08 mars 2019

15 ans d’existence pour le Wapikoni

Le magnifique Wapikoni

Hommage à Renée Claude

Renée Claude est l’une de mes idoles lorsque j’étais ado. Quel bonheur d’avoir un jour déballé au retour de la poste un disque de Renée que je m’étais mérité lors d’une activité à Radio-Canada. Je l’ai vue une fois sur scène au Palace de Granby. Son répertoire était alors composé surtout de chansons de Vigneault. Je l’ai revue à la Place des arts alors qu’elle participait à l’opéra Nelligan sur un livret de Michel Tremblay et une musique d’André Gagnon. Son interprétation de la chanson l’Indifférence demeure d’une résonance à vous arracher le cœur.

Renée Claude est malade et ses projets de vie sont anéantis.

Cet hommage de voix féminines reprenant cette chanson de Stéphane Venne qui fut un grand succès en 1971 est très beau.

http://www.radio-canada.ca/util/postier/suggerer-go.asp?nID=4373898

26 février 2019

La « riche » culture du capitalisme

« Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent »
- Louis Aragon

Au-delà des critiques connues du capitalisme à titre de système économique, il est ici question, et c’est bienvenu, de la culture du capitalisme, c’est-à-dire de la manière dont nos vies sont organisées au ras du quotidien sous l’impulsion mur à mur de la théorie de la valeur axée sur le profit. Le résultat est notamment l’endettement généralisé : il faut s’endetter pour se loger, pour s’instruire, voire pour manger et se soigner. Vivre, dans cette culture du capitalisme, c’est acheter. Et donc, il faut payer pour vivre. C’est une culture extrêmement contraignante et violente pour les individus atomisés, nous dit en substance Dalie Giroux, professeur à l’École des études politiques de l’Université d’Ottawa.

Dansez-vous la callapsolophie?

Après nous le déluge, comme le clame Peter Sloterdijk? N’ayant pas lu ni effleuré les « callapsologues » en vogue (Pablo Servigne, Raphaël Stevens, Gauthier Chapelle...), beaucoup de fils à rattraper en ce qui me concerne. J’apprécie néanmoins ce travail critique de Daniel Tanuro retroussant ici des dérapages à gogo qui frétillent à l’enseigne de l’extrême-droite et du n’importe quoi régressif, alors que, sur le seul plan de l’écologie, les solidarités multiples et l’effort de raison exigent tant d’énergies pour comprendre et se sortir de notre façon de vivre dans les sociétés du capitalisme avancée. Question de climat! Humble lecteur, il m’importe de distinguer dans la discussion la nécessaire décroissance conviviale d’avec les pyromanes du no future. En passant, j’aime beaucoup l’exergue citant Ernst Bloch et ne lirai plus Carl Jung avec les mêmes yeux.
« Le regard tourné vers l’avant est d’autant plus pénétrant qu’il est conscient. L’intuition, authentique, se veut nette et précise. Ce n’est que si la raison se met à parler que l’espérance, vierge, de toute fraude, recommence à fleurir. »


31 janvier 2019

La Frenière

Jeu en bois franc, 
mackinaw qui claque au vent
et autres maroquineries 
pour Jean-Marc La Frenière
ce rôdeur dans la lignée des frênes
est l’un de mes écrivains favoris.
Je le retrouve toujours sur le Tardif 
cet ami du loup,
en train de profusionner surtout 
images de jardins de mots d’oiseaux
qui le travaillent tant et tendrement 
puis durement, en signe de grêle, de cuir,
de respir, de pavillon du détour;
les petits les gros avec leurs L qui sifflent,
qui toquent à son oreille 
comme des frères
en train de marcher solide
dans ses promenades de grandes lunes,
tous vers une entrée de cour
qui mène par-devant-derrière 
à l’enfance,
aux gadelles,
aux pommes Alexandre,
aux feuilles trouées de prose
d’érables à Giguère,
et plus bas, à la limite de la terre coloriée,
vers l’étang aux grenouilles 
et à la glaise sur le bord de celui-ci,
magie invisible
comme Rose-Ange arc-en-ciel 
Pourquoi écrire?
pour les yeux qui marmitent, 
les mains ouvrières
Pour le coeur lièvre.

Tous vers les pierres 
saisissantes
le sacré beau 
retentissement 
dans l’air 
qui n’en finit pas.

Merci Jean-Marc.


Dire (Extrait)