30 novembre 2007

Péloquin 2007




Photo Jacques Desmarais.


En attentant d'en toucher un mot, quelques photos rapido-presto du vernissage des œuvres « Pierres & Papiers » du colosse Claude Péloquin, qui avait lieu hier soir à la Galerie d'art Yves Laroche sur la rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal. L'exposition se poursuivra jusqu'au 13 décembre.

Je suis enchanté de ma rencontre avec Pélo.

Merci à Guylaine et Alain pour ce cadeau!
Photo Jacques Desmarais.

Photo Jacques Desmarais.


À la zizique il y avait Zilon, «le Cocteau des rues», complice de Péloquin avec Dan Tenax (duo Ville Froide).

Photo Jacques Desmarais.

Puis l'ineffable Richard Martineau avec le bruit des médias qui est comme un ventre. La Vérité va sortir de la galerie! Et fuck la galère. «Devant la caméra, pour le Québec entier, dites, êtes-vous dans la droïlle jusqu'au plafond du naseau? Hallucinerais-je ou bien pouvez-vous jurer cracher que cette œuvre vaut vraiment 1000 piastres? Allez! Allez! Faut que ça saigne!»















Heureuse initiative : Monsieur L'indien a été réédité en format CD (Laissez-nous vous embrasser où vous avez mal).

«Ils sont débarqués
les Grands Silencieux
(...) pour prendre le temps
et donner le temps
À toute le monde!
À tout le monde
Pis à tous les mondes
Pour toutt et toujours!»
- Les Grands Silencieux, cité à l'oreille avec un œil dedans.

Crédits photos : jd.

28 novembre 2007

Lancement des CaRolinades...
















C'est marqué dans l'journal!
(Agrandir pour lire l'article
de Cités Nouvelles).


Juste avant son départ pour la Mère Batterie, la douce France, Caroline Legault lancera dans son patelin de l'Ouest, samedi, le 1er décembre, ses très attendues carOlinades « live », c'est-à-dire des textes de création réunis sous le titre Tricot sacré et autres text'îles pour passer l'hiver au chaud.

Je gage que ces tissus sont réversibles et qu'on pourra aussi s'en désaltérer l'été venu. Ou quand on a froid en dedans. Que la cigale aimant chanter se le dise!

Lors du lancement, Caroline et ses complices comédiens présenteront sur scène un bouquet des textes fraichement sortis de l'imprimeur.


Chalet du parc Robert Sauvé
15734, rue de la Caserne
à Ste-Geneviève-de-Pierrefonds, P.Q.

Info et réservations
par boîte-vocale ou par courriel :
514-313-3302
lescarolinades@gmail.com

27 novembre 2007

«Dix doigts sur les rails»


Pélo le taquin est en ville.






J'aurai le plaisir d'aller
au vernissage de ses
Pierres et Papiers,

ce jeudi.

En attendant,
je bois du pastiche
à la santé
d'un vivant!

«Je suis ici pour crier la beauté multidimensionnelle de l’homme!»

Poète inscrit sur la murale, pauvre bourgeoisie
Pour la grandeur de l'homme Éternellement vôtre
comme un coup de métro dans l'eau «Jean-Talon, Cadillac, Étoile, Crazy, Crémazie, St-Germain,Champs-Élysées, Papineau, Rochereau D’Enfer.....»
De Jéricho jusque Sur l'îlot de Cupidon
L'ouragan doux Les mers détroublées
Le voyage en Arctique
Par dessus les Vagues à Longueuil

Une plongée dans mon essentielle poussière de Monsieur l'Indien
Les essais rouges ne manquèrent pas de fil
 pour Les mondes assujettis
«en l’honneur de tous les déracinés du monde par la civilisation»

D'ailleurs un Manifeste subsiste de Pierres et de Papiers
Calorifère Manifeste 
infra suivi des émissions parallèles

Laissez-nous vous embrasser où vous avez mal
avec Les hélices dans la bouche
«Des hélices, astro-jets, whisper-jets, clipper-jets»

Chômeurs de la mort, 
Le repas est servi

En entrée, des Amuse crânes
Une Tranche de porc sur Les faits vécus
Au dessert La philharmonie du plaisir
pastichera Delirium Concerto
pour La paix et la folie
Pour la suite des amuse-crânes
pour Les Saints-Innocents au Cœur de l'Everest

Ah! Si vous voulez toute savoir
Si vous n'êtes pas tannés de mourir
dans la cave,
sachezqu'«On n’a pas fait l’amour, on a fait la guitare.»


25 novembre 2007

Carnets pelés 15 - Mon équipe de Ô Quai

Je suis attaché à cette vieille affiche de la moins célèbre des Nuits de la poésie, celle de 1991.
Photo Jacques Desmarais.

Le hasard a d'abord voulu ce soir-là que je sois assis aux côtés de Pierre Perrault et de sa compagne. C'était déjà un gros ouf! pour le groupie que je suis.

Puis, en ouverture, Marie-Claire Blais, lumineuse, a lu un texte pacifiste — nous sommes le 15 mars 1991 et c'était l'Irak, prise 1, n'est-ce pas?

Plus tard, comme sur un trottoir à faire rougir Aristote, Josée Yvon, magnifique cowgirl chambranlante, est venue clouer ses poèmes de soie avec ses hautes bottes à gogoune, mais fut soudain éjectée de la scène parce qu'elle dépassait le temps alloué, cinéma oblige de M. Labrecque!

Idem pour Janou St-Denis qui rua, vous ne pouvez imaginer comment, de sa voix rauque habituée à sacrer.

Badibadagne!

Juste avant l'entracte, le collectif Gaz Moutarde prit d'assaut la scène et réclama la liberté de la poésie dès cette nuit même!

Perrault ne revint pas à la seconde partie. Pourtant, Denis Vanier décocha des flèches tatouées pour l'éternité dans nos mémoires. Et la bonne humeur revint tout à fait après l'intervention très applaudie de Patrice Desbiens qui a su choisir des mots simples pour parler de son ami Gilbert Langevin. Alors, la poésie a pu reprendre son coeur improbable d'oiseau.

La frêle Geneviève Amyot vint à son tour, je ne sais quand, allumer intensivement un incendie en direct avec une si douloureuse complainte, une offrande, une affaire qui ne cesse pas de couler, une sœur mourante perdue dans la nuit, je crois... Quel beau texte récité mieux qu'une tragédienne aguerrie! Je n'ai jamais revu cette femme que j'ai aimée tout de go.

Passé minuit, les trop jolis mots tissés serrés de Denise Desaultels, déformés en musique de harem, profitaient de l'écho des corridors de l'UQAM pour me suivre; ils glougloutaient dans ma fatigue jusqu'à la toilette des hommes, loin dans l'irréel de ma tête, ma'zelle...

Bien d'autres noms encore chauffèrent les planches de la salle Marie-Guérin-Lajoie jusque tard dans la nuit : Alonzo, Beausoleil, Brault, Boucher, Chamberland, Charron, Garneau, Lalonde, Giguère, Haeffeley, Jacob, Lapointe, Malenfant, Miron, Piché, Pilon, Roy, Michel Van Schendel...

Comme un bateau qui sort par l'horizon, quand il en part un, cela fait un trou de grosse pointure au bas de mon affiche ou plutôt, le nom reste, mais avec des graines de jardinier sur les lettres en attendant...

Poètes en grappes, en tas, porteurs provisoires du disque sur le quai des voyageurs, humains, trop humains, aviron, alouette...

N'empêche, 
ne vous en déplaise, c'est
 une saprée bonne équipe de Ô quai.
Libres Salmigondis, 18 octobre 2005


22 novembre 2007

Slam train de nuit blanche




Puisqu'il neige et puisqu'il neigera...
en primeur, je relaye un communiqué annonçant qu'un slam/poésie/spoken words se déroulera dans le Vieux Montréal au jeune musée du Centre d'Histoire de Montréal lors de la fameuse Nuit Blanche du Festival des Lumières, le samedi, 1er mars 2008.


«Dans un cadre historique, une dizaine d’artistes et de créateurs multidisciplinaires (poètes, slameurs, musiciens, écrivains et invités spéciaux), investiront le musée de la ville pour nous offrir une programmation éclectique ayant pour thématique la célébration des identités culturelles de Montréal.

En ces temps troubles d’identités tant individuelles que collectives, ces artistes contemporains témoigneront de l’énergie créatrice unique et cosmopolite de Montréal.


Venez célébrer et participer à cette fête nocturne riche en couleurs et en accents.
»

Mehdi MEDJDOUB
Marketing et Communication Touristique
Centre d'histoire de Montréal
www.ville.montreal.qc.ca/chm
Tél. : 514-280-8916
Fax: 514-872-9645

Publier le message
Photo : CHM, Kate McDonnell

Carnets pelés 14 - Galimatias


Pour ajouter un petit grain de sel de jeudi soir fatigué, Jacqueline Picoche rappelle dans son Dictionnaire Étymologique du français (Les usuels du Robert) qu'on a aussi proposé de galimatias — que j'aime autant que salmigondis — altération du bas lat. ballimathia... « chanson obscène ».

Mais flotte à première vue le sens de : langage obscur.

Et alors cette interrogation : mais d'où viennent-ils donc, au sens presque physique de par où s'infiltrent-ils dans la coulisse des veines, sous les ongles, par l'orbite des yeux ou dans la marge en flammes des calepins, qui, quoi, comment ces cascades de la tribu aux cœurs grecs, ces orchestres d'alphabets sur pilotis, ces charmes de blé aux filtres d'arcanson, ces chalumeaux dans l’entaille, ces mots cravatés de lieux communs qui font la loi en nous? Ces vagues qui nous abrillent comme des soleils furieux, nous surdéterminent comme une pluie qui en a long à tambouriner? Comment réussissent-ils, les maudits mots, à faire croire à l'éternité à gros grains alors que tout, ma main comprise, est dans un état radical de précarité, fin fond récital intégral au Cap du pire?

Par quel tour de passe-passe peut-on de nos jours oublier la littérature au point d'en venir à considérer la religion, pour prendre un exemple flagrant, autrement que comme un sacré « bon » texte, pour dire comme Blanchot? Comment penser les interstices, les grandes prairies blanches de silence que, de loin en loin, quelques rares poètes — peut-être par accident, peut-être par hypnose — ont eu la prétention de dire, après tout, après toute, qu'il restera sur le chemin de l'Homme... quoi? Quelques signes de ponctuation, disait Aragon. Et cela, semble-t-il, ô le comble, ô prétention, même quand les lèvres se seront asséchées comme un désert?

Il y a bien pourtant ce fossé, ces rigoles dans la chair, ces lignes qui coulent de part et d'autre, ces pages, ce livre. Le livre est la maison de l'homme, dit patiemment le vieux Jabès. Derrière les livres, il y a les hommes. Derrière tout livre, une voix, un oeil, un sceau de perdrix.

Au son de la déchéance ponctuée storiée, personnelle, indubitable, j'aime à savoir qu'un poète de chez nous, de Trois-Rivières précisément, et qui s'appelle Alphonse Piché, a osé utiliser le verbe herser que je déroule par ailleurs à ma façon dans un autre texte un peu louisianais intitulé Brume galop.

Mais avant, voici ceci : je comprends que la suite même monotone des mots peut porter la finitude de notre petite cage d'os en sursis; je comprends la semence mise en terre pour plus tard. Pour espérer se remplir la panse un jour. Autant qu'il y a de jours pour forger notre sagesse et écouter les chansons. Je suppose encore que les disques crissants qui heurtent les pierres souterraines des champs font une musique essentielle pour l'humanité... (Enfin, j'ai une idée très très ancienne de ce que signifie herser, strier la terre, laisser des marques, des saillies, émietter, rendre amical, laisser le vent faire ses marées dans la fraîcheur du sol ameubli...)

Cela remonte jusqu'au bout de bâton, jusqu’à la pierre pointue, jusqu’aux pieds nus et calleux; cela remonte jusqu’aux doigts de la main des Irakiens qui ont inventé l'agriculture, paraît-il. Les femmes, précise le philosophe Serge Robert, auraient en fait inventé l’agriculture. Révolution de la langue et du sexe nomade. Herser, c'est comme écrire au soleil capricieux sur l'ardoise bleue de l'horizon. Herser vient après les sillons toutefois. Mais le poème, les vers viennent avant la charrue. 

Étrange croyance. Les poèmes viennent avant la tête pleine de roches!

Je m'excuse d'ordonner ainsi l'Univers comme si j'y connaissais quelque chose, comme si cela avait du sens de dire que les mots sont avant les boeufs, avant les chevaux de trait, qu'ils précèdent même les ânes et les chameaux à la bonne haleine secouant la queue dans la nuée des mouches de la pauvreté.

C'est certain que cela ne fait pas sens! Nous avons exploré le monde avant de parler. Mais tout cela est enfoui, confondu, perdu, poudre de mémoire balayée dehors, c’est peut-être ça le jadis, la torture aphasique de Pascal Quignard, car il y a l'essence, il y a le pignon tournant de la vérité, il y a le Dieu Bibliothèque, son verbe fait chair, chair à canon parfois, mais parfois c’est un diamant, un simple bonjour éclatant de lumière... 

Je m'excuse au nom de la fatalité! Et peut-être que j'hallucine?

Galimatias dans mon histoire personnelle sans un seul tracteur pour tirer tout cela au clair alors que j'en ai vu tant sur les routes pendant la guerre en Bosnie. Les pauvres diables parmi les plus chanceux, ils fuyaient sur les routes en tracteur! Je n'ai pas de chance, personne ne m'a montré à en conduire un et j'espère ne jamais connaître la guerre dans ma petite cuisinette de riches. 

Les chevaux n'existent plus, ça, c'est bien réel. Quant à la vapeur à cheval, elle s'est évanouie, semble-t-il, dans les rigoles d'une révolte sans manifeste qui se jetait par les fenêtres des ateliers. 

Le réel prend depuis le mors aux dents légalisé au carrefour à rayons zen de la méditation camphrée.

Comment fuir s'il y a la guerre?

Mon cousin Mario est cinéaste, il s'est rendu en Irak, parle de la Guerre alimentaire. Moi qui suis comme lui fils et petit-fils d'une longue lignée d'agriculteurs depuis les années 1600, je suis dérouté. Le foin des mots reste debout dans ma mémoire, parfois inutilisable. Le monde repose sur une longue phrase déshabitée. Il faut combattre, mourir de mort lente pour nos idées, d'accord (Brassens)?

Laisser en gage quelques signes de ponctuation sur le parquet de la jajaja? Un gros ciboire de point d'exclamation dans une fiction d'amulettes inclassables, arrosées d'eau-de-vie?

C'est à hue et à dia, ça dépend des jours. Mais pourquoi donc ce délire flou dans la carcasse d'une chanson obscène qui m'observe pendant que quelques grains de beauté de frimas se mélangent à ma salive bienheureuse?


RIVAGE
(...) Dis-moi les pas éphémères sur tes sables
Et les gestes qui ne sont plus
Dis-moi le chant des troncs qui ont chu,
Les amants disparus.

IMPASSE
(Dites-moi où, n'en quel pays? Villon)
Mon âme ; la salle des pas perdus,
Qu'ai-je vu ? qu'ai-je connu ?
L'Europe : dans les livres !
L'Asie : dans les songes !
L'Amérique : dans des films !
L'Afrique : dans des larmes !
Les Îles : moisissure des rêves !
Orphelin de la mer, de ses grandes lèvres,
De mes ongles,
Je herse mon morceau de terre,
Mon bout de ruelle...
Quelques arbres oubliés,
Un jeu coutumier d'oiseaux (...)

- Alphonse Piché

BRUME GALOP
La mémoire dans la gorge
de ce pays limon
de mystères
de femme perdue
de lézards
de mocassins d’eau
d’écorce de violon
de musique canaille
de patates douces
de cannes à sucre et de vent...
La frimousse un peu espagnole
de ce pays salmigondis
qui se joue de la guitare,
du blues... elle me séduit
Mais sauve qui peut
les vandales, les vautours,
la traite des jeunes,
la corrompue, la politique,
les coups de sabot,
la drogue, la drague au fric,
la régression vaudou !
Il est minuit tapant.
À Franklin,
de l’autre côté du trottoir,
un Noir siffle free dans la nuit du retour
Il jéopardise
du sel de psaumes
broutés au coeur des pierres
Puis, au tournant,
contracte un peu son jeu
de léopard
qui rêve
à des caresses
qu’on trouve peut-être à la pelle
chez Colinda,
le bar vertigineux au toit gris
où l’on ne va pas
quand on est blanc
comme un mouchoir
J’ai le gorgoton qui clenche
sous un ciel d’ardoise complètement stone
pendant que je frotte mes lèvres hiératiques avec du feu
pour être à la hauteur
Oui, je répondrai
du fond de ma carapace de Québécois
naïf !
Et vogue la galère!
C’est un travailleur de la Cool Bridge, je crois,
avec grand style
et moi, sans fioritures, aucune !
simple voyageur patenteux d’airs au hasard,
incognito,
révolutionnaire tranquille,
mais sans bride
avec de grandes oreilles
qui portent les flambeaux...
Nous avons les mains
enfoncées dans nos poches,
car il fait cru dans ce pays de tatous
Tous les deux en coton ouaté
poursuivant chacun
notre bord de chemin
Nous herserons la lune
en aveugle
dans l’écho inclassable
des bayous verts
de cette belle contrée
qui n’échappe guère
à l’instinct de survie
des inconnus réverbères.

Texte jd, lu à l'Alizé dans le cadre du FIL, 9 mai 2003.

21 novembre 2007

Hey Mr. Anderson, you sing like a bird



Le 12 novembre dernier, Les Filles électriques et Wire on Words ont remis le prix La Voix Électrique / The Voice Electric au poète performeur montréalais Fortner Anderson. Ce prix est assorti d'une bourse de 2000 $ et vise à souligner le travail d'un artiste de la scène poétique «performée».

Fortner Anderson est un pilier de la Casa Del Populo, un pionnier de la scène spoken word à Montréal. Il a réalisé deux albums solo: Sometimes I Think en 2000, et Six Silk Purses en 2005. De plus il anime sur les ondes de CKUT l’émission hebdomadaire Dromostexte, les jeudis, à 20h00.
He Sings
he is a boy
he is a boy who caws, who squeals, who brays
who sings his song
who sings his song while hanging
who sings his song while hanging from a hook
he is a boy that sings while hanging from his wrists
hanging from a hook
hooded and bound
twenty-one days, 16 hours a day
he hangs and he sings
like a bird

Photo : auteur inconnu, site de M. Anserson.

20 novembre 2007

Slam Québec à l'AgitéE : un reportage de SuperK












C'est dans le supersonique et c'est enthousiasmant comme une toupie de mots lâchée lousse dans le ciel de la Vieille Capitale. Quoi donc? Bien, le slam!

Mais le slam vu, vécu, forgé à Québec. Dit autrement, le SlamCap affilié à la LIQS.

Faites un saut chez l'ami SuperK qui vient de tremper le gorgotton dans son baptême du Slam Shot (micro libre après la compétition, ce qui est une excellente pratique).

Il nous ramène images, sons et émotions. Bravossimo!

Si j'avais les ailes d'un slam...

Photo de K, Marc Lebel. On trouve également dans le blogue de ce dernier des topos sur le slam à Québec.

16 novembre 2007

Cent poètes = cent poèmes québécois


Au Salon du livre de Montréal ce soir, j'ai assisté avec Noémie au lancement de l'anthologie Les cent plus beaux poèmes québécois, sous la direction de Pierre Graveline, publiée chez Fides.

René Derouin, illustre illustrateur du livre avec quinze de ses œuvres, des gravures, était présent sur la scène et a rappelé son voisinage réel avec Miron. Tous deux ont échangé au fil du temps loyer, territoires, sensibilité, poésie, imaginaire, magie...

Hélène Dorion, voix à ravir, a lu ses textes. La belle Chloé Ste-Marie a puisé des mots chez Rina Lasnier et Anne Hébert; puis l'émouvante a chanté du Rolland Giguère et du Gaston Miron.

J'ai piqué une petite jase avec Danny Plourde qui sirotait sa coupe de vin sans l'avoir volée puisque ce jeune poète baromètre, natif de St-Jean-sur-Richelieu, a bel et bien sa place parmi les pages magnifiques de ce grand fleuve bleu de poèmes québécois.

Je cite les noms de A à W :

JOSÉ ACQUELIN • ANNE-MARIE ALONZO • GENEVIÈVE AMYOT • MARTINE AUDET • NÉRÉE BEAUCHEMIN • MICHEL BEAULIEU • CLAUDE BEAUSOLEIL • JOVETTE BERNIER • MARIE-CLAIRE BLAIS • JACQUES BRAULT • NICOLE BROSSARD • PAUL CHAMBERLAND • FRANÇOIS CHARRON • LEONARD COHEN • GILLES CYR  • DENISE DESAUTELS • JEAN-MARC DESGENTS • RICHARD DESJARDINS • ALFRED DESROCHERS • KIM DORÉ • HÉLÈNE DORION • LOUIS-JOSEPH DOUCET • FERNAND DUMONT • LOUISE DUPRÉ • FERNAND DUREPOS • JOCELYNE FELX • ROBBERT FORTIN • DANIELLE FOURNIER • LUCIEN FRANCOEUR • LOUIS FRÉCHETTE • MADELEINE GAGNON • MICHEL GARNEAU • SAINT-DENYS GARNEAU • CLAUDE GAUVREAU • ROLAND GIGUÈRE • GÉRALD GODIN • ALAIN GRANDBOIS • ANNE HÉBERT • GILLES HÉNAULT • SUZANNE JACOB • MICHÈLE LALONDE • GILBERT LANGEVIN • GATIEN LAPOINTE • PAUL-MARIE LAPOINTE • RINA LASNIER • MONA LATIF-GHATTAS • RACHEL LECLERC • PAMPHILE LEMAY • RENAUD LONGCHAMPS • PAUL CHANEL MALENFANT • MARCO MICONE • GASTON MIRON • PIERRE MORENCY • JEAN NARRACHE • ÉMILE NELLIGAN • PIERRE NEPVEU • FERNAND OUELLETTE • SUZANNE PARADIS • PIERRE PERRAULT • LUC PERRIER • ALPHONSE PICHÉ • JEAN-GUY PILON • DANNY PLOURDE • JEAN-FRANÇOIS POUPART • BERNARD POZIER • YVES PRÉFONTAINE • ÉVA SENÉCAL • DAVID SOLWAY • TONY TREMBLAY • ÉLISE TURCOTTE • MARIE UGUAY • MICHEL VAN SCHENDEL • MEDJÉ VÉZINA • GILLES VIGNEAULT • LOUISE WARREN

____________________________

Supplément, 6 décembre 2007

Maxime Catellier dans le ICI du 6 au 12 décembre recense l'Anthologie qu'il trouve ambiguë pour les mêmes raisons que celles exposées par LT en commentaires. Il écrit : «... au nom de la camaraderie, s'imagine-t-on pouvoir faire l'économie de poètes aussi importants que Georges Dor, Josée Yvon, Geneviève Desrosiers, Louis Geoffroy, Joël Des Rosiers, Félix Leclerc, Patrice Desbiens...», p. 73.



Photo : éd. Fideshttp://www.editionsfides.com/fr/product/editions-fides/beaux-livres/les-cent-plus-beaux-poemes-quebecois_219.aspx?unite=001

14 novembre 2007

Re : Préliminaires pour un blues cochon

Ha! Mr. SuperK en personne avec un jeu couleur de belle lune et juste un douzième de face pas cachée...




Re : Préliminaires pour un bleus cochon

Ha!

Café Nimbus-Soleil




«Quel bon plaisir de pouvoir prendre le temps de te lire de nouveau».

En réponse à mon texte Il se passe quelque chose en effet,
l'ami Michel Vincent me fait suivre ces bons mots, puis un poème dont voici un extrait.

«Une mèche rebelle passe sur les lignes du front
je reviens par la taverne des souvenirs
le silence est dans l'ombre
comme un ruisseau sous les fougères

une fenêtre teintée par le ciel

laisse des nimbus couvrir une partie du soleil

je suis dans l'opposé d'un blues matinal
tout est électrique :

ce matin, les nouvelles sont incomplètes
le journal est mouillé par une averse de larmes
ma voisine qui sirote son café
parle de son chat qui brûle au soleil (...)»

Photo : jd

12 novembre 2007

Ce soir on slame!




Le blogue officiel de la LIQS est du côté de chez Mario Cholette qui propage également les nouvelles des scènes slam en plein bourgeonnement en ce moment à Montréal.

Ivy, l'animateur des soirées slam qui y met toujours tout son slâme, a également annoncé le lancement prochain d'une nouvelle antenne, d'un nouveau média. C'est à suivre.

Train de nuit pour sa part est simplement la voix off du slam à Montréal. De fois en fois, et ce depuis avant même les rencontres au St-Ciboire, partager quelques flammèches des joutes avec la poésie qui se mêle de tout cela, c'est vraiment mon plaisir. Aussi longtemps que ça adonnera...

Ce soir j'étais accompagné par Noémie, ma fille qui a 20 ans. Oui, madame, que le temps passe vite! C'était son baptême du slam. Elle a quelque peu hésité avant d'accepter d'être juge. Je la comprends. Je l'ai été moi aussi... Et j'ai déjà été jugé!


Plusieurs slameurs entendus lors du slam session de la fin octobre sont remontés sur scène ce soir.

C'est le cas de Marie Marine dont j'aime beaucoup, en passant, son Héritage Humain, l'album de chansons qu'elle a lancé plus tôt ce printemps.


Paolo Tofu, le DJ attitré des soirées slam qui a un peu du Père Ubu en lui, a récidivé en délaissant sa boîte à musique pour s'exécuter sur scène. «J'étais très nerveux», m'a-t-il confié. Il a fini bon troisième.


La conteuse Isabelle St-Pierre était très heureuse de gravir l'échelon de la deuxième position. Elle vient toujours nous livrer de très beaux textes avec des mots sensibles, parfois crus, qui nous font sortir en ville avec un accent de racines et de bicyclette au vent. Noémie, grande lectrice, a beaucoup apprécié.


Enfin, le J.F. du slam session s'appelle en vrai Jean-François Nadeau (photo du haut). Il s'est mérité une pluie de 9,0 et plus. Il a refait le coup en nous plongeant dans une grenouillère d'ambiances et quelques balafres pour rire. Parfois jaune. On en ressort toujours de bonne humeur. La première position lui revenait, c'était indubitable, comme l'a souligné Ivy. À l'intermission, nous avons échangé un peu. Très très sympa. J'oserais qualifier son écriture de néo-surréaliste trempée dans le Rhum-Grillet pour la maniaquerie des détails, un peu punkée sur les bords avec un oeil ouvert du côté de l'amour malgré tout, et avec des chutes qui nous laissent une grande baie dans la tête. Ce jeune acteur a décidément des talents d'auteur.

Mentionnons enfin ceci de très important. À la barre du calcul de l'amour infinitésimal des pointages qui revolent par-dessus la crinière des slameurs, il y a Mario Cholette que l'on voit à l'œuvre concentré, le dos un peu envoûté, dret icitte!


Belle soirée avec aussi et entre autres, M.O. Gasse, Fabrice Koffy, originaire de la Côte d'Ivoire, Strofka, oiseau-poète de passage à Montréal et Yvon Jean.

Photos : jd

Zones libres


*


10 novembre 2007

Il se passe quelque chose, en effet







Je suis parfois si débraillé
que j'en ai mal au dentier
et n'ai plus rien à dire
ni derrière, ni devant

C'était au printemps de 1998
à la cabane à sucre des Pontbriand,
dans mon coin,
à Roxton Pond,
là ou la ligne
des Cantons-Hertel
passerait éventuellement

C'était au lendemain de la frise
du verglas et des cols roulant

Il y eut un symposium
sur l'art et la ruralité

à la cabane à sucre

ce qui n'a rien à voir avec le pétrin,
ni avec l'électricité au plus sacrant

mais tout avec
la contestation
qui respire
et les signaux dans le vent

car c'est en soi
l'électrisant qui tangue

Des gens de l'Abitibi
de Joliette, de partout
y étaient

C'était au printemps

Sur les terres culturelles
de mon pays

j'y ai rencontré pour la première fois Guy
Sioui-Durand

celui qui connait
les grands lacs époustouflants,
le radeau de la Méduse, les pitounes
les marques sur les jambes du temps...

«l'artiste fait voir,
donc transforme, et l'endroit et ses us...»

C'est de cette rencontre
que m'est restée dans la caboche à sucre
de mon sentiment intime
l'expression
qui vient comme une ligne qu'on tire
après une opération mathématique,

ou quand on observe des mains agissantes
dans un grand bol de vagir

des mains, vous dis-je,
comme une langue,
qui pétrirent tant et tant
une pâte si matérielle
qu'elle se transmuta à jamais
dans notre imaginaire
de sillons ruraux...

«Il se passe quelque chose, en effet»

À suivre...


07 novembre 2007

Pierre Martineau

Dédé Lacoste, un ami qui remonte aux années de l'école secondaire, fut l'organiste attitré de la LNI à ses tout débuts, puis, sauf erreur, sauta sur la glace avec l'équipe de Michel Garneau. Il partageait alors les hauteurs de la patinoire avec son pote Pierre Martineau qui était quant à lui maître de cérémonie, mais aussi co-fondateur de la LNI. Ce dernier vient de quitter ce monde. Dédé en peine nous rappelle que c'est Martineau qui avait déterré du fin fond la fameuse «Feuille d'érable», l'hymne grave et grandiloquent entonné à l'ouverture des rencontres. Improvisation libre, chantée, sans comparaison. Absolument mémorable.



Puis, voici la version «intégrale» de 1978 telle que déposée au musée virtuel de la LNI.

05 novembre 2007

Slam Okaz : «le doigt entre l'arabe et l'écorce»


Le Festival du Monde Arabe bat son plein à Montréal et la reine berbère, Queen KA, en grande forme, a réuni hier sur la scène du Studio-Théâtre de la PDA une brochette impressionnante d'artistes venus d'horizons divers, mais surtout du théâtre, pour un slam thématique autour du mot arabe, pris littéralement et dans tous les sens.

Queen KA, c'est Elkahna Talbi qui nous a présenté ses complices avec simplicité et humour. Dans certains cas, elle entendrait pour la première fois, comme nous, les textes mijotés par ses amis.

Sombre pour les photos le Studio-théâtre. Je me suis retenu! Et limitée est ma mémoire des noms. Mais lumineuse était la scène en ce dimanche où Noël passait sur l'Atlantique!

C'est d'abord le travail d'ensemble que l'on retient comme une fresque remuante de mots qui s'installe en vous avec bonheur.

Voici en bref quelques notes.

En intro, un duo de jeunes comédiennes a brisé la glace avec quelques courtes saynètes dont l'une s'inspirait d'un texte fameux de Julios Beaucarne. En contrepoint, Yvy est venu faire un slam rappelant la souffrance «des enfants qui meurent comme des grands». Il y a eu Nina LouVe et sa soif, son appétit pour l'Autre. Il y a eu ce poème d'amour de Carl Bessette en alexandrins! Un passeur de mots. Marie-Paule Grimaldi était là, poésie coulant de source. Puis ce texte émouvant sur les souvenirs d'enfance «qui tracent l'avenir», dit par le comédien tuniso-suisse-montréalais Karim Bourara. Il y a eu Olivier Choinière, auteur dramatique, dans un slam hilarant, caustique et baroque en guise de bienvenue à Montréal jusqu'à y compris Hérouxville! Il y a eu ce rap très applaudi, bien planté, de bonne humeur, fougue sortie de la bouche de Damakro (j'espère avoir bien noté son nom, sinon c'est Mohamed, il me l'a dit). C'est de lui que j'ai glané le slam final qui clanche : «Il ne faut pas mettre le doigt entre l'arabe et l'écorce!» A suivi la comédienne Hynda Benabdallah qui a des yeux de feu et qui fut impeccable. Il y a eu un court texte sur la peur que j'ai beaucoup aimé mais, misère, le nom du slameur m'échappe.

Pour clore ce début de soirée, Queen KA a refait comme si c'était la première fois «Les enfants de deuxième génération».

«Ou7ibb» sur toute la ligne! Ce Slam Okaz a démontré qu'on pouvait faire des slams thématiques sans tomber dans la lourdeur des «messages» qui s'empilent. Bravo! Il y en aura d'autres sous le ciel montréalais.

Quelques photos

Queen Ka


Les slameurs d'Okaz (agrandir la photo pour mieux voir le monde).


La comédienne Leila Thibault-Louchem qui a fait un slam picoté arabe-bleuet! Une surprise et un grand plaisir de revoir Leila qui est souvent venue à la maison quand elle était enfant. Elle est du même âge que ma fille Sarah, habitait tout près sur St-Émile avant que sa famille «émigre» au Lac St-Jean.


Nina, l'étoile turcoise! Dans un très beau texte d'amour, de souffle, adoro... «À ce moment précis, à cet instant sacré/Par ton regard et mes pupilles qui s’y baignent/Défilent en sépia nos deux vies en parallèle ...»


Ivy, slameur dans le ciel de baby alone...


À la sortie de la PDA, les gens de théâtre se rencontrent. Caroline Legault et Olivier Choinière.

Photos : jd

04 novembre 2007

Jack in the box

Avant le billet sur Gabrielle Roy et le Bulletin des agriculteurs comme il parait que je suis supposé faire, avant aussi de faire écho au très beau Slam Okaz qui avait lieu ce soir dans la cadre du Festival du Monde Arabe de Montréal, je ne peux résister à l'envie de publier cette photo prise par Carolinade.

Non, ce n'est pas de cette manière que je cruise habituellement!

Auto-photo : Caroline Legault.

03 novembre 2007

Saint-Gervais, nom de diou!



Serge Truffaut, ma référence montréalaise de la planète jazz, recense le dernier opus de Yannick Rieu dans Le Devoir d'aujourd'hui, opus qui s'intitule Saint-Gervais. Et puis quoi? Bien, Tuffaut n'y va pas avec le dos de la cuiller :

«Car outre l'ampleur de son son, écrit-il direct to the point, Rieu décline son discours sur le mode de la finesse. Comme s'il tenait mordicus à rendre hommage aux beautés composées par autrui. Il interprète du Rollins, du Sammy Cahn et Johnny Burke. Lorsqu'il ne prend pas à sa charge les thèmes écrits par ces messieurs, il nous propose ses propres visions musicales du monde. Et alors? Elles tiennent drôlement la comparaison. C'est très sérieux (...) Tout est dit. En fait, pas tout à fait: achetez-le. Nom dé diou!»

C'est sûr et certain!

En attendant, on peut se titiller les oreilles en allant glaner les extraits sur Justin time.

Parmi les pistes offertes, on remarquera la reprise de In the Myth, une composition de Yannik. Ce dernier était venu en 1991 à Train de nuit, version radio Centre-ville, présenter cette pièce qui est aussi le titre d'un album, si je ne m'abuse. Nous en étions alors au début de l'importante discographie de ce souffleur lumineux.

Crédits-photo : pochette de l'album - Justin Time

02 novembre 2007

Mathieu Lippé et son cabaret spirit groove




Suis pogné à la gorge avec un travail universitaire,
devrais en plus aller en cambrousse rentrer les trompettes de la mort, poser les châssis doubles...
J'irai assurément au slam arabe à Keen Ka dimanche.
Alors, me reste peu de chance d'aller entendre Mathieu, le faiseur d'univers, demain soir, le 3 novembre, au O Patro Vys, et je le regrette.

Lippé est sans contredit l'un de ceux qui m'ont le plus épaté au slam la saison dernière.

C'est un artiste à suivre. Pour l'heure, il nous propose le nouvel album Là où le coeur mène.

Mathieu Lippé
Sur scène avec :
Nicholas Williams ; piano,flûtes accordéon
Sébastien Hinse : batterie
David Da Castello : basse
Shawn Mativetsky : Tabla
Charle Van Goïdtsenhoven : violon

Crédits-photo : Danielle Bérard.

Slam Okaz au FMA


Dans le cadre du Festival du Monde Arabe de Montréal
QUEEN KA ET AMI(E)S (QUÉBEC)
présente Slam Okaz au
Studio-Théâtre de la Place des Arts,
Dimanche, le 4 novembre à 18h 00.
Prix du billet : 15 $,

Queen Ka (Elkahna Talbi) est une étoile bien connue de la scène slam montréalaise. Elle s'est classée deuxième à la finale québécoise en septembre dernier.

Je ne suis pas dans le secret de la reine berbère et j'ignore quels seront les slameurs invités à son show de dimanche. Par contre je sais, cela coule de source claire, que la poétesse d'Oka,
Nina Louve,
sera sur la scène!