25 mars 2007

La nuit vivante



«Dans la nuit se tiennent nos apprentissages en état de servir à d'autres, après nous. Fertile est la fraîcheur de cette gardienne! (...)

La nuit s'affilie à n'importe quelle instance de la vie disposée à finir en printemps (...)
La nuit se colore de rouille quand elle consent à nous entrouvrir les grilles de ses jardins.»

René Char, Sur une nuit sans ornement, Oeuvres complètes, bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1983, page 392 .

10 commentaires:

Nina louVe a dit...

la nuit se colore de rires même quand la lune vire à droite

Anonyme a dit...

La lune, tant pis si elle ménagère et ronge son tam tam. Je ne la voyait pas tout à l'heure sur le Plateau honnis quand j'ai pris mon char en face des filigranes car il pleuvait un peu à gauche sur les pancartes d'Amir. La lune ne fait que refléter. Elle peut tourner à droite, s'enflammer pour une tête d'allumette, un chien qui jappe à ses pieds... Sot watt! Mais le soleil, surtout celui de minuit qui a tant d'esprit, reste en effet coulant à la source du rire, tuyau de lumière dans le coeur de toute l'histoire. Et le coeur est de quel côté déjà?

Anonyme a dit...

DESSERT NOCTURNE

L'homme est un printemps permanent
Intangible et fugace
Mutation incessante et définitive
Sous le marbre des sapinières
Comme une source ruisselante
A la densité de lumière
Se nappe d'un chocolat
D'amertume aux sucres lents
L'anthropophagie est vertu cardinale
Pour les gourmets de grand chemin
Dont les fourchettes édentées
Tamisent le miel du temps

Nina louVe a dit...

Le coeur ? au bord de tout, au fond du soleil, couché entre l'albédo de la lune et les dents de la forêt. Il frissonne sur le ru du nid de l'oiseau. Il sèche dans une bise sur joue. Il craque pour l'aurore avertie, il se fend pour deux, bin net, quand le viellard n'est plus enfant ni fou.

Jack a dit...

Je respire, tout simplement. Que faire d'autre? Celui qui on ne sait jamais s'il va toussoter ou rire en cachette dans les buissons, celui-là s'il existe, savait-il depuis bien avant ma naissance qu'on me donnerait un jour à lire des morceaux de soleil fignolés comme des cristaux de neige?

Nina louVe a dit...

le soleil, il joue à la marelle entre l'ombre et le clair azur, il fait frire les chicanes, il assoife la toundra, il calme le sable oublié dans une main, il passe sur une paupière qui se referme, il fige le bourgeon timide, et la lune prend toutes les photos.

Christian Roy, aka Leroy a dit...

la nuit est un soleil de glace qui fond au coeur des mélèzes rabougris par l'asphyxie grandissante des forêts asthmatiques;
le rêve coule sur le rivage des cils sensibles à la poésie tremblante qui fait tout chavirer comme la péninsule qui sombre au gré des pas inutiles;
le siècle s'effrite dans la paume d'une main docile qui entendant le fouet du grand foureur se précipite sous âmes pauvres.

grisé-givré.

Nina louVe a dit...

on met ça dans le show !

Jack a dit...

La lune, tant pis si elle fomente des vagues avec son museau. Je ne la voyais pas tout à l'heure sur le Plateau. Je me suis assis près de toi qui reluisait sous la pluie. Un aimant de marée haute faisait des poèmes en moi.

Anonyme a dit...

«Lamentation lente
Dans la nuit du coeur
la lente goutte de ton nom
glisse et tombe et brise et déploie
en silence son eau.»

- Pablo Nerruda