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22 décembre 2017

Entre les lignes pousse Latulippe

Latulippe aux parois de la création en train d'éclore, entre les lignes fignolées à la vieille presse se pose, puis s'oppose la vie brassions. Ha! J'ose une tige hurlante pour l'air du temps déloussé. Il faudrait que déboule comme un pirate mnémotechnique un message clair comme l'eau de rose à petites doses qui ruisselle, puis rigole de magie sur le dos hi han du Rocher Percé, vieux cheval qui boit, qui s'égraine, qui s'émiette, où s'accotent deux à deux, intenses et s'aimant, les fous de Bassan. Entre les lignes, qu'est-ce qui enclose en sus de l'art for those who guess who? Les fous nichent sur les falaises de l'Île Bagnorea. Ou bien se reposent sur le plateau. Lignes de battements à plumes d'encre blanche. Entre les lignes il n'y a plus de mots. Mais il y en a plus parfois. " Alors on danse ".

Le mouvement de l'air / The movement of air from Adrien M & Claire B on Vimeo.



Photo Jacques Desmarais, ïle Bonaventure, 16 septembre 2015.

28 janvier 2017

Les récits émouvants de Chagall

Je le sais bien que ma carapace ne vaut pas cher, que j'ai la larme à l'œil facile quand on me déjoue au cinéma, au théâtre, en musique, quand on me parle de ruralité... Mais c'est bien la première fois que la catharsis allume un feu au musée! Marc Chagall (1887-1985), malgré toutes les horreurs du siècle passé, n'a rien de triste. Mais ses chèvres, ses vaches, ses violons, ses vagabonds, cette femme qui crie à la mort, la zemer au violon qui nous entoure tout le long de la visite, ouf! À un moment donné, c'est juste le coeur. Autoportrait devant la maison, 1914; La naissance, 1917; La mort, huile sur toile, 1908-1909.

Photo JD., Autoportrait devant la maison, 1914, MBAM, 26 janvier 2017 
Photo JD., La naissance,1917, MBAM, 26 janvier 2017

Photo JD., La mort,1908-1909, MBAM, 26 janvier 2017

03 juin 2014

Nadine Samuel - Démasquée


Démasquée. Vernissage des oeuvres de Nadine Samuel à l'Artizan, rue Saint-Hubert, 3 juin 2014. J'ai rapporté une peau de drum, comme une mappemonde où prend racine une idée de bande dessinée : un bonhomme se transformera en cobra, gentil.


(Photos © Jacques Desmarais)


Photo © Jacques Desmarais.  Nadine.








13 mars 2013

Barbeau, Marcel, eau barde sur l'arc

« En tout cas, j'vais continuer à travailler, m'empêcheront pas de travailler! Pis j'vais continuer [...] J'vas faire la plus grande peinture qu'on puisse faire, pis à un moment donné, y vont me reconnaître! » 
- Marcel Barbeau


11 novembre 2012

Les Poèmes cannibales dans la cave à vin avec Riopelle



Un Riopelle très rare surréalistement accroché au frais dans la cave à vin du Bistro Champlain.
Photos Jacques Desmarais, 
Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, fév. 2012.

05 septembre 2011

L'ableptique dans le lit de la rature du thé garden

Saiciton


« C'est avec plaisir que Dementia Universalis annonce la mise en oeuvre de l'ableptique, un nouveau TRUC d'artiste pour faire de la poésie de haut calibre avec le Traducteur Google, par exemple. C'est aussi un hommage posthume au grand poète québécodadaïste Réjean Thomas, qui était l'ami de cet auctor. Après les calembours, les excès homophonico-polyglottes, les superbes néologismes I et II, voici un tout nouveau concept esthétique qui resume la démarche littéraire de l'avant-garde dont on dit BOOOOOUUUU (un peu pour imiter le nouveau vocable inventé par M. Languirand).
Pour savoir c'est quoi ça, c'te affaire-là, lisez l'article ici... (...) »

19 mai 2011

01 avril 2010

Montréal : forêt rose à lèvres




Avec son Jardin d'hiver LIPSTICK FOREST (NATURE LÉGÈRE) — et ses effluves pascaux sucés longtemps derrière le verre coloré du Palais des Congrès, je ne saurais dire si l'architecte-paysagiste Claude Cormier fait mouche en interprétant la culture contemporaine « de façon lucide et ludique... » Mais les lucides au pouvoir, quant à eux, noirs religieux de la piastre, bonimenteurs, méritent à coup sûr de se faire démaquiller la baloune à coup de rasoirs surréalistes.




Revenons à la forêt rose. Sur le coup de 17 heures, ce soir, les arbres de béton, tous ébranchés et nus, avaient des accointances, la dent franche avec le beau soleil feutré de ce jeudi saint. Tout communique. Le dehors, le dedans. Ne jamais oublier que pour les Grecs, Aristote notamment, l'intériorité n'existait pas.



Photos : Jacques Desmarais, 1/04/10
Croquis : Élévation, CCAPI, juin 2000

20 août 2009

Perpinyà

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La gare de Perpignan (Dali, 1965)

Perpignan la Catalane aux accents espagnols, maghrébins et tziganes est le centre du monde, clamait Salvador Dali*. Me tenant moi-même au centre de la gare vaste et propre baignée de blanc soleil, j'ai flippé avec cette idée de perpétuité gratifiante.

Il y a presque autant d'ensoleillement à Perpignan qu'à Nice. Il faisait beau et chaud en crime (36 °C) lorsque nous y sommes passés par un après-midi de semaine. Les palmiers un peu fripés en bordure des grandes artères n'y peuvent pas grand-chose ni la rivière Basse aux abords fleuris.

La rivière Basse et le quai Vauban

Les rues aux alentours de la gare sont populaires et affairées, on y trouve plusieurs hôtels « ordinaires ». Nous nous sommes garés rue Victor Hugo. Nous étions en avance. Nous avons marché jusqu'à la FNAC où c'est écrit sur le fronton : « Aux dames de France» .


La FNAC















Le Castillet et le drapeau catalan

À 14 h, l'enceinte de la gare était plutôt déserte, mais bombée d'écho et de pas perdus, en attente de la parturition incessante des allées et des venues du monde. Ce fut, en effet, bientôt noir de monde lorsque le TGV en provenance de Paris déversa sur le quai la cohorte des voyageurs. Nous venions y accueillir Marie.













Perpignan






(Photos : jd)


« C’est toujours à la gare de Perpignan (...) que me viennent les idées les plus géniales de ma vie. Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative. » Salvador Dali.

(Photo : M.-F. Durand)


* « Dali affirmait avoir eu une vision quand il était à l’intérieur de la gare de Perpignan, le 19 septembre 1963 : « j’ai vécu une expérience d’extase cosmique, plus puissante que les précédentes. J’ai eu une vision précise de la constitution de l’univers. » Pour Dali la gare de Perpignan était le centre de l’univers ; l’univers commencerait à converger dans cette gare. La gare de Perpignan était aussi le centre de SON univers. On prétend qu’il choisit d’embarquer toutes ses grandes toiles aux Etats-Unis depuis la gare de Perpignan, en raison des tracasseries administratives de la gare espagnole de Figueras. Mais ce n’est pas ce que Dali laissait entendre. La vision de 1963 sera suivie d’une peinture de la gare de Perpignan exposée le 18 décembre 1965, à New York. Dans l’invitation envoyée pour la première de l’exposition, Dali réaffirme que la gare de Perpignan serait l’endroit d’où l’univers commence à converger. »
- Filip Coppens (cf. la belle photo de Dali devant la gare de Perpignan).

03 avril 2008

Quartier éphémère

Nous avions rendez-vous à midi dans le Vieux-Montéal, à l'angle des rues McGill et Le Moyne. Mon pote Marc-André m'a amené luncher un peu plus à l'ouest, dans le faubourg aux Récollets, rue Prince, là où se trouve à même le bâtiment de la Fonderie Darling (Quartier éphémère) le bistro style cafétéria Cluny Artbar, très sharp! C'est-à-dire en plein là où jadis la famille Darling y fondait effectivement.

J'ai adoré cet endroit audacieux et vivant. Les locaux de la shop furent des dizaines d'années abandonnés avant qu'ils ne soient réhabilités par des pelleteux de nuages, au début des années 2000, afin d'en faire «un lieu» surprenant de création et de diffusion pour la relève en arts visuels. Il advint donc que ces locaux «écœurants», qui font partie du patrimoine industriel de Montréal, ne se transformeraient pas en richissimes condos et que les joueurs de piano auraient la résistance et le support public pour tenir bon jusqu'à aujourd'hui!

En faisant la queue quelques minutes avant de pouvoir entrer dans le bistro, nous avons pu zieuter dans une salle attenante l'installation d'un immense tapis de sucre, œuvre immaculée avec des bordures de Aude Moreau. Fascinant, même de loin; même vu sans rien voir.

Voici le programme jusqu'en juin 2008 : *0*










Puis nous nous sommes attablés avec nos sandwichs et nos bières, hauts jouqués sur les tabourets, à la grande table ronde faite à partir d'un moule de la fonderie. Nous avons parlé Nuit Blanche, Musée de la personne du CHM (Marc en est le directeur) et un brin de brésileries.









Photo: Jacques Grenier, Le Devoir (2002).

10 novembre 2007

Il se passe quelque chose, en effet







Je suis parfois si débraillé
que j'en ai mal au dentier
et n'ai plus rien à dire
ni derrière, ni devant

C'était au printemps de 1998
à la cabane à sucre des Pontbriand,
dans mon coin,
à Roxton Pond,
là ou la ligne
des Cantons-Hertel
passerait éventuellement

C'était au lendemain de la frise
du verglas et des cols roulant

Il y eut un symposium
sur l'art et la ruralité

à la cabane à sucre

ce qui n'a rien à voir avec le pétrin,
ni avec l'électricité au plus sacrant

mais tout avec
la contestation
qui respire
et les signaux dans le vent

car c'est en soi
l'électrisant qui tangue

Des gens de l'Abitibi
de Joliette, de partout
y étaient

C'était au printemps

Sur les terres culturelles
de mon pays

j'y ai rencontré pour la première fois Guy
Sioui-Durand

celui qui connait
les grands lacs époustouflants,
le radeau de la Méduse, les pitounes
les marques sur les jambes du temps...

«l'artiste fait voir,
donc transforme, et l'endroit et ses us...»

C'est de cette rencontre
que m'est restée dans la caboche à sucre
de mon sentiment intime
l'expression
qui vient comme une ligne qu'on tire
après une opération mathématique,

ou quand on observe des mains agissantes
dans un grand bol de vagir

des mains, vous dis-je,
comme une langue,
qui pétrirent tant et tant
une pâte si matérielle
qu'elle se transmuta à jamais
dans notre imaginaire
de sillons ruraux...

«Il se passe quelque chose, en effet»

À suivre...


20 novembre 2006

Par la fenêtre...




Par la fenêtre aujourd'hui, qu'ai-je vu?

Ce matin, très tôt, j'ai lu les beaux petits poèmes sans noms de Maxime Catellier (Internat, sur son blogue...). J'avais les doigts gelés, je revenais du parc avec Lucky, le chien. J'ai toujours aimé les images du surréalisme, cailloux, hiboux, choux, poux, joujoux qui veulent sortir du chemin bordé de sang. 

J'aime les braises de perdrix et de sarcelles des savanes qui se répandent jeté la nuit sur le lac Écho.




Il écrit :
«Simone est courante,
de tous les poivres noirs :
pic ou pic, do et la,
les notes précieuses de l’air
s’énervent immobiles




Cet après-midi, j'ai parlé à Stev., l'arpenteur,


que j'avais mandaté plus tôt pour faire un levé topographique à Waskaganish. Je sais, habituellement on fait des films avec les arpenteurs. Ou bien des livres de gâteaux comme dans Le Château de Kafka. Mon univers contractuel est bien plus terre-à-terre. 

Puis, comment ç’a été? Oh! Y faisait fret en titi! Frisait le - 10 la semaine passée. Avec des vents! Ventait tout le temps. Ça vous prenait de bons pics pour mesurer! Oui, du bon matériel. Et beaucoup de volonté!










Par la fenêtre aujourd'hui, j'ai pensé aux habitants de Waskaganish et à leur majestueux pays. Là où le vent arrive avec du coffre dans le ventre pour façonner la liberté, l'enracinement. Imaginons maintenant l'altitude du regard.













Passent pas souvent à la télé les gens de Waskaganish!

Ce soir, par ma fenêtre bleue, un train.

Voilà, c'est dit. Une autre fois. 

Comme une prière. 

Pour voyageurs impénitents.





Pour achever le plat, j'ai reçu de Anne Simernetski (nom d'artiste Simera)
un mot gentil qui me donne la permission de vous montrer cette composition (acrylite et collage, 2006) qui a pour titre :

Au travers d'une Fenêtre, train de nuit.


Hum! « Place à la magie »!


P.-S. : je disparais pour un bout avec peut-être une inter-mission le 23 au Off solidarité. Le jazz, quand même!