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13 avril 2020

Faire ses Pâques

« Tel l’oiseau dans son nid, toute la vie se réfugie dans l’œil […] »,
écrit Edmond Jabès dans Le Soupçon Le Désert.

Il arriva qu’Émile Roberge, poète nonagénaire de Granby,
fraternise dans les années soixante-dix avec Miron 
toute une nuit durant à l’ancien Belval, rue Principale, 
où mon père nous emmenait prendre une liqueur 
lorsqu’il venait régler ses affaires de cultivateur 
à la coopérative agricole; 
restaurant populaire de Clovis Belval, 
le père de Wézo d’Offenbach,
avec banquettes, bar au centre, jolie salle à dîner, 
ouvert 24 heures.  Cela me fut de bon secours à quelques reprises
d’y trouver une table et douze cafés étirés 
pour tuer les dernières heures de la nuit 
lors de mes pérégrinations d’ado en ville.

Émile fut en 1973 notre professeur de poésie au CÉGEP 
et c’est dans sa classe que j’aurai bu littéralement 
les paroles jubilatoires de liberté libre
qui me feront grimper sur les bureaux, 
celles captées live dans le documentaire 

J’ai reçu dans l’esprit de Pâques
un courriel d’Émile 
avec des extraits de ses poèmes et quelques photos
d’un voyage qu’il fit en Terre Sainte
illustrant le Jardin des Oliviers
où, comme vous le savez, 
se tenaient Jésus et sa gagne de freaks.
C’est là, un jeudi soir, qu’il fut arrêté...

Les photographies m’ont téléporté tout de go
dans l’ambiance à la fois aérienne et profonde 
de la lente marche, par les bons soins de mon ami Benoit,
à travers le magnifique bosquet d’oliviers 
entourant le Sanctuaire Santa María de Dulcil
(lieu réputé pour guérir les ganglions enflés),
dans les parages de Buera, en Aragón, 
à l’automne 2017.






Photos jd., bosquet des oliviers, Sanctuaire Santa María de Dulcil, Aragón, 16 octobre 2017.

Étudiant, j’ai connu en éthique un jeune camarade
qui s’appelait Pierre-Olivier Lafleur; 
son nom en lui-même est un poème;
il faisait des travaux d’apprenti plombier pour subsister
et gardait un serpent redoutable dans son appartement.

Olivier, cousin de la branche gauche du lilas,
grand sec aux fleurs blanches,
toujours vert sage 
dans le bruissement feutré
de ses feuilles argentées, 
il tresse le jadis 
le long de son écorce noueuse 
presque jusqu’à la dureté de la pierre;
ses rameaux fournis, signe de force et de paix,
sont légendaires depuis qu’une colombe 
lâchée lousse hors du confinement de l’arche
rapporta dans son bec une gerbe à Noé 
signifiant la fin du Déluge!
Oyez! La décrue est entamée... 
La Terre ferme sera de nouveau habitable! 

Signe de victoire où la fuite éperdue 
décharge sur le côté nos grimoires 
parmi le  « […] tas des écrasés du cœur »,
mais, ravive de plus belle la soif insubordonnée 
de la fraîche poésie
ondulant les heures de paix à venir,
songerait peut-être ici
le bon Gaston Bachelard

Imagine! All the people...

À défaut de l’eau courante de Pâques 
qu’enfant j’allais puiser, avant le crépuscule du matin,
dans le large fossé de la prairie pentue menant à la sucrerie,
j’ai celle de mon humble bouleau 
entaillé il y a trois jours. 
Ça coule comme une Madeleine 
qui éclate de rire!

C’est la vie qui tambourine
comme le jubile Picasso!

Je dis comme perdrix la magie de tout cela

Mes petits-cocos ont bricolé pour moi 
un beau petit lapin tenant un panier de chocolats,
aussi une jolie carte accordéon 
avec le dessin d’un œuf sourire, 
des coeurs, des mini lapins...
Un pur cadeau de mains de soleil 

Puis viendront d’autres dimanches
et je retournerai illico à New York 
où flotte le drapeau de l’ONU 
orné justement de rameaux d’olivier 
et je sifflerai à tous vents 
cet air précieux de Lévesque
- en le jazzant s’il le faut,
même que« je twisterais les mots s’il fallait les twister » -,
« quand les hommes vivront d’amour ».

Je le sais bien, Christ, que ça ne marche pas nécessairement de même...

Émile, pour l’étoffe :
« nos mains jointes dessineront une croix
dans les temples burinés de silence et de lumière
clochers et campaniles perceront l’oeil de l’aurore
et nos faims s’apaiseront
émus, les mots épars du poème
à haute voix clameront leur espérance
et de nos blessures nous ferons une prière
(Extraits, Goût de racines et d'étoiles).



Lapierre pour la suite :
« Mais nos souffrances 
sont liées.
Je voudrais que nos joies
le soient aussi. »
- René Lapierre, Les adieux.

Merci Émile. 
Merci Laurie, Théo, 
vous tous mes braves enfants!«

Joyeuses Pâques!

02 avril 2020

Les robots ne rôdent plus...

Heureux de constater que feedburned et compagnie ne viennent plus biaiser pour rien Train de nuit.
J’en profite pour prendre des nouvelles. Entre autres d’Anneaux Nîme.
Courage. Prudence! Patience.
De mémoire, Valéry :
« Patience. Patience dans l’azur. Chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr. »

Photo jd., Béthanie, 31 mars 2020.

17 novembre 2018

Jeremy, militant aux USA

Je suis incapable de visionner la vidéo ci-jointe sans être remué par l’harangue émouvante, fébrile de Jeremy Orstein, un jeune étudiant de 18 ans qui apostrophe les dirigeants du parti Démocrate et leur somme de lutter NOW contre le racisme et la hargne d’une société où la violence est extrême, les tueries presque quotidiennes, contre la corruption, la crise climatique, le repli identitaire, les monstres de l’Empire faisant twitter leur maître de cérémonie. Ou bien, partez, crisser le camp, comme on dit chez nous, si vous avez trop la chienne, si vos intérêts de classe trempent jusqu’au coup dans la « civilisation » des pétrodollars!

Heureusement, toujours, il y a les jeunes, quelques-uns à gauche!

https://www.facebook.com/908009612563863/posts/2409162815781861/

06 juin 2017

Obama au Palais des Congrès de Montréal

Obama est en ville. Il prononcera ce soir un discours au Plais des Congrès qui affiche complet. Les coûts des billets étaient entre 57 $ et +- 360 $. Mais j'ai vu passer des annonces de revendeurs offrant des places à 1200 $! Un Monsieur le Président ne se déplace pas pour des pinottes.

Pas obligé d'être un fan, me semble-t-il, en tout cas je ne le suis pas, pour écouter ce que cet homme a à nous dire à présent qu'il n'est plus Chef des armées ( et des armes ), responsable de la " sécurité " de   l'Empire. Cet orateur hors du commun parlera sans doute un peu de son pays passé aux mains du moi moi moi Donald!

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1037950/barack-obama-allocution-montreal-ancien-president-americain

08 mai 2015

Khadr libre!

Revenu en fin de soirée de la cambrousse, j'ai cueilli tardivement mon exemplaire du Devoir. À la une - quel titre génial et quel giffle au gouvernement Harper - : « Le Canada libère son enfant-soldat ».

En édito, Josée Boileau : « Libéré sous caution, avec encadrement en bonne et due forme : le triomphe d’une société de droit face à des années d’abus de procédures de la part d’Ottawa.»

Dans La Presse, Audrey Macklin, professeure de droit à l'université de Toronto : « Les conservateurs n’ont pas peur qu’Omar Khadr soit un terroriste. Ils ont peur qu’il n’en soit pas un ». 

20 décembre 2014

Le philosophe Normand Baillargeon chez les Souverains anonymes

Je le constate : j'avais perdu le fil de ce formidable travail radiophonique des détenus de la prison de Bordeaux que je suivais régulièrement les vendredis soir dans les années 1990 à la station communautaire CIBL. Mais voici, et c'est heureux, il y a eu des échos ces dernières semaines à la faveur du 25e anniversaire des Souverains anonymes qui sont toujours aiguillonnés par un homme remarquable, une étoile de la communication : Mohamed Lotfi.   

Depuis les caméras se sont ajoutées aux micros à l'intérieur des murs du centre de détention. La parole aux gars est donnée, mais aussi l’apprentissage en équipe d'un savoir-faire rigoureux, et donc, tout cela tisse en retour une voie réelle, positive, humaine à la réhabilitation. Par ailleurs, l'image aide le spectateur à faire mieux connaissance avec des personnes vivant pour un temps en milieu carcéral.

Dans le cadre de mon travail, il m'est arrivé à trois reprises de faire des visites de chantiers dans des prisons fédérales à Donnacona, Cowansville et Laval. Ça ne s'oublie pas! Incidemment, Bordeaux (institution provinciale) est à 10 minutes à vélo de chez moi. 

À la suite du passage remarqué plus tôt cet automne de Normand Baillargeon à la populaire émission de Tout le monde en parle de Radio-Canada, les Souverains ont tenu mordicus à rencontrer le philosophe pédagogue autour du thème de l'éducation. Ils ont titré l'épisode : La vie devant soi. La rencontre est magnifique, émouvante, des plus inspirante. 

Il en ressort surtout la soif de connaître et le désir profond qui habite les êtres dans leur « devenir soi », on pourrait ajouter à la suite de Jean-François Malherbe qui fut un de mes professeurs, le devenir soi ensemble. Ce beau thème, en somme, de la vie ouverte devant soi qui est effectivement une question complexe, un idéal essentiel pour qui se préoccupe d'éducation, partagé ici avec humanité et une rigueur inspirante par les bons soins de Normand Baillargeon. 

Je le répète : ces hôtes Souverains dans leur admiration sont diablement émouvants. 

17 décembre 2014

Cuba - USA : la réaction de Yoani Sánchez

Note : texte ¿Llegó el día D?
traduit en anglais paru sur le blogue Génération Y de Yoani Sánchez, le 17 décembre 2014.


Has D-Day Arrived?


Telephone conversation between Barack Obama and Raul Castro. (White House)
Telephone conversation between Barack Obama and Raul Castro. (White House)
14ymedio, Yoani Sanchez, Havana, 17 December 2014 — Today has been one of those days we imagine a thousand ways, but never as it finally happened. You prepare for a date on which you can celebrate the end, hug your friends who return home, wave a flag in the middle of the street, but D-Day is late. Instead, events arrive in fragments, an advance here, a loss there. With no cries of “Long live free Cuba,” nor uncorked bottles. Life obscures from us this turning point that we would mark forever on our calendars.

The announcement by the governments of Cuba and the United States of the reestablishments of diplomatic relations surprises us in the midst of signs that pointed in the opposite direction, and also of exhausted hopes. Raúl Castro just postponed the third round of talks with the European Union, scheduled for next month, and this December 10 repression fell heavily on activists, as it does every International Human Rights Day.
The first surprise was that, in the midst of the official bluster, of a certain turn of the ideological screw expressed in calls to redouble our guard against the enemy, the Plaza of the Revolution and the White House had been in talks for 18 months. Clear evidence that all this discourse of intransigence was just for show. While they made the island’s citizens believe that even to cross the threshold of the United States Interest Section in Havana turned them into traitors to the homeland, the leaders in their olive-green were working out agreements with Uncle Sam. The deceits of politics!
On the other hand, both Obama’s statements, as well as Castro’s, had a hint of capitulation. The US president announced a long list of moderating measures to bring the two nations closer, before the coveted and greatly demanded steps of democratization and political opening in our country would be achieved. The dilemma of what should have come first, a gesture from Havana or flexibility from Washington, has just been answered. However, the fig leaf of the American embargo remains, so that no one can say the resignation as been complete.

Raul Castro, for his part, limited himself to announcing the new gestures from Obama and referring to the exchange of Alan Gross and other prisoners of interest of the American government. However, in his address before the national television cameras, he gave no evidence of any agreement or compromise from the Cuban side, aside from the reestablishment of diplomatic relations. The agenda on the far side of the Florida Straits we know in detail, but the internal one remains, as it so often does, hidden and secret.
Still, despite the absence of public commitments on the part of Cuba, today was a political defeat. Under the leadership of Fidel Castro we would have never even reached an outline of an agreement of this nature. Because the Cuban system is supported by – as one of its main pillars – the existence of a permanent rival. David can’t live without Goliath and the ideological apparatus has depended too long on this dispute.
Do I listen to speeches or buy fish?
In the central market of Carlos III, customers were surprised midday that the big TVs were not broadcasting football or videoclips, but a speech by Raúl Castro and later one by Obama through the Telesur network. The first allocution caused a certain astonishment, but the second was accompanied by kisses launched toward the face of the US president, particularly when he mentioned relaxations in the sending of remittances to Cuba and the delicate topic of telecommunications. Now and again the cry of “I LOVE…” (in English!) could be heard from around the corner.

It is important to also say that the news had fierce competition, like the arrival of fish to the rationed market, after years of disappearance. However, by mid-afternoon almost everyone was aware and the shared feelings were of joy, relief, hope.
This, however, is just the beginning. Lacking is a public timeline by which commits the Cuban government to a series of gestures in support of democratization and respect for differences. We must take advantage of the synergy of both announcements to extract a public promise, which must include, at a minimum, four consensus points that civil society has been developing in recent months.

The release of all political prisoners and prisoners of conscience; the end of political repression; the ratification of the United Nations covenants on Civil, Political, Economic, Social and Cultural Rights, and the consequent adjustment of domestic laws; and the recognition of Cuban civil society within and outside the island. Extracting these commitments would begin the dismantling of totalitarianism.
As long as steps of this magnitude are not taken, many of us will continue to think that the day we have longed for is not close. So, we will keep the flags tucked away, keep the corks in the bottles, and continue to press for the final coming of D-Day.

20 janvier 2009

Liberation day




« Truthout is declaring today "Liberation Day." We are issuing a call to duty for all those who can share something special about Obama's liberation of the White House, our house. Help the world to understand what a beautiful and historic day this is. »


Des wéseaux en masse...

« A time to gain, a time to lose
A time to rend, a time to sew
A time of love, a time of hate
A time for peace, I swear its not too late »
- Pete Seeger (musique), Turn Turn Turn

Peace and...

19 janvier 2009

This land is... Guthrie


Samedi, 19 janvier 2009, sur le « perron » de la Maison Blanche... I saw a sign there,
this land is also woody...
Yes!

This Land Is Your Land

Paroles et musique de Woody Guthrie


Chorus:
This land is your land, this land is my land
From California, to the New York Island
From the redwood forest, to the gulf stream waters
This land was made for you and me

As I was walking a ribbon of highway
I saw above me an endless skyway
I saw below me a golden valley
This land was made for you and me

Chorus

I've roamed and rambled and I've followed my footsteps
To the sparkling sands of her diamond deserts
And all around me a voice was sounding
This land was made for you and me

Chorus

The sun comes shining as I was strolling
The wheat fields waving and the dust clouds rolling
The fog was lifting a voice come chanting
This land was made for you and me

Chorus

As I was walkin' - I saw a sign there
And that sign said - no tress passin'
But on the other side .... it didn't say nothin!
Now that side was made for you and me!

Chorus

In the squares of the city - In the shadow of the steeple
Near the relief office - I see my people
And some are grumblin' and some are wonderin'
If this land's still made for you and me.

Chorus (2x)

Photo : Pete Seeger et Woody Guthrie, 1940.