30 mars 2008

29 mars 2008

Sucres tardifs et bleus pastiches

«Le sucre est en retard mais les pommiers ont de l'espoir»
- Swamg's Song, Fenêtres ouvertes


Je n'ai pas entaillé aujourd'hui. C'était venteux, en bas de zéro. Mais le ciel si bleu, cascadeur, avait un goût de mer sucrée. Tel est ce pays.

Petite tournée quand même de ma cambrousse, en raquette sur la jolie croûte.


C'est écrit neige sur terre comme vagues gelées.

La vieille soue.

Photo en bleu et blanc pour deux trois pommiers en plein chant.

La montée vers la sucrerie

Poudrerie d'arche, passage furtif de l' imaginaire

Couché sur une grosse roche, j'ai pensé au ciel de Kieffer.

Photo jd.

Le Premier du Moi s'en vient accroché dans le dos de la poélitique...


Néo-rhino : rhira bien qui rhira le premier d'avril!

«Un parti qui veut partager la richesse en proposant le revenu minimum garanti déjà proposé par le très honorable Michel Chartrand. (...). Paradis fiscal, enfer social.
Le parti proposera le démantèlement du gouvernement canadien et l'indépendance de chacune de ses provinces qui ensuite se réuniront autour d'un pichet de bière. Se libérant ainsi de tous les parasites qui ont mené nos pays à la banqueroute.
Le Québec une fois indépendant s'activera à exploiter sa plus grande richesse naturelle, sa créativité.
Des raves, des récitals de poésie, des festivals de musique, de théâtre et de cinéma seront autogérés par la population. Les gros-lots du rire et du jazz seront redistribués aux comédiens et aux musiciens.
Le parti propose l'éducation totalement gratuite.
Des régimes santé seront présentés afin d'éradiquer l'obésité qui prend plus de place dans nos autobus. J'ai envie de voir un VLB plein d'espoir.
Je suis toutiste et je crois en tout. De Dieu à Bouddha, de Zeus à Thor, à Hermes, à Isis, au Soleil, à la Vie. Je crois en l'infini. Je crois au Québec où tous seront égaux.
Je ne suis pas aux hommes ni aux femmes, je suis odieux!»
François Yo Gourd,
V.I.P. Véritable Idiot Professionnel

Soleil de nuit


«Je hurle à la lumière avec de l'encre et du papier...»


Jacques Prévert, Soleil de nuit

«je hurle à la lumière avec de l'encre et du papier
le soir tard
et je crie
tout de même
il y a la lumière
chacun a sa lumière
et le monde crève de froid
le monde a peur de se brûler les doigts
évidemment
c'est la lumière qui brille qui brûle qui fait cuire
et qui glace le sang
c'est la grande omelette surprise
le soleil avec des caillots de sang
lueur du cœur
lueur de l'amour
lueur
oh il faut la poursuivre cette lueur aveuglante
elle existe
elle crève les yeux
mais s'il faut que les yeux crèvent pour tout voir
crevez les yeux


soleil de nuit
lune de jour
étoiles de l'après-midi
battements de cœur avant l'amour
pendant l'amour
après l'amour»

Jacques PRÉVERT (1900 -1977)

28 mars 2008

Garneau petit garnement!















Derrière le bolide MG : Marcel Sabourin et Christian Vézina (Photo : jd)

Le Michel Garneau décapoté et convertible, servi joyeusement par Christian Vézina et l'impeccable Marcel Sabourin (production Barbare + la Grande Bibliothèque), est un délice du début à la fin. Un bijoux de joyeuseries graves. Un saudit beau voyage de l'enfance sacrilège à aujourd'hui, en passant par 1970, par le chemin de la liberté.

Bouffées de plaisir et d'intelligence, des mots clairs et émouvant, des éclairs autour du cœur qui pense, nous voilà replongés dans une ambiance qui rappelle pourquoi nous étions si accrocs aux Décrocheurs d'étoiles les vendredis soirs, à la radio. Nous pouvions, en effet, nous vendredire le cerveau. Ce n'était pas banal, chers grands fanaux éteints de Radio-Canapé!

Or je dis comme Vézina : je m'ennuie de Garneau que j'aime gros.

Ses mots vont nous rester. Ils sont les nôtres.



27 mars 2008

Garneau et ses petits chevals


Michel
Garneau, le grand coulissier des lettres, est en train de négocier le printemps et ça rend de bonne humeur. En esprit tout craché, il est sur la scène au moment même où j'écris ces lignes, à l'auditorium de la Grande Bibliothèque. Un show de mots intitulé Michel Garneau: poète convertible et décapoté, monté par Christian Vézina et flanqué du très subtil Marcel Sabourin. Ça joue aussi demain soir, le 28 mars, et je vais m'atteler pour y aller allège.

De plus, vient de paraître aux éd. l'Hexagone Poèmes du traducteur. Si je pige bien, ouvrage de poésie chemin faisant, comme un écho qui joue, entrelacé lousse, indépendance de la voix tissée à même les fils suspendus tout au long du travail remarquable de traduction de Leonard Cohen par Garneau (voir, entre autres, le très frugal Livre du constant désir, L'Hexagone 2006). Erich Langlois recense le nouveau recueil dans le Voir.ça de cette semaine.

En guise, en guise, en guise, en guiiiiiiiIse de paraSol, que le grand Michel ne m'en veuille pas de citer ad usum privatum juste un petit trait que j'aime bien tiré d'un texte, peut-être inédit, qui s'intitule sestine du mécréant :

«après la pluie une lumière
qui nous donne pour long de temps de bien mieux voir,
en plein soleil, dans son plaisir fermer les yeux
abolit pour un court moment toute noirceur;
c’est ainsi toujours que je tente de vivre,
c’est ainsi j’imagine que je devrai mourir.»

Hélène Boissé, Michel Garneau, Alizé, FIL, mai 2003.

Crédit photo : Jacques Bellefleur.


25 mars 2008

Pas un mot sur la game, Leonard!





Hallelujah

Well I heard there was a secret chord
that David played and it pleased the Lord
But you don't really care for music, do ya?
Well it goes like this :
The fourth, the fifth, the minor fall and the major lift
The baffled king composing Hallelujah

Hallelujah Hallelujah Hallelujah Hallelujah...

24 mars 2008

Blasté ou la chambre d'à-côté

Marches au soleil. Théâtre. Vidéos. Slam. Livre. Vivre.
C'est congé et ça paraît sur le tympan!!!
Ça fait une «différance» sur le petit marteau et l'enclume.

***

Heureusement que Blasté n'est pas Anéanti. Jean Marc Dalpé ne s'est pas brûlé la langue avec les punk anglais en traduisant direct to the point Sarah Kane. Remarquable traduction. Mais c'est atroce cette pièce d'instinct et de mots barbelés, sucés longtemps, trempés dans le sperme des fachos ordinaires.

Le théâtre et son triple, si cela existe.

À un moment donné, le décor se pulvérise. La secousse fracasse la chambre d'hôtel, seul lieu de la pièce, qui était jusqu'alors elle-même champ de bataille de l'intime où passaient à hue et à dia la lancinante dérive du désespoir (Ian) avec quelques filets de compassion (Cate), mais pas l'amour, oh! christi! Non!

Ian hait les nègres et les fifs. Il a perdu un poumon, quémande toujours au bout de sa corde, boit comme un trou, fume, crache des morceaux de tolle, paranoïe. Il est journaliste impliqué dans quelque gamick, témoin des chiens écrasés et des viols quand c'est «human interest».

À ses côtés, Cate est jeune, douce mais spontanée, fragile, marginale, tombe dans les bleus dès que ça chauffe, rit comme une débile, nourrit des projets personnels...

Retondit subrepticement dans la chambre un soldat égaré, comme une balle perdue. Absurde insertion. Il racontera la guerre qui a les couleurs de toutes les inhumanités. Le boy est armé jusqu'aux dents. Il mord, il encule. Ian le perdu se fera littéralement manger les yeux.

Qu'en est-il de nos yeux à nous jetés indifféremment parmi les slictueux de la morgue présente? Aujourd'hui même le compte est : 4000 soldats américains morts raides en Irak. Combien de civils? 200 000? Combien de personnes là comme ailleurs en ce monde n'ont plus aucune distance entre les murs de leur chambre privée et la boucherie, la déshumanisation, l'enfer sur terre?

Déjà, en 1991, à la Nuit de la poésie, Marie-Claire Blais déclarait d'une voix blanche : «Cela se passe dans la chambre d'à-côté».

Je ne connais rien au théâtre. Au sortir de l'Usine C, nous croisons Andrée, une connaissance qui est comédienne. Elle a une boule dans la gorge. Nous discutons un bon quart d'heure de la pièce. On ne peut pas aimer cette pièce lente, longue, mauve foncée, par moment infernale... En parlant, sans qu'elle le sache, Andrée m'aidera à comprendre quelques aspects des personnages qui m'ont complètement échappé.

Mais nous savons cependant que les acteurs puissants de cette pièce - Roy Dupuis, Céline Bonnier et Paul Ahmarani -, nous ont eu. Ils ont broyé la représentation avec les mots, les postures, la réalité, même si l'on sait que la réalité n'est jamais que construite, que ce petit mixe de cigarettes, de peau, de sexe, d'amour éperdu, d'alcool, de dérision, de grotesque, d'absurde, de fusil, ce jeu de l'horreur mis en scène par Brigitte Haentjens, nous savons que cette ambiance va torturer notre amnésie inconnue au-delà du beau, du bien et du vrai.

L'enfer sur la terre. Dans le programme, on peut lire cette phrase de Sarah Kane : « Nous devons parfois descendre en enfer par l'imagination pour éviter d'y aller dans la réalité».

On retrouve ici le même filon «démonstratif» qui mena Pasolini à tourner ce que pourrait être l'enfer sur la terre avec Sado et les 120 jours de sodome (1975); sur un autre registre moins cru, on pense aussi à 1900 (1976) de Bertolucci. On retrouve dans ces oeuvres le croisement de la poésie et du politique, ce champ de bataille à priori bien excitant, niveau secondaire IV à la Michael Fortier. Haentjens écrit :

«Sarah Kane parle de la guerre, certes, de la guerre que l'on regarde à la télévision, à l'abri du réel. Mais Blasté n'évoque pas tant les conflits de Bosnie, Rwanda, d'Irak ou du Liban, mais la guerre ici, là dans l'esprit et le corps, dans le théâtre où nous sommes (...) Elle installe le champ de bataille dans l'intimité alors que toute notre société tend à faire disparaître la notion même d'ennemi fait de chair et de sang - pour nous permettre de consommer de façon compulsive images et objets, informations et fictions.»

Le théâtre et son trip.

Le lendemain, j'ai sans doute visionné autrement que je ne l'aurais fait le film Les Guerriers de Micheline Lanctôt à partir du succulent texte de Michel Garneau.

Puis, je n'ai pas été étonné de recevoir une demande d'abonnement sur You Tube accompagné d'un clip insupportable de Naked Slide.

Note : Je viens de lire cet entretien dans le Devoir,très bon.

Paroles et liberté




Ce matin, jai manqué mon lift de ski avec C. J'ai trop bu de thé hier soir. Nuit d'insomnie blues. Besoin de dormir tard avec le chien. Aussi, je n'avais pas pu m'empêcher de faire un bon bout avec le Bourgault de Manuel Foglia présenté à 22H45!! à Télé-Québec. Ce documentaire est extraordinaire. Bourgault demeure pour moi une grande idole malgré, malgré, malgré tout ce qu'on voudra et tout ce qu'on ne voudra pas.... C'était un homme libre et drôle!

De Bretagne en Gaspésie

Mon ami, mon frère Jimmy Atkins est connu pour sa vaste culture, ses qualités de leader régional et d'innovateur en gastronomie québécoise, comme chef d'entreprise brillant aux côtés de Charles et des autres membres de sa famille, débrouillard, méticuleux et surtout humain. Il aura su comme nul autre appliquer sa formation en philosophie à la création d'une «shop», pas seulement côté rigueur pour faire partir les trains à l'heure, mais pour créer du sens et de la vie. La vie est toujours quotidienne. Ce bambibochard est devenu un incontournable dans le tournant de Mont-Louis.

J'ai la chance de le côtoyer depuis les années du Sacré-Cœur à Granby, en secondaire III ! Je connais son infatigable persistance avec juste ce qu'il faut de blues et de silence pour comprendre l'humanité. J'espère qu'un jour il pourra aussi reprendre sa plume qui est magnifique. Tenez, en date d'hier, de retour d'une mission commerciale et technique :

«De Boulogne-sur-Mer, premier port-de-pèche de France, dans le Pas-de-Calais, à Amiens, puis Quimper en Bretagne, plein de cousins au pied marin et aux coudes experts en Calvados. Depuis la commune de Wimille sur la côte française, j’ai cherché l’Angleterre. Le matin brumeux me cacha les rives du Yorkshire. J’aurais aimé voir Britannia par-delà la Manche comme l’ont vu les Romains, les Angles et les Saxons. Trente kilomètres, aussi bien dire une grande enjambée pour engendrer toute une civilisation. Mais, il est vrai que le pigeon voyageur n’a de cesse de retrouver son pigeonnier. C’est fait : j’ai quitté hier Paris en fleurs pour me retrouver sous une magnifique et lumineuse montagne de neige … du jamais vue ici en vingt ans, surtout pas pour Pâques.»

22 mars 2008

Fumeur invétérant


Après sa mort, j'avais conversé au téléphone avec l'une de ses sœurs. Discrètement, j'avais fait allusion à une photo format poster que j'avais prise de Mike avec toute la bande de Québec, à la terrasse de La Cour, rue St-Denis, par un dimanche après-midi ensoleillé, mais cru, de la St-Jean-Baptiste. J'aurais souhaité l'avoir en souvenir. «Oh!, me dit-elle. Nous avons empilé toutes les boîtes de livres et de papiers dans la cave. Nous n'avons rien touché. Ça sent tellement la nicotine! C'est écœurant! Le cœur me lève!»

Cela me fit rappeler la ronde des clopes qui n'arrêtait pas entre nous quand nous parlions. Quand nous délirions jusque tard dans la nuit. Je n'ai jamais aimé ses Rothmans King size. Je péférais mes Gitanes! Mes Gauloises! Mes Players! Parfois, on s'entendait pour une Chamel.

Fait inusité, sur une période de quelques semaines, j'ai eu droit à mon paquet par jour qui m'était livré par les bons soins du facteur. Mike écrivait à la dactylo sur le côté blanc du carton, puis l'insérait dans une enveloppe de Sports Mania où il bossait. Un jour, il poussa même ses touches jusque sur l'envers du papier d'aluminium! Ses messages étaient d'humeur quotidienne. Parfois, il me racontait des bouts de son enfance d'Irlandais. Nous n'aurions pas pu tenir entre nous plus profonde correspondance.


photos : jd

21 mars 2008

La Passion à Otterburn Park

Au pied du Mont St-Hilaire, procession de la passion devant la Cabosse d'Or!

Pour Caroline, maigre et jeûne (ha!) se termineront dans le cacao quasiment pur!

Joyeuses Pâcolats!



photos : jd.

19 mars 2008

Slamérica : c'est lancé!



Un grand moment pour Ivy, ce soir, au lancement de Slamérica, avec une prestation slam appuyée par de très solides complices musiciens. Quelques photos rapidement légendées.


Ivy fait comme Gilles Vigneault jadis : il immortalise son public.
Du beau monde dans un Patro Vys rempli! Au centre : Mario Cholette.




Maman Sabine «à la production et à la reproduction»
tient la petite Léa aux côtés de Queen Ka.


Yvon Jean, poète de la rue, en grande forme.

Plusieurs artistes de la scène slam étaient au rendez-vous. On reconnaîtra ici :
Marie-Paule Grimaldi, Jocelyn Thouin, Mathieu Arsenault et Mathieu Lippé.

.

Photos : jd

18 mars 2008

Slamérica, le lancement


Évènement majeur cette semaine sur la scène slam québécoise : la sortie de Slamérica de l'infatigable Ivy.

Dans son communiqué, on peut lire ceci que l'on trouve engagé, enraciné :

«(...) mon engagement auprès du slam depuis les trois dernières années a donné un second souffle à mon écriture et permis à plus d’un égard de rabouter les éléments épars de mon univers. Un disque ne pouvait à lui seul en témoigner, c’est pourquoi, caché derrière le format CD, un vrai livre remplace le traditionnel livret.

(...) c’est la première fois que je présente un disque qui me ressemble vraiment. Le slam m’a ramené chez-nous, à cent mille miles du doute (...).»



15 mars 2008

Le grand déneigement : je pense à toit.

Il y a peu, une amie de ma fille a séjourné à Moscou dans le cadre de son travail. Elle a pu observer là-bas comment on déneigeait. Non, on n'y asperge pas la neige pour la faire fondre à l'aide de boyaux de citernes remplies de vodka. On commence plutôt par déneiger les toits! Après, s'il reste du temps et un peu de graisse sous la patte, on sort l'équipement, une espèce d'attirail original, des restants de kolkhozes un peu déjantés, des camions qui reculent pour suivre les mangeuses de neige... Ça prend le temps que ça prend. Mais ils dégagent les toits!

Après la poutine, on aura donc enfin compris au Québec qu'il faut russifier nos méthodes de tit-Jos Connaissant. Il a tellement neigé en ce pays! Les gestionnaires ayant déclenché «L'alerte banche - 90000 élèves sauvés de l'effondrement appréhendé», méritent, c'est sûr, Mme à bras de Courcy en tête, une semaine de repos à Cuba, là où aucune catastrophe ne se produira jamais, car c'est interdit.

Tous ces émois me font remonter à la mémoire les «Chants et poèmes de la résistance II», où c'est que les Enfants de la liberté (ou de Chénier?) scandaient en tapant du pied :«Ça va défoncer! Ça va défoncer! Ça va défoncer! J'sais-pas-si-ça-va-défoncer? Ça va défoncer! Ça va défoncer!».

Il est vrai qu'à cette époque, même la neige était politique-picotée de quelques flocons de poésie noire. Ces jardins de givre, ces nègres blancs, cette amérique française...

De nos jours, enfin dirigés et oppositionnés par des élites qui aiment leur confort et leurs salaires occultes, il faut probablement s'attendre bientôt à une tournée des «Chants et poèmes de la résistance des matériaux»!





- Allô allô. Ah! c'est toi. Ben oui, je pense à toit, mon amour.


Point Gauche!

Je désire attacher ma tuque avec de la laine de Bolivie...



p.s. : paraîtrait que Parizeau a déclenché la guerre? C'tu au Conseil National?

photo : jd.

14 mars 2008

L'Escalier est ouvert!

Ma soupe est servie. Merci Marie et Louvia!

La bonne nouvelle, c'est pas TVYA qui l'a, c'est moi!
Après avoir annoncé en décembre la faillite de l'Utopik,
voici qu'on peut gravir à nouveau les marches
de ce petit nique sympatique, sis au 552 Ste-Cat Est...
L'Escalier, en effet, a ouvert ses portes battantes mardi le 11,
gros party ce soir pour marquer le coup,
nouvelle «administration», le collectif des employés demeure. Bravo!

Lors de mon passage mercredi, j'y ai retrouvé avec plaisir le vieux piano,
les soupes granolles, les beaux sourires, les gars de la Banda Caza, leurs guitares, leurs révolutions tranquilles, le grand tableau noir dans la toilette où c'était écrit une phrase sur la déconfiture pour mieux renaître. Ce qui m'a fait penser à Aragon qui disait :
«C'est de la mort que renaît toute chose».
Belle fin de soirée pour délinquer tout doux.

«Quand j'ai compris que j' faisais
Un très très grand détour
Pour aboutir seul dans un escalier
J' vous apprends rien quand j' dis
Qu'on est rien sans amour
Pour aider l' monde faut savoir être aimé»
L'escalier, Paul Piché

Son pourri, mais pour l'ambiance, la vie...


photo et video : jd


13 mars 2008

Badi-badagne : grève des étudiants à l'UQAM


Une pause avec un snak communautaire

Il y a grève des étudiants à l'UQAM, le saviez-vous?

Ils revendiquent entres autres :
. l'abolition des mesures du plan de redressement à l'UQAM;
. l'abolition de la politique « déficit 0 » dans la formule de financement des institutions postsecondaires. (...) Selon l'association des étudiants en science pol., nous avons les deux pieds pris dans la privatisation de la sphère publique et la marchandisation du savoir...

Yé 22h00! Allô la police!


Photos : jd

11 mars 2008

Au pied de la lettre, mon ami Rimo

Ma blonde m'avait laissé ce mot sur la table :
«Je me suis fait un sandwich au poulet pour souper.»
Ha!
J'en ai profité pour me fumer un bon petit commentaire chez Le Rimailleur, l'ai mis sous mes haillons au micro-ondes, l'ai inhalé comme on hèle un chum qui n'a plus de gaz, puis je l'importe ici, réchauffé, car il m'importe que le lecteur, denrée rare quand on est seul pour souper, aille se promener dans les argots de la France... Il faut lire, en effet, la petite histoire d'Oneiros qui m'a inspiré. Drette icitte. Puis tant qu'à y être, allez donc glaner aussi les dessous de tables des autres historiettes qu'on y trouve, scénarios grouillant de monde et de dynamite ciselée à l'os dans les poches de nos brigantiers favoris...

Dans la ville défenestrée, quelque chose de flagrant couve, en effet. Mais quoi?

Il faut garder l'œil ouvert dans notre mine de rien. Oui mes frères!

À part les troisièmes personnes du singulier incluant le taxidermiste dont il nous faudra bien imaginer de quelle paille il se chauffe la gueule, voici que le traceur de nuages campe en ces lieux, en moins de douze lignes, pas moins de quatre personnages principaux parmi les plus louches. Je n'ai pas dit moches. Bien que ces deux mots se tiennent bras-dessus bras-dessous et encore sans devant dessous. Plus le narrateur. Je ne dis pas que le narrateur est saoul. En fait, on ne sait rien de la couleur des yeux de tout ce beau monde, mais à les savoir tous en tas transbordeurs de monde illicite et cascadeurs du big bang frelatant les remparts de nos pauvres mots (pauvres, mon cul aussi), alors je m'excuse, mais il y a une sacrée limite à tordre ainsi notre imagination bridée comme un œil de chien qui chie là. L'imagination au pouvoir n'avait pas prévu, hein, la cigarette au bec des anarchistes frais chiés qui délireraient dans la farine des rêves et déparleraient à travers les chapeaux qui ne font à personne. Enfin, enfin! Ainsi bat la vie entre les dents des épisodes du pays d'en haut où j'aime bien m'attarder alors que je meure comme tout un chacun. Prince, vous qui tenez les grands États de plumes sans regarder à la dépense, vous courroucez vos lecteurs transportés quand ils attendent l'ouverture de vos wagons-bars. Je bois d'avance à votre santé et ne me relis guère.

7 mars 2008

08 mars 2008

Poésie comme eau-forte

Début de publication de L'abîme du bétail sur le blogue du même nom, signé Martin Ouellet.

Le titre chargé de perchlorure de vers me renvoie à un scénario inédit et secret de feu Michael Thomas Gurrie et aussi à Richard Desjardins. Le propos me renvoie à la précision de la poésie quand elle nous remballe le monde et soi-même en un seul bon coup de marteau.

«Les affamés s’apprêtent
À bannir de leur régime
La chair des hameçons
(...)
Les condamnés au jeûne
Vont bientôt se mettre à la chasse
Aux marionnettistes.»

02 mars 2008

Slamusée original au Centre d'Histoire de Montréal


- «Je garde espoir»

Bref résumé de la Nuit Blanche au CHM, très incomplet pcq j'étais mobilisé et yé suis ce matin crevassé blues...

(Par contre, on trouvera un compte rendu éloquent de première main chez Ivy dans son Journal de bord + photos sur son site MySpace Se sont ajoutées aussi des photos chez Mario).

En quelques mots : accueil fantastique de tout le personnel du CHM qui a bien pris soin de nous; prestations remarquables des slameurs dirigés par Ivy, tous devenus pour l'occasion «objets animés» le long du parcours des artéfacts du musée.

C'était original, intense, drôle, pas du tout facile à faire, Mario Cholette devait se dédoubler, très slam malgré quelques adaptations scéniques pour tenir compte des lieux, comme par exemple dans le tramway avec l'excellent numéro de Jocelyn Thouin. À la station de Ivy, ce dernier interprétait le très pertinent slam Montréal à paraître ce mois-ci sur l'album Slamérica.

Les visiteurs, par cohortes successives, étaient manifestement ravis de l'expérience.

Pour des raisons x y z, l'affluence cette année de la Nuit Blanche au CHM aussi bien qu'à Pointe-à-Callières, le musée voisin, a été dix fois moindre que l'an dernier. Selon le directeur du CHM, Jean-François Leclerc, qui ne cachait pas sa déception, environ 500 personnes ont circulé au cours de la soirée.

Critique à l'égard de l'opportunisme de droite à la Mario Dumont, le conférencier Amir Khadir est venu échanger sur l'identité québécoise en marche qui ne peut devenir soi que par l'ouverture à l'autre. Un défi majeur de notre temps.

Passé minuit, dans une ambiance plus intime, avec quelques traces de fatigue et de gorge sèche (chez l'animateur!), le micro libre du Bal des poètes aura néanmoins permis d'entendre une douzaine de slams dont plusieurs m'étaient inconnus, le tout soutenu par Paolo Toffu.

Je n'ai pas pris de photos du slamusée. Mais le CHM doit nous en faire suivre.

De fait, j'ai pris une seule photo qui n'a pas rap :

Membres du groupe rap Elby & Woods manifestement heureux d'avoir trouvé la viande!

(Ai croisé Elby, un petit grand bonhomme émouvant qui a montré le beat rap à Sylvie-Anne Sioui Trudel et qui m'a dit : «Pour un rappeur, le jour c'est la nuit». En coulisse, c'était donc aussi le Montréal que j'aime, carrefour de tous les humains).

J'ai hautement apprécié organiser cet évènement suite à la demande de Medhi du CHM (merci à Marc-André d'avoir pensé à moi). Un grand grand merci à tous les artistes présents. Merci absolument à Medhi et Ivy.

01 mars 2008

Slam et Nuit Blanche au CHM



Ce soir au Centre d'Histoire de Montréal....




«Bonjour à tous, amateurs et amatrices de slam
Dans le cadre de la Nuit Blanche, le Centre d’Histoire de Montréal (335 Place d’Youville, métro Square-Victoria) présente une visite guidée slam.
Sous la direction de Ivy, des slameurs présentent des textes le long du parcours historique du musée. On pourra entendre Sylvie-Anne Siouï Trudel, Jocelyn Thouin, Queen Ka, Fabrice Khoffy, Mario Cholette, Rebel Trankill et, bien sûr, Ivy, donner la mesure de Montréal et de l’identité qui s’en dégage à travers les années.
EN PLUS !!
Cette visite pleine de surprise et de rebondissements se termine par une scène ouverte à tous à compter de minuit, au dernier étage du Musée, animée par Jacques Desmarais et soutenue par notre DJ slameur national Paolo Tofu.
Venez faire votre tour, c’est gratuit !
Les visites débutent à partir de 20h00.
Une initiative de CHM et de Jacques Desmarais
En collaboration avec SLAMONTRÉAL»
Source : IntyProd