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20 juin 2017

Petite complainte du marais

Improvisation  avec
Wawa & Goulevent.
Enregistrement, harmonica et photo: JD
Béthanie, 19 juin 2017.

07 mai 2017

Dedans le Sud de la Louisiane


J'ai vu au festival Bobines et Bottines à la Maison de la culture Ahuntsic le très beau film du Français Jean-Pierre Bruneau, Dedans le Sud de la Louisiane, tourné en une semaine en 1972. Cela a fait blues accordéon dans mon âme parce que je séjournerai en Louisiane en ces mêmes années, soit en 1974-75. C'est un document unique qui porte la musique, cadre de près les joueurs. On les voit penser, on sent battre leur coeur. Méconnus à l'époque ailleurs qu'en Louisiane  - certains musiciens n'avaient jamais été filmés auparavant - , ils sont devenus des légendes. Le réalisateur était présent à la séance. En présentant son film à divers endroits dans les pays francophones, il m'a dit qu'il rencontre immanquablement parmi les spectateurs d'anciens French teachers ayant enseigné en Louisiane, et tous répètent, comme moi, que ce fut une expérience marquante.

Note : ma vieillerie d'ordi s'appuyant sur la canne jugée obsolète de mes fureteurs ne me permet pas d'accéder au partage de la version du documentaire qu'on trouve sur Vimeo. L'adresse suivante mène cependant au document.
https://vimeo.com/85036028?ref=fb-share&1

Sur Youtube on trouve l'intro :

31 décembre 2016

Un saut à La Veillée de l'avant-veille

Ce n'était pas planifié pantoute, mais voici qu'en début de soirée hier soir, il s'est adonné que je passe devant le Métropolis. Ni un, ni deux, au lieu d'aller fourvoyer le petit pitou triste en moi, je me suis retrouvé, ravi, ébahi en plein coeur de La Veillée de l'avant-Veille insufflée par Le Vent du Nord pour la 20e année d'affilée. J'ai bien fait en diable. La Bottine souriante grand format était à l'honneur : Manon Massé leur a remis la médaille de l'Assemblée nationale. S'en est suivi un set époustouflant. Après? Après, l'oiseau est sorti de la cage, crochet droit, crochet gauche, voir 1000 personnes tout sourire balancer, danser en même temps de vieilles danses et contredanses anglaises en suivant la syncope savante du câlleur Jean-François Berthiaume, c'est spectaculaire en grand! On ne danse pas assez au Québec alors que c'est la joie de vivre! Bonne Année grand nez!

05 février 2016

La porte d'en arrière


La porte d'en arrière que j'affectionne beaucoup parmi les standards du répertoire cajun.

C'est mené ici par D.L.Ménard avec l'ensemble L'Angelus. Le jeune joueur de violon, Stephen Rees, est un as! Les autres musiciens sont Katie, Paige et Johnny Rees. C'est une fratrie! J'ignore le nom de l'accordéoniste. La vidéo daterait de 2008.





La porte d'en arrière

Moi et la belle on avait été au bal
On a passé dans tous les honky-tonk
On est revenu le lendemain matin
Le jour était après s’casser
J’ai passé dedans la porte d’en arrière

L’après-midi moi j’étais au village
Je m’ai saoulé que j’pouvais pus marcher
Ils m’ont ramené back à la maison
Y’avais la compagnie, c’était du monde étranger
J’ai passé dedans la porte d’en arrière
Solo
Mon vieux père, une fois quand j’arrivé
Il assayait de changer mon idée
J’ai pas écouté, moi j’avais trop la tête dure
Un jour va v’nir mon neg’ tu va ‘voir du r’gret
T’as passé dedans la porte d’en arrière
J’ai eu un tas d’amis quand j’avais d’l’argent
Asteure j’ai pus d’argent, ben y venont pus me voir
J’étais dans l’village et moi j’m’ai mis dans l’tracas
La loi ma ramassé, moi j’sus parti dans la prison
On va passer dedans la porte d’en arrière

02 janvier 2016

Ça danse encore dans ce pays!


L'écrivain Robert Baillie évoquait avec chaleur sur sa page FB du 31 décembre quelques souvenirs du Jour de l'An chez ses grands-parents dans un quartier populaire de Montréal. Ces souvenirs se retrouvent en plus développés dans le récit Chez Albert (L'Hexagone, 1995). 



Question tors-brûle : Comment une famille « compacte » de 75 âmes pouvait-elle se réunir dans un meublé cinq-pièces? Je me pose la même question pour le Jour de l'An chez mes parents en campagne, trois-quatre tablées tricotées serrées? Tante Èva chantait son Curé de Saint-Denis, Réjean déposait son archet pour lancer haut et clair sa Belle rose du printemps; tante Maria fumait la seule et unique cigarette de toute l'année! Parfois, le corn flake était épandu sur le prélart pour danser! (...)


En commentaire sur ma propre page FB, Robert a ajouté quelques mots :  

« Je reviens pour préciser ceci. Afin de faire de la place pour le nombre impressionnant de personnes se retrouvant dans le cinq pièces, on vidait des chambres de leurs meubles qu'on entreposait dans un vaste hangar à l'arrière de la maison. Il n'était pas question de dresser une table, la formule buffet était incontournable. Autre problème difficile à résoudre, notre famille n'était pas la seule de la rue Bordeaux à fêter le jour de l'An au midi. On imagine un peu l'embouteillage des véhicules dans cette rue avec les bancs de neige de l'époque. Blocage continental. En fait, j'en dis davantage dans mon chapitre, mais j'ai coupé pour cette publication fb. N'oublions pas que les familles de ces quartiers populaires étaient habituées à la promiscuité. Mes grands-parents Huard ont élevé leurs dix enfants dans ce même appartement. C'était avant la Révolution Tranquille.»

Au demeurant, ça danse encore dans ce pays « beau et grand à se perdre ». 

Heureuse Année d'amour à tout le monde!


28 mai 2015

La chasse-balcon à Montréal

La chasse-balcon qui retentit en divers quartiers de Montréal ce printemps, c'est une joyeuse expérience de musique traditionnelle initiée par la pétillante Catherine Planet (Rose Vagabond) et sa bande de gentils complices qui, selon les adons, peuvent comprendre Marc Maziade (Maz), Pierre-Olivier Dufresne (Gadji-Gadjo), Louis-Vincent Gagnon (Belzébuth), Marie-Pierre Lecault(Zogma), Olivier Demers, David Boulanger (La Bottine Souriante), Yann Falquet (Genticorum), Véronique Plasse (Barbo), Bernadette Fortin(Grouyan Gumbo), Jean Desrochers (Barbo), et Marie-Pierre Daigle. 

Émilie Dubreuil pour Radio-Canada en a fait un beau petit reportage le 21 mai dernier.





Après Hochelaga, le Plateau Mont-Royal, Verdun et St-Léonard, la prochaine fête aura lieu dans Rosemont-La Petite-Patrie, au coin de la 1re Avenue et Beaubien,  vendredi 29 mai à 17 h 30. 


25 juin 2014

Saskatoon Coeurs battant!

Saisissant! Sang rouge. Jam père et fiston.

25 janvier 2014

Dans le temps comme dans le temps


Dans le temps, jadis, était-ce le bon vieux temps? Question torbrûle! 

Vers l'âge de cinq ou six ans, j'ai demandé à mon père : « Popa, c'était quand le bon vieux temps? ». Doloré, mon père, a répondu : « Le bon vieux temps, ça va être quand tu vas être plus vieux et que tu vas repenser à ta jeunesse. » Bien, c'était une réponse sage et généreuse, je crois, parce que l'accent n'était pas mis sur le passé, l'expérience, les bons coups ou l'imaginaire de mon père, ou bien sur quelque ambiance générale et idéalisée, mais plutôt sur mon avenir et sur le regard qui serait mien.

Ne pas glorifier le passé comme semble le faire d'entrée de jeu le bon vieux Paul Boutet, décédé sauf erreur en 1987 dans son jardin en transplantant des fleurs, rural jusqu'au trognon et qui fut longtemps journaliste et chroniqueur tonitruant en horticulture à la radio de Radio-Canada. C'est lui qui narre le récit dans la vidéo qui suit.

Glorifier?  Cela est si chargé de parades militaires et de Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, ou bien, plus simplement, c'est porté à la boutonnière du grand âge monté en graines qui gagne en maturité et en profondeur, mais perd le touffu et la spontanéité, l'énergie, le plaisir de mordre dans le vif des nouveautés, si bien qu'on a alors peut-être tendance à enjoliver les souvenirs heureux. 

Dans ce temps-là, raconte M. Boutet un brin foncé moraliste, les bonnes gens « n'avaient pas encore perdu le goût de vivre! » Ah! Bon! 

Ceci étant dit, j'ai été étonné et ravi de retrouver dans les images rapaillées mille et un détails un peu beaucoup oubliés, pourtant si caractéristiques de la vie rurale mur à mur au Québec jusqu'à la Révolution tranquille (vers 1965). C'est comme une autre vie,  quasi un artéfact ethnologique. Des petits détails de rien qui me sautent aux yeux : le chanteur qui roule sa cigarette en chantant comme ma mère le faisait, les grandes tablées, la tempérance côté alcool, la boucle que porte le petit garçon se faisant bénir par son grand-père, l'enfant qui dort dans une couchette en métal, la danse du set carré, la candeur et la gaminerie des hommes qui chantent et qui dansent, le Réveillon de Noël plutôt succinct, mais la totale au Jour de l'An...  

Sauf les carrioles et les team de ch'vaux pour aller à messe, remplacés début 1950 par les chars, comme on dit ici et en Louisiane pour automobile, puis un répertoire de chansons quelque peu différent dans ma région des Cantons de l'Est, c'était pas mal l'esprit des Fêtes du temps de ma prime jeunesse. Ce qui me fait dire que ma jeunesse viendra plus tard en plein bouleversement social. Et donc, je n'en suis pas encore à tirer la ligne du « bon vieux temps ». Mais c'est la mémoire qu'il faut faire vibrer dans l'aujourd'hui...

 La vidéo commence par un air d'accordéon, par le Reel du cultivateur, me semble, un des rares que je sais jouer.

03 décembre 2013

Le son des Français d'Amérique...

Derrière tout ce beau tapage magnifique dans le sens de la liberté, l'inestimable André Gladu.  

Documentaire Le reel du pendu (1972).

 

15 août 2013

Hôtel Windsor, Granby, 1973



Nous revenons tout juste d'un sérieux joyeux trip en Gaspésie chez mes amis Atkins où se trouvait aussi une bonne talle de jeunes philosophes-enseignants.  

Le nom d'un ancien camarade est venu sur le tapis, soit celui de Johnny Beauregard qui vivrait maintenant à Toronto et que je n'ai pas revu depuis plus de 30 ans. Ce gars-là, jeune, avait un cerveau de bouilloire de cabane à sucre toujours en ébullition. C'est comme cela qu'un jour il nous entraîna à investir littéralement l'aile abandonnée du vieil Hôtel Windsor sur la rue Principale à Granby. Dans ses belles années, cet hôtel construit en 1862 était un établissement bien swell pour les grandes réceptions.  Dans les années 50 ou 60, il fut administré par M. Loiselle (le père de feu Dominic). Mais disons-le sans ambages, lorsque nous y mettons les pieds au temps fou de notre CÉGEP, parmi les trois ou quatre hôtels (le Granby, le Shefford...) encore actifs dans la Princesse des Cantons-de-l'Est, le Windsor était devenu pas loin d'un trou. Il sera démoli quelques années plus tard en 1978.

Collection Lamiechat


Le côté encore grouillant du club était topless au boutt dansant sur des tounes de juke-box, travestis et rockers, avec parfois des shows surprenants comme celui très blues et funk de Melody Stuart. Toute la bande était tombée en amour avec la jolie blonde à la voix qui inclinait du côté de Janis. Sa mère, hihihi, la chaperonnait. (Dans lequel de ses livres, dont, en exergue, Réjean Ducharme évoque-t-il, amoureux, la présence de Melody Stuart avec ses grands cheveux aux épaules?) 

J'ai habité un moment juste en face du Windsor, en haut du restaurant Da Francisco, avec Michèle Poisson et Serge St-Onge. Nous, les étudiants fêtards, allions danser presque tous les soirs au Pub qui s'appelait en fait Le Sanctuaire, mais personne ne connaissait l'endroit sous ce nom. Trou ou pas, c'était notre place qu'on avait repeinte, décorée. Le Pub devint très populaire chez les jeunes de Granby et des alentours. Je ne me souviens pas que nous ayons eu du trouble avec les gars de bicycle, ni avec les dealers. Johnny le frisé administrait le tout rondement et proprement. Nous y tenions nos réunions syndicales. Ça bardait en 1973 au temps du Front commun! Côté spectacle, nous avons entre autres produit le groupe Caramel mou qui faisait alors un tabac dans le Vieux-Montréal au Neilson ou à l'hôtel Iroquois.

J'aimais monter sur scène pour faire mes poèmes (sans aucun trac alors, comment ça se fait ça?) et j'adorais avoir mon tour comme DJ. Sinon, je dansais comme un Rouge. Un de mes 33 tours fétiches que j'ai fait tourner cent fois et qui avait du succès sur le plancher de danse était Ça roule en stainless steel  (Polydor, 1971) de Philippe Gagnon et Dominique Tremblay. « Pensez-vous sur les planètes qu'on va rouler un jour? », disait a cappella au tournant de la nuit dans un accent ombragé de creux de labour Le p'tit bonhomme gris.

Vous en souvient-il mes amis que j'ai de si près tenus?



11 avril 2013

Le Reel du Moulin rouge

Le Reel du Moulin rouge (Apex, 1952) enregistré par l'orchestre en grande partie familial de mon oncle Adrien Beauregard (Granby).  Parmi les photos de la vidéo produite et mise en ligne par mon cousin Claude Beauregard (le beau jeune homme au piano), on notera la présence du grand Oscar Thifault (Warwick). L'auteur du Rapide blanc (awigna han) débuta en effet avec mon oncle qui l'encouragea à faire carrière. Ce fait biographique est intéressant et semble peu connu.  Je n'ai pas vu le document de l'ONF consacré à Thiffault,  Ah! Ouigne in in in! réalisé en 1988 par Serge Giguère. Selon Claude, on n'en fait pas mention. 

10 avril 2013

Le diable à sa patte

Sur le vif. En face de chez moi, il y a une garderie. Pis là, en ce moment même, il y a une fête à l'extérieur, des enfants, des poussettes, des parents, il y a un jeune violonneux qui aimante le tout, ça grouille, y lâche pas; bon en s'il vous plaît! Vient de jouer le reel des sucres!


Photos Jacques Desmarais.

Pour se mettre dans l'ambiance du temps des sucres, j'ai cherché un extrait du Reel des sucres (d'origine américaine, je crois), mais aucun ne m'a satisfait. Alors, pour compenser, un petit tour à la cabane à sucre de M. Pierre Dépôt au lac Boker dans les Cantons-de-l'Est, juste un tantinet didactique.


25 juin 2011

Allez hop! Quelque chose comme un grand peuple!



IL ÉTAIT UNE FOIS…

Il était une fois…
Puis c'était toujours des géantes,
Puis c'était toujours des géants,
Puis ça se passait toujours
Dans un pays lointain...

Ils disaient : Il était une fois…
Ça chauffait les maisons,
Ça tenait en haleine
Les enfants puis les soirs longs.

C'était des dires,
C’était des contes,
C’était des histoires à rester debout.

Parce que le chez-nous
Il se tenait le dos drette.
Le chez-nous,
Il se tenait au bout du mât.
C’était comme un bout de voile
Taillé d’avance
Pour un bateau qui était pas là,
Mais voguait dans les espérances.

Les usages puis les jours
Côtoyaient les légendes.
Il mouillait des hommes forts,
Des Alexis grands coureurs,
Puis les jupons de la Rose
Qui faisaient danser les diables,
Les canots qui déchiraient
Les dentelles boréales.

Il était une fois…
C’était un temps de mythes.
Les chemins étaient pas longs,
Mais ça s’ouvrait sur du vaste.
Y avait des poètes au pouvoir,
Y avait des possibles à pleines clôtures.

Il était une fois…
C’était pas de la nostalgie,
C’était juste un entrebâillage
Sur des demains qui se pouvaient encore…



Il était une fois…
Il était une fois jusqu'à hier...
Il était une fois jusqu’à maintenant…
Le grand maintenant
Qui sonne à la porte du siècle fou.
Le grand maintenant qui insiste,
Les doigts plantés dans le seuil
D’une immense maison
Sans pays.

On se vote comme on se vend.
Puis les partis oublient de nous faire un tout.
L’histoire s’écrit à l’encre débile.
Advienne qui pourrira.

Jusqu’à se dire que peut-être…
Chacun de notre bord…
Peut-être que l’histoire nous a joué un tour,
Peut-être qu’il n’est plus une fois,
Peut-être qu’il n’est plus aucune fois.

Ils sont où nos hommes forts,
Les géantes, les coureurs,
Les diables, les belles danseuses?
Quand on cogne sur la bulle
L’impression que ça sonne creux
Comme une grande légende vide.

Il était une fois…
Est-ce qu’il est déjà une fin?



Il était une fois,
Il n’est plus une fois.
Pourtant, les demain continuent
De cogner à la porte.

Les demains.
Il sera une fois…
Ça se conjugue bien.

Il sera une fois,
Dans des horizons doux,
Un monde où l’amour
A pas trouvé sa putain,

Un monde où les cœurs se retroussent,
Haut et fort,
À se construire du grand et du solide,
À pleine face dans l’histoire,
À pleines gorgées d’appartenance,
À tirer dans les mémoires,
Là où la devise se souvient,
Pour se faire des lignes d’avenir,
Puis se donner la survivance.

On ira réveiller le vent,
Celui qui tient l'espoir et le cap.
Sur les mots puis dans les airs,
Dans le grand manche branlant
Avec quatre siècles d’erre d’aller…
Dites-moi qu’on fonce.
À la limite, s’il faut tomber,
On aura l’élégance de tomber ensemble.

Est-ce qu’il sera une fois?
Il sera des millions de fois.
Il sera sept millions de fois.
Puis l’histoire va reprendre de son aile
Puis son coin de ciel.

Il sera une fois…
Dans un pays lointain…
Juste de le dire
Déjà il est moins loin.

Il sera une fois
Puis on sera tous des géantes, des géants!

- Fred Pellerin

27 novembre 2008

Senza ou karimba pour Nina, ah!





















À mes heures très seules, il m'arrive de me transformer en criquet pour faire du pouce sur les routes sonores des griots.

Voici que cela intrique une jolie demoiselle...

Réponse : cet instrument qui se joue avec les deux pouces s'appelle la sanza ou la karimba ou encore « piano à pouce ». C'est un instrument typiquement africain. « Elle est constituée d'une sorte de clavier en métal (rayon de vélo) ou en bois, bambou accordé et une caisse de résonance en calebasse, carapace de tortue, noix de coco (c'est mon cas), boîte de conserve.... On joue sur les lames avec les deux pouces. C'est un instrument typique des griots et des conteurs africains. »
Source : Creafrica instruments

Photo : jd.

18 août 2008

L'après slam-cadeaux, scène de rue...

En tout cas, c'est passant et c'est mon sentiment de penser qu'à l'angle des rues St-Denis et Mont-Royal, on se trouve au cœur du cœur le plus palpitant de la ville dans son expression française.

Je me trouvais donc après le slam chez Azir avec les belles d'Oka.

jd et Mély à l'angle... Photo : Nina Louve

Après, on a devisé sur le trottoir alors que les échos d'un groupe de la Louisiane nous parvenaient de la porte voisine du Quai des Brumes.

Je leur racontais mes espoirs. Puis, comme je le disais déjà, voilà que ça cogne dans mon dos. Je me vire de bord. C'est Carmen Guérard qui apparaît! Je ne l'avais pas revue depuis sans doute une Grande Rencontre de jadis.

jd et Carmen. Photo : Nina Louve.

Carmen est mon ancienne prof d'accordéon diatonique, «à pitons». C'est Danièle Martineau qui nous avait présentés. Élève de Philippe Bruneau et de Jean-Claude Bélanger, Carmen a maintes fois représenté le Québec à l'étranger. Ses doigts de fée brodent des airs de feu selon une vitesse d'exécution que je suis bien incapable de saisir.

Un jour, j'ai vu un accordéoniste hollandais en show à Montréal. Un as accompagné d'un ange au violoncelle. Son nom m'échappe. Il intégrait à son jeu quelques pièces du répertoire québécois en remerciant haut et fort Carmen Guérard de les lui avoir enseignées.

Pour ma part, j'ai été un piètre élève et n'ai jamais dépassé plus de cinq pièces, dont le reel du cultivateur. Mais j'ai aussi appris et retenu de Carmen le pas de base du tapage de pied. Des fois, quand je suis énervé au bureau, pour passer l'énergie ailleurs, je me fais une séance de 1-2 /1 (pied droit 1=pointe, 2=talon /1 (pied gauche à plat) = ta-ta Ta ta-ta Ta.................................

Un samedi matin alors que j'étais chez Carmen, le téléphone interrompit la leçon. C'était son amoureux de France qui lui annonçait que tout était réglo et qu'il pouvait enfin venir s'établir au Québec. Je vis monter sur son visage une telle luminosité, un vrai moment de grâce. Reprendre l'accordéon était gênant. À l'automne, il y eut des noces quelque peu bretonnes dans un appartement de l'Ouest avec des membres de Ad vieille que pourra...

Depuis toutes ces années, Carmen poursuit son engagement profond pour la promotion de la danse populaire au sein de la SPDTQ, accompagne les danseurs aux Veillées du Plateau (cf. interview de Carmen à CIBL, oct. 2006) et, suite à un séjour en France, elle me mentionne avoir ces derniers temps beaucoup travaillé la flûte à bec.

Carmen sur CD, dans le catalogue de Trente sous zéro : TB-206-CD, La gigue du Plateau
(La gique du Plateau Mont-Royal à Carmen Guérard).

Pour aller aux sources de la musique québécoise, fortement enrubannée d'Irlande, mais rebrassée vive par le swing québécois plus jazzé - présent chez la famille Soucy jusqu'à la Bottine -, on aimera entendre Jean-Claude Bélanger dans le bref interview qu'on trouve à la Phonothèque du son : Avènement de la spécificité de la musique traditionnelle québécoise avec la famille Soucy.

01 juillet 2008

Promenade, petit marais et bois pourri

La marche fut écourtichée; les pacages sont détrempés et boueux, par endroits traîtres; les fossés de prairie débordent. Trop paresseux pour revenir enfiler des bottes à vaches. J'ai longé les murs de pierres tel un pèlerin pénétré de soleil.

Jusqu'à quel âge peut-on sautiller sur la crête des roches sans se casser les écailles de l'orgueil?

Les engoulevents très nombreux dans mes parages et que j'imagine au-dessus de ma tête - je ne les aperçois que furtivement - sont de fameux cyclistes qui cascadent dans le ciel, coup de barre à gauche, zig zag à droite, avec un cri de poignard dans les bancs de maringouins sanguinolents. Cela, on ne peut pas le manquer. Un cri d'engoulevent, c'est théâtral.

Ils ont le don de ravigoter le cerveau, donnent des petits coups de fouet : «Ne pleurez pas, monsieur! Monsieur! Ça n'en vaut pas la peine. Ouîp-pour-ouîl ! Ouîp-pour-ouîl!»



***

En ce 1er juillet, au petit-déjeuner, entendu à la radio en interview à la station NPR-Vermont deux membres du groupe Le Vent du Nord, dont Olivier Demers, le violonneux. Drôle de se faire conter des bouts de tradition en anglais. C'était émouvant, pourtant si simple et surtout très chaleureux. Je l'ai souvent remarqué : la personnalité québécoise est spontanément accueillie telle quelle par nos proches voisins américains. Mon Dieu, être soi-même, à l'aise en visite, en bras de chemise, un premier juillet!


***

J'ai été vérifier si ma talle de guédelles, sous l'ancien gros érable, était toujours au-rendez-vous. Que oui. Les grappettes sont vertes, bien fournies. L'été est pris.

***


De la laitue en feuilles de chênes et des radis du jardin, fricassée aux légumes, fleurs de pomme de terre à vue, odeur de fraises... De l'air sous le soleil de midi. À l'ombre de ce que je crois être un hêtre au coude-à-coude avec la rangée d'érables. Un café. Un gâteau au caramel. Je suis dans Un beau ténébreux. Les mots de Gracq me font flipper. Je sais qu'il y en a qui trouve ça plate. Mais moi j'aime tellement la campagne et une certaine rudesse qui va avec, le suspens du mouvement, les cris, les couleurs, l'entrecroisement de la survie géante et surtout invisible, sans merci, à toutes les heures du jour... Les nuits piquetées d'étoiles. La grâce de vivre et de mourir. Ma bouche cousue de mots n'est pas assez grande pour traduire le passage solennel du monde sous mes yeux. Mes grands troupeaux de silence bleu se désaltèrent en ces pages : « Oui...tout cela... À quoi bon faire des phrases?»

L'écrivain Gracq trace les siennes avec une plume brigande; il nous restitue de la hauteur, une paire d'épaules, tout ce qu'il faut pour escalader en dedans. Fenêtre au vent de la nuit...



Photos : jd