15 juillet 2019

Dans le cœur du lys

Poudre magique, fébrile,
couleur ocre
bien prise sur l’établi
des premiers éclats clic
de ces fleurs-oiseaux oranges 
dans le cou de l’été enfin venu;
or, en haut vert, de beau matin,
de toute la talle des vieilles âmes des lys vivaces de l’Est,
la plus pressée d’accoster 
m’a eu par le regard, hum!
J’ai dit hum de vive voix;
je suis allé tout près d’elle,
« quand on aime
on a toujours 20 ans »,
me la mettre, 
l’humble,
sur la langue 
de l’intérieur 
de l’éternité
comme une 
aiguille
de pick-up.

C’est pour cela que ça joue fort
que ça dégrise la batterie des morts
que ça twist and shout 
dans le joli vent...

La première ne sera pas la dernière
« à espérer jusqu’au dernier soleil »

Photo jd., jardin de cambrousse d’Ely, 10 juillet 2019.

01 juillet 2019

Tous les oiseaux récompensé en France

J’ai vu ce printemps au FTA la remarquable pièce Tous les oiseaux de Wajdi Mouawad qui a remporté l’an dernier le Grand Prix de la critique en France.

Train de nuit et les hosties de robots!

Ça semble enfin le désert! Feedburner et ses robots ne ratissent plus ce blogue! Bon débarras! En tout cas, je n’ai pas saisi... Depuis plusieurs mois, comme des sauterelles venues d’une « région indéterminée », mais aussi largement de France et d’ Italie, mes statistiques ont littéralement explosées! C’était jusque-là un « succès » à mes yeux si une entrée était vue par 100 visiteurs, les blogues n’étant plus de saison.... Or avec ce Feed non sollicité, certains textes ont grimpé à 5000 visites! Les suceurs sur internet sont comme les voies de Dieu!

Yannick Rieu, M. Train et l’ouverture à la surprenance

Via Yannick Rieu qui, passant par Coltrane, dit en conclusion de cette entrevue au Devoir  du 29 juin autour de son spectacle au FIJM à la Cinquième salle : « […] l’art, c’est ça : s’oublier soi-même pour aller vers quelque chose qui nous dépasse ».  Je suis persuadé que Jean-François Malherbe aurait été heureux de lire pareil énoncé si proche de sa propre pensée, en particulier sa conception de la spiritualité vue comme ouverture à la surprenance, à ce qui nous dépasse.

https://www.ledevoir.com/culture/musique/557652/rieu-coltrane-et-la-liberte

05 juin 2019

La lettre d’amour de Ruba Ghazal

 « T’en souviens-tu...Godin?
Astheure que t’es député ». 

Mais quelle belle lettre d’amour et de délicatesse, dirait Pauline Julien!  Avec un sens précis de la généalogie du cœur, pour la suite du monde.

La lettre d’amour de la députée Ruba Ghazal

Femmes autochtones : la chronique de Francine Pelletier

Francine Pelletier dans sa chronique au Devoir, même si l’on peut en comprendre les raisons, énonce que le mandat de l’ENFFADA (l’Enquête  nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées) a pour ainsi dire été escamoté.

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/555983/les-poings-sur-la-table

En complément, quelques réactions au rapport de figures autochtones québécoises :
https://www.ledevoir.com/societe/555979/un-accueil-mitige-chez-les-autochtones.

03 juin 2019

Jean-Claude Labecque, merci!

Jean-Claude Labrecque a littéralement changé ma vie. Au printemps de 1970, je vivais encore chez ma mère, en campagne à Béthanie, j’étais en secondaire V, prenais deux grandes jaunes épuisantes, matin et soir, pour aller à la polyvalente des gars, le Sacré-Cœur à Granby. Poli et vaillant, certes, curieux, encore Joseph, cheveux longs avec des antennes qui poussent dans tous les sens au sortir de l’enfance, je n’étais cependant géographiquement juste pas dans la possibilité de me retrouver dans le mouvement avec des centaines d’autres jeunes au Gesù, et débordant sur Bleury, le 27 mars 1970, pour assister live à la célèbre, la première Nuit de la poésie, tournée par Labrecque. C’est en décalage, au CÉGEP, en 1972-73, que j’ai vu ce film présenté dans le cours de poésie par le doux professeur et poète Émile Roberge. Coup de poing, d’étincelles, d’étoiles, d’affirmation de partout! Ces voix et images m’ont littéralement emporté! C’est ça que je voulais faire : monter sur une scène, une chaise, un bureau, peu importe, pis au moins, dire de quoi, en Québécois! Alors que mes amis de si près tenus à Granby étaient talentueux au boutte, à la guitare, au théâtre, en sport, en politique même, le gars un peu perdu que j’étais s’est mis tout de go à écrire des poèmes et à les dire à la ronde comme un fatiguant, notamment sur la scène du vieux Windsor... Ce goût-là ne m’a jamais lâché.
https://www.onf.ca/film/nuit_de_la_poesie_27_mars_1970/

L’an dernier, j’ai vu à la Cinémathèque avec Denise Noel le très beau film de Michel La Veaux consacré à l’œil, au cœur, à la ténacité du débrouillard et très sensible Jean-Claude Labrecque.  Un artisan du cinéma au sens des grands arbres forts qui nous laisse une œuvre de mémoire à la fois collective et intime. Merci est bien peu dire.

Labrecque, une caméra pour lha mémoire - (Bande-annonce) from NFB/marketing on Vimeo.


Jean-Claude Labrecque nous a quittés. Mes condoléances à sa famille.