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12 mars 2015

Chroniques costaricaines 3 - apprivoiser la lumière de la mer

Photo Jacques Desmarais. Playa Esterillos Este.
Photo Jacques Desmarais. 





















Au loin de l'œil sur la plage quasi déserte d'Esterillos Este, on ne peut que subtiliser hors texte une phrase de Chalandon dans son Quatrième mur pour tenter d'évoquer, ne fut-ce qu'un peu, la danse aérosol des embruns marins qui seraient comme "la soie des mots". La nuit venue, autre délice impalpable, quasi secret, brasser la mer, produire de petites gyres avec les mains, apercevoir pour vrai des myriades d'étoiles qui errent dans leurs gueules furtives de plancton,
toucher ainsi de l'âme, 
qu'on excuse ma naïveté, 
l'ancêtre de toutes les plantes et de tous les animaux. 

Signes de vie.


Photo Jacques Desmarais


Puis, entre les deux moments, « tire les rideaux » comme aime à le dire l'ami June Atkins


Photo Jacques Desmarais.

Photo Jacques Desmarais


Que l'écriture frétille au saut du jour! 

À plus tard au fil du vent. 

Pura vida, disent ici les habitants!

11 mars 2015

Chroniques costaricaines 2 - Portrait d'usage


Pays quelque peu visité et aimé, photographié, humé villes, jungle, montagnes et Pacifique, fait entrer quelques brides de vie dans la mémoire, très bien. Mais comment saisir plus avant le pouls « réel », ou en tout cas plus global du Costa Rica sinon par un petit détour par les « statistiques »?

Photo JD, balade à Puntarenas, février 2015.
En voici quelques-unes tirées de Statistiques mondiales, un site tenu par le Suisse Ludovic Lefort. Classé par continents, le site a la qualité de brosser un portrait succinct de tous les pays du monde selon des critères comparatifs. Les sources semblent fiables (exemple l'ONU).

Il y a un joli mot en géographie pour situer le Costa Rica parmi les Amériques : c'est le terme isthme. Un isthme « est un territoire très étroit entre deux mers ou deux golfes, qui réunit deux grandes étendues de terre. » 

« Le Costa Rica est un pays situé sur l'isthme reliant l'Amérique du Sud à l'Amérique du Nord. Il est entouré au Nord par le Nicaragua (frontière de 309 km) et à l'Est par la Panama (frontière de 330 km). Il est bordé à l'Ouest par l'Océan Pacifique et à l'Est par la mer des Caraïbes. »

La population du Costa Rica en 2014 était de 4 755 234 âmes.


***

On consultera également avec intérêt un autre outil pédagogique plus élaboré (événements, statistiques, cartes...) de l'École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke qui s'appelle Perspective Monde et qui est mis en ligne depuis au moins 2005 par un collectif professeurs-étudiants-collaborateurs divers. L'objectif du site « est de fournir des outils interactifs permettant de trouver facilement de l'information sur la situation mondiale depuis 1945 [...] ». 


Photo JD, au port de Puntarenas, février 2015.
À suivre...










02 mars 2015

Chroniques costaricaines 1 — Coup d'oeil, coup de foudre


Je le confesse, mis à part quelques noms de joueurs de baseball ou de soccer, je ne connaissais pas grand-chose de la « Côte riche » et je confondais plus ou moins « Costa Rica » avec « Porto Rico », assimilé sans nuances aux puissants intérêts économiques et militaires (entre autres d'United Fruit à Chiquita Brands)

Photo JD.  Le drapeau du Costa Rica dans le jardin du Bleu Azul.
 Tout comme c'est le cas pour le Canada, les É.-U. sont le principal partenaire économique du Costa Rica). Le « pied-à-terre » stratégique de l'Empire voisin a fait l'objet de remises en question politiques en 2010 dans le petit pays de près de 5 millions d'habitants.

Les présentes chroniques n'ont pas d'autres prétentions que de partager quelques impressions à la suite d'un récent séjour. Aussi, c'est ce que je souhaite, au-delà des informations de base et atomisées d'un Lonely Planet qu'on place dans son sac à dos du touriste, ce sera l'occasion pour moi d'approfondir et de cerner d'un peu plus près la réalité de ce luxuriant petit pays que j'aime maintenant d'amour.

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Photo JD. Le Bleu Azul vu de la plage.
De fil en aiguille pour ne pas dire de bouche à oreille, c'est par l'entremise de connaissances croisées de ma compagne, dont le garagiste de son village, que nous avons choisi la destination du Bleu Azul chez Christine Michelin à Esterillos Este, au sud du pays dans la province de Puntenaras. Cette Québécoise établie au pays depuis six ans partage avec affection une grande casa au bord de la plage qui offre en location quatre studios à l'étage. La plupart des voyageurs qui y séjournent sont aussi des Québécois. 

Ce n'est pas un superlatif aguicheur d'affirmer que nous avons été enchantés d'atterrir dans ce coin de paradis, bercés jour et nuit par la patiente musique des vagues chaudes du Pacifique. Repos et décrochage!

Photo JD.  Playa Esterillos Este.

Mais nous avons bougé aussi! Nous avons essaimé la côte en autobus (efficace et peu coûteux) jusqu'à Porto Quepos, visité le parc national Manuel-Antonio, pris le traversier de Puntarenas à Paquera avec Jocelyn Villeneuve et Caro — des voisins de studio vraiment aimables avec qui nous nous sommes liés d'amitié et partagé les frais de location (astronomiques ici à cause des assurances!) d'un véhicule utilitaire —. C'est en leur compagnie que nous avons été littéralement barouettés sur les routes défoncées de la péninsule de Nicoya, de Montezuma jusqu'à Mal Païs. Nous avons notamment été émerveillés par la beauté de Playa Carmen et Santa Teresa, haut lieu des jeunes surfeurs.  J'y reviendrai.

Pour s'approvisionner en fruits et légumes frais (succulents!), nous avons fréquenté avec joie le petit

marché public de Jaco très tôt les vendredis matin, car plus la matinée avance, plus la chaleur devient trop accablante loin de la fraîcheur de la plage. De toute façon, dépassé midi, les étals se fanent et se vident faute de clients. Nous avons également fréquenté les épiceries de Parrita, une belle petite ville située à 20 kilomètres de chez Christine.

Photo Jd. Marché public de Jaco avec M. Ara Macao rouge.

Le visage le plus quotidien du Costa Rica rural et touristique qui défile sous nos yeux avec ses petites maisons aux toits de taule, les chevaux d'équitation dans des pacages à n'en plus finir, les troupeaux de vaches blanches aux oreilles pendantes qui paissent en solitaire sur le bord des clôtures ou bien s'agglutinent à l'ombre avec parfois parmi elles des aigrettes statufiées à l'affût du grain perdu (ou composté dans le fumier!), parfois un âne, puis, çà et là, poules et coqs bindy en liberté, les chiens placides qui rôdent sur les chemins, ce paysage selon Jocelyn, un familier du Mexique, fait beaucoup penser au grand frère mexicain qui a lui un pied bizarre en Amérique du Nord.

Alors que le mercure creusait des vaques de froid tenace de -30, voire de -40 au Québec fin janvier et tout février, il faisait 30 vendredi matin le 20 février, jour de notre départ. Chaleur de punaises frites pour dire adieu à Christine et à nos amis de la casa, à la mer veilleuse, aux papillons jaunes... 

Photo JD. En taxi, mais lors de notre arrivée le 16 janvier 2015. 
Nous avions demandé au chauffeur de taxi qui nous ramenait d'Esterillos Este à l'aéroport de San José (situé en fait à Alajuela) de faire un bref arrêt sur la route bordant Jaco dans un magasin d'artisanat local que nous avions visité précédemment. Ma compagne regrettait de ne pas y avoir acheté quelques artefacts qui lui tenaient à coeur, notamment un masque sculpté sur bois. Le repérage de l'endroit s'est toutefois avéré un peu compliqué, notre chauffeur ayant mal saisit nos informations télégraphiées en espagnol-français-anglais... Il s'est obstiné à entrer au centre-ville alors qu'il ne fallait pas... Pour se dépatouiller, nous l'avons vu s'adresser à trois ou quatre personnes, un policier sur la rue, un collègue chauffeur de taxi, une vendeuse dans un autre comptoir de souvenirs « typiques » comme il en pleut ici, mais personne ne connaissait l'endroit. Avant de décliner le nom du magasin, le chauffeur disait immanquablement en guise de bonjour : « Pura vida! »  Preuve supplémentaire qui nous fait dire que tout un chacun ici est animé d'une familiarité amicale, bon-enfant, spontanément fraternelle. Là-dessus, je retiens ce mot de Christine au sujet des Ticos : c’est un peuple humble et fier qui ressemble par bien des aspects aux Québécois. L’hiver en moins! 

À suivre. Et moult photos en prime.

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