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03 mars 2018

La Louisiane : dangereusement grignotée

Ma belle Louisiane amphibie aux ailes blues si fragiles, tu ne seras pas de sitôt great again avec ce fou vantard, ce chauffard! Il y a de cela des lunes, la première impression qui m'est venue en survolant tes terres, juste avant de se poser sous un ciel bas à la Nouvelle-Orléans, c'était l'étendue sauvage, à perte de vue, des marécages et des bayous au-delà du Mississippi. Dès cet instant, je t'ai eue dans le sang. Je disparaîtrai bien avant toi, mais quand même, j'ai de la peine.

Dossier du NYT, 24 février 2018

09 mai 2016

Fort McMurray : tragédie collective


D'accord avec le commentaire de Gabriel Nadeau-Dubois entendu en ce lundi à Gravel le matin : essayer, en effet, de comprendre en quoi une telle tragédie naturelle n'est pas le fruit du hasard, sans bêtement jeter la pierre sur les milliers de personnes qui gagnent leur vie dans l'industrie du pétrole.

Le monstre fait rage actuellement sur plus de 2000 km carrés!

Photos du Journal de Montréal.

07 avril 2015

Élan global, le manifeste

J'ai signé.

***

Un collectif de Québécois issus des milieux culturels, environnementaux, économiques, universitaires et politiques lance aujourd’hui un mouvement d’objecteurs de conscience déterminés à s’opposer à l’invasion pétrolière de notre territoire et à la destruction du climat au bénéfice de quelques-uns. Appuyés par plus de 200 citoyens de partout, y compris des représentants des Premières Nations, de tous les milieux et de toutes les générations, ils inscrivent leur dissidence devant un développement énergétique et économique non viable, injuste et antidémocratique et appellent à l’incontournable transition écologique.

Une noirceur nouvelle se répand sur le Québec. Elle a franchi les portes de notre pays. La pensée unique revient en force et s’empare de notre démocratie, elle impose une vision du monde qui colonise notre espérance. Nous nous dressons devant elle. Nous refusons.

La science est muselée chaque jour davantage. Le dogme de l’argent, de la croissance à tout prix et de ses impératifs s’empare de la raison. La parole citoyenne ploie trop souvent sous le poids de la propagande d’intérêts puissants qui s’approprient le bien commun.

La croissance infinie est impossible dans une biosphère dont les ressources sont limitées et en déclin. Celles et ceux qui prétendent le contraire prônent la pensée magique. La lucidité scientifique impose notre réveil. Elle en appelle à une grande transition écologique de notre économie.

Les signaux d’alarme se multiplient. La survie même de notre espèce est mise en cause. Les populations d’espèces sauvages de notre planète ont diminué de moitié en 40 ans. Les océans s’acidifient. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint un seuil qui nous rapproche de l’irréversible. La science est claire : pour éviter un dérèglement irréversible de notre climat, l’essentiel des réserves de combustibles fossiles doivent demeurer enfouies dans le sol. Extraire le pétrole à notre tour devient carrément immoral dans ces circonstances.

Quel est ce monde où la création de richesses s’appuie sur l’éradication de la vie ? Nous sommes les dernières générations à pouvoir empêcher l’irréparable. Nous ne serons pas complices de l’implacable destruction de notre avenir. À ce stade de notre histoire, notre inaction est devenue le symptôme de notre échec moral.

Rien de ceci ne se fait, ne se fera en notre nom.

Dissidence

Devant l’urgence, nous inscrivons notre dissidence. Nous nous déclarons objectrices et objecteurs de conscience. Nous retirons notre confiance aux gouvernements qui endossent le pillage du bien commun au profit de l’enrichissement de quelques-uns.

Nous avons le devoir de résister à l’invasion systématique de notre territoire par les pétrolières et par de puissants intérêts financiers. Le Québec a fondé sa modernité sur des valeurs fondamentales, dont l’énergie propre et le partage des richesses. C’est ce que nous sommes. C’est ce que nous voulons être. Nous exigeons le respect de cette identité.

De chaque côté du Saint-Laurent, soyons celles et ceux qui éclairent le chemin et agissons.

En conséquence :

Nous exigeons la fin des projets d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures en sol québécois.

Nous refusons tout passage de pétrole à des fins d’exportation sur notre territoire, que ce soit par train, oléoduc ou navire-citerne.

Nous exigeons l’adoption par le gouvernement du Québec d’un plan crédible pour réduire notre consommation de pétrole de 50 % d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone pour 2050.

Nous exigeons que la Caisse de dépôt et placement du Québec désinvestisse le secteur des combustibles fossiles. Nous demandons aux autres gestionnaires de fonds d’investissement dont les capitaux proviennent de citoyennes et citoyens d’en faire autant. Nous agirons aussi individuellement. L’argent de nos retraites ne doit pas appauvrir nos enfants. Il doit servir à assurer leur avenir.

Nous avons la chance de vivre sur un territoire qui regorge de sources d’énergie renouvelables. Certaines ont déjà été harnachées en inondant la taïga, en déplaçant des nations autochtones, en détournant des rivières et en noyant épinettes, lichens et caribous. Il est de notre responsabilité de cesser de gaspiller cette énergie et de la faire travailler pour créer ici un modèle de transition écologique auquel d’autres emboîteront le pas.

Nous nous engageons à consommer moins, à produire mieux et à contribuer à la construction d’une économie qui permettra l’amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en protégeant l’environnement.

Nous avons tout ce qu’il faut pour écologiser et humaniser notre économie. Pour entamer la transition, mobilisons talents et ressources pour la préservation de la planète et l’épanouissement des humains qui l’habitent. Créons ensemble un autre modèle en misant sur l’avenir.

Nous sommes de plus en plus nombreux à porter la voix du changement. Restons solidaires, au-delà de toutes frontières. Participons à l’éveil démocratique, à ce nouvel élan bâtisseur et créateur qui se porte à la défense du bien commun, de l’intérêt général, et qui milite sous de multiples formes avec courage pour la suite de notre monde.

Nous ne sommes pas des colonnes de chiffres. Nous sommes l’avenir. Notre engagement et notre mobilisation portent l’espoir d’une prospérité qui ne se calcule pas qu’en dollars.

Les solutions existent. Nous avons les moyens technologiques et humains qui permettent de lancer un vaste chantier de développement véritablement durable, viable, juste et équitable. Nous avons le devoir de devenir les leaders de ce nouvel élan global qui marquera le XXIe siècle.

Le Québec a fait maintes fois la preuve de sa capacité à mener de grands changements, avec audace, sérieux et ingéniosité. Nos révolutions sont tranquilles, mais ce sont de vraies révolutions. Elles peuvent inspirer le monde entier.

Que celles et ceux prêts à s’engager dans cette aventure se joignent à nous : de Chisasibi à Port-Menier, de Salluit à Montréal, en passant par Québec, Chicoutimi, Gaspé, Ristigouche, Cacouna, Trois-Rivières et Sorel. Dans chaque ville et chaque village, avançons la tête haute. Comme dans la chanson de Vigneault, roulons comme baril de poudre, passons comme glace en débâcle. Ensemble, semons l’espoir.

Rallumons les feux le long de ce fleuve qui nous traverse et sur tout le territoire. Éclairons-nous les uns les autres, animés de l’amour de nos enfants, de notre pays et de notre planète.

Déferlons par milliers. Lançons la lutte pour le respect de la science, de la vie, de la démocratie.

L’eau du fleuve coule dans nos veines. Ne laissons pas la cupidité porter atteinte ni à la vie des bélugas ni à la nôtre.

Honorons la mémoire de nos frères et de nos soeurs disparus lors de la tragédie de Lac-Mégantic.

Apportons notre soutien aux Premières Nations dans leurs luttes pour protéger leurs territoires.

Protégeons nos enfants, nos petits-enfants et ceux et celles qui suivront.

Aujourd’hui, nous proclamons notre droit de vivre dans un environnement sain et sécuritaire.

Nous nous interposerons par tous les moyens de résistance pacifique dont nous disposons.

Nous ne nous battons pas pour la nature. Nous sommes la nature.

Nous sommes la nature qui reprend ses droits.

Rien n’arrêtera notre élan.

21 mars 2015

Changement climatique et capitalisme « avancé »

Suppléments

Sur le site de Ricochet du 16 mars 2015, Hervé Kempf publie un entretien avec Naomi Klein autour de son essai Capitalisme et changements climatique (Lux / Actes Sud*, 2015).

Extrait :

« Dans votre livre, vous écrivez que face au changement climatique, le capitalisme pourrait recourir à la stratégie du choc. Quelle forme prendrait-elle ?
Elle a déjà commencé de diverses façons, par l’accaparement des terres en Amérique latine ou en Afrique par des multinationales, par la fermeture toujours plus rigoureuse des frontières, si bien que les personnes les plus vulnérables au changement climatique sont coincées là où elles sont. Et puis aussi privatiser tout ce qui peut faire protection – on l’a vu au moment de la tempête Sandy à New York, quand les magasins de luxe faisaient de la publicité pour dire qu’ils avaient des générateurs et des équipements pour se protéger des ouragans. Le luxe suprême devient la protection contre le changement climatique, et ne plus avoir à dépendre de l’État pour cela : c’est pour les 1 % des 1 %. Un exemple de cet égoïsme peut s’observer en Chine, où l’air est si pollué que les riches envoient leurs enfants dans des écoles privées où ils jouent sous des dômes, parce que c’est le seul moyen d’éviter de porter des masques anti-pollution. Ce n’est pas l’avenir, ça se passe maintenant. »

_____________

* Actes Sud a lancé le livre de Naomi Klein en France le 18 mars 2015.  Sur le site de l'éditeur on trouve la bande-annonce suivante :



13 mars 2015

La conférence de Naomi Klein à l'UQÀM

Capitalisme et changement climatique.

Note : n'ayant pas trouvé le lien pour copier la webdiffusion de la conférence de Naomi Klein, prière d'accéder à ma page Facebook ci-après.

Nous étions plusieurs à être refoulés à la porte de la salle Marie-Gérin-Lajoie, c'était complet. On se reprend ici! Magnifique!

03 novembre 2014

François Hollande au Canada : c'est pas fort la tonne!


Oh! Boy! Ou bien la politesse en visite l'étouffe. Ou bien, comme dirait Camil Bouchard, c'est un égaré rare : « Allô ici la terre : François, à dire des choses semblables, vous allez perdre toute crédibilité que vous pouviez avoir, s'il en fut! » 

Hollande de passage en Alberta!!! 
 «...le défi climatique, la France et le Canada ont décidé d'agir ensemble pour le bien de leur propre pays, mais aussi pour le bien de la planète, car c'est ce qui nous anime le premier ministre canadien et l'ensemble des autorités françaises ».  

Par contre, Hollande s'est repris à Ottawa avec le rappel de Samuel de Champlain alors que Harper et même Couilllard versent dans le populisme mur à mur en voulant débaptiser le pont Champlain...

On souhaite donc que l'étape québécoise du Président soit définitivement grandiose. Et ici, je partage en tous points la lettre de François Cardinal dans La Presse du 4 novembre 2014 qui s'adresse, via Hollande, en pleine face à notre supposé si cultivé premier ministre du Québec : Ne lâchez pas, M. Hollande!

***

Sans être mirobolant, le passage de M. Hollande à Montréal aujourd'hui 4 novembre fut vivant et fraternel. La France est au 8e rang comme « investisseur » au Canada, mais le 2e au Québec et le 1er à Montréal. On sent donc que « les affaires » ont été brassées, « qu'on s'est entendu pour une entente » au sujet des étudiants, le tout sans perdre de vue les possibilités canadiennes et l'envie « de conquérir le monde »! En cela, François Hollande est venu redire ce que Sarkosy avait dénoué au sujet de la sempiternelle position du ni... ni! Nous en sommes à présent à cette formule : l'amitié pour le Canada, l'amour pour le Québec, mais bien entendu, l'amitié est profonde, il y a des amitiés amoureuses, ajoute François Hollande qui ne veut pas stigmatiser le Canada, comme le titre Radio-Canada. .  Le « Vive le Québec libre » est vraiment de la préhistoire! 

Garnotte, Le Devoir, 5 novembre 2014.

Au bout du compte, les amis et lecteurs français qui d'aventure séjournent en ces pages ne doivent pas m'en vouloir si j'ai eu des mots durs à l'endroit du bon François. Venir d'abord giguer dans les flaques de pétrole de l'Alberta avec Harper qui ment comme il respire au sujet des efforts du Canada pour réduire les GES m'a simplement quelque peu déçu! Mais « nous aimons la France et la France nous aime »!

Les visions de M. Hollande

Réactions « vertes » en France (La Tribune)

En complément, des bons mots pour Hollande fin diplomate et quelques briques et un fanal pour les mal éclairés de ce pays à la langue fourchue :  Christian Rioux, La honte, Le Devoir, 7/11/2014 

XXX  

Serge Chapleau, La Presse, 3 novembre 2014.



25 septembre 2014

Stephen Harper à l'ONU

Photo Jacques Desmarais.

Question de climat ou l'art de briller par son absence sidérale. Du haut du coeur de l'Empire dans le Midtown, on ne rencontre certes pas le fantôme de King Kong; il est évoqué toutefois parmi mille autres péripéties de la grande histoire du capital et l'on songe avec affection au génie créatif bon enfant et délirant de nos voisins du Sud. De l'observatoire imprenable de l'Empire State Building, l'on peut par ailleurs apercevoir le siège de l'ONU où notre Premier ministre, ce géant méconnu qui recueille les petits chats égarés, parlera aujourd'hui, à ce qu'il paraît, du lait maternel. Un sujet certes important. Mais bâtisse! tant qu'à s'être déplacé à New York c'te semaine!


Photo Jo. Marche des citoyens pour le climat, New York, 21 septembre 2014.