31 août 2010

Carnets pelés 32 - « Il y a des vieux qui ne lâcheront pas » (Miron)



27 juin 1994

Entendu Pierre Perrault à la radio dire que le mythe de l'intéressait plus. C'est ce que son cinéma lui a enseigné. Le mythe est peu de chose, note-t-il, comparé aux êtres de connaissance. Que dirait un VLB à ce propos?


21 octobre 1997

Nous pûmes dans le réel jusqu'aux moelles. Nous.


14 novembre 2005

Station Berri-UQAM. J'écris les yeux fermés. Je voudrais oublier au fur et à mesure mes pauvres lettres de la survivance française.


20 septembre 2001

Longueuil. Chaire d'éthique appliquée. Samedi. Cours d'intro. Georges Auguste Legault. Je reviens de Granby. Du salon funéraire. Mon oncle Paul est enterré ce matin. J'avais annoncé mon retard. J'attrape au vol la leçon sur le problème de la vérité dans notre rapport à autrui : « Nous n'avons pas besoin de la vérité en éthique. Pas une vérité à dévoiler, mais un sens à co-construire ». Nous sommes pourtant loin du relativisme. Paradigme d'un monde sans transcendance. Nous sommes plongés dans l'histoire, c'est-à-dire que nous sommes dans la création, nous interprétons nos interprétations. Sans cesse. Même la science expérimentale n'a pas trouvé de méthode pour prouver que le réel est atteint. Quine parle de ISS : irritation de nos surfaces sensorielles. On est loin du réel. Personne ne l'atteint. On ne fait que des constructions alimentées par nos paradigmes. Quine : la science est un « rational belief ». Si l'on postule un transcendant, au sens d'une vérité comme adéquation de notre esprit au réel, alors on biffe autrui et notre rapport dialogique avec lui. Dit autrement, le réel devient une figure d'autorité qui gomme le sujet. « La meilleure façon de manipuler les autres, ajoute Georges, est d'utiliser la vérité ». Et c'est ainsi que la barre de la morale s'instaure, en deça de quoi, point de salut. Et dans les arts, point de salutation!

Ah! Ce méchant écho du vieux Nietzsche.


17 avril 1991

Le P'tit Bar, minuit et une minute. Sylvain Legault (sax ténor) joue avec Ménard (contrebasse). La série se poursuit. Travailler dans un bar, c'est difficile. Je suis debout, dans le fond. Pourrais-je citer de mémoire Art as experience? L'expérience est le réel, dit Dewey.


19 octobre 2002

La roche est dure comme ma caboche, mais elle n'est pas vivace.

Définir selon Aristote : une ressemblance + une différence spécifique. On est toujours dans les limites de nos critères pour comprendre le monde.


12 juillet 1992

Bilan de la 13e édition du Festival international de jazz qui a viré Montréal à l'envers. Quel beau voyage! Vu Charlie Haden et son Liberation Orchestra, Frank Morgan (an angel), Elvin Jones (avec Ravi Coltrane), vu Sunny Rollins avec Sylvain Legault, Nina Simone... Vu en après-midi Nina Simone drapée en Africaine entrer par la porte des artistes à La Place des Arts. Au Spectrum plein à craquer, rencontre intense avec Serge Truffaut, Jean-Louis Legault & Pierre « cool jazz » Gagné; nous assistons éberlués au blues d'un prêcheur dans le noir, celui de Bryan Lee flanqué du Jumpstreet five. Je paye la traite côté boucanerie.


Au Club, rue St-Denis, assisté à la série État de siège. J'ai jasé avec Pierre St-Jak. Nous remontons le fil de la Grande-Passe. Lamothe & St-Jak jouent comme des funambules haut perchés dans les airs. C'est pourtant terriblement concret. Un seul morceau qui dure soixante minutes. C'est fou, excitant. C'est écœurant. St-Jak saute partout comme un sorcier, puis revient au piano, il va le briser!

Par hasard à mes côtés, au bar, Miron & Desjardins.

Miron à Desjardins : « Il y a des vieux qui ne lâcheront pas ».

Résultat : dans mon esprit, pressant besoin de créations libres dans la rencontre avec les autres.




















3 février 2002

Hier soir, pendant la représentation de Antarticos à La Licorne, m'est venu ce mot : la ténébrance.

Tes messages sont comme des arbres de Noël dans ma tête.

Par la fenêtre, les bancs de neige sont poudreux et fuient sur le bout de la crête au soleil. Je voudrais mettre mon museau dedans. Mes yeux dans tes mots égarés.

De la ténébrance au cœur de la nuit qui rejaillit dans le froid.

Entre elle et moi, je sais. Il y a de l'amertume.

Aristote dit : tout est dans les livres. Foisonnement. Émigrance. Bigarrures. Cypelle. Transbahutation d'anacoluthes. Entre nous. Le chien est couché au pied de la mélancolie.


2 septembre 2007

Béthanie. Toujours côté jardin. Un beau soleil mielleux, mûr comme blé d'automne. Quel naufrage ces grandes herbes qui s'égrainent, qui croassent pour rien! Mais les trembles si humbles, épidermiques. Ils portent bien leur nom. Plus sonores chair de poule que tous les autres arbres autour, ils bruissent au moindre coup d'archet du vent. On se croirait à la mer.

26 août 2010

Vassa au Rideau Vert

Noticias

Vassa
au Rideau Vert du 14 septembre au 16 octobre 2010, avec la vibrante Sylvie Drapeau. Aussi, dans la distribution, on notera la présence de la belle Marie Bernier qui décroche ici son premier engagement professionnel sur les planches. C'est certain que nous irons!

Une pièce de MAXIME GORKI
Traduction ANNE-CATHERINE LEBEAU
Mise en scène et adaptation ALEXANDRE MARINE
Assistance à la mise en scène MARIA MONAKHOVA


DISTRIBUTION
Sylvie Drapeau + Jean-François Casabonne +
Catherine De Léan + Marc Paquet + Hubert Proulx +
Roger Léger + Marie Bernier + Geneviève Schmidt +
Émilie Gilbert

CONCEPTEURS
Décors Jasmine Catudal Costumes Jessica Poirier-Chang
Éclairages Martin Sirois Musique originale Dmitri Marine
Accessoires Alain Jenkins Maquillages Suzanne Trépanier
Perruques Rachel Tremblay



Alexandre Belliard : un cimonac de beau lancement!


C'est dans un Lion d'Or noir de monde que le troisième album d'Alexandre Belliard a été lancé hier lors d'un 5 à 7. Plusieurs artisans de la chanson étaient présents dont Bori, Jim Corcoran, Vincent Vallières, Luc de la Rochelière... Très réussi en toute simplicité.

Photo jd.

25 août 2010

Fête à Sylvain Legault





Très belle soirée samedi soir dernier chez Sylvain qui célébrait son 50e anniversaire de naissance.



Plusieurs amis musiciens étaient présents. Sur la vidéo qui suit, on voit Sylvain au sax et Jérôme à la guitare.

Sylvain & Jacques, le duo de Train de nuit version radio (photo Jo).


video

Vidéo & photos jd.

24 août 2010

Alexandre Belliard : des fantômes, des étoiles

Noticias
Irai demain au lancement du nouvel opus d'Alexandre Belliard au Lion d'Or. J'ai croisé une fois dans une soirée de poésie ce poète-chansonnier et lui ai dit que ma chanson favorite était La star du rodéo. Pareil pour moi, m'a-t-il répondu. Parmi les nouvelles, entendu à la radio Toi et moi. Superbe! http://www.myspace.com/alexandrebelliard
LANCEMENT NOUVEL ALBUM!!!!!! ¨des fantômes, des étoiles¨


Alexandre Belliard

25 août 2010, 17 h

Lion d'Or
1676, rue Ontario Est
Montreal
Description:
RÉSERVER À
INFO@CLRAYMOND.COM

Entretien récent au Devoir

18 août 2010

Abbey Lincoln à Montréal et à Marciac







« Remember darling, when you give a dance, it's better if you gotta pay the band. »

C'est mon camarade Éric Loiseau à Radio-Centre-Ville qui me fit découvrir et aimer d'amour Abbey Lincoln que j'ai vue une fois en spectacle à la salle Maisonneuve dans le cadre du FIJM en juillet 1991. J'étais au parterre rangée F, bien posté pour savoir qu'elle ne chantait que pour moi sous son petit chapeau plein de brillants. Les critiques n'avaient cependant pas été très bonnes et Hélène, une autre animatrice de l`âge d'or du jazz au 102,3 qui l'avait rencontrée en coulisse, a eu des mots très durs à son endroit. J'ai pour ma part adoré ce spectacle double (en seconde partie, il y avait la très amoureuse et intense Shirley Horn).


Je m'étais alors entiché des albums de l'époque que je faisais régulièrement tourner à la radio, l'excellent The World Is Falling Down (1990) avec Joe Lovano et You Gotta Pay The Band fait avec le grand Stan Getz (1991).

Je me suis également procuré en 2003 son très élégant It's Me sur lequel on retrouve au piano le souriant et impeccable Kenny Baron.

Je ne suis pas allé voir Abbey Lincoln à son retour au Festival de jazz en 2008. Si mes souvenirs sont bons, la presse rapporta que ce dernier tour de piste fut singulièrement bref et ponctué de trous de mémoire. À la suite d'une récente opération au cœur, Abbey semble en effet fatiguée sur le court extrait de ce concert qu'on trouve sur You Tube par les bons soins de Sorties Jazz. Un spectateur témoigna néanmoins avoir été jeté en bas de sa chaise par la finale a cappella de la chanteuse qui, selon moi, portait à la fois en elle le blues soûl qui brouillonne de Billie Holiday, son idole, et quelques beaux clins d'oeil de plein soleil de Miss Ella. Entre les deux, Abbey Lincoln née Anna Maria Wooldridge fit jouer sa plume personnelle et forte de l'influence de Max Roach, elle apporta à la scène jazz une note de pure poésie engagée. À ce propos et autour de We Insist (1960) , on lira avec intérêt les articles du Louisianais Kalamu ya Salaam dans Breath of life intitulé Revolutionary Black Music: Max Roach and Abbey Lincoln et Max Roach & Abbey Lincolm, “Triptych: Prayer Protest Peace”.

Sa version poignante du classique Brother? Can You Spare A Dime donne des coups de hache dans la glace du confort et de l'indifférence.

On peut lire également avec profit un très bon papier de Nate Chinen, Abbey Lincoln's Emancipation Proclamation, dans les archives du New York Times paru le 20 mai 2007.

Trois albums de cette voix noire percutante sur une vingtaine, c'est bien incomplet. C'est néanmoins un début de trésor.

Discographie (source wikipedia)
  • Affair, 1956
  • - That's him, 1957
  • - It's magic, 1958
  • - Abbey is blue, 1959
  • - We Insist! - Freedom Now Suite, avec Max Roach, 1960
  • - Straight ahead, 1961
  • - Painted Lady, avec Archie Shepp, Blue Marge, 1980
  • - What Are You Doing The Rest Of Your Life, 1980
  • - Abbey Sings Billie, 1987
  • - The World Is Falling Down, 1990
  • - You Gotta Pay The Band, avec Stan Getz, 1991
  • - Devil's Got Your Tongue, 1992
  • - Talking to the sun, 1993, (1re édition 1983)
  • - Through The Years, avec le pianiste Bheki Mseleku, 1993
  • - When There is Love, avec Hank Jones, Verve, 1992
  • - A Turtle's Dream, Verve, 1994
  • - Who Used to Dance, Verve, 1996
  • - Wholly Earth, Emarcy, 1999
  • - Over the Years, Verve, 2000
  • - It's Me, Verve, 2003
  • - Abbey sings Abbey, Universal Music France, 2007
Voir/ouïr aussi chez Verve.

Ici, un billet de Jean-François sur son blogue Jazz Frisson.

Un dossier/portrait avec interviews et extraits de concert sur ina.fr

Il y a cet extrait sur You Tube d'un spectacle au festival de jazz de Marciac (France) en 1994 qui est magnifique! Pour l'avoir déjà vue en interview à la télé française, mentionnons au passage que Allbey Lincoln s'exprimait assez bien en français.



Enfin, une de mes préférées avec sax et trompette, le monde s'en va sus'l'diable, tiens ma main...

Les poèmes cannibales à Budapest



Dans la série Les poèmes cannibales comme dans Amélie Poulain











Salut Papa,
voici les photos que j'ai prises avec ton livre...
Elles ne sont pas toutes bonnes... Des fois c'est le focus, mais des fois les
figurants enlèvent un peu de cachet...

Et voici l'histoire des souliers à Budapest (tiré de wikipedia) :
"Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Juifs sont rassemblés dans le ghetto de
Budapest. Environ un tiers des 250 000 habitants juifs de Budapest meurent
suite au génocide nazi perpétré pendant l'occupation allemande de 1944. Entre
décembre 1944 et la fin de janvier 1945 dans des razzias nocturnes, les
miliciens du Parti des Croix fléchées arrêtent les Juifs dans le ghetto ainsi
que les déserteurs de l'armée hongroise ou ennemis politiques, les exécutent le
long des rives du Danube et jettent les corps dans le fleuve. Une plaque
commémorative a été posée le 16 avril 2005 en bordure du fleuve où des
chaussures appartenant aux victimes sont fleuries."

Bonne soirée,
S.

Kaddish pour ces gens que nous aurions souhaité imaginer voir vivre parmi leurs enfants. Normalement. Paisiblement. Nous twisterons les mots s'il fallait les twister...

« Vous en êtes sûr ? L’effacement des traces est l’une des manœuvres principales de l’adversaire.

Hermann :

Quel adversaire ? Je peux vous assurer que dans notre région…

L’Envoyé (dans un léger sourire) – Je pensais au Temps… !
C’est de loin l’adversaire le plus redoutable. »

Le Chercheur de traces, d’après I. Kertész


Photo Sarah, juillet 2010.

16 août 2010

Tom, Jeff, Ringo, George...



Well I won't back down
No I won't back down
You can stand me up at the gates of hell
But I won't back down

No I'll stand my ground, won't be turned around
And I'll keep this world from draggin me down
gonna stand my ground
... and I won't back down

Chorus:
(I won't back down...)
Hey baby, there ain't no easy way out
(and I won't back down...)
hey I will stand my ground
and I won't back down

Well I know what's right, I got just one life
in a world that keeps on pushin me around
but I'll stand my ground
...and I won't back down

(I won't back down...)
Hey baby, there ain't no easy way out
(and I won't back down...)
hey I will stand my ground
(I won't back down)
and I won't back down...

(I won't back down...)
Hey baby, there ain't no easy way out
(I won't back down)
hey I won't back down
(and I won't back down)
hey baby, there ain't no easy way out
(and I won't back down)
hey I will stand my ground
(and I won't back down)
and I won't back down
(I won't back down)
No I won't back down...

Tom Petty ( Mojo magazine, janv. 2010 ) : "At the session George Harrison sang and played the guitar. I had a terrible cold that day, and George sent to the store and bought a ginger root, boiled it and had me stick my head in the pot to get the ginger steam to open up my sinuses, and then I ran in and did the take."

Ram dam dam dam voilà tout!



C'est le temps des vacances!





Photos Jo.

15 août 2010

Uncle McCartney à Montréal : Peace & Love!


F avec un Y, yes! Nous aurons vu une fois dans notre vie un Beatles. Vivant! Vivants!

Pour les tounes et le puits de joie, cf. le papier de Cormier dans Le Devoir.


Et pour l'ambiance, il y a ce court extrait : na, na, nana nanana...


video

Vidéo Jo;
photos jd.

10 août 2010

Train de nuit au ralenti

Panne d'ordi.  Stop. Train au ralenti. Stop. Quatre jours impossibles avant les vacances!  Stop cibole! Une grosse sortie le douze : Sir Paul! 

Photo : Marie-France, Perpignan, juill. 2009.