27 septembre 2014

Whitehorse, le diable à sa patte





Devil's Got a Gun
Look out, this thing is gonna blow
I heard it from the people in the know
There's trouble in the tenements below
There's fire where the flowers used to grow

I'm never going back
I'm running from the sun
Bullets at my heels
The devil's got a gun
I'm never going home
I'll be the only one
With daylight on my tail
And heaven on the run

Rain is jumping up into the clouds
A girl has ceased to make her father proud
Lovers wrapped up in cellophane
The bitter fruit has fallen from it's prey

I'm never going back
I'm running from the sun
Bullets at my heels
The devil's got a gun
I'm never going home
I'll be the only one
With daylight on my tail
And heaven on the run

Help me I know not what I see
I'm a stranger to the face looking back at me
When the company of sisters is just like any mystery to me
Hold me I know not who I am
If I'm a woman you're a creature not a man
The eyes of a lover, they look like any other to me

It's down to the second hand
The tick tock is more than you can stand
The grinders and the wheels they never sleep
We're fighting to the bottom of the deep.

I'm never going back
I'm running from the sun
Bullets at my heels
The devil's got a gun
I'm never going home
I'll be the only one
With daylight on my tail
And heaven on the run
Daylight on my tail
And heaven on the run

Whitehorse - Luke Doucet & Melissa McClelland

25 septembre 2014

Stephen Harper à l'ONU

Photo Jacques Desmarais.

Question de climat ou l'art de briller par son absence sidérale. Du haut du coeur de l'Empire dans le Midtown, on ne rencontre certes pas le fantôme de King Kong; il est évoqué toutefois parmi mille autres péripéties de la grande histoire du capital et l'on songe avec affection au génie créatif bon enfant et délirant de nos voisins du Sud. De l'observatoire imprenable de l'Empire State Building, l'on peut par ailleurs apercevoir le siège de l'ONU où notre Premier ministre, ce géant méconnu qui recueille les petits chats égarés, parlera aujourd'hui, à ce qu'il paraît, du lait maternel. Un sujet certes important. Mais bâtisse! tant qu'à s'être déplacé à New York c'te semaine!


Photo Jo. Marche des citoyens pour le climat, New York, 21 septembre 2014.

10 septembre 2014

Il faut sortir de prison Raif Badawi!

Pas de maudit bon sens! S'il vous plaît, signez la pétition d'Amnistie Internationale.


MARIE-CHRISTINE BOUCHARD
La Tribune, 9 septembre 2014
(Sherbrooke) Très mauvaise nouvelle pour Raif Badawi: le Saoudien dont la femme et les trois jeunes enfants sont établis à Sherbrooke a vu son appel rejeté. Il n'a donc plus d'espoir pour lui d'échapper à sa peine imposée par le système judiciaire saoudien. Le prisonnier d'opinion devra donc passer 10 ans en prison, payer une amende de 300 000 $ et recevoir 1000 coups de fouet, en plus d'une interdiction de quitter le pays pendant les 10 années qui suivront la sentence.



«Maintenant que son appel a été rejeté, on craint beaucoup pour les coups de fouet étant donné qu'il n'y a plus de raison de les repousser», fait savoir Mireille Elchacar, agente de développement régional en Estrie pour Amnistie internationale.




Certains détails sont d'ailleurs maintenant connus concernant l'exécution de cette torture : les coups de fouet seront donnés par tranches de 50, sur la place publique, tous les vendredis après la prière du soir devant la mosquée.
«C'est totalement barbare! C'est une atteinte directe à la dignité humaine. La torture est toujours un acte totalement inexcusable, mais c'est encore plus aberrant dans le cas de Raif Badawi étant donné que c'est un prisonnier d'opinion. Il n'a connu aucun crime!» ajoute Mme Elchacar.
Rappelons que Raif Badawi a créé un site web, intitulé Free Saudi Liberals, dans le but d'ouvrir la discussion sur des sujets sociaux. Le père de famille de 30 ans a prôné l'ouverture face aux différentes religions dans un pays où seul l'islam est reconnu. «Il prône un discours d'ouverture. C'est comme ça qu'il a été arrêté... On l'a accusé d'insulter l'islam», explique Mireille Elchacar.
Mince consolation : il ne semble plus être question, du moins pour le moment, de juger Raif Badawi pour apostasie (avoir renié sa religion), un crime passible de la peine de mort ou de coups de fouet supplémentaires.
Mais en Arabie Saoudite, il faut se méfier. «Sa famille avait beaucoup d'espoir, car il y avait une tradition de gracier des prisonniers à la fin du ramadan, qui était le 27 juillet cette année. Or cette année, on a exécuté un prisonnier par jour pendant les deux semaines qui ont suivi le ramadan», rapporte Mme Elchacar.
«Nous ne laisserons pas tomber Raif. Nous continuons les campagnes pour réussir à le faire libérer.»

Ensaf Haider, l'épouse de Raif Badawi.... (Archives La Tribune) - image 3.0
Ensaf Haider, l'épouse de Raif Badawi.
ARCHIVES LA TRIBUNE
L'épouse de Raif Badawi, ainsi que leurs trois enfants de 7 à 10 ans, habitent à Sherbrooke depuis qu'ils ont été acceptés comme réfugiés au Canada puisqu'ils recevaient des menaces de mort dans leur pays d'origine.
Pour l'instant, son épouse ressent un «découragement total», fait savoir l'agente de développement d'Amnistie internationale.
«Nous ne laisserons pas tomber Raif. Nous continuons les campagnes pour réussir à le faire libérer. Savoir que nous continuons les démarches redonne espoir à sa famille», ajoute Mireille Elchacar.
Et ces démarchent redonnent aussi espoir à Raif Badawi. Emprisonné dans des conditions difficiles en Arabie saoudite, il réussit à parler à sa femme au téléphone une fois de temps en temps, et peut ainsi être informé de la mobilisation qui est en cours pour l'aider à retrouver sa liberté.
Amnistie internationale entend d'ailleurs organiser des activités en guise de soutien au Saoudien cet automne.

Dévoreurs de livres


Elle court, elle court sur FB la chaîne qui creuse davantage encore la motadite faim du monstre épormyable. Heluo librorum! Les mots, disait si finement Jean-Paul Sacre! 

Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu deviens... sans vanité et sans eschorage? Interpellé au jeu par Denise Neveu. Le jeu : Faites une liste de dix livres qui vous ont marqué/e, d'une manière ou d'une autre. Ne réfléchissez pas trop longtemps et surtout ne pensez pas « bon » ou « mauvais » livre. Après il faut relancer dix autres personnes...

( Dix livres, ce n’est pas un jeu, c'est une torture anorexique! Ne pas réfléchir!!! Neveurmagne, comme dirait le Docteur Ferron! C'est de L'Oeuvre au noir! La montagne secrète
Ces enfants de ma vie. donne à 17 ans une Tête blanche à la Marie-Caire Blais! Et dedans plein de Bruit et fureur à la Faulkner. Ça rend venteux comme dans Les Fous de Bassan, comme l'écriture parfaite de Mlle Hébert de Sainte-Catherine qui se fit émigrante, car Paris est une fête à la barbe de Papa Hemingway, épicée par le Signe du Capricone d’Arthur Miller. Or, à lui seul sur La barque silencieuse de jadis, Pascal Quignard épuise la liste. Jack Kerouack de Lowell comme Noël la remplit de ses visions comme un bomme. Cent ans de solitude de Marquez suffirait à tout marquer! En marge, André Major y est déserteur, puis rescapé, puis vagabond. Michel Garneau de bonne humeur fait les foins Quatre à quatre, trois récoltes, fauche large - poésie, théâtre, homme de radio -  avec Les chevaux approximatifs (et amoureux, et traducteur de Cohen et de Shakespeare). De bord en bord, mais c'est pas sérieux dans l'allée des tilleuls, les Oeuvres complètes du flo Rimbaud coulent comme un bock de bière haut levé sur le feu sauvage. Les cendres bleues de Jean-Paul Daoust sur des lèvres brûlées vives. Sensible. Molloy! Agakuk! Sur Le Quai des brumes. Inoubliables Signaux pour les voyants de Gilles Hénault! Le théâtre et son double d'Artaud Marteau! Les Communistes sous le manteau d'Aragon! Karl Marx, pas si vieux que ça, y est manifeste. Raymond Klibansky, via Engels, à une poignée de main de Marx. Jean-François Malherbe, Le nomade polyglotte. Ce qui nous mène, ou est-ce l'aviron, au Tractatus, à L'Éthique à Nicomaque, à Totem et tabou, au douloureux Le traître de Gorz, à la hache dans Le Château de Kafka... Miron rapaille tout cela comme un seul homme. Des paysans sont de sortie, écrivit l'ami Jean-Paul Damaggio, ce qui m'a aidé à comprendre pourquoi les intellos en général de la petite bourgeoisie montante ne serrent pas facilement la main à ceux qui font le train et épierrent les champs, surtout Le chant général. Au fait, André Breton a-t-il dit passe? Attendez que je me rappelle, disait le René de Chandler.)

Dix livres plus ou moins, personne ne va en mourir, hein, cher Docteur Bolduc?

OK! On efface tout! Salut Galarneau! À toi pour toujours ta Marie-Lou!

Des souris et des hommes, John Steinbeck
Crime et Châtiment, F.M. Dostoïoevski
Noces suivi de L'été, Albert Camus
La vie devant soi, Émile Ajar (Romain Gary)
Surréalisme et littérature québécoise, André Gilles Bourrassa
L'âge de la parole, Roland Giguère
Les deux royaumes, Pierre Vadeboncoeur (mais aussi La vigile du Québec de Fernand Dumont)
L'amélanchier, Jacques Ferron (mais aussi le fabuleux Le ciel de Québec qui a accouché de La Grande Tribu de VLB, puis de  La Constellation du Lynx de Louis Hamelin)
Le gai savoir, Frederich Nietzsche (mais aussi
 ZarathoustraCrépuscule des idoles, Par-delà le bien et le mal...)
Le nez qui voque, Réjean Ducharme (mais aussi L'hiver de force... )

Et un dernier pour la route en gagnant Acton Vale et South Durham : Prochain épisode, Hubert Aquin.

Je passe la poque (si cela vous chante ) à Joanne MarcotteJames Henry AtkinsAndré LacosteNoémieHuguette DesmaraisFrançoysMario CholetteJean-Marc La FrenièreRéginald Martel et Gabriel Anctil
. puis à quiconque souhaite se délvrer!



07 septembre 2014

La main tendue de Phillippe Couillard


Je ne suis pas un maître en philosophie comme Normand Baillargeon, mais si je le comprends bien, M. Couillard vient de nous garrocher un joli faux dilemme : d'un côté la « solution » de la fuite, du déni et de l'isolement, de l'autre l'affirmation d'une destinée canadienne commune. « Contrairement à ceux qui croient que la fuite, le déni ou l'isolement sont une solution valable, à-t-il déclaré, je dirais que nous devons plutôt nous inspirer de la vision de George-Étienne Cartier, celle d'un partage unique et envié d'une destinée commune dont l'identité québécoise forte et affirmée fait partie ». 

Est-ce à dire que tous les gouvernements successifs québécois depuis 1982 ont choisi la fuite? Entre la fuite et le ralliement au 150e du Canada de 2017, n'y aurait-il pas en toile de fond « La question du Québec » qui pose, entre autres, à sa manière, le principe politique de l'égalité des peuples et des nations au Canada? 

Autre élément : selon le premier ministre, on devrait s'inspirer de la vision de George-Étienne Cartier. Quelle était donc cette vision? Selon ce que j'ai lu, c'était une vision conservatrice et assez éloignée de celle du rouge Patriote des jeunes années. Mais sans doute y avait-il la croyance parfaitement canadienne-française de l'époque selon laquelle le Canada de 1867 est la création des « deux peuples fondateurs ». Or comme la démontré parmi d'autres les travaux de la constitutionnaliste Eugénie Brouillet, cette vision — qui excluait les Premières Nations — ne résiste pas à l’analyse des faits : l’évolution du fédéralisme canadien et l'exercice réel du pouvoir fédéral, surtout à la faveur de la Deuxième Grande Guerre, ont évacué la notion des deux peuples fondateurs. Ni la Loi sur le bilinguisme (Trudeau), ni la reconnaissance symbolique du Québec comme « foyer de la culture canadienne-française » (Chrétien), et plus tard la reconnaissance de la « nation québécoise » (Harper), rien dans tout cela et pas une seule tête sur le billot n’a reconnu jusqu’à maintenant au gouvernement du Québec les pouvoirs d'assurer, justement, la pérennité et le déploiement de l'identité du peuple québécois. Le coup de force de 1982 a dans les faits, et sans le consentement du gouvernement dirigé alors par René Lévesque, diminué les pouvoirs du Québec. Et voilà que dans sa plus simpliste expression M. Couillard parle aujourd'hui de déni, de fuite et d’isolement volontaire d'une part, et de « partage envié » d'autre part? Il ne le dit pas et il n'a peut-être rien à dire, mais plusieurs visions politiques autres que la vision conservatrice léguée par Cartier peuvent nous inspirer, y compris possiblement des visions fédéralistes progressistes, si jamais elles existent « par ricochet » et autrement qu'en courants d'air, qui ne sont pas collées sur un statu quo illégitime. 

Faux dilemme (Wikipedia) : « exclusion du tiers, fausse dichotomie ou énumération incomplète, est un raisonnement fallacieux qui consiste à présenter deux solutions à un problème donné comme si elles étaient les deux seules possibles, alors qu'en réalité il en existe d'autres. »


06 septembre 2014

Classe moyenne et lutte des classes!

De retour en ville ce soir, entendu à la radio la chronique de Jacques Nantel (Radio-Can, Les éclaireurs - cf. l'audio fil)) qui illustre de façon concrète l'étiolement de la « classe moyenne » qui s'appauvrit, ou pourquoi il y a à la fois prolifération des Dollarama d'une part, et de l'autre beaucoup plus de BMW dans les rues de Montréal. Savez-vous que pour la rentrée il en coûte en moyenne 900 $ de matériel scolaire par enfant? Le salaire moyen brut des ménages québécois qui n'a pratiquement pas augmenté depuis des décennies tourne autour de 58 000 $. La capacité d'épargne est d'environ 1 500 $ annuellement. Toute du monde gars durs, n'est-ce pas? Pour réfléchir sur le même sujet par le dedans de la conscience alors que notre élite politique fonce à droite comme des baveux avec leurs barreaux idéologiques, on lira ou relira avec un grand plaisir Le sel de la terre de Samuel Archibald (coll. Documents 03, Atelier 10, 2013).

05 septembre 2014

La tranquilité

Mot pour Diane.

La tranquillité 
n'accompagne pas toujours
nos révolutions
ni celles de la Terre
ni celles de nos âges,
mais il faut passionnément imaginer
qu'elle se saisira d'elle-même
à la bonne heure
se posant devant soi
comme frêle papillon,
comme l'idée de s'arrêter
pour voir pousser
les fleurs légères,
juste avant de s'envoler
dans la presque éternité
du temps présent.

Poésie québécoise actuelle

Noticias 

Poésie québécoise actuelle : Denise Desaultels, Martine Audet, Jean-Marc Desgent.

Voici le texte publié par le Festival international de poésie de Trois-Rivières (1) :

« La poète montréalaise Denise Desautels est lauréate du Grand Prix Québecor pour son recueil Sans toi, je n’aurais jamais regardé si haut. Tableaux d’un parc publié aux Éditions du Noroît. Une bourse de 15 000 $ est offerte par Québecor (10 000 $) et le Festival International de la Poésie (5 000 $). En plus de son prix, Denise Desautels est invitée à participer aux dix jours du Festival, une valeur de 2000 $.

Denise Desautels signe ici un recueil fort, sans complaisance aucune. Dans une poésie en prose ample et maîtrisée, cette lettre d’une mère à son fils déploie une géographie du cœur qui entre en résonance avec l’histoire du parc La Fontaine. Le passage constant entre la mémoire familiale et la mémoire collective, le présent et le passé, l’ici et l’ailleurs, de même qu’entre l’écriture et les arts visuels, crée un lieu profondément habité.

Le jury tient à souligner l'excellente qualité de la production poétique de la saison littéraire 2013-2014. Il a reçu près d’une quarantaine d’ouvrages. Le jury a retenu comme finalistes les poètes suivants pour leurs livres 1) Des voix stridentes ou rompues, Martine Audet, nous donne à lire une écriture dépouillée, finement ciselée, qui nous fait pénétrer dans un corridor d’émotions en créant de petites esquisses ouvertes sur la vie intérieure. Sans chercher à produire d’effets stylistiques, la poète trace les contours d’une langue originale qui dessine un espace d’accueil pour le lecteur. 2) Ne calme pas les dragons, Jean-Marc Desgent, nous fait entendre une poésie du cri, une poésie dure et lucide qui nous saisit, nous ébranle, questionne la place de l’individu dans le monde actuel par un travail où le vers est découpé au scalpel. Le poète témoigne ainsi de sa présence au réel en ne nous ménageant pas plus qu’il ne se ménage.

Le jury de la saison 2013-2014 était constitué de Louise Dupré, poète, professeure et gagnante du Grand Prix Québecor du FIP 2011, Stéphane Despatie, poète ainsi que de Jacques Boulerice, poète. »

1) En écrivant Trois-Rivières, un éclat de rêve de la nuit passée m'est revenu. À l'étranger, je ne sais où, quelqu'un a mentionné le nom de cette ville inconnue...