel Trankill qui nous fit voyager en trois minutes à travers tous les franchisés de la Ligue Nationale de Hockey.

Rebel

Enfin, une fois de plus, j'ai adoré rencontrer le monde. Il faut notamment savoir que bien après la fin des slams, les soirées s'éternisent dehors sur la rue Mont-Royal, à la porte du Vys, où fumeurs et jaseurs réinventent le plaisir d'échanger. C'est le peuple des slameurs.

Photos : jd

13 octobre 2007

Train du Grand Nord



Grand ciel! L'auriez-vous oublié?

L'année 2007, pour ce qu'il en reste, est l'année internationale du polaire...

Du pas l'air?

La Québécoise Sheila Watt-Cloutier d'Iqualuit a été inscrite en même temps que l'Étatsunien Al Gore sur la liste des nominés du Nobel de la paix. Déjà brillamment campé sous les feux de la rampes, c'est finalement l'ancien vice-président de Bill Clinton tout seul qui a reçu la distinction hier.

En cette année du polaire, c'eut été une remarquable décision de l'accorder ex-aequo à la battante du Nord, assise aux premières loges des glaciers qui fondent, et qui alerte l'opinion publique internationale depuis plusieurs années sur les conséquences du «redoux» climatique.

En 2002, dans Le Toit du Monde, Mme Watt-Cloutier disait :

« Les problèmes environnementaux deviennent maintenant des questions de santé publique, puisque la chaîne alimentaire, dont fait partie l’Homme, est atteinte. Nous transmettons les toxines dans le lait maternel et nous risquons ainsi de contaminer les nouveau-nés. »

Plus récemment, résumant son implication :

« Je ne fais rien de plus que rappeler aux gens que l'Arctique n'est pas une terre stérile dépourvue de vie, mais une terre majestueuse et riche qui a porté notre culture résiliente pendant des millénaires. Même si nous sommes peu nombreux et que nous vivons loin des corridors du pouvoir, il semble que la sagesse de la terre touche une corde universelle sur une planète où bien des gens sont à la recherche de la durabilité. »

Le Québec austral est bel et bien un «indicateur maison du monde» de ce qui nous pend au bout du nez. Comme s'il fallait encore le démontrer, en particulier à quelques bonzes du Parti des Conserves de M. Harper qui croient encore que le climat est entre les mains du Bon Yeu et de Saint-Gaz Bitumineux!

Photos : se retrouvent sur plusieurs sites. Auteurs inconnus.

12 octobre 2007

Slamontréal et Slamcap lancent la seconde saison de la LISQ



Pour nos cousins Français, slam peut avoir le sens de ce qui claque.

On dirait volontiers ici : donne-z'y la claque!

Toujours est-il que le grand Ivy (intyprod@videotron.ca ) et ses complices reprennent les soirées slam au Patro Vys, 356 Mont-Royal Est, et ça débutera dès lundi, le 15 octobre, ouverture à 19h50, 5$.

C'est tout à fait ibidem pour Slamcap à Québec, le même soir, à l'AgitéE, 251, rue Dorchester. L'animateur et grand manitou du slam dans la Capitale se nomme André Marceau (slamcap.qc@hotmail.com).

photo : jd.

06 octobre 2007

«Salut! bois couronnés d'un reste de verdure!»




«Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !», disait Lamartine...

C'est l'automne, en effet, avec une goutte de piano. Il y a un jeune chevreuil, petit cerf roux énervé dans ma cambrousse natale, qui m'a coupé sur la route à cinq heures.

C'est le résumé de ma journée.

Au surplus, j'ai arraché mes carottes et mon basilic. Aussi, après cinq ans de patience, j'ai eu dans le jardin l'éclosion de ma première trompette de la mort. Ce n'est pas rien la vie!

















Photos Béthanie : jd.

05 octobre 2007

Carnets pelés 13 - Vieux courriel pour Carolinade



15 mars 2004

C'était mercredi dernier, jour de paye.
J'avais donc quelques piastres de lousse dans les poches. J'ai pris une marche sur l'heure du dîner jusqu'au Spectrum, puis là, je me suis offert un billet pour le show de Desjardins qui aura lieu en mai.

J'ignorais qu'à la même heure, l'ami Desjardins était sacré docteur
par l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue,
qu'il y prononçait un discours devant un parterre distingué.

À la fin de ce discours, c'est absolument remarquable,
Desjardins cite un poète espagnol, Antonio Machado :
«Caminante, no hay camino, se hace camino al andar.
Chemineur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.»

J
'aime énormément ce vers et je ne savais pas qu'il existât,
simple, direct, moi qui ai si souvent pensé dans la brume
que c'est à peu près ainsi, dans ce pas et dans ce souffle,
que la vie bat la semelle.

Il vaut certes la peine de citer plus longuement le poème de
Machado qui fut un opposant à Franco :

Tout passe
et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
Voyageur, le chemin
C'est les traces
de tes pas
C'est tout ; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer

Desjardins préfère le «chemineur» au «voyageur»
car il traduit en toute logique la parenté du mot caminante avec camino.
C'est parfait, c'est mieux à mon sens. C'est un peu cheminot.
Puis ça se conjugue bien avec le gars de l'Abitibi
qui en sait un bout aussi sur les mineurs...

C'est donc ainsi que les jours s'enfilent et s'effilochent
se rallument et nous font parfois sauter une coche.

Le lendemain, le jeudi, on nous arracherait les larmes
et nous verrions la dignité du peuple espagnol.*

Dans quelques semaines, je retournerai au Spectrum plein à craquer. Je le sais car il ne restait presque plus de places.

Nous serons à l'ombre avec le poète boréal qui est si responsable. Peut-être saisirai-je mieux, une fois déployé sur scène, son dernier ouvrage, Kanasuta?

Ce n'est pas facile à saisir l'urgence.

L'urgence!

Mais j'aime à répéter qu'en pareilles circonstances,
nos pas projettent toujours un peu sur les murs des passerelles polyglottes.
Que nous ne sommes pas dans un char allégorique.
«Que la main du bourreau finit toujours par pourrir» (Rolland Giguère).

De toute manière, si «notre affaire est de passer»,
il ne s'agit pas pour autant de fuir.

On n'est pas sorti de la caverne, M.
Platon!

Fallait-il vraiment prétendre en sortir?

On est pas sorti du bois non plus!

"Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar."

* Référence à l'attentat du 11 mars 2004 dans les cercanías à Madrid qui a tué 191 personnes.

Photo de Richard Desjardins en Docteur
: Magazine de l'Université du Québec, Printemps 2005.

04 octobre 2007

Le slam en France vu par Poétic Gladiator



En France, Pascal Perrot est un «silence égaré dans la neige». Il balance son nom de plume, Poétic Gladiator, sur les scènes où l'on accueille encore la poésie vivante, celle qui se dépêche en prenant soin de la lenteur imprimée il y a peu par l'urgentologue René Char.

Pascal est assez précis en ce qui concerne la hauteur de la poésie.

Il m'a déjà écrit ici même à Train de nuit pour exprimer sa réserve en regard du mouvement slam lorsque celui-ci pousse la prétention au dépoussiérage de la poésie sans connaître l'ampleur de l'insurrection ici et là.

Ce n'est pas l'expression libre de tout un chacun qui est en cause mais bien l'ignorance des coups de marteaux successifs ayant ciselé la poésie et qui lui donnent son impulsion vitale : «Qu'on prétende révolutionner, dépoussiérer la poésie sans avoir la moindre notion de jusqu'où celle-ci peut aller aujourd'hui ne manque pas de me surprendre. Poursuivre de telles aspirations en allant jusqu'à ignorer qui fut Pablo Neruda me semble tout aussi incongru que vouloir faire du rock'n'roll sans savoir que les Beatles, les Rolling Stones ou Presley ont existé. Ou du rap sans connaître 2 Pac, Snoop Dogg, IAM, NTM ou Notorious Big. Même si la couleuvre est dure à avaler, passons … Mais comment justifier que ceux-là même qui prétendent "slamer" soient dans une totale ignorance de l'histoire, pourtant relativement récente, du slam ?»

De blogue à blogue : la suite se trouve sur le blogue de Poétic.

En parcourant cet article, on remarquera le nom de Madame Nina Louve cité parmi plusieurs autres porte-plumes de la tribu impossible. Madame Louve, comme plusieurs le savent, a jeté sa tanière sur les flancs du lac d'Oka.

Mais voyons, est-ce qu'un lac a des flancs? C'est l'image de la bête qui me fait écrire cela. Je devrais peut-être plutôt dire que la Louve a creusé sa tanière sur les lèvres du lac d'Oka, à deux pas de la Sapinière.


Nina Louve devant son poêle 



cf. Le Mague Journal

03 octobre 2007

Je jure que c'est comme une lettre à la poste

De blogue à blogue : c'est un plaisir pour moi de fréquenter de temps à autre le gentleman boxeur à cause de ses incursions de jeune intello assumé qui ne perd pas de vue le monde par où ses pieds transitent. Voir pour s'en convaincre le reportage sur son quartier du Centre-sud à Mon Réal.

Et voici qu'il me donne le goût d'avoir à demeure un clip tiré de You Tube que j'aime particulièrement.

Petite pose rafraîchissante en compagnie de The Postal Service (Ben Gibbard) avec la participation de Jenny ô Lewisssss... Version acoustique de Nothing Better, bien meilleure à mon goût que l'électro ménager original qu'on trouve sur Give up...

D'abord, le lyrique :

Nothing Better Lyrics
» The Postal Service

Will someone please call a surgeon
Who can crack my ribs and repair this broken heart
That your're deserting for better company?
I can't accept that it's over...
I will block the door like a goalie tending the net
In the third quarter of a tied-game rivalry

So just say how to make it right
And i swear i'll do my best to comply

Tell me am i right to think that there could be nothing better
Than making you my bride and slowly growing old together

I feel must interject here you're getting carried away feeling sorry for yourself
With these revisions and gaps in history
So let me help you remember.
I've made charts and graphs that should finally make it clear.
I've prepared a lecture on why i have to leave

So please back away and let me go
I can't my darling i love you so...

Tell me am i right to think that there could be nothing better
Than making you my bride and slowly growing old together
Don't you feed me lines about some idealistic future
Your heart won't heal right if you keep tearing out the sutures

I admit that i have made mistakes and i swear
I'll never wrong you again
You've got a lure i can't deny,
But you've had your chance so say goodbye
Say goodbye

Puis...