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18 janvier 2017

Mourir et naître à Scoudouc

En septembre 2003, Robert Lévesque dans feu l'hebdomadaire Ici, parlant alors de Son Excellence Hermé, mentionnait avoir été grandement touché par la délicatesse mélancolique du regard d'Herménégilde Chiasson. Je n'ai qu'un seul recueil de ce géant, Vous (Les Éditions d'Acadie,1991), acheté à Moncton, il me semble, en tout cas en Acadie il y a plusieurs années. La remarque de Lévesque imbibe de bleu ma propre lecture de cette écriture sans cérémonie qui coule de source et va directement au coeur. 

« Vous n'allez pas encore me dire, avec la voix du renoncement, que tout est souffrance. Je sais déjà tout ça. Vous n'allez pas encore m'en faire le reproche et me prendre pour le responsable de votre désarroi. Je n'ai fait que promettre ce que je ne pouvais pas donner. Je sais tout ça. [...] Mais vous me l'avez tellement rappelé [...] ». (P. 89).

Dans Le Devoir du 17 janvier 2017on peut lire avec grand intérêt l'article de Dominic Tardif qui a rencontré l'auteur à l'occasion de la réédition du Mourir à Scoudouc (Éditions Perce-Neige), texte fondateur de la jeune littérature acadienne publié dans le tumulte des années 1970 marquées au fer rouge par le combat et le réveil acadien contre le mépris, notamment celui des jeunes lors de la grève à l'Université de Moncton en 1968.

Je salue au passage mon camarade Bernard Gauvin à Québec Solidaire Crémazie, leader étudiant en ces années brutales qui figure en premier plan de façon si émouvante dans l'Acadie, l'Acadie?!?, le long métrage documentaire de Michel Brault et Pierre Perrault sorti en 1971 et que nous avons vu au CÉGEP de Granby dès 1972 ou 73. Est-il besoin de souligner que ce film a résonné et fait partie de l'expression de la parole qui, en ce qui me concerne, a éveillé ma conscience politique.



28 juillet 2015

Commémoration de la déportation des Acadiens


Photo Jo. Rencontre avec André Leblanc a Sainte-Flavie.
Mon ex-collègue et très chère Cindy Austin-Gomez, ainsi que l'ami Phil Comeau rappellent sur leur FB respectif que le 28 juillet est jour de commémoration du Grand Dérangement. J'ignorais cela. Il s'adonne que nous revenons d'un séjour en terre fortement métissée acadienne à Carleton-sur-Mer et qu'il m'a été donné de sentir de façon manifeste la tristesse encore présente lorsqu'on évoque la déportation. Pourquoi donc en avoir parlé? C'est que plus tôt nous avions fait la rencontre à Ste-Flavie de l'artiste André Leblanc, peintre et sculpteur. L'une de ses oeuvres qui se retouvera au musée britannique de New Richmond évoque de façon originale l'histoire de sa famille acadienne. L’oeuvre en plexi-glass d'environ 4 pieds par 4 se veut à la fois artistique et pédagogique; elle est divisée en strates historiques allant, au bas, de sa maison natale jusqu'à celle tout en haut de son ancêtre déporté en Angleterre, exilé en France avant de revenir en Amérique à New Richmond justement. Des rubriques d'information écrite peuvent s'intercaler sous les détails (maisons, vêtements des personnages, navire anglais imposant au centre du tableau où les femmes et les enfants sont sur le pont alors que les hommes sont enchaînés dans la calle...) Le tout est rapaillé de main de maître avec un extrême souci de véracité historique. Une sensibilité je dirais harnachée, une volonté très fine de rappeler les personnages familiaux réels emmêlés aux bouleversements historiques, mais aucune hargne, aucune dramatisation superflue. Et avant la tragique déportation, comme en sous texte de l’oeuvre, l'origine dans le Poitou de la majorité des Acadiens où là non plus on ne désirait pas la présence de ces têtes fortes, ces huguenots... D’où leur migration en Amérique où plusieurs se sont ensauvagés... 

Photo JD. Petites maisonnettes d''Artistes en Fête Champêtre de Sainte-Flavie
Photo JD. Boutique La Héronnière, Carleton-sur-Mer.
Cette histoire, je l'avais dans le coco lorsque plus tard dans la journée nous avons rencontré Bérangère (14 petits-enfants, 11 arrières-petits-enfants) et sa complice Anne-Marie, toutes deux tricoteuses à la coopérative d'artisanat La Héronnière de Carleton-sur-Mer. J'y ai trouvé de très belles choses, entre autres pour mon petit-fils Théo dont « l'amèrissage » est prévu fin août. Une autre dame toute petite, beaucoup plus jeune, mèches rousse et rouge, farceuse, du nom de Dora Landry (fait de l’émail sur porcelaine, des mobiles, « graphiste et artiste multidisciplinaire ») est entrée dans la boutique pour trier, accroupie sur le plancher, une jarre de gros boutons... Bien, le temps de le dire, le fun a pris! Je veux dire que nous avons parlé et bien ri. L'accent de ces mesdames me repaysait d'aplomb. J'ai adoré cette rencontre. 

À un moment donné, ça m'est venu librement, j'ai raconté l'histoire de Leblanc et là, vraiment, j'ai senti un nuage assombrir le petit magasin. La chanson Évangéline fut évoquée par ces belles dames. 

Les Acadiens, c'est dont un beau peuple.


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EXPOSITION D'ANDRÉ LEBLANC À SAINTE-FLAVIE - DEUXIÈME PARTIEÉMISSION «LA VIE CHEZ NOUS» DU VENDREDI 17 JUILLET DEUXIÈME PARTIE -  L'artiste peintre et sculpteur André Leblanc est l'invité d'honneur du prochain Symposium Artiste en Fête. Pour l'occasion il nous présente une exposition de ses oeuvres à la galerie d'art du Centre culturel du Vieux Presbytère.
Posted by TVA Est-du-Québec on 17 juillet 2015