23 août 2016

La présence de Gramsci, en effet...

Il y a quelques lunes déjà, dans un cours à l'UQAM de second cycle en philo dispensé par madame Josiane Boulad-Ayoub autour de l'idéologie (les recherches de cette grande spécialiste des Lumières, très dédiée à ses étudiants, visaient notamment à jeter les bases d'une théorie matérialiste de l'esprit), j'avais été amené à lire et potasser Gramsci. Cela a beaucoup compté pour moi dans ma compréhension du monde. Gramsci se démarque notamment de Marx en regard de la pesante « superstructure en son instance idéologique » et ne développe pas une conception négative des représentations symboliques (culture populaire, folklore, religions...). Cette réflexion le conduit jusqu'à nous, en ce sens que la présence de Gramsci est, à mes yeux, encore agissante et essentielle. C'est aussi ce que pense l'ami René Merle qui citait hier dans son blogue un passage des Cahiers de prison sur la philo (par extension, l'intellectuel) que j'ai toujours beaucoup apprécié pour sa justesse de vue et son humanité. Voici : ://merlerene.canalblog.com/archives/2016/08/23/34112550.html



Photo Jacques Desmarais, avec une dédicace de Josiane dans son essai substantiel
Contre nous de la tyrannie, coll. Brèches, Hurtubise, 1989.

Toots, l'harmoniciste joyeux

Un très grand, Toots Thielemans, s’est envolé au royaume des musiciens de jazz. J'ai un harmonica signé Toots... Je l'ai vu trois fois en spectacle à Montréal, dont une représentation avec Donato (j'étais accompagné de Sylvain Legault à qui je dois l'harmonica); à cette occasion, Toots s'était à un moment donné retourné vers Michel pour s'exclamer, ému : C'est le bonheur!

21 août 2016

Cambrousse furtive

Dans la prucheraie rougeâtre et brune de ma rude cambrousse, à travers branches, quelques échappées en valse de lumière pour attendrir au fond coeur de pierre.
Photo Jacques Desmarais, Béthanie, 20 août 2016.

16 août 2016

La Grande Nuit de la Poésie

Excellent compte rendu dans les pages de La Tribune de La Grande Nuit de la Poésie. Chloé Sainte-Marie en l'église de Saint-Venant-de-Paquette a été magistrale! Il s'adonne que Joanne Lilas Marcotte et moi avons participé au micro ouvert animé par Jocelyn Thouin à La Maison de l'Arbre. (Ce dernier me doit une partie de ses deux cachets et un stylo... vu que je suis allé quérir la liste des participants inscrits à son m-o.!). Je n'aurais jamais cru faire un jour du karaoké, surtout pas en poésie! Sébastien Dulude a mené tambour battant sous le chapiteau cet événement des plus sportif. J'ai adoré le concept, un peu regretté avoir massacré Rosace rosace les roses de Roland Giguère... J'ai revu avec un immense plaisir le philosophe André Duhamel que j'ai eu comme professeur. Il habite la maison ananas à Saint-Venant! J'ai aussi, entre autres, revu avec joie Frank Poule qui ne cesse de grandir et Michel X Côté qui, heureusement, n'arrête pas de publier. À l'animation, c'est-à-dire à l'âme, David Goudreault a été brillant comme une étoile. Merci à David, à Richard Séguin et à tous vos complices pour ce grand partage mémorable.


Photo Jo, ma participation au micro ouvert à la Maison de l'Arbre, St-Venant, 13 août 2016.


En écho, la voix toute en retenue de Roland Giguère... 


02 août 2016

Passage à gué

Juillet s'en ira sans faire de bruit à la recherche de son passage au fil des jours perdus, il est 20 h 40, le vert forêt migre au noir sur fond rose et tendre violet gris qui vocalise devant le miroir en attendant l'apparition de la Grande Ourse. Quelque part dans le maquis du lac Proust, les inséparables amoureux s'imprègnent en silence du couchant. À minuit passé, ce couple princier de Huarts prendra l'écho à témoin. La nuit chavirera. Il n'y pas de chants plus beaux au coeur de l'été. Mon coeur, nous serons remués comme au plus profond de l'éblouissement.


Photo Jacques Desmarais, lac Proust, 31 juillet 2016.

J'ai raté le Noël des campeurs!

                                                             Photo JD., Béthanie, 2012.

26 juillet 2016

Historiette d'escargot - Monsieur Picotin et la buveur de bière

Historiette d'escargot. Jeune, à l'époque du CEGEP, à la suite d'un travail d'été, j'ai logé quelques mois dans une chambre et pension de la rue Young à Waterloo, tenue par madame Delorme, une veuve au grand coeur qui n'hésitait pas à vous avancer des sous si vous étiez à court. Quand on est jeune, sur la rue Young en plus, l'on risque toujours d'être à court. Mais tel n'est pas mon propos. Il y avait dans la ville un personnage que je croisais souvent, un homme qui arpentait les rues à longueur de journée; il n'avait rien d'un itinérant; je dirais que c'était plutôt un homme solitaire qui occupait son temps à marcher, à prendre l'air, et tant qu'à faire, il s'était donné comme tâche, hautement utile, mais sans doute dédaignée, sujette à moquerie, de ramasser chemin faisant papiers, débris de plastique, traîneries ici et là, bref tous ces débordements de la communauté, parfois commune et sans tête, gestes après-moi-le-déluge, on s’en tape, qui ne manquent jamais y compris dans une petite localité proprette. Cet homme tranquille, affairé, bénévole d'une grande liberté toujours à l’heure, je le respectais sans trop savoir pourquoi. Je le répète : il n'avait rien d'un survivant à la recherche de bouteilles consignées, rien d'un Pierre dompteur de vers récupérant les papiers chiffonnés dans les poubelles du coeur dans Léolo. Surtout, ce monsieur de petite taille n'était pas la Loulou de Waterloo. Je ne dis pas cela d'un point de vue moral. Seulement pour exclure du portrait tout arrière-goût de mépris. (Loulou? Un autre personnage marquant qui a hanté la rue Principale à Granby, la ville voisine, la Princesse des Cantons-de-l'Est. Une pauvre femme avec de grands yeux de biche au visage blanc lune, mi-cirque, mi-japonais, résolu, qu'on disait putain). Toujours est-il que l'exemple simple de ce ramasseur toutes voiles dehors, de loin en loin, a sans doute contribué à inhiber en moi toute honte de ramasser à mon tour, à bien petite échelle cependant, quand ça adonne (ne suis-je pas vieux à présent et à la retraite?) les cochonneries qui traînent dans la ville. Bref, c'est ainsi que lors de mon humble jogging de ce matin, j'ai récupéré sur le terre-plein du boulevard où j'habite une cannette écrapoutie, une bouteille de coke, un machin pour abouter une clé USB, puis aussi une bouteille de bière vide. Mais ce n’est pas vrai : la bouteille n'était pas vide! À ma grande surprise, alors que j'étais sur le point de ranger les corps morts avec mes propres bouteilles, j'aperçois un petit vertmont d'escargot réfugié dans l'orifice du goulot. En fait, il s'était littéralement englouti, comme fusionné au verre et j'ai eu du mal à le décoincer. Si bien que je le croyais séché là, mort raide. Mais non, heureusement! Je l'ai libéré dans la plate-bande. Et si Michel Garneau me demandait : « C'est t'y vrai c't'affaire là? », je dirais OUI! En Whistiti à part de cela... Tourlou.


Photo Jacques Desmarais.