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08 mars 2019

Hommage à Renée Claude

Renée Claude est l’une de mes idoles lorsque j’étais ado. Quel bonheur d’avoir un jour déballé au retour de la poste un disque de Renée que je m’étais mérité lors d’une activité à Radio-Canada. Je l’ai vue une fois sur scène au Palace de Granby. Son répertoire était alors composé surtout de chansons de Vigneault. Je l’ai revue à la Place des arts alors qu’elle participait à l’opéra Nelligan sur un livret de Michel Tremblay et une musique d’André Gagnon. Son interprétation de la chanson l’Indifférence demeure d’une résonance à vous arracher le cœur.

Renée Claude est malade et ses projets de vie sont anéantis.

Cet hommage de voix féminines reprenant cette chanson de Stéphane Venne qui fut un grand succès en 1971 est très beau.

http://www.radio-canada.ca/util/postier/suggerer-go.asp?nID=4373898

26 novembre 2018

Le Thoreau de Richard Séguin

Invité à l'émission C'est fou du dimanche 25 novembre 2018 dont le thème était la forêt, Richard Séguin partage son amour pour l'oeuvre du poète et philosophe Henry David Thoreau né à Concord, près de Boston, à qui il rend hommage avec la parution de son récent album, Retour à Walden : sur les pas de Thoreau.

Le Thoreau de Richard Séguin

À propos de la réalisation proprement dite du projet musical de l'album, on peut lire cette autre entrevue de Séguin à Karine Tremblay dans La Tribune du 10 septembre 2018 :
https://www.lesoleil.com/arts/musique/retour-a-walden--richard-seguin-dans-les-pas-de-thoreau-ed1a718ddd91071548d8a05428fff258

Bande-annonce de l'album par Richard Séguin

Note Wikipedia sur Thoreau

Plusieurs échappées de Thoreau sur le site Brain Pickings

23 octobre 2018

Gilles Vigneault, comme un chêne

Le grand Gilles Vigneault est entré dans son octave d’anniversaire à l’approche de ses 90 automnes le 27 octobre prochain. Radio-Canada (Ici Première) rediffuse en ce moment les épisodes de l’excellente et très émouvante série documentaire de Francis Legault, « Pendant que...», narrée par Geneviève Bujold. Mais aussi, ce matin, en première page du Devoir, photo à l’appui de Jacques Nadeau, on trouve l’entrevue avec le chantre, « le plus philosophe des juke-box », qu’a faite Dominic Tardif. C’est juste et « profond comme au large de l’Île ».

https://www.ledevoir.com/lire/539624/l-inebranlable-foi-en-l-autre-de-gilles-vigneault

Pendant que... Gilles Vigneault, documentaire radio


18 août 2018

"La continuité différenciée" : l'humaine compagne de l'humain

La continuité différenciée est un sous-titre de chapitre utilisé par Jean-François Malherbe (1950-2015) dans un essai; en fait il s'agit d'un concept souventes fois utilisé par l'auteur qui confie d'emblée s'être inspiré par la version yahvviste de la création du monde. Le philosophe et théologien belge qui a beaucoup donné lors de son passage de quelques années à l'Université de Sherbrooke au Québec, poursuit :
" Selon les perspectives dégagées de ce récit, tous les vivants sont issus du sol : les végétaux, les animaux et l'humain lui-même. Il n'y aurait que l' "humaine" (Isha) qui aurait reçu une extraction plus noble puisqu'elle est issue de l'humain (Ish) et non directement du sol. Cette continuité est toutefois marquée, précise l'auteur, de quelques différences : le sol n'est pas autrement nommé que par sa composition (poussière) et son orientation par rapport au fleuve primordial; il n'est pas nommé par lui-même. Les végétaux donnent des fruits qui sont nommés par genres : les graines, les fruits à pépins, les fruits à noyaux, mais ne reçoivent pas de nom précis. Par contre, Dieu invite l'humain à nommer les animaux et reste curieux des noms qui leur seront attribués. Enfin, [...] la femme est nommée "compagne de l'homme", mais il serait plus juste de traduire que "l'humaine est la compagne de l'humain", son "alter ego", sa partenaire. "
- Jean-François Malherbe, Déjouer l'interdit de penser, Liber, 2001, p. 106-107.

💐

01 mai 2018

Leclerc : J'inviterai l'enfance

" J'inviterai l'enfance à s'attarder le temps qu'il faut
Qu'elle empoche des images pour les soirées d'hiver
Pour les longues, longues heures de l'adulte
Qui n'en finit pas de pousser sur l'ennui
Deux clairons dans tes bagages, un air de flûte
Une botte de légumes, du vin, le sourire de quelqu'un mort
Une trace qui mène à l'île perdue
Un anneau d'or
Un masque drôle

Quand absent est l'amour et que t'es frères sont morts
Quand présent est le vide et que la nuit demeure
Les rêves sont bien nécessaires
Et les enfants nouveaux poseront dans la main de l'homme seul
Les leurs ouvertes
Chaudes et nues "
- Félix Leclerc, J'inviterai l'enfance

https://youtu.be/hrxsv4W8q0g

21 janvier 2018

13 novembre 2017

01 juillet 2017

Dylan et son band à Montréal

Oui, Dylan était particulièrement en forme hier soir et j'ai hautement apprécié revoir, on dit toujours que c'est la dernière fois, ce géant inclassable, plus introverti qu'on ne l'imagine. Oui, un espace plus intime servirait mieux le bouquet du troubadour. La photo du JDM qui coiffe le compte rendu ne correspond pas au Robert Bob vu sur la scène du Centre Bell; pour une fois il ne portait pas son affreux chapeau blanc. Assez pertinent aux claviers dans le courant de ses complices musiciens vraiment remarquables, pas une seule incursion à l'harmonica. Oui, il a fait Les feuilles mortes. Sa version contre toute attente est formidable, surtout émouvante. Parmi les spectateurs qui assistent pour la première fois à un concert de Dylan, il s'en trouve qui sont déçus. Pas d'écrans géants, pas de boucane, de feux d'artifices, pas de je suis tellement content d'être à Montréal... C'est comme ça. En passant, j'ai vu mémorablement une fois Félix Leclerc sur scène (à Valcourt, dans mon patelin! J'étais avec Madeleine Monette...). Bien, lui non plus n'avait pas dit bonjour bonsoir je vous aime. Tire les rideaux. (Encore merci à toi Françoys).

http://www.journaldemontreal.com/2017/06/30/bob-dylan-de--retour-en-ville

21 avril 2017

Richard Desjardins, magistralement...

Le site de Radio-Canada offre pour un temps l'écoute gratuite d'un album de reprises des chansons parmi les poignantes de Richard Desjardins, interprétées par un bouquet de voix québécoises. C'est magnifique!
httphttp://www.icimusique.ca/albumsenecoute/289/desjardins

08 avril 2017

18 mars 2017

Faudrait!

Se chanter la pomme dans les actes perlocutoires du langage. Quand dire, c'est faire pour reprendre Austin. Ou comment se faire des amis ailleurs que dans sa tête. C'est toute une musique! Un beau silo. Quelques aphorismes inoubliables de Nietzsche peuvent aussi aiguiser à jamais le réflexe pragmatique de ne pas toujours prendre pour du cash la cascade d'impératifs, les « il faut » qui journellement viennent gratter à la porte du conscient et s'infiltrent jusque dans la condensation de l'inconscient en déclenchant le piton du Ça qui, pour sa part parentale, professorale, gourousale..., niche de tout son poids sur nos frêles épaules. C'pas drôle. La petite voix intérieure est alors si prestement ancillaire. Socrate : pourquoi nous as-tu abandonnés? 

Graffiti et photo Jacques Desmarais, Béthanie, 13 mars 2017.
Mais des fois, pour le dire comme Martin Léon dans Moon Grill, c'est ça qui yé ça. J'ajoute cependant que le plus dérouté, et donc le plus encourageant en la matière du « comment ne pas marcher tout croche » demeure, « dans mon livre à moi », le Faudrait de Réjean Ducharme chanté par Pauline Julien. « Faudrait que j'arrête de me laisse aller! » 

En passant, c'est juste un petit jeu de crochet qui va fondre comme neige au soleil. 


Ou encore : Il suffirait de presque rien...

All right!






01 mars 2017

Les eaux de ma cambrousse

Photo Jacques Desmarais, Béthanie, 26 février 2017.


Sur un air à venir de samba sucrée, on pourrait dire
c'est un peu comme Les Eaux De Mars :













"Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
un reste de racine, c'est un peu solitaire
C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil [...]
C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond
Le mystère profond, la promesse de vie..."
- Georges Moustaki

23 janvier 2017

Fabrice Koffy, Griotik

Il y a bien longtemps que je n'avais pas eu la joie de revoir Fabrice Koffy Poesic qui était en spectacle en ce dimanche à la salle Claude-Léveillée de la PDA, flanqué d'un quatuor de musiciens vraiment remarquables, dont son complice de longue date Guillaume Soucy. Fabrice sur scène, c'est un soleil. Un doux soleil avec de l'ivoire, léger, dansant, bon enfant, mais toujours à l'affût du rayon qui dardera, qui va marquer un temps, que l'art de dire de ce poète qui griotise va vous ménager avec un brin de narquoiserie et de brousse, avec ce « hein? » si caractéristique, rieur, parfois inquiet qui ponctue les récits, désamorce sans le taire le grave, le coupant des histoires de la rue, des rondes intimes, du visage du monde qu'on voudrait bien changer avant de s'endormir, parce que, c'est drôle ça, « les gens n'aiment pas les gens ». Le Fabrice solidaire a aussi fait une place à Amelie Prevost qui, le temps d'un slam, est venue sur scène avec son grand souffle refaire le monde justement en détricotant l'Histoire officielle. Il y avait aussi Normand MC June Delinelle aux bouteilles d'eau, à la table aux CD et à l'amitié. Quel charme ce spectacle souriant inscrit dans la série des Dimanches métisés de Vision Diversité. La scène musicale et poétique francophone de Montréal est grouillante de beautés, de talents et de liberté. Que du plaisir ici!

Photo Jacques Desmarais, Aurélien, Fabrice, Guillaume, PDA, 22 janvier 2017.

Photo Jacques Desmarais, Amélie Prévost, championne de slam 2016.



20 janvier 2017

Patti Smith chante au Nobel de Dylan

A Hard Rain's gonna fall

Je crois bien que j'étais sur le carreau le 10 décembre dernier, où en phase maniaco, ou encore, au mieux, seul dans ma cambrousse là où je n'ai que les étoiles pour me connecter; en tout cas, sorry Robert Bob, j'avais manqué ceci. Entendre cette chanson aujourd'hui le 20 janvier 2017 entre les échauffourées de Washington, c'est désirer encore plus fort, avec un fond de larmes, que le chant des poètes ne meure jamais!


30 décembre 2016

Pierre Barouh : Le courage d'aimer

Le courage d'aimer

« Non, je n'ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l'écho de mon je t'aime
Non, je n'ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J'ai trop mimé ces gestes qu'il faut sublimer
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer
Toi qui m'offres aujourd'hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude dans mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l'aime bien l'amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J'ai peur qu'il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer
Pourtant si tu voulais, si tu prenais patience
Avec toi je pourrais retrouver l'insouciance
Cette manie que j'ai de conjuguer l'amour
Se tournant à nouveau au futur de mes jours
Alors me reviendraient du fond de mon enfance
Les élans, les frissons des amours sans défense
Sans lesquels il m'est impossible d'espérer 

Retrouver à jamais le courage d'aimer (bis).»

10 novembre 2016

Leonard Cohen


C'est fini
« C'est fini
je ne pars plus à ta recherche
je m'en vais m'étendre pour une demi-heure
C'est fini
je ne m'en vais pas faire minette
à ton souvenir
je ne mettrai plus ma face dedans
je m'en vais bâiller
je m'en vais m'étirer
je m'en vais me mettre une aiguille à tricoter
dans le nez
et me sortir le cerveau de la tête
je ne veux pas t'aimer
pour le reste de ma vie
je veux que ta peau
tombe de ma peau
je veux que mon étau
me libère de ton étau
je ne veux pas vivre
avec cette langue qui pend
et une autre chanson cochonne
à la place
de mon bâton de baseball
C'est fini
je m'en vais dormir maintenant chérie
N'essaye pas de m'en empêcher
je m'en vais dormir
j'aurai un visage lisse
et je m'en vais baver
je serai endormi
que tu m'aimes ou pas
C'est fini
le Nouvel Ordre Mondial
des rides et de la mauvaise haleine
Ça ne sera plus
comme c'était avant
que je te mange
les yeux fermés
espérant que tu te lèves pas
et t'en ailles
Ça va être autre chose
Quelque chose de pire
Quelque chose de plus niaiseux
Quelque chose comme ceci
mais en plus court »
— Leonard Cohen, Livre du constant désir, trad. de Michel Garneau, L'Hexagone, 2007, p. 36-37.