Tiens, un de mes plus chouettes souvenirs de voyage, comme dans un film français, fut le retour Montauban - Paris en train de nuit, voiture-lit.
http://youtu.be/jaI-vDNSiwU
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17 juillet 2018
16 décembre 2016
02 septembre 2016
La poésie... de proche en loin
C'est nécessairement hors contexte puisque je glane la citation qui suit d'une correspondance entre André Major et Pierre Vadeboncoeur. Ces deux grands écrivains québécois échangeaient dans le sillage de la parution à venir de Indépendances (L'Hexagone/Parti Pris, 1972) de Vadeboncoeur, un essai que j'avais commandé au libraire à sa parution; j'étais alors étudiant au CEGEP, je ne sais trop quelles antennes brûlantes de mes 19 ans m'avaient attiré chez Vadeboncoeur, mais je me souviens avoir dévoré ce livre en une nuit! C'est un livre traversé par l'inquiétude d'un père à l'égard de ses enfants et de ces milliers de jeunes faisant partie de ma génération, mais je ne voyais rien de cela à l'époque. Je ressentais seulement une parole profonde, actuelle, en connivence qui éclairait ma propre contestation, et la soif virulente de s'exprimer par la poésie.
J'aime en elle-même pour retrouver l'ambiance de ces années 1970 la perception entre les lignes de Major à propos justement du jeu de la poésie qu'il voit à l'oeuvre, pour sa part, dans les réserves argumentatives de Vadeboncoeur. Ayant sans doute eu accès au manuscrit, en décembre 1972, il écrit ceci à son ami : « J'ai hâte de voir Indépendances dans son habit de soirée. C'est, je le répète, une façon très neuve de faire éclater la pensée classique, logique et par conséquent étroite. Et seule la poésie détruit le cercle étouffant de tout systématisme, peut-être parce qu'elle est, en soi, une vision intégrale et inassimilable. »
— André Major, Pierre Vadeboncoeur, Nous retrouver à mi-chemin, correspondance (1972-2005) et autres textes, coll. Papiers collés, Boréal, 2016, p. 39.
Une analyse des essais de Vadeboncoeur par Daniel Tanguay en 2003 signale le trop-plein d'idéalisme à l'égard de la folle jeunesse d'hier. Peu importe, il n'y a pas seulement eu tapage et dérives — je pense entre mille exemples aux extraits documentés des interventions diverses de la « contre-culture » au Québec par les frères Jean et Serge Gagné, Une semaine dans la vie de camarades, production Cocagne (Les Productions 89), 2016.
| Photo Jacques Desmarais |
Et la satanée question ici, la vieille question de Platon demeure (posons comme a priori avec Normand Baillargeon comme il le disait à La Grande Nuit de la Poésie de Saint-Venant le 13 juillet dernier que Platon est plus intelligent que moi) : faut-il bannir de la République les poètes, car ils nous induisent comme les augures?
| Photo Jacques Desmarais. Avec le recul du temps on mesure autrement le goût profond des déserteurs de mon époque. Reste le bouleversement. |
10 novembre 2013
20 janvier 2013
Dave l'Indien : témoin de la rue
« Si vous saviez le potentiel qu'il y a sur la rue. Vous seriez surpris! »
- Dave
- Dave
27 décembre 2011
Train de jour en attendant deux mille douze
Lumières & Joies & poésie
à tous les visiteurs, amis et complices
de Train de nuit!
Grâce à toi l'Oie (merci!) : Glenn Jones.
à tous les visiteurs, amis et complices
de Train de nuit!
Grâce à toi l'Oie (merci!) : Glenn Jones.
03 février 2011
Rigoles dans le chiffre de nuit
Je suis gardien de nuit intérimaire, tranquille comme un ange, à la place Wouf! Wouf!
Ça fait deux mois déjà.
Seul, tout fin seul, long de temps, affublé d’une chienne pour mécanicien Big Bill bleu marin, je flotte, je siffle, je me fais des accroires, je délire un peu, je jongle à mes affaires, mais c’est particulièrement plate à soir.
La grosse lune se mire sur la glace de la patinoire Hochelaga qui se trouve juste en face du plan. Je fais ma ronde. En dedans. Puis, dehors. L’air est humide. C’est vide.
M’arrivent par la gorge du froid des cris et des crissements. Le tumulte des joueurs hétéroclites sur la glace. Certains se prennent pour des comètes, n’ont pas de tuque sur la tête. Sont malades! Ça ne se passerait pas de même en Russie!
Je suis le gardien sans couteaux de la nuit en rodage à l’affût des intrus ou des dérèglements. Au cas où. Il y a mille patentes à gosses à surveiller autour. Pas si tant pire.
J’attends patiemment. Je veille et je vieillis. Ce n’est pas la même chose, je le sais bien, trop bien.
Le matériel est huilé ketchup. Les cadrans des bouilloires sont tiguidou. Pas de saignées dans les tuyaux. La routine. La routine, mon Réal V. Benoît. Je commence à être sûr de moi.
L’ennui? Bah! Ce n’est pas forger l’effroi. Mais...
À cause des murs hyperbétonnés, je pogne un seul poste sur l’antique minitransistor japonais laissé sur la table de mon coqueron par le gardien parti en maladie pour un temps indéterminé. C’est une radio communautaire de jeunes qui a une antenne à un jet de pierre d’ici. Il y a de la bonne musique. C’est varié. C’est rare. C'est dans le bizarre des fois. Ce que j’aime, c’est qu’ils parlent comme moi pis toi.
Il y a eu une chanson tout à l’heure qui m’a frappé. Je ne me souviens plus des mots au juste. Ça disait quelque chose dans le style : « Reprochez-moi donc d'être embourbé dans l'espérance! ».
Une autre a suivi collée du même chanteur à la voix haute. Un Français que je ne replace pas. Il psalmodiait quasiment, avec une telle insistance, comme une urgence : « Nous sommes quelques-uns. Nous tenons le fanal allumé.»
Où ça, donc? que je me suis dit.
Comme dirait mon chum Bellay : « Ça désaigri le souci.»
Mais je ne suis pas à plaindre! Surtout pas. Je me fabrique des ruisselets dans la tête. Avec des truites. Jusqu'à l'aube. Et puis tout se démonte tout seul. Comme une ombre de rêve au réveil. Sauf que moi, je m'en vais dormir. C'est drôle pareil...
02 décembre 2010
Square poésie
J'ai traversé ce soir le carré St-Louis pour me rendre à une assemblée syndicale. À l'entrée du parc, j'ai dit à Nicolas qui faisait route avec moi :
- Sens-tu?
- Quoi?
- Les sapins baumiers...
Un étal d'arbres de Noël légèrement cantés, emballés dans des filets, se trouve à squatter les abords de la rue St-Denis.
- Y a pas de neige, mais Noël s'en vient pareil, ajouta mon comparse à l'accent chantant de la Beauce.
Après la réunion, sous le ciel de Montréal ouaté blanc, gris et noir, j'ai fait le chemin inverse de la rue Prince Arthur pour gagner la station Sherbrooke. À l'orée, un petit zigzag en passant, c'est assuré, je n'y manquerais pas, afin de croiser, de me remettre en mémoire la présence délicate d'Émile Nez Lit Gant qui veille au grain, là, à quelques pas de la maison de son adolescence. Le buste en bronze du poète signé Roseline Granet est comme un signal au milieu de nos jardins de givre.

Pierre Vadeboncoeur a écrit sur le site de la Fondation Émile Nelligan : « L'art, la poésie, sont désormais proclamés ici dans cet espace public, dans la ville, au tout premier plan de ce qui compte dans une société. Je pense bien que notre poète aurait souhaité une suite comme celle-là, qui est comme l'expression de sa victoire. »
01 décembre 2010
Ayant bu ma Catedral
Du Vieux Montréal, rue St-Paul, vers la St-Antoine, j'ai rencontré plusieurs petits Chinois. Il était malaisé de manœuvrer son parapluie sous le vent contradictoire de Montréal. Tes beaux yeux bruns un peu inquiets m'accompagnaient. Tout le temps. La pluie drue en quarante-cinq degrés sous les lumières de la ville faisait Aragon. Je souriais intérieurement. De la presque neige. Premier décembre. De l'amour dans l'air. J'ai souhaité sous les lampadaires que ce pays surréaliste ne soit pas submergé de crocodiles.
30 novembre 2010
Passage & transpotting
Cucif parmi les étudiantstudents de Concordia, so crispi, dans un café sympa
a l'angle du boulevard de Maisonneuve et de la rue Mackay.
Is shesur going herself? Ya. Ya. Well...
Cette ville est une catalogne souveraine par en dedans.
Fuck me hasard! Intako renverse par les haut-parleurs ses chevaux de guitares.
Collants noirs sous une mini-jupe, la si belle grande fille aux yeux azur qui officie au comptoir me répond que ce groupe Intako aux flammes gitanes (elle m'épelle le nom sur un bout de papier) serait «Germany ». Mais n'est-ce pas plutôt Intakto P.Q.? Peu importe.
Do you go go the unit? Do you go to the univers? No, I'm n'of. Are you from? No. I come from Go. Elle vient elle-même de l'Allemagne, est-ce un adon? Se cherche un autre emploi...
Midi passé sonne soudain.
I quit sous la pluie de Montréal!
a l'angle du boulevard de Maisonneuve et de la rue Mackay.
Is shesur going herself? Ya. Ya. Well...
Cette ville est une catalogne souveraine par en dedans.
Fuck me hasard! Intako renverse par les haut-parleurs ses chevaux de guitares.
Collants noirs sous une mini-jupe, la si belle grande fille aux yeux azur qui officie au comptoir me répond que ce groupe Intako aux flammes gitanes (elle m'épelle le nom sur un bout de papier) serait «Germany ». Mais n'est-ce pas plutôt Intakto P.Q.? Peu importe.
Do you go go the unit? Do you go to the univers? No, I'm n'of. Are you from? No. I come from Go. Elle vient elle-même de l'Allemagne, est-ce un adon? Se cherche un autre emploi...
Midi passé sonne soudain.
I quit sous la pluie de Montréal!
25 mars 2009
L'Hôtel le Dauphin, roman

Les hôtels sont comme les trains : on passe devant intrigué, ou bien on ose entrer au grill pour voir, pour nouer connaissance subrepticement avec une inconnue qui a le goût de fumer et à qui on lance ad libitum des bouts de phrases allumées du genre : « Je vivrai l'amour des autres ».
Et cela vous donne envie d'écrire jusqu'au fin fond de votre estomac.
Ça m'a subitement pogné tout à l'heure en rentrant du bureau. Faisait doux. Ciel étoilé. Passé 21 heures. Faut-il être marteau travailler de même! Casser ses vacances en deux pour l'honneur sauf de la job bien faite! Malade au cube! À ne pas raconter à mes amis français pour qui les vacances, c'est sacré.
Au lieu de monter vers McGill comme à l'accoutumée, j'ai piqué par Belmont en direction du stand à hot dogs italien « Chien chaud Victoire », - meilleur que le Pool Room -, sur la Côte du Beaver Hall. La boutique était fermée, évidemment. C'ta juste pour le kik. Je n'avais pas si faim que ça malgré que j'eus passé par-dessus le dîner. France m'a donné un quartier de pamplemousse en après-midi. Le fruit de nos amours, que j'ai dit. C'est très bien comme ça. Je suis habitué de jeûner. D'autant que ces temps-ci, je carbure à l'eau d'érable, ma potion magique.
J'ai continué à marcher vers le Palais des Congrès, pointant vers Guy-Favreau. Puis là, à l'ombre de la belle enseigne de l'Hôtel le Dauphin, alors que les alentours sur De Bleury sont déserts et sombres à cette heure du soir, j'ai subito presto entendu la voix d'un narrateur ouvrant la première ligne du récit vierge :
« À cette époque, il y a longtemps que je n'avais pas été avec une femme. »
***
Pour paraphraser la mesure en pourcentage de SuperK, j'en suis donc à 0.03 % et des poussières du terme de mon roman!
Roman d'amour, d'alcool, de musique country revirant la ville à l'envers avec une fille d'Ahuntsic très jolie, Karou, mais paumée à l'os, une habituée « distinguée » de l'Hôtel le Dauphin avec ses entrées chez Toqué et qui va mêler les cartes en pas pour rire dans les petites affaires du quartier chinois adjacent. Le narrateur s'étant aventuré au-delà de la naïveté en aura long à dire, et plus long encore à cacher. Il y a aura mort d'homme dans un Montréal en apparence si french lousy city!.
Roman d'amour, d'alcool, de musique country revirant la ville à l'envers avec une fille d'Ahuntsic très jolie, Karou, mais paumée à l'os, une habituée « distinguée » de l'Hôtel le Dauphin avec ses entrées chez Toqué et qui va mêler les cartes en pas pour rire dans les petites affaires du quartier chinois adjacent. Le narrateur s'étant aventuré au-delà de la naïveté en aura long à dire, et plus long encore à cacher. Il y a aura mort d'homme dans un Montréal en apparence si french lousy city!.
20 novembre 2006
Par la fenêtre...

Par la fenêtre aujourd'hui, qu'ai-je vu?
Ce matin, très tôt, j'ai lu les beaux petits poèmes sans noms de Maxime Catellier (Internat, sur son blogue...). J'avais les doigts gelés, je revenais du parc avec Lucky, le chien. J'ai toujours aimé les images du surréalisme, cailloux, hiboux, choux, poux, joujoux qui veulent sortir du chemin bordé de sang.
J'aime les braises de perdrix et de sarcelles des savanes qui se répandent jeté la nuit sur le lac Écho.
Il écrit :
«Simone est courante,
de tous les poivres noirs :
pic ou pic, do et la,
les notes précieuses de l’airs’énervent immobiles.»

Cet après-midi, j'ai parlé à Stev., l'arpenteur,
que j'avais mandaté plus tôt pour faire un levé topographique à Waskaganish. Je sais, habituellement on fait des films avec les arpenteurs. Ou bien des livres de gâteaux comme dans Le Château de Kafka. Mon univers contractuel est bien plus terre-à-terre.
Puis, comment ç’a été? Oh! Y faisait fret en titi! Frisait le - 10 la semaine passée. Avec des vents! Ventait tout le temps. Ça vous prenait de bons pics pour mesurer! Oui, du bon matériel. Et beaucoup de volonté!

Par la fenêtre aujourd'hui, j'ai pensé aux habitants de Waskaganish et à leur majestueux pays. Là où le vent arrive avec du coffre dans le ventre pour façonner la liberté, l'enracinement. Imaginons maintenant l'altitude du regard.
Passent pas souvent à la télé les gens de Waskaganish!
Ce soir, par ma fenêtre bleue, un train.
Voilà, c'est dit. Une autre fois.
Voilà, c'est dit. Une autre fois.
Comme une prière.
Pour voyageurs impénitents.

Pour achever le plat, j'ai reçu de Anne Simernetski (nom d'artiste Simera)

Pour achever le plat, j'ai reçu de Anne Simernetski (nom d'artiste Simera)
un mot gentil qui me donne la permission de vous montrer cette composition (acrylite et collage, 2006) qui a pour titre :
Au travers d'une Fenêtre, train de nuit.
Hum! « Place à la magie »!
P.-S. : je disparais pour un bout avec peut-être une inter-mission le 23 au Off solidarité. Le jazz, quand même!
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