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02 avril 2020

Les robots ne rôdent plus...

Heureux de constater que feedburned et compagnie ne viennent plus biaiser pour rien Train de nuit.
J’en profite pour prendre des nouvelles. Entre autres d’Anneaux Nîme.
Courage. Prudence! Patience.
De mémoire, Valéry :
« Patience. Patience dans l’azur. Chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr. »

Photo jd., Béthanie, 31 mars 2020.

24 septembre 2019

Fabuleux Train de nuit Mistral

je ne saurais dire aujourd’hui où est rendu ce Train de nuit, au quai ou en voiture, chou chou en rails vers quelque part, réelle aventure artistique, festive et amicale autour de la nuit qui a fleuri en France, la vidéo que je viens de capter date de 2016. C’est bien l’fun. J’espère qu’il n’est pas rendu d’l’autre bord, avec Le P’tit train du Nord de Monsieur Leclerc. Quoiqu’ils ont pu se croiser dans « l’art chipel » des imaginations. 
Et en passant, « quelque part » est une parole sage de Ducharme, Réjean, que nous a fait connaître le talentueux gaspésien Patrice Michaud en l’insérant dans Kamikaze, une chanson populaire composée et interprétée par lui : 
« L’amour, ce n’est pas quelque chose, mais quelque part... »





01 juillet 2019

Train de nuit et les hosties de robots!

Ça semble enfin le désert! Feedburner et ses robots ne ratissent plus ce blogue! Bon débarras! En tout cas, je n’ai pas saisi... Depuis plusieurs mois, comme des sauterelles venues d’une « région indéterminée », mais aussi largement de France et d’ Italie, mes statistiques ont littéralement explosées! C’était jusque-là un « succès » à mes yeux si une entrée était vue par 100 visiteurs, les blogues n’étant plus de saison.... Or avec ce Feed non sollicité, certains textes ont grimpé à 5000 visites! Les suceurs sur internet sont comme les voies de Dieu!

29 janvier 2019

Tshiuetin, le train «Le vent du nord »

Le train Tshiuetin entre Schefferville et Sept-Îles, propriété conjointe des Innus et des Naskapis. Magnifique!

Un jour, j’irai.

https://www.facebook.com/espacesautochtones/videos/595864627524257/

Note : il y a une petite coquille dans le nom du train qui doit se lire Tshiuetin.
https://www.tshiuetin.net/index_fr.html

Voir aussi pour le trajet filant vers « les entrailles du nord » le beau texte de Monique Durand paru dans Le Devoir du 14 juillet 2018.

28 juillet 2018

De Fermont à Kawawachikamach

Calvaire de Christ, c'est compliqué! Figure au répertoire de Wajdi Mouawad la pièce intitulée Temps présentée à Montréal au Théâtre d'Aujourd'hui en 2011. Les actes enclos se déroulent à Fermont, ville minière du Nord. La présence évoquée sur scène du fameux mur de la ville est hurlante; l'érection protectrice criblée de fortes lumières fait retentir contre le métal théâtralisé rafales et vents qui hypnotisent, nous figent d'effroi avec les personnages qui n'ont pas d'affaires là, pris dans le sauvage et le cru, le mur moi du dramaturge qui tourne le fer dans ses plaies. On peut sortir dehors au fret, pure folie, par une nuit définitive, se perdre dans la nature, mourir gelé dur comme une bête, causer pareil un héritage... C'est par mottons que l'ambiance de la pièce désabrillée, inexorablement dramatique, m'est remontée en mémoire en lisant Monique Durand. Son beau texte décreuse mon ignorance de la ville réelle et des âmes qui l'habitent, tout en me faisant apprécier encore davantage le théâtre radical de Mouawad qui transgresse les lieux, extrait l'extractivisme culturel (ben non!), emprunte ici à La Peste, rejoue plutôt l'étrangeté des anges et plante les rôles de la chicane parmi les rats. Pour paraphraser une craque de Desjardins qui s'y connaît en bétail, on pourrait dire que Fermont est situé pas loin de l'ancienne U.R.S.S., sauf que les mille Naskapis, bénéficiaires du traité de la Baie-James nettement moins avantagés que les autres conventionnés, y vivent aux alentours à Kawawachikamach.
https://www.ledevoir.com/societe/533361/fermont-et-son-mythique-mur

21 juillet 2018

Schefferville par un 23 décembre

Est-ce que ce sont mes deux coupes du rosada Villa d'Orta prises au soleil cuisant sur la terrasse de l'appart ? Est-ce parce que je suis un fan de l'écriture voyageuse de Monique Durand que l'on peut suivre l'été dans les pages du Devoir? Ou encore l'amitié inconditionnelle que je ressens pour les peuples autochtones de mon grand Québec solitaire ? En tout cas, j'ai terminé la lecture de ce Schefferville sur le bord de.
https://www.ledevoir.com/societe/532887/innus-naskapis-blancs-visiteurs-de-passage-tous-se-rencontrent-au-bla-bla-de-shefferville

26 octobre 2017

Blues Aragon

Octobre 2017.
Retour graduel emmêlé de blues
d'une inoubliable virée en Espagne et en France
Ah! Le bleu du ciel d'Aragon!

Photo J. Desmarais, Parc naturel Sierra de Guara, Vadiello, 5 octobre 2017.

09 septembre 2017

Le Grand Carillonneur, bis


Se cacher. Oublier. Ou prendre le maquis de «sad». Je ne saurais pas remettre en son juste contexte et en ses mots mêmes un tout petit grain de phrase qui m’avait interpellé, prononcé un soir en classe, presque silencieusement, par Michaël La Chance, à savoir que nous avons le don, sans doute inconsciemment, de se ménager du jaillissement pour plus tard. Ce n’est même pas au cas où, par prudence ou avarice sur les jambes, mais d’aventure, l’on se surprendra à retomber avec joie sur le disparu. C’est banal tout cela. Comme le dit Chalendon, ça dépend ce que l’on fait avec. Les amis qui ne s’usent pas, qui sonnent de temps en temps à votre mémoire, jouent à cet égard de beaux petits tours. Par les bons soins de l’indomptable archiviste Jean-Paul Damaggio, je suis heureux ce matin de repasser par le Grand Carillonneur.

18 octobre 2016

Pierre Richard, l'architecte humanitaire, nous a quittés


C'est avec tristesse que nous apprenions ce matin le décès de Pierre Richard survenu à Montréal le 8 octobre 2016. Il était âgé de 62 ans.

Originaire de la région de Québec, Pierre a oeuvré quelques années comme Gestionnaire immobilier au bureau de TPSGC à Montréal. Je l'ai donc un tout petit peu connu à titre de collègue et de « client » interne. Nous avons entre autres travaillé ensemble pour résoudre un contrat épineux concernant des travaux à l'Hôpital des Anciens Combattants de Sainte-Anne-de-Bellevue.

À compter de 2007, Pierre l'architecte s'est lancé corps et âme dans des projets humanitaires sur la scène internationale, pour la Croix-Rouge notamment. Inspiré par une amie britannique, il a eu l'idée, le génie pour dire mieux, de tenir des blogues a chacune de ses étapes afin de communiquer tribulations et aventures lointaines. Ce sont des écrits, des photos magnifiques, beaucoup de visages d’enfants, des suggestions de lecture, de musique locale et de films, des liens internet, un souci d'illustrer les richesses artistiques, des notes géographiques bien entendu, quelques informations politiques, des traces de rencontres au fil des jours, mais aussi des moments fabuleux de vacances en des contrées voisines... C'est plein de toutes ces vies auxquelles on ne songe pas souvent de ce côté-ci.

J'ai eu un réel plaisir à suivre de loin les activités de Pierre au Congo, au Sri Lanka et en Haïti. J'ai découvert un être généreux, sensible, un humaniste cultivé qui n'a pas craint de mettre son talent au service du monde.

Au coeur de nos mémoires désormais, voici les liens des blogues si riches de ce voyageur en-allé :





Mes condoléances à sa famille et à tous ses proches.





29 août 2016

Tranche de vie sur le vif

Je me permets de reprendre ici afin d'en suggérer la lecture le beau texte plein d'humanité d'Annette Merle-Borgniet publié récemment sur son blogue à la suite d'échanges spontanés au cours d'un bref trajet en autobus à Toulon.

Aujourd'hui, dans le bus.

26 août 2016 ligne 15
11 heures, à l’arrêt du bus qui jouxte l’église intégriste de Toulon. Celle d’où sortent, le dimanche des familles nombreuses attendrissantes, shorts longs, jupes plissées, polos clairs et souliers plats. Mais ce n’est pas le sujet.
Montent, dans l’ordre, une fluette septuagénaire, un peu fatiguée, une maghrébine, le foulard sur la tête, qui discutait avec elle sur le banc, une sympathique retraitée bien coiffée, et moi.
Les deux continuent leur conversation : « Partout il y a des dangers, des fous ; moi, je vais quand même à Carrefour, si je dois mourir, Inch Allah «. On a reconnu la musulmane. On va connaître son prénom : Aïcha.
Sa voisine : « Oui, les religions… »
La dame bien coiffée : « A Nice, trente musulmans parmi les victimes »
Aïcha : « Moi, ma religion, elle dit qu’on doit aimer les autres «
La dame bien coiffée : » Les religions, se méfier ; la religion catholique, ça a été aussi la guerre et la violence «
Aïcha se décide : « Moi, dans le bus un homme m’a dit de retourner chez moi. »
Moi : « Madame, vous avez le droit de porter plainte »
Aïcha : « Je ne veux pas d’histoires, et puis le chauffeur l’a fait descendre ».
A ce moment le conducteur se retourne et lui dit : » Il a bien fait ; moi, j’aurais fait pareil. On ne doit pas supporter ça »
La dame bien coiffée : « Nous, en 68, on était pour la liberté de porter ce que l’on voulait, et de se débarrasser des soutifs… »
Elle ajoute : « On était politisé. Maintenant, les jeunes, à commencer par ma fille chérie… »
Aïcha : « Ah, les jeunes, ils ne veulent pas travailler ; mais ils prennent les sous. On devrait les faire travailler pour ce qu’on leur donne. «
Comme quoi, Aïcha est vraiment intégrée.
Commentaire de sa voisine, à la descente du bus : » Je la connais bien, Aïcha, elle travaillait à l’hôpital. Avec elle on ne s’ennuie jamais. »
La dame bien coiffée, s’adressant à moi : « Vraiment, ça fait du bien de parler. Parler, c’est vivre. »
Moi : « Comme dit Claude Halmos »
Elle : « J’aime beaucoup Claude Halmos. Et puis, elle met en garde contre l’enfant-roi. » (Message pour la fille chérie et ses rejetons.)
J’avais bien fait de prendre le bus 15. »

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26 juillet 2016

Historiette d'escargot - Monsieur Picotin et la buveur de bière

Historiette d'escargot. Jeune, à l'époque du CEGEP, à la suite d'un travail d'été, j'ai logé quelques mois dans une chambre et pension de la rue Young à Waterloo, tenue par madame Delorme, une veuve au grand coeur qui n'hésitait pas à vous avancer des sous si vous étiez à court. Quand on est jeune, sur la rue Young en plus, l'on risque toujours d'être à court. Mais tel n'est pas mon propos. Il y avait dans la ville un personnage que je croisais souvent, un homme qui arpentait les rues à longueur de journée; il n'avait rien d'un itinérant; je dirais que c'était plutôt un homme solitaire qui occupait son temps à marcher, à prendre l'air, et tant qu'à faire, il s'était donné comme tâche, hautement utile, mais sans doute dédaignée, sujette à moquerie, de ramasser chemin faisant papiers, débris de plastique, traîneries ici et là, bref tous ces débordements de la communauté, parfois commune et sans tête, gestes après-moi-le-déluge, on s’en tape, qui ne manquent jamais y compris dans une petite localité proprette. Cet homme tranquille, affairé, bénévole d'une grande liberté toujours à l’heure, je le respectais sans trop savoir pourquoi. Je le répète : il n'avait rien d'un survivant à la recherche de bouteilles consignées, rien d'un Pierre dompteur de vers récupérant les papiers chiffonnés dans les poubelles du coeur dans Léolo. Surtout, ce monsieur de petite taille n'était pas la Loulou de Waterloo. Je ne dis pas cela d'un point de vue moral. Seulement pour exclure du portrait tout arrière-goût de mépris. (Loulou? Un autre personnage marquant qui a hanté la rue Principale à Granby, la ville voisine, la Princesse des Cantons-de-l'Est. Une pauvre femme avec de grands yeux de biche au visage blanc lune, mi-cirque, mi-japonais, résolu, qu'on disait putain). Toujours est-il que l'exemple simple de ce ramasseur toutes voiles dehors, de loin en loin, a sans doute contribué à inhiber en moi toute honte de ramasser à mon tour, à bien petite échelle cependant, quand ça adonne (ne suis-je pas vieux à présent et à la retraite?) les cochonneries qui traînent dans la ville. Bref, c'est ainsi que lors de mon humble jogging de ce matin, j'ai récupéré sur le terre-plein du boulevard où j'habite une cannette écrapoutie, une bouteille de coke, un machin pour abouter une clé USB, puis aussi une bouteille de bière vide. Mais ce n’est pas vrai : la bouteille n'était pas vide! À ma grande surprise, alors que j'étais sur le point de ranger les corps morts avec mes propres bouteilles, j'aperçois un petit vertmont d'escargot réfugié dans l'orifice du goulot. En fait, il s'était littéralement englouti, comme fusionné au verre et j'ai eu du mal à le décoincer. Si bien que je le croyais séché là, mort raide. Mais non, heureusement! Je l'ai libéré dans la plate-bande. Et si Michel Garneau me demandait : « C'est t'y vrai c't'affaire là? », je dirais OUI! En Whistiti à part de cela... Tourlou.


Photo Jacques Desmarais.

13 février 2016

Voyage photo chez les Innus

Voyage photo émouvant, au fil du temps, chez les Innus. Tant de courage, de beauté, de moments de vie. L'album si évocateur est publié sur la page FB de Pessamit.

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.353278844842723.1073741833.293529437484331&type=3

08 août 2015

Le Fleuve, lumière et traceur de vies



Monique Durand poursuit dans Le Devoir de ce jour sa série de textes sur les Éclats de lumière en cette année internationale de la lumière. Vraiment magnifique, en mouvement sur le Saint-Laurent des deux côtés de la rive avec une photo prise au Bic, me précise l'ami Réjean Bertrand sur FB.  Ne peux pas m'empêcher de partager! La citation de Louis-Edmond Hamelin, géographe et linguiste, vieux sage que j'admire, donne le ton. Il y a le Fleuve entre majesté et froidure. Il y a les gens.



ÉCLATS DE LUMIÈRE (7)

Fleuve lumineux


Le Devoir, 8 août 2015 | Monique Durand - Collaboratrice | Actualités en société

Nous sommes faits des lumières de ce colosse fluvial aux pieds de vent qui s’en va s’abîmer dans l’Atlantique.
Photo: Monique DurandNous sommes faits des lumières de ce colosse fluvial aux pieds de vent qui s’en va s’abîmer dans l’Atlantique.

La lumière est au coeur de ce qui fait de nous des humains. Elle est un phénomène physique mais aussi une construction culturelle. À l’occasion de cette année 2015, décrétée celle de la lumière par l’ONU, plongez dans une série sur divers états de la lumière. Septième de huit textes.​

Baie de Sept-Îles, 26 juillet. Un énorme cargo rouge et blancs’évanouit dans la brume. On ne discerne plus que la ligne vaporeuse de sa coque s’atténuant sous nos regards. Aucun moutonnement des vagues visible, même s’il vente à écorner les « beus ». Ça y est, la masse de fer et de bois est disparue. Et toute la baie avec elle. Comment écrire sur les lumières du fleuve sinon par petits éclats de fulgurance et fragments de souvenirs ? Les lumières du Saint-Laurent sont aussi multiples et diverses que son long squelette d’eau s’évasant en estuaire, en golfe, puis fonçant tous azimuts vers l’océan, long squelette dont chaque vertèbre est une rivière. Composition géophysique incomparable, d’eau douce dans son amont, d’eau saumâtre en aval de l’île d’Orléans, puis d’eau salée à partir de Tadoussac. Des marées ressenties aussi profondément qu’à Trois-Rivières. D’immenses étendues lacustres qui dilatent son cours : lacs Saint-François, Saint-Louis, Saint-Pierre. Avec des rives dont l’urbanisation décroît au fur et à mesure qu’on va vers l’est. Des climats qui peuvent changer dix fois par jour. Des brouillards, des squalls, des averses de pluie, de neige, de grêle, des coups de vent et des calmes plats.

« Le Saint-Laurent a modélisé la façon dont le territoire québécois a été habité. Encore aujourd’hui, il attire et fixe la population », dit Louis-Edmond Hamelin, géographe québécois de réputation internationale. « C’est un être définitoire, et pas seulement un axe de transport », poursuit-il dans un entretien publié récemment par les Presses de l’Université du Québec. Être définitoire avec des cultures diverses de part et d’autre de ses rives, rive nord, Repentigny, Donnacona, Cap-Tourmente, Baie-Trinité, Rivière-au-Tonnerre, Blanc-Sablon, rive sud, Verchères, Baie-du-Febvre, Saint-Jean-Port-Joli, Grosses-Roches, Mont-Louis, Petit-Cap. Autant d’univers, d’histoires, de phares dans la nuit et de types de luminosité diurne projetés dans les paysages.

Les lumières du fleuve sont indissociables des humains qu’elles enveloppent et qui muent avec elles d’un rythme à un autre, d’une humeur à une autre. Côte sud, côte nord, soleil levant ou soleil couchant, les yeux droit dans l’épée de feu ou dans le décor flambant à contre-jour, nous sommes faits des lumières de ce colosse fluvial aux pieds de vent qui s’en va s’abîmer dans l’Atlantique. Constitutifs d’elles. Lumières tantôt crues, avec des ciels très hauts, tantôt plus diffuses, dans des ciels voilés. Lumières d’hiver, presque aveuglantes, « luminosité extrême », dit Louis-Edmond Hamelin, lumières d’été, douces et claires, de printemps, un peu lactées, tirant sur le pastel, d’automne, mordorées.

Elles nous ont façonnés. Peuple au moral changeant d’un seul coup d’oeil à la fenêtre. Peuple vivant en dents de scie, excessif comme son climat, prompt aux réjouissances et à la dépression, passant de candeur à nostalgie comme le beau temps succède à la pluie et la mer étale aux vagues déchaînées. Lumières folles, avec un goût de liberté. Grisaille, avec un goût de cafard. C’est selon les jours, les saisons et les lieux.

Lundi matin d’octobre, 6 h 30 sur le traversier Camille-Marcoux qui franchit le Saint-Laurent de Matane, en Gaspésie, vers Godbout, sur la Côte-Nord, en un peu plus de deux heures. La boule rouge sort de l’eau, comme d’un tableau japonais. Les hommes dorment, allongés sur les bancs du navire, leurs mains croisées derrière la nuque en guise d’oreiller. Travailleurs qui s’en vont oeuvrer dans les mines, les forêts ou les usines nord-côtières, laissant une partie de leur vie derrière. Ils ont retiré leurs grosses bottes. À côté d’eux, un énorme sac de sport, pas de valises à roulettes ici, et une boîte à lunch. Godbout se rapproche avec ses hallucinants feux d’automne qui se mirent dans l’eau de l’estuaire. La boule rouge est maintenant un énorme paquebot rose dans l’horizon, où passe un goéland. Tout à l’heure, sous le plein soleil, les hommes mettront la clé de contact dans leur camion 4 X 4, ils se salueront gaiement avant de foncer, chacun vers sa destination. Ils ne changeraient pas d’existence, ils aiment cette frisquette lumière qui donne envie de se mettre à l’ouvrage, tout bonnement de vivre.

Rideau de mille petites lumières

Fragments de souvenirs lumineux du Saint-Laurent. C’est Marguerite, à Gaspé, qui ouvre sa cantine à la barre du jour et prépare sa pâte à crêpes. Simon, harnaché dans ses bottes qui lui montent jusqu’à la poitrine, lançant sa mouche au confluent de la Moisie et du golfe, son minuscule appât volant dans la lumière mate. Le vieux Walter, de Rivière-Madeleine, terminant la cuisson lente de sa vie, assis sur ses marches d’escalier, au grand soleil. C’est un long héron bleu dans une flaque du fleuve à Cap-Santé, où se mirent les premiers astres du soir. Un vol d’oies blanches sur Kamouraska, chacune comme une ampoule allumée dans l’azur. Un après-midi d’arc-en-ciel après la tempête, un bout de l’arc sorti du fleuve comme un monstre luminescent. C’est une terrasse au bord de l’eau dans la basse ville de Québec, où le couchant se reflète sur l’écaille des huîtres et les verres de sancerre. C’est un matin de pluie au port de Montréal. On appareille nous aussi avec ce navire battant pavillon grec et s’éloignant lentement. On rêve. De départs et de nouveaux printemps.

Fleuve de lumières, tout spécialement quand on entre dans le miroitement de ses eaux, tempérées à l’ouest, plutôt glaciales à l’est. On y pénètre lentement, le coeur peut nous manquer tellement c’est froid parfois, on esquisse deux ou trois pas sur fond de joncs, de vase, de sable ou de pierres, on recule, puis on revient, on entre enfin dans la joie, « saucé » de pied en cap. Cris de stupeur glacée ou jouissive insinuation dans l’élément tiède, juste rafraîchissant. L’âme étincelante du Saint-Laurent est un rideau de mille petites lumières qui tombe sur nos yeux.

Retour à la baie de Sept-Îles en ce 26 juillet. Des trous de bleu s’élargissent à travers la brume. Les fumées se dissolvent. Le cargo rouge et blanc reparaît soudain. On pense que le soleil ne reviendra plus jamais sur le Saint-Laurent, que c’en est fini de la transparence, que la cécité sera notre lot à jamais. Et chaque fois, comme un petit miracle, on recouvre la vue. Le ciel s’entrouvre. Lumière et fleuve nous sont redonnés.

28 juillet 2015

La rivière du Loup qui mord et Le Monton Noir itou

L'avez-vous déjà vu du coin de l'œil la bouillonnante et mordante rivière du Loup? Sinon, au centre ville rue Lafontaine, près de la librairie J.A. Boucher, il y a une chouette petite terrasse à la boulangerie Au Pain Gamin où l'on peut glaner, le temps d'une pause, quelques titres d'un dossier dans Le Mouton Noir intitulé : Nos régions, notre fierté. On y retrouve, entre autres, la griffe deVictor-Lévy Beaulieu, une rencontre avec Roméo Bouchard autour de la démocratie municipale, des recensions littéraires diverses (Marie-Chantale Gariépy, Gérald Tremblay, Fernand Cousineau, Naomi Klein, le collectif Le Québec à l'heure des choix...), un édito de Marc Simard sur le cynisme électoral... Bref, beaucoup d'air vif!


Photo Jo, Au Pain Gamin, Rivière-du-Loup, 23 juillet 2015

27 juillet 2015

Rareté patrimoniale : la grange à dîme de Sainte-Flavie

La grange à dîme de Sainte-Flavie, cf. Julie Boivin, Estuaire, 2001. http://www.erudit.org/culture/hq1056841/hq1058394/11441ac.pdf

Photo Jacques Desmarais, Sainte-Flavie, 24 juillet 2015

15 juin 2015

Corriger le tableau

De jeunes ados atikamekws de Manawan s'expriment dans un court métrage amateur (Wapikoni, 2012), au-delà des préjugés racistes qui ont la couenne dure.  

Vive Wapikoni qui depuis 10 ans donne la parole et la caméra aux jeunes autochtones qui font le tour des festivals dans le monde entier avec leurs productions!

20 avril 2015

L'Orford


Vue de l'Orford bleu par un tournant près du lac Lovering. Avec à peine un zeste de jeu d'ombre baignant les lieux pour se rappeler à son sommet les sonnets d'un grand fils déchu d'une race surhumaine. 

Photo Jacques Desmarais, vue du mont Orford, lac Lovering, Magog, 19 avril 2015
« Mais les mots indistincts que profère ma voix

Sont encore : un rosier, une source, un branchage,
Un chêne, un rossignol parmi le clair feuillage,
Et comme au temps de mon aïeul, coureur des bois,
Ma joie ou ma douleur chante le paysage. »

- Alfred DesRochers, Je suis un fils déchu,
À l'ombre de l'Orford, Fides, 1948, p.37. 

17 avril 2015

« On n'a pas de printemps à perdre ! » - Armand Vaillancourt

Sur la rivière des Prairies, c'est la fuite pas monotone du tout, mais sans hâte des dernières croustades de l'hiver. Au loin, en aval, les goélands criards se laissent dériver au soleil sur les radeaux de glace alors que près de la rive les bernaches au long cours ont repris la lecture tranquille des lieux. 


Photo Jacques Desmarais, 16 avril 2015.

Photo Jacques Desmarais, 16 avril 2015.

Photo Jacques Desmarais, 16 avril 2015.

Photo Jacques Desmarais, bernaches du Canada, 16 avril 2015.




12 mars 2015

Chroniques costaricaines 3 - apprivoiser la lumière de la mer

Photo Jacques Desmarais. Playa Esterillos Este.
Photo Jacques Desmarais. 





















Au loin de l'œil sur la plage quasi déserte d'Esterillos Este, on ne peut que subtiliser hors texte une phrase de Chalandon dans son Quatrième mur pour tenter d'évoquer, ne fut-ce qu'un peu, la danse aérosol des embruns marins qui seraient comme "la soie des mots". La nuit venue, autre délice impalpable, quasi secret, brasser la mer, produire de petites gyres avec les mains, apercevoir pour vrai des myriades d'étoiles qui errent dans leurs gueules furtives de plancton,
toucher ainsi de l'âme, 
qu'on excuse ma naïveté, 
l'ancêtre de toutes les plantes et de tous les animaux. 

Signes de vie.


Photo Jacques Desmarais


Puis, entre les deux moments, « tire les rideaux » comme aime à le dire l'ami June Atkins


Photo Jacques Desmarais.

Photo Jacques Desmarais


Que l'écriture frétille au saut du jour! 

À plus tard au fil du vent. 

Pura vida, disent ici les habitants!