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24 avril 2019

De bloque à bloques, ces revenants

Ouais! Réflexion sur le réflexe (cela se peut!) de l’écriture presque live qui me rejoint beaucoup. Sans nostalgie. Que sont mes amis blogueurs devenus que j’avais de si près tenus? Les Mistral, Louve, SuperK, Folco, Cholette et compagnie? Le mien, mon Train de nuit (https://jack-jackyboy.blogspot.com/), perdure, mais la gare est déserte. Il y a peu, le robot Feedburner sur Blogger est venu tout copier et fait faussement exploser quotidiennement mes stats. Pis, en effet, nous sommes tous sur Facebook, l’ogre du flux qui avale tout. Qui efface tout dans la seconde qui suit. Comme dirait Félix dans L’encan : I’ll take it.  Comme dirait à la suite le grand Jacques : au suivant! C’est pas sérieux mon amour. Mais néanmoins, un diamant s’affirme : l’onde. L’onde à la puissance cantique.
Merci, Mahigan Lepage, de penser à cela.

09 septembre 2017

Le Grand Carillonneur, bis


Se cacher. Oublier. Ou prendre le maquis de «sad». Je ne saurais pas remettre en son juste contexte et en ses mots mêmes un tout petit grain de phrase qui m’avait interpellé, prononcé un soir en classe, presque silencieusement, par Michaël La Chance, à savoir que nous avons le don, sans doute inconsciemment, de se ménager du jaillissement pour plus tard. Ce n’est même pas au cas où, par prudence ou avarice sur les jambes, mais d’aventure, l’on se surprendra à retomber avec joie sur le disparu. C’est banal tout cela. Comme le dit Chalendon, ça dépend ce que l’on fait avec. Les amis qui ne s’usent pas, qui sonnent de temps en temps à votre mémoire, jouent à cet égard de beaux petits tours. Par les bons soins de l’indomptable archiviste Jean-Paul Damaggio, je suis heureux ce matin de repasser par le Grand Carillonneur.

01 février 2016

Littérature du Québec: Le Canada veut-il régler la question autochtone


Yvan Paré a l'habitude de proposer des recensions substantielles, inspirées par des lectures croisées. C'est assurément le cas ici à propos de l'essai de John Saul, Le grand retour (Boréal, 2015).  

Littérature du Québec: Le Canada veut-il régler la question autochtone: LES INDIENS DU CANADA ET DU QUÉBEC ont fait  les manchettes récemment pour de bien mauvaises raisons. Femmes disparues qui semblent laisser...

08 janvier 2016

Herberto Helder : quand le cœur n'est pas de pierre

Découverte. Trop beau! Lu sur Enjambées fauves un extrait de Herberto Helder, Lieu.

Il y a aussi à boire et à rêver chez le patient et toujours irriguant Gil Pressnitzer - Esprits Nomades

De même, on trouve une intense recension de Marc Blanchet sur le Matricule des anges (juin-août 2002).

30 novembre 2014

Refusons l'austérité partout!

D'un blogue à l'autre, l'ami René Merle (France), fait écho de la manifestation Refusons l'austérité qui s'est déroulée hier à Montréal et Québec. (En passant, j'aime bien le terme de contre-réforme utilisé ce matin par Amir Khadir en entrevue à Désaultels le dimanche, parce que sous couvert de nécessité absolue et de responsabilité intergénérationnelle, c'est bien de cela que se chauffe et se gargarise le gouvernement Couillard : une contre-réforme « pour sortir des années 70 », selon le ministre Martin Coiteux.) 

Maintenant, dans son appréciation, j'aime particulièrement la remarque suivante de René : « Belle illustration, pour les naïfs ou les manipulateurs “identitaires” de tout poil, en Europe comme en Amérique, que la juste lutte pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour être efficace, loin de se référer à des leaders nationalistes soi-disant au dessus des classes et des opinions, est indissociable de la lutte pour les droits sociaux et la démocratie. »

Très juste! Merci René!


18 juillet 2014

Blogue à part

Je retranscris le commentaire de l'ami René Merle publié dans son blogue le 17 juillet 2014 à propos de sa ligne éditoriale qui repose sur la persistance de tenir justement un blogue plutôt qu'une page FB ou un flux de tweets, mais qui se tient par choix aux aguets plutôt que dans la marre aux auto-nombrils et autres tapisseries du moi moi moi ad nauseam.


Aux aguets

Il y a des blogs d'une vacuité absolue, qui s'en tiennent et qui tiennent à nous faire part des faits et gestes de leurs auteurs. Nombrilisme assumé.
Il y en a aussi, beaucoup même, qui veulent faire état de connaissances, de points de vue, de réflexions. Aux aguets du sens du Monde comme il va, plutôt que de l'air du temps.
L'avantage (ou le ridicule) de ce second type de blogs, c'est que, en toute démocratie, et en essayant de voir plus loin que le bout de son nez, chacun peut dire la sienne, sans craindre d'endosser la posture de Monsieur "je vois tout, je sais tout, je comprends tout, et je vous l'explique". Plus que prosélyte, chacun est analyste et, pourquoi pas, oracle, au risque du plus évident narcissisme thérapeutique...
C'est dans ce droit fil que je m'exprime, évidemment. 
En pleine conscience de l'impossibilité d'aller pêcher, dans cet océan de points de vue, élaborés ou répercutés, autre chose en définitive que les pages de quelques unes / quelques uns que l'on connaît ou qui vous ont accroché. L'univers des blogs est aussi infini et de fait inaccessible que celui des galaxies.
En pleine conscience aussi de la ringardisation de l'entreprise, devant la généralisation et le triomphe des réseaux sociaux. J'en prends la mesure, moi qui n'ai ni page facebook ni messages à tweeter, et donc aucune entrée dans ce monde de l'instantané, de la concision, du clin d'œil ou de la polémique... Et aucune envie d'y entrer, quels que peuvent en être les aspects positifs de cette sociabilité élargie à tant d'Amis et tant de Followers (!)...


17 février 2014

La Louisiane bilingue : anglais et espagnol?

Des nouvelles du sud de la Louisiane captées sur un blogue que j'aime bien et qui s'appelle La prairie des femmes (référencé sur Train de nuit à la rubrique On the blogs again).  Dans le commentaire qui suit que je reprends avec l'aimable autorisation de l'auteure, on peut entendre un extrait à propos des panneaux de signalisation bilingues de la région et sa transcription écrite (à peine retouchée ici) d'une émission de radio de Ville Platte, sur KVPI, 92,5, intitulée Tasse de café et animée par Jim Soileau.  C'est la voix de ce bon bougre que l'on entend ici.  

Incidemment, je suis déjà passé à Ville Platte par un beau samedi soir pour assister à un Fais-dodo!



« I cut it up a little, but here are clips all from this morning's Tasse Cafe Radio Program out of Ville Platte Louisiana.



Et tu connais quoi? Le brouillard! T'as vu dernièrement? Le brouillard est un tas plus épais à cette heure-là que c'était y a plus d'bonne heure à ce matin. Et pis uh, y'avait quek'chose qu'était dur à comprendre... Différents d'autres locations, y'avait les températures de trente et quelques degrés, et jusqu'à Nouvelle-Iberie, y'avait trente-six, et ici à la Ville Platte on a check dessus différents thermomètres et c'était quarante et quarante et un degrés, mais astheure, j'vois que le brouillard après commencer plus fort ça se fait, c'est des affaires qu'est des fois un peu dures à comprendre! 

C'était... Ça qu'est dur à comprendre qu'ici dans le sud de la Louisiane que la langue était français pour des générations, astheure les enseignes bilingues - « bilingual signs » - c'est pas en français et anglais, c'est en espagnol! En espagnol et l'anglais! Ça se fait, c'est une drôle de chose pour essayer de comprendre! »


14 décembre 2013

Hommage à Madiba


Vu sur le blogue de Loulou-Des-Lilas 
 (Merci René Merle) :

Paroles et traduction de « Asimbonanga (Mandela) »

Asimbonanga (Mandela) (Nous Ne L'avons Pas Vu (mandela) (1))

Asimbonanga
Nous ne l'avons pas vu
Asimbonang' uMandela thina
Nous n'avons pas vu Mandela
Laph'ekhona
A l'endroit où il est
Laph'ehleli khona
A l'endroit où on le retient prisonnier

Oh the sea is cold and the sky is grey
Oh, la mer est froide et le ciel est gris
Look across the Island into the Bay
Regarde de l'autre coté de l'Ile dans la Baie
We are all islands till comes the day
Nous sommes tous des îles jusqu'à ce qu'arrive le jour
We cross the burning water
Où nous traversons la mer de flammes

A seagull wings across the sea
Un goéland s'envole de l'autre coté de la mer
Broken silence is what I dream
Je rêve que se taise le silence
Who has the words to close the distance
Qui a les mots pour faire tomber la distance
Between you and me
Entre toi et moi ?

Steve Biko, Victoria Mxenge, Neil Aggett
Steve Biko (2), Victoria Mxenge (3), Neil Aggett (4)

Asimbonanga
Nous ne l'avons pas vu(e)
Asimbonang 'umfowethu thina (Asimbonang 'umtathiwethu thina)
Nous n'avons pas vu notre frère (Nous n'avons pas vu notre soeur)
Laph'ekhona
A l'endroit où il (elle) est
Laph'wafela khona
A l'endroit où il (elle) est mort(e)

Hey wena, hey wena
Hé, toi ! Hé toi !
Hey wena nawe
Hé toi, et toi aussi !
Siyofika nini la' siyakhona
Quand arriverons nous à destination ?

(1) Asimbonanga est un hymne à la libération de Nelson Mandela, figure emblématique Sud Africain de la lutte anti-apartheid, prisonnier politique de 1964 à 1990, soit 26 ans !
(2) Steve Bantu Biko (1946-1977), philosophe noir, une figure et un martyr de la lutte contre l'apartheid, mort après 2 semaines de détention, sans procès.
(3) Victoria Mxenge (1942-1985), avocate noire symbole de la lutte contre l'apartheid également arrêtée et assassinée avant le procès en 1985.
(4) Neil Aggett, médecin et syndicaliste blanc figure de la lutte anti-apartheid lui aussi, torturé et assassiné en prison en 1982.

10 juillet 2013

Courage Lac-Mégantic!

Touchante photographie de Jacques Nadeau à la une du Devoir en ce mercredi 10 juillet 2013.

Courage Lac-Mégantic.

Photo Jacques Nadeau, Le Devoir,  10 juillet 2013.


Soutien Lac-Mégantic - dons à la Croix-Rouge

Une catastophe évitable (blogue Studio-Peluche, 9 juillet 2013)

14 juin 2013

L'Étoile de mer bleue, la danseur solitaire et M. Merle


" Il faut danser en martelant ses pieds sur cette nuit souveraine et perdue, somnambuler-chanter-exulter-tournoyer, continuer de crier afin de provoquer l'apparition de la lumière, continuer de pousser la parole à jaillir afin que le cri vivant résonne encore dans la langue maternelle ( acquise plusieurs années plus tard ) alors qu'elle est devenue comme consubstantielle au corps tellement abandonné dans le jour qu'il a même oublié le plus souvent qu'il procède tout entier de la vie animale et muette à l'intérieur de l'ombre utérine. "
- Pascal Quignard, L'origine de la danse


Photo© Jacques Desmarais.  Rue étroite en Avignon, juillet 2009 .
René Merle, je suis vraiment aux oiseaux de retrouver sous votre plume la narration de cette rencontre impromptue et lumineuse que m'avait racontée l'Étoile de mer bleue elle-même... L'anecdote est à son côté le plus vif si elle est racontée en marchant, et justement nous marchions par les rues d'Avignon. J'avais adoré cette histoire, car je suis un (humble) lecteur de Quignard. Mais je n'arrivais pas à me souvenir du fin mot.

Voici que j'en recueille à nouveau tout à fait la surprenance et la beauté. Mais plus encore : votre billet donne à lire la suite de la rencontre qui m'avait échappé, là où vous entrez en scène avec esprit et bonté. Merci d'avoir penser à partager ce bref moment intense. Cordialement. jd.
***
Dans cette étroite rue de Grignan, affligeante de souvenirs mercantiles (ah, Madame de Sévigné…), celle qui marchait près de moi portait un tee-shirt blanc frappé d’une étoile de mer bleue…
- Mais c’est Pascal Quignard, me dit-elle, comme frappée d’une apparition…
Je restai un peu en arrière quand elle s’avança et lui dit :
- Vous êtes Pascal Quignard…
- Et vous êtes l’Étoile de mer…
Ainsi parlèrent-ils un instant.
Je m'approchai seulement quand je vis que la conversation se terminait. Pour dire ce qui ne s'imposait sans doute pas, à savoir que, comme le héros de Montalbán, Pepe Carvalho, je détruisais un livre par jour... Mais la phrase resta en suspens car celui dont, grâce à l'Étoile de mer, les ouvrages s'alignent sur toute une étagère, sourit et me dit :
- Alors, les miens aussi ?
- Bien sûr que non, ceux-là sont intouchables.
Et ce n'était pas mondanité.
Cet homme a touché au plus juste ce qu'est l'humaine condition et ce que le sens des mots peut porter. J'y reviendrai peut-être.

René Merle, Très bref échange avec Pascal Quignard, Le blog de René Merle, 14 juin 2013





    22 avril 2013

    Flâneurs, télépathie et drogues diverses

    beetleinabox:


Man Ray, Waking Dream Séance (image first published on the cover of La revolution surrealiste, 01/12/24). The seated woman is Simone Breton; standing around her (from left to right) are Max Morise, Roger Vitrac, Jacques André-Boiffard, André Breton, Paul Eluard, Pierre Naville, Giorgio de Chirico, Philippe Soupault, Jacques Baron, and Robert Desnos.
Walter Benjamin writes:

Any serious explora­tion of occult, surrealistic, phantasmagoric gifts and phenomena presupposes a dialectical intertwinement to which a romantic turn of mind is impervious. For histrionic or fanatical stress on the mysterious side of the mysterious takes us no further; we penetrate the mystery only to the degree that we recognize it in the everyday world, by virtue of a dialectical optic that perceives the everyday as impenetrable, the impenetrable as everyday. The most passionate investigation of telepathic phenomena, for example, will not teach us half as much about reading (which is an eminently telepathic process), as the profane illumination of reading about telepathic phenomena. And the most passionate investigation of the hashish trance will not teach us half as much about thinking (which is eminently narcotic), as the profane illumination of thinking about the hashish trance. The reader, the thinker, the loiterer, the flâneur, are types of illuminati just as much as the opium eater, the dreamer, the ecstatic. And more profane. Not to mention that most terrible drug—ourselves—which we take in solitude.

    Jeunes fous. Selon Wikipédia : photo de Man Ray de 1922 ou 23, prise pendant la période des sommeils, souvent reproduite, montre le groupe surréaliste, penché au-dessus d'une feuille tenue par Robert Desnos, et au milieu de ce groupe, Simone Breton, assise devant une machine à écrire. De gauche à droite, Max MoriseRoger VitracJacques-André BoiffardPaul ÉluardAndré BretonPierre NavillePhilippe SoupaultGiorgio De Chirico et Jacques Baron.  Selon BEETLEINABOX, la photo a été pour la première fois publiée sur la couverture de La révolutin surréaliste le 1er décembre 1924.






    On sort la tête de la poupée rustre Via Batarde / via  BEETLEINABO / via TODF (Darren Bauler) / via  Voleur de secrets - Birdonwing ...

    Tout ça à cause de Ùsoupauly, Desnos, de Walter Benjamin, de Rrose Sélavy...

    Salemi Quondy.

    (Source: INDIE-MUSIC-CHOICE)

    Walter Benjamin WRITES:
    Any serious explora­tion of occult, surrealistic, phantasmagoric gifts and phenomena presupposes a dialectical intertwinement to which a romantic turn of mind is impervious. For histrionic or fanatical stress on the mysterious side of the mysterious takes us no further; we penetrate the mystery only to the degree that we recognize it in the everyday world, by virtue of a dialectical optic that perceives the everyday as impenetrable, the impenetrable as everyday. The most passionate investigation of telepathic phenomena, for example, will not teach us half as much about reading (which is an eminently telepathic process), as the profane illumination of reading about telepathic phenomena. And the most passionate investigation of the hashish trance will not teach us half as much about thinking (which is eminently narcotic), as the profane illumination of thinking about the hashish trance. The reader, the thinker, the loiterer, the flâneur, are types of illuminati just as much as the opium eater, the dreamer, the ecstatic. And more profane. Not to mention that most terrible drug—ourselves—which we take in solitude.
    (via TODF)

    Et pour trancher, une recension bien faite qui donne idée de l'aventure surréaliste, y compris un mot sur La période des sommeils : BONDI, Jean-Pierre, Lettres, culture : l'aventure surréaliste -Jean-Jacques Brochier, Stock, 325 pages, in Éthiopiques, numéro 10, avril 1975. 

    Outre l'écriture automatique, note  Bondi,« Un second générateur de ce mouvement sera le " sommeil "  où culmineront Robert Desnos, René Crevel et Benjamin Péret, cette période des sommeils hypnotiques pendant lesquels les surréalistes se mettront à écrire en donnant des textes fameux comme Rose Sélavy. »

    Mais ici, Bondi fait une petite erreur : il manque un r à Rose, puisqu'il s'agit bien de Rrose Sélavy, personnage inventé par Marcel Duchamp, puis rejoué par Desnos en des aphorismes fanfarons.




    Walter Benjamin a publié dans une revue en 1929 Le surréalisme. Dernier instantané de l'intelligence européenne (Œuvres II, Gallimard 2000). Il pensait l'art comme un formidable « tourbillon dans le fleuve du devenir » (Ursprung steht im Fluss des Werdens als Strudel ). Voir Annie Bourse in Fabula à propos de la recension du livre Bonheur justice, Walter Benjamin, le détour grec  d'Antonia Birnbaum (2009). On lit notamment à la note en bas de page no 45 une  citation de Benjamin :« Car rien n’y fait, il faut bien se l’avouer : du matérialisme métaphysique de Vogt et de Boukharine on ne passe pas sans dommage (bruchlos) au matérialisme anthropologique dont témoigne l’expérience des surréalistes et, avant eux, d’un Hebel, d’un Georg Büchner, d’un Nietzsche et d’un Rimbaud. Quelque chose se perd (Es bleibt ein Rest). La collectivité aussi est de nature corporelle (leibhaft). Et la phusis qui pour elle s’organise en technique ne peut être produite dans toute sa réalité politique et matérielle qu’au sein de cet espace d’images (Bildraum) avec lequel l’illumination profane nous familiarise. » Walter Benjamin, « Le Surréalisme : Dernier instantané de l’intelligence européenne ».

    Avec l'ami Jean-Paul Damaggio, j'ai visité au cimetière de Portbou le mémorial Passage (oeuvre de Dani Karavan) dédié Walter Benhjamin. Martin Greffe, un étudiant en arts, fait un beau compte rendu de sa visite à Portbou avec plusieurs photos de l'oeuvre.  

    10 avril 2013

    Ça coule encore en ce printemps, je l'espère


    De si bons mots de Merle, le René
    qui reprend aujourd'hui sur son blogue
    La coulée des Angevins,
    un texte de printemps fou
    des Poèmes cannibales
    que m'a lu avec sa tuque rouge
    un jour de Noël passé
    sur You tube
    l'ami Gaétan.

    Je souligne
    que la brève citation insérée 
    à la fin du poème
    « comme une fleur
au bec d'une hirondelle »
    est une trace de paraphrase
    de Gilbert Langevin
    dans Le vol imaginaire,
    que cela est chanté
    et m'est parvenu
    par la voie des airs
    c'est-à-dire par les bons soins
    de mon compatriote 
    des Cantons-de-l'Est
    Jean Custeau
    qui est justement
    en train de travailler
    à une nouvelle version
    de cette chanson














    Épormyables sont mes dettes.

    Nous vaincrons!




    19 janvier 2013

    À la rencontre de Naomi Fontaine

    La jeune Naomi Fontaine a publié en 2011 Kuessipan (Mémoire d'encrier), qui veut dire « à toi » en innu.

    Originaire du village d'Uashat, Naomi habite maintenant à Québec où elle étudie et élève son enfant. Elle tient un blogue d'écriture libre sous la forme d'un journal qui s'appelle Innushkuess — Fille innue (recensé sur Train de nuit sous la rubrique On the blogs again.) 

    L'émission littéraire La Librairie Francophone rencontrera l'auteure lors de sa prochaine édition (radiodiffusion au Canada ce dimanche 20 janvier, à 19 h, à l'antenne de la Première chaîne de R.-C.) 



























    En complément :

    - Il faut visionner la courte vidéo qui nous amène à Uashat, près de Sept-Îles avec des commentaires de Denise Jourdain sur l'histoire du village et des Innus.

    - Chantal Guy (La Presse, mai 2011), entrevue avec Naomi.

    - Louis Hamelin, Naomi Fontaine, ou le regard neuf, Le Devoir, 23 avril 2011 : « Kuessipan est aussi différent de la littérature innue qui l'a précédé que Le Survenant l'était des romans de la terre québécois. Comme celui-là, il introduit une fêlure dans le dogme de la parole héritée, une ouverture par laquelle l'air peut entrer, la liberté de choix souffler sur les vieilles idées fixes. »

    - Puis, côté folk innu, Philippe McKenzie, auteur-interprète, lauréat en 2011 de la meilleure chanson en langue autochtone au Gala Teweikan. Le goût de chanter en innu.

    19 décembre 2012

    Catrine Godin, soudain


    « depuis quelque temps déjà, et peut-être plus d’un an, je travaille à ne pas écrire.ne pas écrire m’est devenu urgent. ce n’est pas seulement une question de “vider les mains” comme je l’avais tout d’abord pensé, quoique, quoiqu’il me fallait (et je le croyais) laver les images rémanentes, laisser la chair et les restes d’une écriture advenue réelle se transformer en humus, attendre que deux hivers passent pour que de nouvelles choses vivantes germent ou émergent d’une sorte de sol intime – oui je pensais devoir laisser mourir, je pensais nourrir par un sommeil particulier – mais des questionnements remuaient sans cesse, questionnement autour du beau trop beau à défaire, à défaire aussi une rythmique qui m’est probablement plus que naturelle, défaire des attachements qui n’avaient pas lieux d’être [ je nourrissais des images comme d'autres donnent de la viande à un chien]. mais, l’hiver dernier n’a pas été si blanc que, il n’a rien endormi, au contraire, et tendue vers une re-génerescence je me trouvai exacerbée et un printemps rouge m’a emportée ailleurs, ailleurs que dans mes forêts mes sentiers d’écrire… [...] »
    - C. Godin, Trajectoires vers l'incertain, 12/12/12

    23 octobre 2012

    Le VALPARAÍSO de René Merle



    À la belle écriture de René, j'ajoute moi aussi sur un air de Aufray dans la tête mes voeux de bon retour à Jean-Paul & Marie-France.

    valparaiso

    Mon ami Jean Paul et sa compagne terminent par un séjour à Valparaíso leur voyage au Chili. Et, en leur souhaitant un bon retour chargé d'impressions et de souvenirs, je repense à Valparaíso tel que je l'ai un peu connu il y a une dizaine d'années, en rentrant de la chilienne et polynésienne Rapa Nui (l'île de Paques). Je me trouvais avec quelques touristes français qui se souciaient comme d'une guigne que, quelque trente ans auparavant, les démocrates porteños avaient opposé pendant plusieurs jours une résistance acharnée aux troupes débarquées de l'infanterie de marine de Pinochet. Ces mêmes touristes qui pouvaient regarder l'Académie de Marine sans se soucier qu'elle fut le centre institutionnel de la torture...  Ils "faisaient" le Chili comme, disaient-ils, ils "faisaient" tant et tant de pays des cinq continents....Des touristes qui n'avaient pas envie de perdre leur temps pour aller visiter, là haut parmi les superbes demeures "coloniales", celle d'un inconnu nommé Pablo Neruda ? D'ailleurs, ont-ils aimé la populaire et portuaire Valparaíso, honteusement dégradée et polluée au bas de ses collines ("cerros") par l'anarchique "développement" pinochetistes, Valparaíso banalisée et boboisée certes en rattrapage, mais toujours populaire dans son avalanche de raides escaliers et de petites maisons multicolores  ? Ne lui ont-ils pas préféré sa voisine immédiate Viña del Mar, l'orgueilleuse station des classes moyennes et privilégiées, vitrine m'as-tu-vue de la réussite des Golden boys pinochétistes ? Sans doute... 
    Je me souviens de ce chanteur de rues sur une place à l'arrivée haute d'un funiculaire. Il chantait entre autres des airs de Ángel Parra. J'ai acheté sa modeste cassette, et je la garde précieusement. Mais vous pouvez écouter facilement Parra sur internet. Par exemple en visionnant la superbe vidéo qui vous fera voir tant de facettes de la cité...

    (Ángel Parra, communiste, fut emprisonné au tristement célèbre Estadio nacional de Santiago, puis dans le désert d'Atacama, avant de pouvoir quitter le Chili. Il vit en France et revient souvent dans son pays natal : il est né à Valparaíso et chante sa ville dans ceValparaíso en la noche que présente la vidéo.)

    Valparaíso en la noche - Ángel Parra, 1965
    Valparaíso en la noche,
    siento tus pasos de baile,
    van recorriendo mi cuerpo,
    van despertando mi sangre,
    Valparaíso en la noche,
    eres más libre que el aire.

    Tus calles como cuchillos
    se van clavando en el cielo.
    Tu rostro como ilusión,
    tan pobre, sucio y tan bello.
    Valparaíso en el alma,
    verde y rojo en el recuerdo.

    Valparaíso en la noche,
    princesas y rey nos crecen.
    Se casan y aman al rey
    y enviudan cuando amanece,
    Valparaíso en la noche.

    Valparaíso, en la noche
    he visto a Dios de la mano,
    de la muerte en temporales,
    el amor en el verano,
    tengo tanto que contarte,
    en la distancia he cambiado

    Me retiré de tu mar
    y de arena me hice tierra,
    me acerqué al monte y miré
    y tú quedaste en cubierta.
    Me retiré de tu mar
    y de arena me hice tierra.

    Valparaíso, aquí estoy,
    reconociendo tu puerta.
    Vengo de lejos, cansado,
    a convertirme en arena,
    a dormir bajo tu brazo,
    a dormir bajo tu tierra.

    08 janvier 2012

    Accent grave

    « (...)Entendez-vous le cliquetis bourdonnant des claviers
    Dans la ruche fluorescente aux cloisons rembourrées?
    Combien d’heures par jour passez-vous
    Devant un écran d’ordinateur?
    Devant un écran de téléphone portable?
    Devant un écran de télé?
    Derrière un pare-brise de voiture?
    Est-ce que votre patron est un logiciel?
    Combien d’heures dormez-vous par nuit? (...) »


    «Vous savez bien
    Que ce que vous désirez
    Ne se demande pas
    Mais se prend
    Car ce que vous désirez
    C’est vous réapproprier
    Votre vie »

    - Anne Archet


    28 septembre 2011

    Béthanie, Québec-France


    La beauté et la bonté des vieux amis, c'est qu'ils vous réinventent des intensités de vie vive qu'on avait perdue de vue. On va jusque qu'à se demander où est-ce qu'ils ont pu pêcher cela! 


    L'ami Jean-Paul, qui est aussi mon éditeur, possède cette particularité de ne pas se contenter de flotter dans le vague des souvenirs et des impressions. Il prend des notes, conserve lettres & courriels, il raccommode les trous de mémoire dissimulés dans le revers du temps qui passe, non pas par nostalgie, plutôt toujours avec le tour d'aimanter le temps présent, le seul qui existe. 

    Voici dans cette veine un texte publié cette semaine dans le blogue des Éditions de la Brochure. J'aime particulièrement la finale qui rappelle à mon souvenir un personnage qui a vécu jadis dans mon village. On l'appelait Barbotte, avait une moustache à la Brassens, vivait seul avec poules et cheval dans sa petite maison près de l'église. Mangeait à la grosse cuiller de la graisse Crisco. Un saint doux qui rejaillit aujourd'hui dans le récit de mon ami du sud de la France avec un grain de relief de la sagesse universelle.      

    Bonne lecture.
    *****


     Desjardins-Desmarais

    À notre retour d’Italie, dans la boîte aux lettres, un petit colis du Québec.
    J’aurais dû deviner, mais je ne savais pas, Desjardins sort l’Existoire.
    En France même, il vient de tourner, il chante comme jamais.
    Richard Desjardins, encyclopédiste de son état, je me souviens.
    Jacques Desmarais me l’avait envoyé sa première cassette.
    Tu m’aimes-tu! un complot entre amis, et ça a fait du bruit.
    Depuis Richard est là, avec ses films, ses musiques, ses rêves.
    Dans le colis, un entretien et Richard rappelle : je crois au bien commun.
    Moi aussi, ça tombe bien, et puis il y a les chansons, les chansons…
    Tous les registres, le populaire, le poétique, le poétique-populaire…
    « Qu’est-cé qu’tu veux qu’ça m’fasse? », j’ai entendu parler comme ça.
    « Elle était dans mes bras occupée à repousser la pluie au ciel jusqu’au cœur du tonnerre. »
    Jamais je ne saurai cette envolée-là, que Jacques cultive ici ou là.
    Et puis dans le colis, un bon brin de Miron, une belle annonce, c’est sûr.
    Le grand Pierre Nepveu, nous raconte Miron, en 840 pages.
    Desjardins nous dit ça : « avec Miron je n’embarque pas. »
    Faudra y voir de près, avec Jacques c’est sûr chez Miron suis embarqué.
    Par exemple en 1994, au kiosque des Éditions de l’Hexagone, Miron s’est pointé.
    Jacques était là, en conversation, mais pas avec Miron.
    Madeleine Monette, hier sa prof de linguistique, signait ses romans.
    J’étais avec eux, pour une heure seulement, à me remémorer.
    Madeleine est partie, elle vit à New York, avec Bill son amoureux.
    Pour se remémorer les années 70, en 94, et aujourd’hui alors?
    « La lumière aoûtée rapaille de plus en plus timidement
    Les dernières avancées d’orgueil de l’été québécois. »
    Jacques écrit ainsi, et comme avec Richard, je ne comprends pas tout.
    Un jour il m’arriva aussi d’écrire :
    « Elle s’appelle Sylvie Royer et son père est mort à Montréal le vendredi 13 avril. »
    Et je ne sais pas pourquoi je l’ai écrit. Sauf que ce jour-là, j’étais sûr qu’elle chanterait :
    « quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère… » Et elle l’a fait!
    Que sont-ils devenus tous eux autres, et je repense à ce moment de 1986.
    À Béthanie, ils étaient à parler des vieux, des anciens, des aînés, que de vocabulaire!
    On disait de Barbotte qu’à la question : « Pourquoi gardes-tu ton cheval? » il répondait :
    « Pour pouvoir rentrer mon foin? » À la question : « Mais pourquoi rentrer ton foin? »
    Il avait la réponse facile : « Pour soigner mon cheval! »
    Parfois la vie tient à peu de choses…
    27-09-2011 Jean-Paul Damaggio