10 mai 2019

LVB, l’immense, en 1997

Rétroviseur pour viser mieux l’aujourd’hui. On pige dans les lettres.
Ci-joint le lien de Lettres Québécoises, via la plateforme d’Érudit, donnant à lire un compte-rendu sur « Les chroniques du pays natal  malaisé » de Victor-Lévy Beaulieu (Œuvres complètes, Tome II, 1996). Le compte-rendu dans la revue est de Frédéric Martin et date de 1997. Voici la référence :
Martin, F. (1997). Compte-rendu. Lettres québécoises, 88, 46-46.
https://www.erudit.org/fr/revues/lq/1997-n88-lq1182101/39289ac.pdf

24 avril 2019

De bloque à bloques, ces revenants

Ouais! Réflexion sur le réflexe (cela se peut!) de l’écriture presque live qui me rejoint beaucoup. Sans nostalgie. Que sont mes amis blogueurs devenus que j’avais de si près tenus? Les Mistral, Louve, SuperK, Folco, Cholette et compagnie? Le mien, mon Train de nuit (https://jack-jackyboy.blogspot.com/), perdure, mais la gare est déserte. Il y a peu, le robot Feedburner sur Blogger est venu tout copier et fait faussement exploser quotidiennement mes stats. Pis, en effet, nous sommes tous sur Facebook, l’ogre du flux qui avale tout. Qui efface tout dans la seconde qui suit. Comme dirait Félix dans L’encan : I’ll take it.  Comme dirait à la suite le grand Jacques : au suivant! C’est pas sérieux mon amour. Mais néanmoins, un diamant s’affirme : l’onde. L’onde à la puissance cantique.
Merci, Mahigan Lepage, de penser à cela.

05 avril 2019

Yves Préfontaine, poète en-allé

J’ai un souvenir impérissable d’une envolée de Yves Préfontaine. C’était précisément le vendredi, 9 juillet 1976. Je résidais à Sherbrooke à l’époque, ville de Préfontaine également, j’avais pris en cette fin de journée l’autobus, destination Montréal, en vue d’assister à l’une des cinq soirées de lectures de poésie au Théâtre de Verdure du Parc Lafontaine; lectures mémorables de la série Solstice de la poésie québécoise (Gaëtan Dostie et Pierre Morency en étaient les initiateurs), dans le cadre du programme des arts et culture du Comité organisateur des Jeux olympiques. J’avais flashé pour la soirée « Le pays rapaillé ». La liste des poètes au programme ce soir-là? Tous des étoiles : Gaston Miron, Paul-Marie Lapointe, Roland Giguère, Gatien Lapointe, Pierre Perreault, Gilles Hénault, Maurice Beaulieu, Claude Haeffely, Alain Horic, Guy Robert. Et bien sûr : Yves Préfontaine. Ce dernier m’aura particulièrement touché dans une envolée extraordinaire, lumineuse et ligneuse de noire grande bande terrestre vivace. N’en déplaise aux néo-duplessistes, Préfontaine a dit avec sérieux, avec une telle réjouissance qu’à la place de la fleur de lys sur le drapeau québécois, c’est l’épinette noire qu’on devrait voir pour y figurer fidèlement ce qu’est ce pays des grands bouts de temps. Je reste pour ma part profondément en accord avec cette vision. Merci, Yves Préfontaine. Mes condoléances à ses proches, dont Ève Préfontaine.

Décès du poète Yves Préfontaine, Le Devoir, 4 avril 2019

08 mars 2019

15 ans d’existence pour le Wapikoni

Le magnifique Wapikoni

Hommage à Renée Claude

Renée Claude est l’une de mes idoles lorsque j’étais ado. Quel bonheur d’avoir un jour déballé au retour de la poste un disque de Renée que je m’étais mérité lors d’une activité à Radio-Canada. Je l’ai vue une fois sur scène au Palace de Granby. Son répertoire était alors composé surtout de chansons de Vigneault. Je l’ai revue à la Place des arts alors qu’elle participait à l’opéra Nelligan sur un livret de Michel Tremblay et une musique d’André Gagnon. Son interprétation de la chanson l’Indifférence demeure d’une résonance à vous arracher le cœur.

Renée Claude est malade et ses projets de vie sont anéantis.

Cet hommage de voix féminines reprenant cette chanson de Stéphane Venne qui fut un grand succès en 1971 est très beau.

http://www.radio-canada.ca/util/postier/suggerer-go.asp?nID=4373898

26 février 2019

La « riche » culture du capitalisme

« Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent »
- Louis Aragon

Au-delà des critiques connues du capitalisme à titre de système économique, il est ici question, et c’est bienvenu, de la culture du capitalisme, c’est-à-dire de la manière dont nos vies sont organisées au ras du quotidien sous l’impulsion mur à mur de la théorie de la valeur axée sur le profit. Le résultat est notamment l’endettement généralisé : il faut s’endetter pour se loger, pour s’instruire, voire pour manger et se soigner. Vivre, dans cette culture du capitalisme, c’est acheter. Et donc, il faut payer pour vivre. C’est une culture extrêmement contraignante et violente pour les individus atomisés, nous dit en substance Dalie Giroux, professeur à l’École des études politiques de l’Université d’Ottawa.

Dansez-vous la callapsolophie?

Après nous le déluge, comme le clame Peter Sloterdijk? N’ayant pas lu ni effleuré les « callapsologues » en vogue (Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Gauthier Chapelle...), beaucoup de fils à rattraper en ce qui me concerne. J’apprécie néanmoins ce travail critique de Daniel Tanuro retroussant ici des dérapages à gogo qui frétillent à l’enseigne de l’extrême-droite et du n’importe quoi régressif, alors que, sur le seul plan de l’écologie, les solidarités multiples et l’effort de raison exigent tant d’énergies pour comprendre et se sortir de notre façon de vivre dans les sociétés du capitalisme avancée. Question de climat! Humble lecteur, il m’importe de distinguer dans la discussion la nécessaire décroissance conviviale d’avec les pyromanes du no future. En passant, j’aime beaucoup l’exergue citant Ernst Bloch et ne lirai plus Carl Jung avec les mêmes yeux.
« Le regard tourné vers l’avant est d’autant plus pénétrant qu’il est conscient. L’intuition, authentique, se veut nette et précise. Ce n’est que si la raison se met à parler que l’espérance, vierge, de toute fraude, recommence à fleurir. »