26 juin 2010

Résistance et Poésie au coeur des Appalaches




Soirée de rêve et de solidarité hier à Saint-Ferdinand où j'ai renoué avec une bande d'artistes éveillés et vibrants, les Gagné, Lafrenière, Gamache, Leblanc, Vanasse, Huot...

Une fois dépassé le crochet du 5e rang, nous alunissons littéralement ailleurs au Jardin de vos rêves où nous accueillent Sonia & Pierre, les artisans fous telluriques de ces lieux « habités depuis des générations par toutes sortes de bébittes » (dixit Richard Gamache).



On y lançait d'abord le quatrième numéro de la revue du CentrÉcritoire qui se veut le fil tisseur de liens entre les écrivains professionnels et amateurs de la région. Des écrivains de la revue ont partagé des extraits de leurs textes alors qu'en deuxième partie, d'autres poètes se sont succédé sur la scène extérieure. Une scène, je le précise, en terre battue.

Lancement du quatrième numéro de CentrÉcritoire.

L'animation était sous les bons soins de Danièle Leblanc, une soie qui a lu des extraits inédits d'un recueil à venir de Frédéric Audet (Plessisville). Et ça grouvait de belles braises derrière les poètes avec des musiciens caméléons que j'adore : Denis Huot & Dominique Levasseur.


Richard Gamache haut en couleur a refait le crissement du cheval qui ava peur...


J'ai eu le grand bonheur d'y participer en lisant trois textes dont un en rappel! Magique! À un moment donné, j'ai passé proche de m'envoler tellement ça interpellait tout autour, au-dessus, en-d'sour!

Jack, Denis, Dominique

En début de programme, c'était au crépuscule, la chorale de Vianney (?) nous a revirés de bord avec entre autres une chanson vigoureuse de Vigneault, Faut que je me réveille; plus tard un cantique qui disait « Ô nuit, dissipe la douleur»; puis cette autre fameuse de Stéphane Venne, Ne tuons pas la beauté du monde. Ces chants dans l'air frais du jardin faisaient du portage entre le ciel ouvert et le rebond des crêtes arrondies, au loin, qui sont l'enjeu d'une bataille des citoyens de la région opposés au projet de l'entreprise espagnole Enerfin qui vise à implanter 50 éoliennes dans trois municipalités de la MRC de l'Érable.

« J'ai du vent du Nord
à mettre en bouteille
Du vent qui réveille
Avant d'endormir »

Les recettes de la soirée, il y avait environ 150 personnes, ont été versées au Regroupement pour le Développement durable des Appalaches (RDDA)





J'attends des photos de Jo qui m'accompagnait. Elle visitait, ravie, pour la première fois ce cœur méconnu du Québec.

La soirée s'est terminée avec l'ami poète géant Jean-Marc Lafrenière. J'aurais pu entendre pour une heure encore ses mots d'encre fraîche levés comme des lièvres, remis en liberté dans les allées des jardins et les sentiers des forêts du cœur.

Ma prochaine escapade sera de participer De la parole aux actes à La Gamacherie de Norbertville le vendredi 30 juillet qui, soulignons-le, ouvrira sa 7e saison le 3 juillet avec l’Ensemble Cordes et Varius suivi de SOLOS ( et ça, ce n'est pas de la chique molle!) « du fougueux violoncelliste de réputation internationale CLAUDE LAMOTHE ».

Photos Jacques Desmarais, sauf celle de Sonia & Pierre tirée du site Le Jardin de vos rêves et celle des musiciens avec moi, gracieuseté de Jo.



En supplément : quelques autres photos de Jo ( MERCI! ).



Jean-Marc Lafrenière & Jack

Jack & M. Gagné, le frère de l'autre, documentariste de l'underground et des luttes sociales.

Voici les vraies promesses


Toilettes et galerie d'art où sont accrochées cet été quelques œuvres de Jo Cooper.





Le cœur du Québec au vent libre.


24 juin 2010

La Saint-Gens du pays ou le métier à tisser

Je l'ai constaté souventes fois ces derniers temps, lorsque mes camarades de travail créent une petite surprise en entourant le bureau d'un collègue dont c'est l'anniversaire, ou bien encore parmi les échos des voisins du quartier réunis pour un des leurs, le
« HappyBirthday » est revenu au galop au palmarès des gentillesses. Je ne moralise pas. Je le constate. Le peuple peut bien chanter ce qui lui plaît. Mais nous savons depuis Gramsci que ce qui plaît spontanément peut aussi être un effet béton de l'idéologie « dominante ».

Je craignais pour ma part qu'on ne se souvienne déjà plus que la chanson Gens du pays qui émergea sur la montagne il y a 35 ans (j'y étais) fut un coup de poésie imprévisible, inespéré, tout simplement révolutionnaire. Il est donc heureux qu'en ce 24 juin 2010 cette étonnante chanson populaire et son auteur — qui lui n'est jamais tout à fait à la mode, comme le note si bien Josée Boileau dans Le Devoir d'hier —, soient à nouveau au cœur de la Fête nationale.

Je cite de mémoire, peut-être tout croche, je cite pour mémoire Chanson pour Bob Dylan qui est à elle seule un manifeste pour la poésie enracinée avec les chênes et les fonds de montagnes : « Quel est donc ce langage qui fait que je t'entends, qui fait que je t'attends comme animal en cage (...) dans la prison des mots qui nous désappareillent (...) C'est la voix du premier poète dont il reste un lointain écho au petit clocher de nos têtes, ah! la musique que vous faites camarades jargon d'argot qui chantez chinois dans vos fêtes (...) »

Gilles Vigneault, grand cerf-volant géographe de l'amour, a dit un jour : « La mort a tant de synonymes ». Semer des graines de chansons qui ensoleillent et décolonialisent les fêtes intimes et collectives de ce pays, c'est un sacré beau métier.

Discographie de Vigneault.


21 juin 2010

Cambrousseur




Sous la pluie. l'attente, la vie, le cambrousseur pioche, monologue dans les annales du chaperon vert. C'est pour mieux vous manger vieux cramots extraterrestres et fée poétesse de la douceur aux grandes dents dans un jardin si échevelé où c'est écrit à la rude : « Je ne meurs pas. Je suis poussière. Je tournerai avec toi ma belle vieille terre de roches. »





Photos Jo, Béthanie, 19/06/10

Finales de slamontréal ce soir!



Finales de slam ce soir. En ce moment! Mais en ce lundi premier jour de l'été, surtout en ce premier jour chargé de la semaine, la marche de Tétraultville au Plateau est au-dessus de ma réserve d'énergie renouvelable.

La semaine dernière, nous y étions avec Jo dont c'était la première soirée slam. Jo a particulièrement aimé le texte initial de Marie-Paule Grimaldi (« Aimer est un acte révolutionnaire ») joué à titre de poète sacrifié.

Sur la photo plus haut, on ne voit pas très bien Queen Ka derrière Saïd, puis il y a le grand Carl Bessette et Jean-Sébastien Larouche fraîchement débarqué de Paris où il a accompagné Marjolaine Beauchamp à Bobigny.

Soirée qui a favorisé les vétérans du slam : Queen Ka et Carl seront de la finale ce soir. S'ajoute entres autres Delphine Bouhy, une nouvelle venue qui fut très touchante.

Se retrouvent aussi en grande finales 2010 : Catherine Dorion, Ivy, Amélie Prévost, Le Grand Slack et Madame Cosinus (Julie Dirwimmer).

À suivre.

Delphine

Jo, Sabine


Supplément : résultats de la finale


Voici la composition de l'équipe de Montréal pour le grand slam québécois de septembre au Lion d'OR: Catherine Dorion, Ivy, Queen Ka et Amélie Prévost. Le coach et /ou slameuse de substitut sera assumé par Mme Cosinus (Julie Dirwimmer).

Slamosimo!


Photos Jacques Desmarais

Miles Davis à Montréal cet été : hommage, verrière et beaux-arts

Je n'en ai pas soufflé mot par manque de temps, mais j'ai gagné au journal Voir une soirée VIP au Musée des Beaux-Arts de Montréal pour visiter l'exposition We want Miles Davis. J'en ai beaucoup appris sur l'homme, l'artiste, l'époque, le jazz, et plus largement sur la création en art.

Nous étions deux groupes d'une douzaine de personnes en dehors des heures normales du musée. Notre guide se défendait d'être musicologue, elle était pourtant vraiment chouette, intéressante, douée d'une pédagogie fine pour faire comprendre les nombreuses révolutions du grand Miles. Ce fut tout de même un survol rapide. J'ai hâte d'y retourner pour lire les infos qu'on trouve dans les diverses « chambres d'écoute » et m'imprégner des enregistrements « exposés».

Ci-après, un hommage à Miles avec André Leroux & cie au Mbam, Pavillon Jean-Noël Desmarais, suivi d'une adresse de vidéo qui donne une idée de l'ambiance et des artéfacts de l'exposition.



Davis installation mbam

16 juin 2010

Amis d'Angeville: irez-vous en Avignon cette année?





Bonjour,

Irez-vous finalement vous promener en Avignon, l'intense aux rues de Mistral?

Voici quelques faits en écho de ce superbe voyage, celui de 2009, qui fut aussi l'année Wajdi.
J'ai vu Ciels barbouillé de poésie la semaine dernière à Montréal. À la généalogie des mères il fallait bien que Mouawad repasse par les pères et les fils en révolte. Abracadabrant. Une expérience scénique totale. Bien sûr, à titre de simples spectateurs conjurés, garder un espace par où l'on tentera de faire porter son attention sur la critique de notre temps demeure à l'ordre du jour de nos carrefours...

Dans l'attente du début de la pièce, une spectatrice assise devant nous se joint spontanément à notre conversation alors que je racontais la réception de la trilogie dans la cour d'honneur. Deux jours auparavant, elle avait assisté aux 12 heures du Sang des promesses dans la plus grande salle bondée de la Place des Arts. Comme en Avignon, presque tous les spectateurs sont demeurés présents jusqu'à la fin de ces Forêts enchevêtrées. Et le final fut là aussi un évènement, une longue ovation remplie d'émotion.


Ciels est présenté dans une salle style tempo pour faire bunker avec des dispositifs scéniques très sophistiqués où seront projetées sur les quatre murs blancs des vidéos géantes multilingues alors que les cinq acteurs s'y retrouvent parfois dans leurs appartements privés; l'action est littéralement excentrée alors que nous, les spectateurs, nous sommes tous sur le même pied d'égalité, installés sur des minitabourets blancs pivotants qui nous permettent de suivre facilement le mouvement de l'action; l'auteur nous donne le rôle suivant : statues silencieuses sans bras dans un grand jardin où parfois les cinq agents spéciaux s'y promènent; ils sont retirés du monde, personne ne sait où ils sont. Leur mission : déjouer un complot mondial. C'est dérangeant, impossible, génial! La distribution est largement composée d'acteurs Français.

La trilogie vient aussi d'être présentée à Québec. Ma correspondante Louise, une maniaque de théâtre, en parle dans son blogue. Elle te cite aussi Jean-Paul...
Il y a aussi la chronique de Michel Bélair dans Le Devoir qui se remémore Avignon et à la suite de laquelle j'ai joint un bref commentaire :
http://www.ledevoir.com/culture/theatre/290464/theatre-coup-de-genie



Si jamais vous pouvez y retourner cette année en fidèles amateurs de théâtre que vous êtes, sachez que mes pas là-bas à vos côtés résonnent encore à rebours des rues étroites tapissées d'affiches qui flacottent au vent, ils résument l'espace d'un grand bonheur baigné de lumière vive.

Mes amitiés sincères.


Photos : Jacques Desmarais

13 juin 2010

Slam de près et de loin

Alors que Marjolaine Beauchamp représente en ce moment le Québec avec panache à Bobigny et que plusieurs artistes de la scène slam, dont Mathieu Lippé et Marie-Paule Grimaldi, sont sous la tente aux Francofolies de Montréal, demain soir, le 14 juin, aura lieu la deuxième ronde de la demi- finale de la saison 2009-2010 de Slamontréal. L'affiche est impressionnante :

Carl Bessette ; Queen Ka ; June ; Fabrice Koffy; Julie Dirwimmer ; Said Azzaoui ; Alexis Lafleur; Delphine Bouhy.

La finale aura lieu le 21 juin 2010 dont les 4 premiers slameurs composeront l'équipe de Montréal au Grand Slam 2010!

Ouverture des portes : 19 h 30

à l'O Patro Vys
356, rue Mont-Royal Est
Entrée : 5 $
Animation : Ivy |
dj : paolo tofu

***
J'attire aussi l'attention sur le plus récent texte de Kyro dans son Kyroscope intitulé Que faire de la poésie... Il y parle du slam dans ses rapports lointains et plus souterrains avec le rythme, la langue, la poésie et souligne l'apport central du rap bien plus que les rimettes à la Jean Narrache. On y découvre plusieurs extraits de vidéos : Saul Williams (excellent), Nonstop, Psykick Lyrikah (touchant). À lire! Pour l'inspiration. Incidemment, Kyro était aussi sous la tente slam des Francos hier le 12 juin avec le collectif Erlenmeyer.

Photo Jacques Desmarais

11 juin 2010

Marjolaine Beauchamp au grand slam à Bobigny

La fille pas de filtre



(Merci Myriam!)

Jack Kerouac en français de France





Vient de paraître le Livre des esquisses (Book of Sketches) de Kerouac traduit par Lucien Suel, Éditions de La Table Ronde, mai 2010.

La photo du train sur la page couverture est crissement bien choisie. Qu'en est-il des mots de ragoût de boulettes de ce cher Jack?

«Je dors sur le sol sous les étoiles comme un Indien, casquette de base-ball, lanterne des serre-freins & empaqueté dans mes Levis & chaussures de travail & veste, bras croisés vers la lune…» (Recension dans Le Figaro, 20/05/10)

E... pas sûr! Empaqueté?

Ellroy, Françoys, Emma et l'Autre...


Photo Billy (E. T). Françoy Bernier, James Elroy.






Bon, ça va être l'anniversaire de Françoys demain, ce qui m'incite à achever le billet autour de sa rencontre avec James Ellroy il y a une semaine.











Françoys est un marcheur et un bon lecteur. Je l'imagine lire comme il marche, à vive allure, curieux de franchir les paysages littéraires. Aucune crainte de la distance. Par déformation professionnelle, il transcrit dans ses pas les cartes géographiques. Il fréquente peu les libraires. Il ne connaissait pas la librairie Monet de son quartier. C'est là qu'est venu James Ellroy.

Françoys aime le trip de s'approvisionner chez Amazon tout comme ma fille le fait parfois. Entre le « cart » rempli à coups de clics à l'écran et l'arrivée de la réalité dans la boîte aux lettres, se dégage l'espace d'un oubli. On oublie la commande. Puis un bon matin le facteur dépose un paquet, ah, oui, ce sont mes livres! Toujours l'effet d'une petite surprise aménagée juste pour soi. Les livres sont littéralement et dans tous les sens un cadeau.

Si la hauteur de la commande en vaut la chandelle Amazon coupe les frais de transport. C'est ainsi qu'un bon jour il manquait à Françoys un petit rien, une cerise sur le dimanche, pour recevoir gratos. Alors, ça incite.

Depuis un moment, le radar de Françoys faisait clignoter le nom de Ellroy. Le moment était donc propice pour ajouter deux titres, dont le Dahlia noir, complétant ainsi le paquet.

Les bouquins arrivèrent à bon port et les Ellroy qui n'étaient pas les premiers choix furent déposés sur la pile des livres à lire. Il s'écoula un moment avant que Françoys ne les reprenne. Un jour qui n'est pas si lointain, le 14 mai dernier pour être précis, Françoys laissa cette note sur Facebook :


« vient de terminer "The Black Dhalia" de James Ellroy. Fort, fort... »


Je dois ici expliquer rapidement, et tant pis si je suis gauche, que mon intérêt pour ces petites histoires d'un lecteur ami vient du fait que j'y vois à l'œuvre de part en part ce que j'appelle le chuchotement de l'Ange des livres. Que c'est ça? Ce n'est pas là ramures à gogo spiritualisées à l'Hôtel du Sexe des anges! Ce n'est pas non plus l'épée du déterminisme au-dessus de nos têtes. 


 Depuis au moins Poincaré, nous savons que l'hypothèse d'un Grand Horloger régulant l'univers n'est pas utile à la connaissance du monde. Depuis au moins le romantisme, nous savons que chacun, chacune aspire à être l'auteur de sa vie, et non pas une marionnette. Par l'Ange des livres, c'est autre chose que j'essaie de traduire, quelque chose comme une occasion, une ouverture qui s'offre à nous avec quelques coïncidences jouissives en traits de lumière, comme une craque entre deux planches qui laisse passer le plein jour, comme entre le hasard et la nécessité, Dieu seul sait pourquoi tout cela me tient à cœur. L'Ange des livres est aussi un oiseau moqueur.


J'ai seulement, mais vraiment été frappé à l'âge de 17 ans par la lecture de André Breton a-t-il dit passe de Charles Duits, une tête remplie de peyotl et de fulgurance. J'ai été frappé par une foudre euphorisante, par un train de jeune écrivain en devenir, en exil à New York. Pour dire comme Kafka, ce récit a agi comme une hache dans la glace intérieure de ma coquille. Ce fut une libération comme une belle clairière ensoleillée et baveuse qui s'illumine devant vous! C'est Duits qui m'induisit pour le reste de mon existence la certitude maintes fois révélée par la suite que l'Ange des livres souffle dans le vent the answer my friend, mais si près de votre oreille enfouie sous les feuilles et les fils enchevêtrés, c'est souvent inaudible le souffle des titres, des noms d'auteurs encore invisibles par lesquels tout à l'heure, librement, vous tomberez en bas de votre chaise. Car parmi les livres qui adviennent dans vos mains, il s'en trouvera au moins un, c'est sûr, venu directement du bonheur pour incarner la lumière que vous cherchiez sans le savoir depuis toujours. Telle est la surprenance dans la chaîne des livres et des lecteurs.

Edmond Jabès dans Le Soupçon Le Désert : « L'aventure précède-t-elle le texte ou le texte l'aventure? Et quelle est cette aventure dont s'est emparé le texte et qu'il nous contraindra à vivre, au point que nous ne vivrons désormais que son aventure devenue, plus que tout autre, la nôtre? »

Or je suis allumé wouf! wouf! comme un bon chien fidèle qui a un peu lu chaque fois que j'entends siffler la signature de l'Ange des livres. Et je donnerais cher pour fumer de temps à autre un bon Charles Duits.

Je reviens à Françoys. Il vient de terminer The Black Dhalia. Selon son propre récit, jamais il ne feuillette le journal hebdomadaire de son quartier. Jamais. Mais comme L'Ange des livres est bien ratoureux, ce soir-là, en effet, Françoys relève dans le journal local une annonce invitant les lecteurs à rencontrer James Ellroy le jeudi 3 juin à la librairie Monet! Il n'en croit pas ses yeux! À deux pas de chez lui!

Il téléphone tout de go à Emma. Les histoires de filatures et de flics intéressent ce compère au plus haut « poing». Emma est bien placé dans la société pour savoir qu'en ces domaines, la fiction déclasse la réalité. Françoys est persuadé qu'il faut traîner son ami à la librairie Monet. Tous deux réservent une place.

La rencontre a eu lieu. Les photos de l'un et de l'autre en témoignent. Françoys écrira quelques heures après :
« J'en reviens pas encore d'avoir rencontré James Ellroy dans une librairie de mon quartier! »

- Françoys à James Ellroy : "...and thanks for coming up here!"
- Ellroy : "Hey, I'm here to sell books!"

- Françoys à moi : « (...) il a été super. Il a coupé le sifflet à la petite animatrice qui prenait les questions en disant : "OK enough now, I wanna have time to meet everybody here and sign all your books, come on." Ce qu'il a fait... »

L'Ange des livres est en filigrane, on le sait, et il agit! Rien à voir avec le déterminisme. C'est du côté de l'éveillé que cela se passe. Du côté de l'être. Et les écrivains sont des voleurs de vies. Mais il s'agit d'un renversement de la vie éphémère. Dans Les deux Royaumes, Pierre Vadeboncoeur a écrit des pages magnifiques sur la fuite sans fin de nos vies :

« Le roman retient l'être un peu plus longtemps, comme une eau que le creux de la main garde; et ce retard dans la chute par ailleurs universelle du temps fait un écart suffisant pour nous permettre d'éprouver le sol des choses... »

Tout le reste n'est entre nous que littérature!


06 juin 2010

Ciels






Un mot à Jean-Paul Damaggio, ami, éditeur et auteur de Au carrefour Wajdi Mouawad, aux Éditions de la Brochure, 2009.

L'anniversaire de mon séjour à Avignon

est souligné par la forte présence en ce moment à Montréal de Mouawad. Sa trilogie est présentée dans le cadre du FTA. Demain, Sarah, Noémie, Jo, Marie et moi irons voir Ciels. Le « conte » sera donc complet pour moi.

Un papier de l'auteur dans Le Devoir de ce week-end nous replonge de plain-pied dans la solennité de ce garçon intelligent, profond et inquiet, animé par le désir de communiquer une parole terre-à-terre malgré la complexité existentielle, une parole qui ne soit pas en l'air ni trop en deçà des aspirations que l'on a quand on se lève le matin. J'aime bien sa manière de détourner les cadres de l'entrevue, mais ceux aussi du théâtre tout entier malgré le ciel relatif des masques et des costumes, du temps et des lieux qui nous appartiennent ou qui plutôt s'approprient de nous, nous de la caverne longeant les murs et ses lueurs, nous qui plongeons parmi les représentations furtives.



Photos : jd sauf celle sur le traversier prise par une voyageuse inconnue.


04 juin 2010

James Ellroy à Montréal ou quand l'Ange des livres se manifeste


Je n'ai hélas pas le temps ce soir de raconter l'histoire au complet, de dire comment l'Ange des livres agit parfois sous cape... Mais je tiens à être le premier à mentionner le passage hier à Montréal de James Ellroy à la librairie Monet.

Les boys (Françoys et Emma) s'y trouvaient et ils étaient fébriles. Je vous donne des détails aussitôt que je le pourrai.


En attendant, voici l'auteur en interview. Et au demeurant, je ne suis pas le premier à mentionner cette grande visite :
Polar, noir et blanc,
Carnets noirs,
Rue Frontenac...

Mais personne n'aura encore parlé de l'Ange des livres!

Merci Françoys et Emma!







Supplément, 5 juin 2010

Y.

Je reviens des L. et n'ai pas pour le moment le loisir de compléter mon texte sur le Train, notamment indiquer le crédit photo. De fait, la photo prise par Emma (je l'ai recadrée et éclairée un peu) est très bonne : tu es si enthousiaste, Ellroy et toi êtes en réelle communication. Elle parle beaucoup cette photo.

Si ne n'est déjà fait, j'attire ton attention sur le cahier litt. (cahier F) du Devoir de ce jour : Ellroy est joué en gros plan avec un bon papier de Christian Desmeules. Un commentaire laissé par un lecteur affirme que ce texte nuancé n'est pas comparable à celui «revanchard», note-t-il, de Miss Petrowski dans La Presse que je ne lis guère habituellement. Mais je suis allé lire le texte de Nathalie, il n'est pas si pire que ça.

Ciao!

Crédit photos : Françoys Bernier.

02 juin 2010

Mega Pow Wow au Dépanneur Café

Noticias

37e Noche de poesia - 2 juin 2010 - MEGA POW WOW 2010**dernière lecture avant la relache estivale**


Arrivez tôt!!! LECTURES de 18h à 21h SHARP
Le Dépanneur Café
206, rue Bernard Ouest
Montréal, Québec H2T 2K4
514.271.9357 info@ledepanneurcafe.com
***10$ at the door ***

Programme spécial du MEGA POW WOW prévu pour le mercredi 2 juin 2010 :

MEGA POW WOW, pour la grande finale avant la relâche estivale chaque poète ne lira qu'un poème pour une durée maximale de 2-3 minutes. Merci tout particulier aux poètes qui nous permettent de découvrir autant de nouveaux talents, et merci à ceux et celles qui ont recruté et parlé de cette belle soirée qui s'annonce hautes en émotions!! ;0)

ENORME ABRAZOTE au Le Dépanneur Café, notre refuge depuis 4 ans!

MEGA POW WOW, pour notre 5e édition, nous recevons la visite de la TROUPE POÉTIQUE NOMADE - MAELSTROM directement depuis Bruxelles, Belgique!!! Soyez-y, cette belle soirée s'annonce hautes en émotions!! ;0) ENORME ABRAZOTE au Le Dépanneur Café, notre refuge depuis 4 ans!

VOICI LE LINEUP
Time Name
18h10 David Giannoni en visite depuis Bruxelles
18h15 Ilona Martonfi (en anglais)
18h20 Jacques Desmarais (en français)
18h25 Jeffrey Mackie (en anglais)
18h30 Brigitte Meloche (en français et espagnol)
18h35 erika n white (en anglais)
18h40 Blanca Solorzano (en espagnol)
18h45 Dominique Gaucher (en français)
18h50 Alessandra Naccarrato (Spoken Word en anglais)

18h55 mini pause

19h05 Giuletta Laki en visite depuis Bruxelles
19h10 Rachna Vohra (Spoken Word en anglais et français)
19h15 Sandra Sjollema (en anglais)
19h20 Nelly Roffé (en français)
19h25 Grace Moore (en anglais)
19h30 Charles Coocoo en visite depuis Wemotaci
19h35 Onenes en visite depuis la bande de Gaza, Palestine (Spoken Word en français)
19h40 Benjamin Pottel en visite depuis Bruxelles
19h45 Kris Demeanor en visite depuis Calgary, ALBERTA (Spoken Word & music)
19h50 Fabrice Koffy (poesic en français)

19h55 mini pause

20h05 Ntare Ali Gault en visite depuis Buffalo, NYC (Spoken Word en anglais)
20h10 June performera une pièce de SLAM (en français)
20h15 èmèf Spoken Word en français
20h20 Jahnice Le Sonneur (soul hybride en français)
20h25 Vincent Tholomé en visite depuis Bruxelles
20h30 Jason Blackbird Selman (Spoken Word en anglais)
20h35 Miss D-Na (Spoken Word en anglais ET français)
20h40 Ritallin en visite depuis Ottawa (Spoken Word en anglais)
20h45 Éliz Robert (Spoken Word en anglais, français, espagnol)

Au plaisir de faire la fête avec vous!
Nous tenons à remercier Adage pour son soutien.


Photo : Café Barista


Note : ce Noticias est le 1000e billet de Train de nuit.