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28 juillet 2018

De Fermont à Kawawachikamach

Calvaire de Christ, c'est compliqué! Figure au répertoire de Wajdi Mouawad la pièce intitulée Temps présentée à Montréal au Théâtre d'Aujourd'hui en 2011. Les actes enclos se déroulent à Fermont, ville minière du Nord. La présence évoquée sur scène du fameux mur de la ville est hurlante; l'érection protectrice criblée de fortes lumières fait retentir contre le métal théâtralisé rafales et vents qui hypnotisent, nous figent d'effroi avec les personnages qui n'ont pas d'affaires là, pris dans le sauvage et le cru, le mur moi du dramaturge qui tourne le fer dans ses plaies. On peut sortir dehors au fret, pure folie, par une nuit définitive, se perdre dans la nature, mourir gelé dur comme une bête, causer pareil un héritage... C'est par mottons que l'ambiance de la pièce désabrillée, inexorablement dramatique, m'est remontée en mémoire en lisant Monique Durand. Son beau texte décreuse mon ignorance de la ville réelle et des âmes qui l'habitent, tout en me faisant apprécier encore davantage le théâtre radical de Mouawad qui transgresse les lieux, extrait l'extractivisme culturel (ben non!), emprunte ici à La Peste, rejoue plutôt l'étrangeté des anges et plante les rôles de la chicane parmi les rats. Pour paraphraser une craque de Desjardins qui s'y connaît en bétail, on pourrait dire que Fermont est situé pas loin de l'ancienne U.R.S.S., sauf que les mille Naskapis, bénéficiaires du traité de la Baie-James nettement moins avantagés que les autres conventionnés, y vivent aux alentours à Kawawachikamach.
https://www.ledevoir.com/societe/533361/fermont-et-son-mythique-mur

31 mai 2018

La vie utile et son double

Photo JD.
L'invitation au théâtre de Jo m'a fait grand plaisir. À ma souvenance, c'est la première fois que j'allais à l'Espace Go. Je ne connaissais pas vraiment La vie utile d'Evelyne de la Chenelière. N'avais pas lu par avance les critiques, ni le résumé de l'argument. J'avais cependant gardé en tête le souffle peu banal d'un extrait joué à la radio le 4 mai dernier à Plus on est de fous, plus on lit, par Francis Ducharme et Jocelyn Lebeau. Après coup, où plutôt sur le coup de ce fabuleux spectacle en serre chaude mis en scène par Marie Brassard, interprété par Christine Beaulieu, Sophie Cadieux, Evelyne de la Chenelière, Louis Negin et Jules Roy Sicotte, avec la musique live de Jonathan Parant, on ne voudrait plus restreindre ce qui nous sépare de l'article de la mort à la traversée d'un corridor apparemment lumineux. « Toute une vie pour préparer son sort... ». Après coup on se dit : comment écrire à nouveau l'affranchissement?

https://youtu.be/K9gOe_Zno0M



15 novembre 2016

Le poison diffus de M. Trump


Obscénité du champion Trump et ambiance de terreur en ce moment à New York ressentie par le dramaturge Robert Lepage. 


Afin de permettre aux lectrices et lecteurs de ce blogue de l’extérieur du Québec d’avoir accès à l'interview publié aujourd'hui dans Le Devoir, je copie la page au complet. Je vous invite à la lire.




***



RENCONTRE

Défendre la démocratie en valorisant l’intelligence

Après l’élection présidentielle, New York vit dans la terreur, observe Robert Lepage


Le Devoir, 15 novembre 2016 |Fabien Deglise | Livres



Robert Lepage : « Il y a, depuis mardi, une atmosphère empoisonnée à New York. »

Il pensait se déplacer dans l’espace, mais il a plutôt été projeté dans le temps. En atterrissant à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau jeudi dernier, dans un vol provenant directement de New York où il parachève l’assemblage de l’oeuvre de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho L’amour de loin au Metropolitan Opera, le dramaturge Robert Lepage a senti ses nerfs se relâcher d’un coup. Et, la sensation, raconte-t-il, pour l’avoir déjà vécue ailleurs, l’a beaucoup troublé.

« Je ne pensais pas que cela allait m’arriver un jour en rentrant des États-Unis », dit l’homme de théâtre rencontré vendredi à Montréal en marge du lancement de la version illustrée du texte de sa pièce 887 chez Québec Amérique. « Cette sensation, je la vivais dans les années 80, lorsque je me promenais à Berlin entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest [c’était avant la chute du Mur de la honte en 1989],lorsque je quittais le stress et la terreur d’un côté pour retrouver l’air frais et vivifiant de la liberté de l’autre. » C’était dans les derniers jours de la guerre froide, de ses tensions, de ses replis, de ses discours de haine et d’intimidation. Mais depuis la semaine dernière, et l’entrée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les relents de cette histoire passée empestent désormais le présent.
 
« Il y a, depuis mardi, une atmosphère empoisonnée à New York, poursuit Robert Lepage, installé dans le calme et la zénitude du coin d’un feu de cheminée d’un hôtel de la métropole. Comme bien d’autres personnes, je suis angoissé par le résultat. Ce que l’on sent dans la ville, ce n’est pas de l’amertume, pas de la rage, mais surtout de la terreur. »
 
Le 8 novembre dernier, l’ignorance et la médiocrité ont voté, dit-il, jetant l’effroi sur une démocratie et forçant l’univers médiatique et politique en général, mais aussi le milieu des arts en particulier, à en assumer la responsabilité et à agir rapidement pour contrer la dérive. « Les Américains sont victimes de ce que leur télévision véhicule depuis 20 ou 30 ans, dit Robert Lepage. Celui qui a été élu, ce n’est pas seulement la vedette d’une téléréalité. C’est quelqu’un qui en véhicule aussi les valeurs. Vous vous rendez compte ? Pour la première fois, la première dame des États-Unis va être une ancienne playmate et le président, un homme qui valorise le manque d’éducation, qui incarne cette culture insignifiante que l’on valorise sur les ondes de MTV, de Fox News et de ces autres médias qui portent la voix de la droite. »
 
Unis contre la médiocrité
 
Désormais, le leader du monde libre, comme on nommait les États-Unis aux temps sombres des totalitarismes et des divisions idéologiques, exprime des valeurs contraires, selon lui. « En arrivant à la Maison-Blanche, Trump vient de dire aux Américains qu’il est possible de mentir, de mépriser, d’abuser, de stigmatiser, d’intimider et, malgré tout ça, de finir par devenir président. » Et cette nouvelle configuration du pouvoir mérite, dit-il, d’être condamnée et combattue.
 
« Pour défendre la démocratie, pour continuer à conserver nos libertés civiles, il faut éduquer les gens et surtout travailler pour rendre l’intelligence sexy », martèle Robert Lepage en précisant que, comme le designer d’objets Philippe Starck a réussi à faire pour un presse-agrumes, en le rendant séduisant, un designer d’idéologie doit désormais émerger et s’atteler à le faire pour le savoir, la perspective, la mémoire, la réflexion… « Il faut dire à nos jeunes que c’est cool d’avoir des idées, de la profondeur, de la densité, que c’est cool de douter, de se souvenir, de se poser des questions, d’accumuler, d’apprivoiser, de maîtriser de la connaissance…, poursuit-il. Il faut aussi que les artistes adoptent une position claire et ferme face à la médiocrité. Ils ne peuvent plus feindre la neutralité pour ne pas s’aliéner une part du public et doivent opposer à ce présent des oeuvres qui partout font l’éloge de l’intelligence. »
 
« Depuis quelques mois, je suis affligé par le peu de référence des chroniqueurs politiques américains », dit-il, dont très peu, selon lui, ont souligné la concordance entre le slogan de Trump (Make America Great Again) et celui d’Hitler qui dans sonMein Kampf, ouvrage référence des sombres desseins du Führer, appelait à redonner à l’Allemagne sa grandeur d’antan. « Les gens ne se souviennent plus, dit-il. La mémoire ne s’enseigne plus. On n’y réfère plus » et, au bout du compte, on fait se répéter l’histoire et on s’enlise.
 
Pour Robert Lepage, les États-Unis viennent de faire leur entrée dans cette nébuleuse de l’obscurantisme dans laquelle le Canada a passé 10 ans sous Stephen Harper, dit-il, avec toutefois des responsabilités mondiales que le Canada n’avait pas et qui donnent ce caractère encore plus inquiétant aux résultats du vote. Inquiétant, particulièrement, chez ceux qui, comme lui, ont vu, ont senti, ont perçu, et surtout se souviennent.

01 juin 2016

887 ou l'effort de mémoire

887, ou l'effort de mémoire. Sans partisanerie eu égard à l'identité. Ou quand le je polyglotte nomade résonne précairement en nous. D'où l'émotion qui a lieu. Tour de force. Le lieu, qu'est-ce à dire? Lepage = Québec. La ville de Québec. « C'est parce que je viens d'une place précise », dit-il simplement. Il s'adonne que je suis en train de lire, bien bien tranquillement, La mémoire, l'histoire, l'oubli (Paul Ricoeur, Seuil, 2000). Et là, à la page 49, ceci qui est pour moi révélateur : « La transition de la mémoire corporelle à la mémoire des lieux est assurée par des actes aussi importants que s'orienter, se déplacer, et plus que tout habiter. C'est sur la surface de la terre habitable que nous nous souvenons avoir voyagé et visité des sites mémorables. Ainsi les "choses" souvenues sont-elles intrinsèquement associées à des lieux. Et ce n'est pas par mégarde que nous disons de ce qui est advenu qu'il a eu lieu. [...] Les lieux “demeurent” comme des inscriptions, des monuments, potentiellement des documents. » Que dire alors d'un poème monumental comme Speak White dans la mémoire d'un peuple? Dans les premières strophes du poème, il est dit : « Nous sommes un peuple... //////», Et voici que là-dessus l'acteur Lepage hésite, bute, mime le silence, se reprend, ça bloque, c'est abyssal... Nous n'avons plus que ses yeux inquiets. Et c'est tout le drame d'un trou de mémoire qui se joue là, sur les planches. J'ai la mémoire qui flanche. Mais ça ne finira pas là! C'est aussi le génie d'une langue en mouvement.

887, le chez soi, chez nous de Robert Lepage

Ou bien les chaînes, chez nous autres...

Photo JD. Billet précieux de la représentation de 887 au TNM, le 31 mai 2016.
C'est rare, Gérard, car j'ai quand même au théâtre la couenne dure. Mais là, le 887 du génial Lepage, humble fils (à sa manière) d'un humble chauffeur de taxi de Québec, c'est bouleversant. Quoi? Quoi? Quoi? Le colonialisme en ses couches de millefeuille enfouies sous les bancs de neige de la mémoire. La lutte des classes et ses égouts, icitte itou, grossière, subtile jusque dans la diction des étudiants actuels en art dramatique désormais bien nés... (au temps de Lepage, les cours au Conservatoire étaient gratuits, à présent il faut payer!) 

Ben oui, on peut pleurer! 

Mais la poésie! 

Mais la grande Michèle Lalonde, point d'exclamation! 

Et les ombres venues des grottes lointaines... Le feu. Et la dignité. 

À voir! 



En complément : Autour de 887, conférence de Robert Lepage au TNM, le 9 mai 2016, dans le cadre des Belles Rencontres de l'Université de Montréal.

26 avril 2016

Marcel Dubé, dramaturge


Marcel Dubé, dramaturge. Le monde en noir et blanc De 9 à 5 (Télévision de Radio-Canada, 1963-1966) apparaissait si étrange et dur pour l'enfant que j'étais bien au chaud en sa lointaine campagne. Je ne crois pas avoir manqué un seul épisode. Ce n'était peut-être pas de mon âge, mais le théâtre est un grand voyagement à dos de personnages qui allume l'imaginaire. Jean Duceppe, Marjolaine Hébert, Benoît Girard, Georges Groulx, Huguette Oligny, Nathalie Nobert, Raymond Lévesque..., que des grands. Par la suite, lire sous le gros érable Un simple soldat, ce fut comme une hache qui brise la glace gelée, pour paraphraser Kafka. 
Comment le gala Artis de dimanche dernier à TVA lors de l'hommage très beau rendu aux disparus a-t-il pu oublier d'évoquer la mémoire de Marcel Dubé? Franchement!



Photo Jacques Desmarais, bibliothèque Ahuntsic, 26 avril 2016.

28 juin 2015

Pierre Curzi au 21e



Les interviews de fond à la radio et sur le web de Michel Lacombe à son 21e sont toujours amples et d'un vif intérêt. Au retour de ma cambrousse hier soir en auto, j'ai pu suivre avec bonheur la radiodiffusion de la rencontre avec Pierre Curzi, comédien, syndicaliste à l'Union des artistes et homme politique, « homme de principes » pour reprendre le titre de l'interview qui date d'avril 2015.

À mi-chemin de l'entrevue, vers 28.50 (cf. le site de Rado-Canada), Curzi remémore sa rencontre marquante avec le cinéaste Glles Carle (1928-2009) qui lui a tout appris du langage cinématographique. Puis, le comédien rappelle que le réalisateur des Plouffe, ce « grand professeur de liberté » comme le dira Lacombe, s'intéressait au plus près à la poésie. Il a cofondé avec Miron et d'autres camarades les éditions de l'Hexagone en 1953. Et l’on saisit d'autant le souffle qui anime Chloé Sainte-Marie, la muse rousse et flamme de Carle, en cette saison de À la croisée des silences.

Je relève à main levée le plus fidèlement possible ces quelques extraits de Curzi : « [...] tu te rends compte qu'être dans l'univers de la poésie, c'est profondément vivifiant et révolutionnaire. [...] Je pense que la poésie, c'est porteur de rêves et d'énergies, et c'est extraordinairement dynamique. [...] Les veines de la poésie, c'est les grandes veines de la société, c'est les grandes veines du comportement humain. »   
       

14 janvier 2015

Soeurs dans la mémoire longtemps

On ne l’entend pas si souvent, mais sororité sonne bien français aussi. Soeurs, une histoire de douleurs et de résistance qui se passe dans une chambre d’hôtel chic et « intelligent » à Ottawa, ma chère! Au début, c’est drôle. Le mini frigo déparle! La télé caméléon recrache toutes les langues de la terre, mais pas le French! Elle n’y arrive pas! Ce n’est pas très important au demeurant. Mais ça peut mettre en tabernacle même les esprits les plus éthiques, même la médiatrice professionnelle Bergeron, Franco-manitobaine d'origine, renommée Berguer par les robots de la chambre. Et ça vire à l'envers. Au sens propre comme au figuré. Une experte en sinistre d'origine libanaise viendra constater les dégâts! C’est qu’il faut surtout dire lumière. Il faut ici dedans dire lumière en anglais pour avoir de la lumière, métaphore de la langue pendue, du chant égorgé de jadis, du nom déflaboxé, métaphore surtout de la longue lignée des humiliations en miettes campées ici et là en tricot serré pour les enfants de 50 ans de Saint-Boniface à Beyrouth. Vouloir dire qu'on n’a plus rien à faire icitte! Dans ce monde-là! J'ignore si Wajdi Mouawad le magicien, comme il aime parfois le faire, était tapi dans le noir en observant les spectateurs pour la première montréalaise de sa nouvelle pièce. Nous aura-t-il vus, profondément silencieux, traverser la fable comme l’on traverse l’inconscient et ses bisons à contre-vent, à dos de femme magnifique jouant l'actrice et son double et pour une fois, pas tout à fait dans le registre de la stricte gémellité? Un cycle domestique issu de Seuls, dit-on, pas nécessairement délicat, mais si fin, source de l'intimité de la parole et des gestes de vie qui comptent où l’insupportable colère rentrée s’accorde pendant deux jours une mémorable et cathartique tempête de neige. Pleins feux sur Annick Bergeron. Magistrale!

***


15 décembre 2014

Picolo, Compagnon de notre enfance


Picolo tel que je le voyais enfant et une pensée marquante que nous laisse le grand Paul Buissonneau dont c'est les funérailles aujourd'hui.

(Photos captées sur les murs du Théâtre de Quat'Sous)


12 décembre 2014

Attentat poétique au 4'Sous.

Quelques bulles et préambules, j'en ai envie, pour parler d'un chaud spectacle, bon en torbrûle, comme dirait ma mère. Les poètes, les poétesses, pas seulement ceux et celles d'ici, mais icitte oui, en sacrament, y sont vivants, de jour, de nuitte, sur tous les temps, des fois assez crasses, vivaces en chien, le dict le plus souvent sous tes reins, respirent, mangent, zigzaguent, font l'amour, désespèrent, montent sur leurs grands jouaux, prennent même les transports en commun... Tiens, la preuve, hier au soir, à la station de métro Sherbrooke, il y avait une longue filée de bonnes gens devant le guichet pour acheter un titre. Parmi eux on distinguait un soldat, pas si simple que ça, le regard un peu flottant, portant la casquette noire de François Guerrette. Une heure plus tard sous le grand panache et par le bouche- à-mots d'un Attentat digne d'une tempête de première qui vous crache dans l'face, la joyeuse bande de la compagnie Mo (comprenant entre autres Alexandre Bergeron, Catherine-Amélie Côté, Steve Gagnon, Alexandrine Warren...), espèce de petits-enfants du bas de Québec de Laliberté, jouerait littéralement et dans tous sens sur les planches du 4'Sous deux poèmes de Guerrette parmi une avalanche (49 textes en tout!) ne filant pas toujours doux comme le magnifique et flyé Fuck you de Steve Gagnon! Du Giguère, Lapierre, Catellier, du Beauchamp dit BeaucoupDorion, Dumas, Jutras, Faustino, du Larouche, Côté, Desrosiers de Fourrons la mort, Jean-Philippe Tremblay, Letarte, de la Chenelière, Catherine Lalonde, Maréchal, Carole David, Fontaine, la belle Louise Desjardins, Leblanc-Poirier, Sylvie Laliberté, Miron, Nicolas Lauzon, Dostie, Despatie, Desgent, Daoust, Godin, Aquin, Jocelyn Pelletier. Il arrive, et c'est manifestement perpétré ici dans cet Attentat — mis en scène avec finesse et simplicité par Gabrielle et Véronique Côté — que les poètes entre les branches se fassent enfin et de préférence tambouriner comme perdrix sur les épines, se laissent retentir par la bouche des comédiens. Par-dessus cette condamnation à la liberté, belle ensauvagée, il y a une voix d'ange qui porte les mots et quelques blessures sur des ailes blanches comme neige, c'est celle de Mykalle Bielinski. La troupe reste sur le qui-vive jusqu'au 17 décembre. 

Photo Jacques Desmarais. L'équipe sur scène d'Attentat.  

Photo Jacques Desmarais.  Panaches sur la scène du 4'Sous

Après le spectacle, les acteurs tenaient une table de la libraire Port de Tête offrant au public les recueils des poètes inclus au programme.

Le 4'Sous sur l'Avenue des Pins, Attentat réversible. 
Joyeuse tempête vue de la vitrine du 4'Sous.


03 octobre 2014

Segment des régionalismes par Fabien Cloutier.


Fabien Cloutier est comédien et dramaturge, et il sévit à l'émission littéraire de Radio-Canada Plus on est de fous, plus on lit. Cette saison, le maître ès arts en dérision abracadabrante tient une chronique hebdomadaire sur les régionalismes québécois. En réalité, il s'agit d'expressions suggérées par les auditeurs. Son propos est toujours hilarant, bien tricoté, parfois cinglant, saignant juste à mon goût, juste assez pour s'élever au-delà de la farce collée sur elle-même ou de l'effet pour l'effet. Les références au contexte politique québécois et à ses clowns au pouvoir peuvent certes être un peu difficiles à saisir pour les lecteurs et lectrices de par le monde... (Bien quoi? La maigre fréquentation de ce blogue est néanmoins internationale, ma chère!)  Reste que l'écriture et l'expression propre du beauceron Cloutier sont d'une très précise et précieuse liberté. C'est de la musique. Un punch n'attend pas l'autre, le monde populaire qu'il dépeint n'est jamais méprisé et son humour pointe aussi bien avec des petites griffes le monde « savant » ou intello, ou artistique qui est le sien.  Bref, je suis un fan, ça doit bien paraître.

Dans l'extrait qui suit tiré de l'émission du 2 octobre 2014, l'auteur de Schotstown nous débobine l'expression Ben accotée dans' barrure!  À vos oreilles, partez!

 

13 août 2014

La vie a toujours Ducharme

C’est comme ça aujourd'hui : « On ne peut rien contre la puie! » Mais les cigales chantent pareil à Ahuntsic avec parfois un petit silence! Et si jamais ça adonnait — mais je serais gêné comme un crapaud — de lui dire perso, en retard : Bon 73e anniversaire magnifique Réjean Ducharme! Et merci entre autres pour la Petite Tare, Sophie, Roger le faux poète, Bernard & Mimi, Ines & Inat, Rémi Vavasseur, Christian & Bérénice, Bottom Lafond, les Nicole, Questa, Mille Milles & Chateaugué, ah! Chateaugué qui... « riait comme une Madeleine. Elle riait comme une fontaine. Elle riait comme une betterave. J'avais l'air de plus en plus renfrogné. Elle riait comme Isabelle Rimbaud. [...] (Le nez qui voque, Gallimard, 1997, pp. 236-237). Et puis Nez Lit Gant en filigrane pour se tenir droit. « Ici on ne touche pas à la poésie sans avoir ceint l'étole et la chasuble». (Dévadé, Gallimard/Lacombe, 1990, p. 183). Et de mémoire dans L’hiver de force : « C’est la grosseur du tas des écrasés du coeur qui va nous sauver. » Oui, heureusement la vie a toujours Ducharme!


***



Chansons écrites par Réjean Ducharme pour Pauine Julien : Faudrait, Je vous aime, Déménager ou rester là
Pour Robert Charlebois, il y en a une trentaine dont deux blues radicalement québécois : Mon pays, J'veux de l'amour

12 juin 2014

Cinq visages pour Camille Brunelle au Off-Avignon 2014


« Moi qui rêve les yeux ouverts » (Guillaume Corbeil).
« Dans cet océan de boue où sombre la pensée » (Renaud, Fatigué).

Le Théâtre Petit À Petit présentera au Off-Avignon Cinq visages pour Camille Brunelle  de Guillaume Corbeil avec notamment l'excellent Francis Ducharme.

Photo Jacques Desmarais.  Francis Ducharme, Poésie sandwichs et autres soirs qui penchent, 25 sept.2011. 

Descente dans le monde en flux du moi moi moi « liké » et liché. 

Une interview radio avec l'auteur m'avait grandement donné envie de voir la pièce l'an dernier à L'Espace go. En souhaitant qu'elle repasse à Montréal.  (Sinon, mes amis Marie-France et Jean-Paul, des habitués d'Avignon, s'y rendront peut-être?)

Au même moment que la pièce était sur les planches, Maxime Catellier a écrit sur son blogue Mes biscuits préférés Pourquoi je démissionne de Facebook. Il y décrivait son mal au coeur de la grande vanité dégoulinante et marchandisée avec un bon marteau dans les mains : 

 « C'était devenu une habitude si ancrée, si tenace. Le matin, un café en main, je parcourais le «fil d'actualités» de Facebook™ et je nourrissais mon quotidien à l'auge de cette mise en scène de la vie des autres, et de la mienne en particulier. Véritable staside la pose ironique postmoderne, ce réseau social me divertissait, m'informait, me mettait en contact avec une foule de gens avec qui je n'aurais peu ou pas de contact, et surtout me faisait prodigieusement perdre mon temps. Au fil du temps, je me suis trouvé mille et une raisons pour justifier l'utilité de ce réseau : opportunités professionnelles, nourriture journalistique grâce aux nombreux liens mis en ligne par les «amis», débats initiés par un commentaire, etc... Je justifiais ma dépendance à ce réseau comme l'alcoolique le ferait à propos de sa «dernière» bière. Bref, j'avais besoin de cette vitrine et c'est pourquoi j'y passais tout ce temps... mais à la recherche de quoi?

Certains Casanovas du mardi après-midi prétexteront que ce site est l'équivalent d'un meat market virtuel, et je leur donne entièrement raison. Rien n'est plus facile, en effet, que de pêcher à l'aveugle dans cette mare aux illusions. Viendra peut-être le jour où ils pourront carrément baiser à travers l'écran. J'ironise à peine. Il demeure qu'au train où vont les choses, la simple conversation entre deux êtres humains se croisant par hasard dans la rue risque de devenir rare comme la démission d'un pape. Il n'est pas loin le jour où le téléphone intelligent, son GPS et ses applications, il sera possible de se le faire poser directement dans le fion. Et peu à peu, ces denrées rares comme l'acuité intellectuelle, le charme composé, l'esprit, l'humour, le hasard des rencontres iront rejoindre leurs semblables dans les poubelles de l'histoire. Peu à peu, le désir, ce principe sensible qui irrigue notre soif de connaître et de communiquer, ne sera plus qu'un manque. Un manque que l'on peut facilement combler en se connectant à notre réseau social. »

21 mai 2014

Un nouveau fix pour Robert Lepage

Les aiguilles de l'opium présentement à l'affiche sur la scène du TNM avec Marc Labrèche, c'est dans le 3e oeil que ça vous rentre et ça vous fait revoler entre Paris et New York, mais si québécoisement, dans le déséquilibre bien ficelé de jazz et de drogue d'un grand chercheur d'art nouveau. Un chercheur inquiet sous la magie de l'artifice et de la dérision. Robert Lepage, c'est immense! Tête de Molière! La dernière réplique de la pièce tirée de Lettre aux Américains de Jean Cocteau nous fait atterrir Au temps de l'Inquisition (vous en doutez? cf. Fabien Deglise dans Le Devoir du 20 mai 2014 à propos de l'expérience de Janet Vertesi qui a voulu cacher sa grossesse du big dada control). Cocteau (je rapporte de mémoire) : Le rêve sera contrôlé, non pas par les dizaines de psychiatres, mais par la police. « L'acte du rêve sera puni. »

05 mai 2014

Photo Bain public

 Reçu aujourd'hui une série de photographies prises par les bons soins de France Gaudreault lors de la générale de Bain public le 25 avril dernier. J'aime particulièrement celle-ci où je suis en duo avec Tit-Coq, joué par Olivier Morin. 

— St-Hypodrome de tit-pied collant de débarbouillette qui pue sus l'bord du bain, t'aurais-t'y pas comme par hasard dans le sens que t'aurais peut-être comme voté par Mulroney aux dernières élections?

Photo France Gaudreault, Bain public, le Théâtre pour le plaisir, avril 2014. 

Extrait théâtre


Reprise. Pour Anneaux Nîmes qui me le demandait. Une courte scène de la pièce Elling alors à l'affiche au Théâtre Jean-Duceppe qui avait organisé un concours sans prétention dans le cadre du Festival des Lumières à l'occasion de la Nuit Blanche de Montréal en février 2011. C'est notre équipe qui a remporté la faveur du public. Ma toute première expérience à vie en théâtre avec Joanne Marcotte et Christian St-Hilaire.



25 avril 2014

Bain public

Noticias
Pour ceux et celles qui peuvent venir.  Le Théâtre pour le plaisir présente Bain public, une satire inspirée de la formule cabaret et campée en l'année charnière de 1986, mise en scène par Joanne Marcotte.

Deux représentations seulement. Salle Pierre Legault, 1 Chemin des Écoliers, Rosemère,
samedi 26 avril à 20 h, et dimanche 27 avril à 14 h.
Billets : 15 $.


Auto-photo : Chantal Godin. Distribution : Oliver Morin, Joanne Marcotte, Jacques Desmarais, Chantal Godin,
Marie-Claire Fachéna, Christian St-Hilaire, Claudia Ménard, Martin St-Hilaire.




04 décembre 2013

Life is Live


Irrésistible succès monstre de 1985 du groupe Opus, suis retombé là-dessus par le biais de la page FB du bon Docteur Vadeboncoeur. Comme je suis dans un groupe de théâtre qui monte actuellement une création collective — la comédie acide style cabaret Bain public* — qui se passe en 1985-86, je revisite l'époque en tous sens. 

1986, c'était sauf erreur l'année internationale de la Paix sur fond de violence et de dissidents soviétiques, la guerre Iran-Irak perdure, Reagan vend des armes à l'Iran, la crainte des armes nucléaires échauffe la Guerre froide et la course pour le contrôle de l'espace, Chernobyl radioactive la planète, prise d'otage de journalistes français au Liban, les pluies acides dans les érablières, la peur du SIDA — 663 Canadiens sont diagnostiqués positifs -, le « boucher » Morgantaler lutte pour le droit à l'avortement, le Déclin de l'empire américain est un succès au box-office, Coca Cola fête ses 100 ans, Apple sort son Mac plus... Daniel Lavoie chante La villa de Ferdinand Marcos sur la mer...

1986, c'est aussi peut-être bien la plongée ou le repli, c'est selon, dans l'instant présent. Love is love des Peace&Love? Tassez-vous de là les mon oncles fleurs bleus et les p'tits punkeux omniprésents!  Don't think about the rest... Viarge! Quelle époque!

Life is live

Na na nana na (hey)
Na na nana na (all together now)
Na na nana na 
Na na nana na 
Life...(na na nana na)
Live is life (na na nana na)
Labadab dab dab Life (na na nana na)
Liiiiiife.... (na na nana na)

When we all give the power,
We all give the best
Every minute of an hour,
Don't think about the rest
And you all get the power,
You all get the best
When everyone gets everything and every sooong,
Everybody siiiings,

And it's life (na na nana na)
Live is life (na na nana na)
Live, is life (na na nana na)
Labadab dab dab Life (na na nana na)

Live is life
When we all feel the power
Live is life
Come on, Stand up and dance!
Live is life
When the feeling of the people
Live is life
Is the feeling of the band (yeah)

When we all give the power,
We all give the best
Every minute of an hour,
Don't think about the rest
Then you all get the power,
You all get the best
When everyone gives everything and every sooong,
Everybody siiiings,

And it's life (na na nana na)
Live is life (na na nana na)
Labadab dab dab Life (na na nana na)
Live is life (na na nana na)
Life...(na na nana na)
(na na nana na)X3
Life...(na na nana na)
Live is life (na na nana na)
Labadab dab dab Life (na na nana na)
Live is life (na na nana na)

And you call when it's over,
You call it should last
Every minute of the future, 
Is a memory of the past
Cause we all gave the power,
We all gave the best
And everyone gave everything and every song,
Everybody saaaaaaaang
Live is life!!!
- E. Pfleger


* Bain public [1985-1986]  (Source aqad
ÉditeurADEL inc., 2005 www.adelinc.qc.ca
Première production Théâtre PàP, 20 février 1986
Résumé
Collectif de Jocelyne Beaulieu, Louise Bombardier, François Camirand, Anne Caron, René Richard Cyr, André Lacoste, Geneviève Notebært, Claude Poissant et Denis Roy
Inspirée du cabaret politique, la pièce regroupe une cinquantaine de sketches sur l'actualité sociale. Qu'on y traite de torture ou de violence, de sexualité ou de menace nucléaire, humour et ironie dominent : pour sourire et réfléchir, pour mordre ou choquer, mais surtout pour ne rien oublier, ni les menaces, ni les angoisses, ni les misères.
7 chansons