03 janvier 2020

16 décembre 2019

Salmigondis à la bonne franquette « dans ma cabane en bois de planche »

Photo jd., Béthanie, 7 juin 2019.

« C’est notre dégoût de la grosseur du tas des écrasés du cœur qui va nous sauver. »
- Réjean Ducharme, L’hiver de force.

« Mère, faut-il le rappeler? La nature, c’est naturel. »
- Jacques II de Chabannes de La Police

« Nous, au village, aussi on a 
De beaux assassinats »
- Georges Brassens

Il se peut que l’on perde un bardeau;
cela m’est déjà arrivé subrepticement 
comme une boîte à surprise en pleine farce
du Pirate Maboule à la fin d’un après-midi fauve.
Il se peut aussi qu’une planchette de pruche
se décloue et parte au vent comme rien...
Le temps est mûr alors,
et c’est une bonne idée, 
ma douce Franfreluche
d’amour fou fardé rouge,
de penser organiser 
en critères d’orgue d’improvisation libre de barbarie 
un grand concours de circonstances épique hourra, 
un sommet où seraient conviés sur le massif
tous nos alcolytes anonymes de la Terre,
tous, les damnés désunis du Manifeste, les ceux qui toussent, 
les celles qui adorent chourler la soupe à la corde
et snifer les Chants de Maldoror;
les pions allumés du feu d’échec du monopoly
zigzaguant à contre-courant 
dans l’ornière des gaz à effets de faux cils,
sans frémir, les yeux fermés, 
sur les us et coutumes surannées,
les os et les coupures,
pour deviser et deviner le temps boule chiqué gris de braises
qu’il fait à coucher dehors avec la chienne à Jacques
et « les raqués de l’histoire »,
question de lever le drapeau et le fly qui se dandine dans la demi-tout,
sachant bien qu’on ne fait pas des omoplates 
sans casser du sucre sur le dos des intempéries, 
et du cou, couper court côté cour
le sifflet mouillé au fil d’arrivée des endormis plates comme la pluie.
Oui, Madame Blancheville, oui Monsieur Net,
électeurs, électrices, électricité de la grande noirceur,
c’est bien juste pour dire aux gérants d’extraction 
qu’on ne peut tout de même pas 
se savonner la mémoire du printemps à l’Irishman 
et s’exciter le poil en marchette qui tombe pile 
sur les toits et les moi de l’humour en vantardise 
sans penser au peigne fin du don qui choque
le constat universel selon lequel, quel beau climat,
les oreilles ont des murs, c’est entendu,
et les murs, en revanche, ont des oreilles, 
c’est bien connu,
mais ils arborent aussi une bouche 
qui avertit comme le petit serin dans la mine de cop,
qui murmure en anglais, 
comme celle-ci que j’ai ouï-dire de mes yeux vue
entre les craques locales de la tessiture
de ces jeunes vieux Cantons-de-l’Est
que personnellement j’aime d’amour,
surtout le Canton d’Ely,
une très très ancienne aventure d’un ours olé olé, 
comme dans la maison ours que je reste,
peut-être s’agissait-il d’un loup :
Bou-Lou lâché lousse en plein visage vers 1878.


Tout le reste, Mère-grand, puisqu’il faut remonter le temps, n’est que littérature argentée.

22 novembre 2019

L'entrée en matière


L’un dira aimer la pierre,
le cœur du feu arrêté là
dans la demeure familière
où les petits marmots rêvent
comme des oiseaux ébouriffés,
libres comme l’air,
grappillant au fond de la nuit
ce qu’on ne voit pas d'ordinaire
quand il s'agit de construire 
sans cesse son nid
dans le menu grouillement
de la faim millénaire.
Il faut beaucoup d’esprit
pour faire une entrée en matière;
l’inverse est tout aussi nécessaire.

 13.04.15 - 22.11.19

03 novembre 2019

Chants d’écrumes

L’inspirateur fluide, dames!
Le chien aux milles médailles 
Le chant aux mille échos
de l’eau-de-vie qui vit
dans l’autre vie, ho!
Le chien aux mille failles
dans l’allée des mots
du vent pétri
From the West to the East
de l’eau lumière 
qui donne une fois 
À la carafe!
Qui donne soif, une foi
et prend tout court silence
I shall be relaesed
ad vitam tam di li dam!

01 novembre 2019

Le petit joueur de coeur au jardin d’automne

Photo jd., jardin de Cambrousse, Béthanie, 25 octobre 2019.

Punaise perdue dans l’herbe

Les feuilles tombent, inéluctablement, je suis même en retard, je ne suis pas pressé; je n’aime pas toujours ce verbe-là, sa sonorité, bien que ce soit naturel. Comme les chevreuils, le cerfeuil musqué et soi-même. Et les enfants. Ce n’est pas moi qui ai inventé le langage qui creuse. L’heure de tombée. Louis Aragon, le poète de l’Affiche rouge, a écrit : « C’est de la mort que renaît toute chose ». Oui, mais, sans l’aide de personne, il faut déjà tourner la page de l’Octobre et de ses ors que j’aime d’amour. On peut aussi espérer tomber en amour. Tant qu’à avoir mal... Cet automne, les épervières traînent comme des petits soleils qui résistent! Je n’avais jamais réalisé cela auparavant. Les épervières dans ma tête, c’est pour les éperviers au printemps. J’étais parti à la chasse dans le haut côté de ma vieille maison natale abandonnée, avec ma Shopvac, la chasse aux coccinelles asiatiques; dans le brouhaha, une feuille chambranlante d’un livre sur une chaise s’est tout à coup détachée en rasant le mur jusqu’à mes pieds... Il s’agit d’une annonce du volume 2 de Poèmes et Chants de la Résistance insérée, début 70, dans une publication de la série dossiers de Québec-Presse. J’étais abonné. J’étais fan. Mon étonnement fut grand. Assez pour repenser à Carl Gustave Jung. La coïncidence, c’est que, il n’y a pas dix jours, j’ai cité en marge des prisonniers politiques catalans l’existence des Poèmes et Chants dont j’ai vu une représentation à Sherbrooke! Bien! Je me suis contenté. Car il faut faire avec. J’ai décroché le magnifique calendrier des Mordus de la photo de Béthanie qui immortalisent avec brio quelques instants de lumière de mon pays. Et puis, toutes voiles dehors, ajoutant un peu de soie d’Amérique, j’ai fait cette photo. J’ai perdu la punaise dans l’herbe. Ce fut mon poème.