26 septembre 2021

Papillon de nuit

 Papillon de nuit

Belle fin d’anniversaire John 

Coltrane

Un mot 

En ce temps-là j’aimais depuis toujours 

Le jazz, mais j’connaissais pas grand chose.

La rencontre de Sylvain Legault 

musicien, photographe, devenu camarade radio

à la faveur d’une grève majeure des fonctionnaires fédéraux,

ce que nous étions, Sylvain et moi,

Train de nuit fut mis en ondes à Radio Centre-ville

sous l’impulsion d’Hélène Mathieu…, 

(que nous avions rencontrée à la radio, en entrevue

sur l’heure du midi, pour parler de nos revendications de grévistes).


Dans la semaine qui s’ensuivit, 

appel gd’Hélène…

« Trouvez-vous un thème… »

- …le Night Train d’Oscar Peterson

avec son narquois silence au piano…

Fou comme un ballet

Train de nuit nous était confié 

roulant

jazz & poésie 

les dimanches, 

de 23h30 à 2h du - matin.


La veille de la toute première émission

le 29 septembre 1991,

Miles Davis, comme un frère 

papillon,

mourait.


En cette période d’apprentissage de haut vol,

Sylvain m’a, entre autres, initié à Mr Train John Coltrane,

Ç’a changé ma vie.

12 avril 2021

De nos mains à venir

 De nos mains à venir

Le printemps pour se ressaisir

boucane ses dedans de bourgeons,

l’âme même d’une maman Sioui

rôde et fleure de mémoire 

les remèdes des anges

entre le sol et les branches

fomentées de brises d’air

depuis des siècles, le pollen,

petit craquement d’allumette,

bal si bref aux alentours 

entre l’ail des bois 

et les crosses de violon,

ce rené des forêts tisons

avec tous ses intermèdes

avec ses drames 

de coupes à blanc

Il y a longtemps qu’on fait de la politique,

chantent les belles McGarrigle

Mais quel est le sens de la chanson?

Après la résurrection éjaculante

de la sève sucrée dans les érables,

reviendront les feuilles bises

(mortes naguère,

le passé en avril 

a beaucoup d’avenir...)

Quel est donc le sens du présent en fusion

dans ses échauffourées qui rabougrissent?

Rappelle-toi les vagues 

des belles marguerites sauvages 

avec ses chansons de lièvres 

qui s’échappent 

au soleil de la poésie furtive

Rappelle-toi donc l’instinct!

Rappelle-toi le cœur 

des pommiers en feu 

au 31 

du mois de mai.


« Ça signifie 

L’heure est venue

Si t’as compris »

- Félix, Le tour de l’île.


« Danse tant que tu peux danser

Danse autour de la terre... »

- Moustaki, La carte du tendre.


09 octobre 2020

Des excuses systémiques

 



Des excuses systémiques Ha!


J’ai beaucoup de souvenirs de la Crise d’octobre 70 qui fut déterminante pour la génération qui est la mienne, je pense tout au moins à ma tribu de laquelle plusieurs de ses sorciers sont toujours là, amis de feu, chacun un cadeau précieux de la vie, tribu forgée au fil des études secondaires et qui entrera au Cégep de plain-pieds en 1971. Avec les filles!


Le coup, l’effet d’octobre? C’est pour ainsi dire dans l’après-coup que ça se passe, caractérisé par un bouillonnement de tous les diables, aurait pu dire notre professeur José A. Prades, au cœur le plus tendre de notre jeunesse en ma tribu fougueuse. En effet, les jeunots cégépiens verront arriver en classe pour le cours d’introduction à la sociologie M. Prades, docteur en sociologie, spécialiste de Max Weber et d’Émile Durkheim (cf. http://www.religiologiques.uqam.ca/no9/prade.pdf ) avec sous le bras la revue Socialisme québécois, coiffée du titre « Québec 70 la réaction tranquille », nos 21-22, avril 1971.  À propos, avec le recul il est fascinant de lire la reconstruction de ce courant de la gauche québécoise, sévèrement critiquée Ici dans cet article de Globe qu’on trouve via Érudit : Angelot, M. & Gagné Tremblay, T., (2011). De Socialisme 64 à Socialisme québécois ou l’invention du marxisme au Québec. Globe, 14 (1), 139-157. https://www.erudit.org/fr/revues/globe/2011-v14-n1-globe1819725/1005990ar.pdf



Ce cours nous transforma pour la vie. Mais pour l’heure, je suis jusqu’en 1973 un jeune militant du PQ émergeant d’alors (fondé en 1968; les nouvelles parleront demain du PQ actuel, marginalisé, et de son nouveau chef). Je participe à deux congrès nationaux à titre de délégué élu de la circonscription de Shefford, aujourd’hui Granby et une partie, dont ma cambrousse, de l’actuel comté de Johnson.


De cette ancienne vie de garçon, j’en viens aux EXCUSES :je trouve dans mes archives une copie d’une « Résolution spéciale »  du Conseil Exécutif du PQ soumise lors du troisième congrès national du parti en février 1971 (qui avait brassé pas mal avec, entre autres, l’élection de Pierre Bourgault à l’Exécutif, précédé d’un discours célèbre qui exaspéra René Lévesque - https://youtu.be/JF4vUJ1sB-w). Le texte exige du gouvernement québécois que soient indemnisées « les victimes innocentes des arrestations et perquisitions abusives... ». En ses Attendu, le préambule très précis souligne avec force  les entorses aux droits fondamentaux, la répression politique des forces progressistes au Québec par les gouvernements Trudeau-Bourassa, l’utilisation du pouvoir judiciaire à des fins partisanes. 



L’après octobre 70 déboule. Nous lirons les manifestes publiés coup sur coup par les grandes centrales syndicales : L’État rouage de notre exploitation (FTQ, https://m-editeur.info/letat-rouage-de-notre-exploitation/ ), Ne comptons que sur nos propres moyens (CSN, http://classiques.uqac.ca/contemporains/gill_louis/Ne_comptons_que_sur_nos_propres_moyens/ne_comptons.html), L’école au service de la classe dirigeante de la CEQ. (https://www.ababord.org/Trois-manifestes-syndicaux-CSN-FTQ ). Le prof de philo Laurent Valiquette nous fait lire le Manifeste du Parti communiste et des articles du Club de Rome.  Émile Roberge, prof. et écrivain, présente dans son cours de poésie le film sur la Nuit de la poésie au Gesù en 70 (https://www.onf.ca/film/nuit_de_la_poesie_27_mars_1970/ ). Madeleine Monette, qui deviendra romancière et poète, nous introduit à De Saussure, nous fait lire La reproduction de Bourdieu (http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-La_Reproduction-1952-1-1-0-1.html), Langage et société d’Henri Lefebvre. Paul-André Fortier qui abandonnera l’enseignement pour devenir danseur étoile, monte des spectacles avec les étudiants dans son cours de théâtre. Nous sommes dans un petit campus de 400 étudiants! Tellement chanceux d’avoir eu ces professeurs!  


Au printemps 1973 éclatera la grève du front commun intersyndical, l’emprisonnement des Chefs syndicaux, le goût de tomber en amour et de sacrer son camp.



Entre temps, je suis de près le Procès des Cinq, je lis Point de mire dirigé par Bourgault, et religieusement Québec-Presse les dimanches; j’assiste à Sherbrooke au spectacle bénéfice pour les prisonniers politiques de Poèmes et Chants de la Résistance; je découvre avidement Pierre Vadeboncoeur : j’avale en une nuit son Indépendance(s). J’ajoute enfin cette autre lecture importante qui donna sens au Québec meurtri de ma jeunesse : La vigile du Québec de Fernand Dumont. https://www.erudit.org/fr/revues/rs/1972-v13-n1-rs1530/055564ar.pdf




03 octobre 2020

Plumes salmigondis

 Plumes ✒️













                                                                                                                                                         

Il y a Plume de vautour fauve sur la corniche,  
à la suite du rabot de mon père,

du cœur rouillé d’une roue dentée d’un rouage rescapé 

et à ses côtés, vers Latraverse, un gentil petit gnome suédois s’est endormi...

C’est une jeune enfant d’amis espagnols à Abiego 

qui me l’a donnée en cadeau, 

alors que je quittais le bel Aragon des oliviers, 

des moutons, des immenses soues à cochons,

un pouce et demi en bas de la Catalogne;

c’était à l’automne chaud du référendum 

sur l’indépendance en octobre  2017. 

Il y a beaucoup de vautours là-bas.

Ils sont protégés. Ils sont absolument nécessaires en montagne. 

Dans cette monarchie espagnole, la démocratie de la matraque fait dur.

http://www.pourdespyreneesvivantes.fr/_medias/files/20091228-141256-4123.pdf.


À tout Seigneur... Il y a Plume Latraverse portraituré ici dans l’écuelle 

d’un artiste dont je ne me souviens malheureusement plus du nom,

cela m’attriste; j’aime cette humble reproduction aux couleurs automnales, 

avec du bleu perçant de jet qui colore les yeux du modèle 

et comme un pic de guitare, 

un rock’n roll peut-être,

qui sort en boucane triangulaire de la bouche 

du chansonnier, poète, excellent guitariste,

l’auteur du Grand Flanc Mou lui-même,

sur une carte achetée il y a une trentaine d’années 

à l’ancienne gare de..., c’est bête, je cherche le nom,

dans les Laurentides, près du Lac Saguay,

près du Grand Six Pieds...

(Voilà, j’ai repéré : il s’agit de la gare de Nominingue

https://quoifaireenfamille.com/quoi-faire/centre-dexposition-et-hameau-de-la-gare-de-nominingue/

où j’avais jasé avec un proche 

du mythique violoniste 

Dominique Tremblay (1943-2015).

Lui et Philippe Gagnon, son complice violoneux,

ont électrisé la jeunesse dansante de ma tribu, 

précisément en 1972-1973,

sur le plancher d’une aile désaffectée 

de l’hôtel Windsor, à Granby, défuntisé depuis

et c’est fini les topless, les magiciens, les travestis,

Melody Stewart

J’ai vu plus tard à Sherbrooke La Scouine, une production 

des Grands Ballets canadiens, sur une musique de Tremblay.

J’étais en béquille sur le high! Durant l’intermission, j’ai eu l’audace d’aller en coulisse. Moments exceptionnels! Madame Ludmila Chiriaeff (1924-1996) s’adressa à moi me demandant si j’étais un danseur blessé? Quelle chance, quel bonheur d’avoir vu en personne cette admirable artiste. À présent, j’en serais incapable, question de « vigueur de la vieillesse », mais surtout et plus sérieusement, un besoin apaisé des élans pour dépasser ses limites. 

http://bibliodanse.ca/i-Record.htm?idlist=0&record=10134877124929520599


Plumes métaphores aussi hélas de ma vieille Datura maigrichonne 

qui a perdu presque toutes ses feuilles cet automne. 

Du jamais vu. 

J’en ai mal aux dents.

Choc du dehors vers le dedans? 

Chauve juste avant l’éclatement,

le surprenant, le magnifique éclat

de ses trompettes blanches de la mort

qui embaument l’appartement d’un nectar suave, 

un poison nacré qui s’accroît,

vraiment trompettes 

les fleurs en forme de cornet

qui éclosent 

habituellement en octobre.

C’est une fête alors!

C’est triste Venise.


Ce soir, un rire me parvient de la ruelle en terre battue

de la Grande-Allée et du boulevard Saint-Laurent

et en simultané, ça grouille, ça mijote, 

ça riopelle, ça fricasse au loin

dans le ciel montréalais 


 Une ambulance hurle soudain sur Henri-Bourassa...


Dans le ciel montréalais,

les oies au sang sensible ont tranché,

elles répercutent le signal!

« Opération Migration en cours ».

La fraîche s’en vient!

Code de couleur oracle :

c’est la survie des Plumes.

Et celle du Monde. 

Et des Peuples.

Quels qu’ils soient.


J’ai sorti mon foulard bleu marin 

avec des cercles concentriques blancs, bleus, etc.,

que m’a donné Françoys avec un y

à la veille de ma retraite des Chaos publics.


Il y a la plume pouding internationale 

des bonnes gens dits de plume (vieilli)


Mesdames, Messieurs,

la plume de la voix libre au P.E.N.

https://penquebec.org/


C’est léger une plume, mais ça peut boxer dans l’arène!

C’est gréé pour « disposer sa mâture de plumitif

d’une certaine façon ». Ça va loin. 

Ça signale le jaillissant, pour le dire comme Pascal Quignard.

Ça vous forme des décrocheurs d’étoiles 

pour le dire comme Michel Garneau.


Qu’est-ce donc qu’une vraie plume?

Phanère corné épidermique (Larousse)

Qu’est-ce  qu’un phanère?

Poils, ongles, griffes, sabots, écailles (Wikipédia)

Les plumes qui recouvrent le tégument des oiseaux

sont des écailles de reptiles modifiées.


Plumes

Écrire, chanter, crier,

ça n’a jamais eu de fin

jusqu’à la main tenant.


Plume Latraverse :

« J’ai besoin de mon instinct pour faire face au destin

J’ai besoin de mon voisin j’ai besoin qu’on m’aime ben »

- Le rock’n roll du grand flanc mou.

29 septembre 2020

À la demande généreuse

 Une mémoire d’éléphant rôde en cambrousse et donne envie d’y voir! 

 Flous pastels d’ambroisie en carquois d’automne.

C’est quand même le hasard en quelque part

d’avoir eu à passer par là depuis toujours.


Photo JD, Béthanie, 28 septembre 2020.


27 juin 2020

Les œillets de poètes

Si je fais l’œil parmi les œillets de poètes, 
je me dis, c’est le party en titi et je m’en réjouis 
car iIs tiennent bon au jardin de travers
malgré le sauna des derniers jours,
en comparaison des passages si brefs cette année, 
à ce qu’il me semble, 
des pissenlits, lilas, iris, lupins, pivoines, 
épervières... revus par intervalles successifs 
Ça ne tient pas l’affiche longtemps !
Peut-être parce que mes séjours sont plus rapprochés
et que je suis gourmand?
Anyway,
aux trèfles blancs, silènes et marguerites,
ils passeront aussi 
les Magnifiques 
survenants printaniers, mouilleurs de voyelles, 
Dianthus barbatus,
alias Œillets barbus,
en fleurs depuis le 11 juin,
instaurant leur joyeuse petite jungle animée
avec en prime une jardinière en jaune
qui fait salut de la main 
et vous signale 
avec son cerceau d’or
le couloir secret. 


Jardin cambrousse natale, Béthanie, 24 juin 2020.

13 avril 2020

Faire ses Pâques

« Tel l’oiseau dans son nid, toute la vie se réfugie dans l’œil […] »,
écrit Edmond Jabès dans Le Soupçon Le Désert.

Il arriva qu’Émile Roberge, poète nonagénaire de Granby,
fraternise dans les années soixante-dix avec Miron 
toute une nuit durant à l’ancien Belval, rue Principale, 
où mon père nous emmenait prendre une liqueur 
lorsqu’il venait régler ses affaires de cultivateur 
à la coopérative agricole; 
restaurant populaire de Clovis Belval, 
le père de Wézo d’Offenbach,
avec banquettes, bar au centre, jolie salle à dîner, 
ouvert 24 heures.  Cela me fut de bon secours à quelques reprises
d’y trouver une table et douze cafés étirés 
pour tuer les dernières heures de la nuit 
lors de mes pérégrinations d’ado en ville.

Émile fut en 1973 notre professeur de poésie au CÉGEP 
et c’est dans sa classe que j’aurai bu littéralement 
les paroles jubilatoires de liberté libre
qui me feront grimper sur les bureaux, 
celles captées live dans le documentaire 

J’ai reçu dans l’esprit de Pâques
un courriel d’Émile 
avec des extraits de ses poèmes et quelques photos
d’un voyage qu’il fit en Terre Sainte
illustrant le Jardin des Oliviers
où, comme vous le savez, 
se tenaient Jésus et sa gagne de freaks.
C’est là, un jeudi soir, qu’il fut arrêté...

Les photographies m’ont téléporté tout de go
dans l’ambiance à la fois aérienne et profonde 
de la lente marche, par les bons soins de mon ami Benoit,
à travers le magnifique bosquet d’oliviers 
entourant le Sanctuaire Santa María de Dulcil
(lieu réputé pour guérir les ganglions enflés),
dans les parages de Buera, en Aragón, 
à l’automne 2017.






Photos jd., bosquet des oliviers, Sanctuaire Santa María de Dulcil, Aragón, 16 octobre 2017.

Étudiant, j’ai connu en éthique un jeune camarade
qui s’appelait Pierre-Olivier Lafleur; 
son nom en lui-même est un poème;
il faisait des travaux d’apprenti plombier pour subsister
et gardait un serpent redoutable dans son appartement.

Olivier, cousin de la branche gauche du lilas,
grand sec aux fleurs blanches,
toujours vert sage 
dans le bruissement feutré
de ses feuilles argentées, 
il tresse le jadis 
le long de son écorce noueuse 
presque jusqu’à la dureté de la pierre;
ses rameaux fournis, signe de force et de paix,
sont légendaires depuis qu’une colombe 
lâchée lousse hors du confinement de l’arche
rapporta dans son bec une gerbe à Noé 
signifiant la fin du Déluge!
Oyez! La décrue est entamée... 
La Terre ferme sera de nouveau habitable! 

Signe de victoire où la fuite éperdue 
décharge sur le côté nos grimoires 
parmi le  « […] tas des écrasés du cœur »,
mais, ravive de plus belle la soif insubordonnée 
de la fraîche poésie
ondulant les heures de paix à venir,
songerait peut-être ici
le bon Gaston Bachelard

Imagine! All the people...

À défaut de l’eau courante de Pâques 
qu’enfant j’allais puiser, avant le crépuscule du matin,
dans le large fossé de la prairie pentue menant à la sucrerie,
j’ai celle de mon humble bouleau 
entaillé il y a trois jours. 
Ça coule comme une Madeleine 
qui éclate de rire!

C’est la vie qui tambourine
comme le jubile Picasso!

Je dis comme perdrix la magie de tout cela

Mes petits-cocos ont bricolé pour moi 
un beau petit lapin tenant un panier de chocolats,
aussi une jolie carte accordéon 
avec le dessin d’un œuf sourire, 
des coeurs, des mini lapins...
Un pur cadeau de mains de soleil 

Puis viendront d’autres dimanches
et je retournerai illico à New York 
où flotte le drapeau de l’ONU 
orné justement de rameaux d’olivier 
et je sifflerai à tous vents 
cet air précieux de Lévesque
- en le jazzant s’il le faut,
même que« je twisterais les mots s’il fallait les twister » -,
« quand les hommes vivront d’amour ».

Je le sais bien, Christ, que ça ne marche pas nécessairement de même...

Émile, pour l’étoffe :
« nos mains jointes dessineront une croix
dans les temples burinés de silence et de lumière
clochers et campaniles perceront l’oeil de l’aurore
et nos faims s’apaiseront
émus, les mots épars du poème
à haute voix clameront leur espérance
et de nos blessures nous ferons une prière
(Extraits, Goût de racines et d'étoiles).



Lapierre pour la suite :
« Mais nos souffrances 
sont liées.
Je voudrais que nos joies
le soient aussi. »
- René Lapierre, Les adieux.

Merci Émile. 
Merci Laurie, Théo, 
vous tous mes braves enfants!«

Joyeuses Pâques!

05 avril 2020

Alain Deneault : « Non, tout n’ira pas bien si l’on continue comme l’on fait »

Alain Deneault en entrevue à Désautels le dimanche, 5 avril 2020 : « Non, tout n’ira pas bien si l’on continue comme on fait », souligne le philosophe! La crise de la pandémie s’ajoute à tous les autres signes (désastres climatiques, feux de forêt, verglas, inondations, espèces animales décimées, appauvrissement des sols...) et fait entrer notre conscience dans une période longue de l’histoire. Cela nous indique, poursuit Deneault, qu’on ne peut pas conserver une organisation économique (basée, entre autres, sur un seul foyer de production en Chine pour économiser le coût de la force du travail en faisant travailler les gens dans des conditions parfois atroces, le tourisme de masse et la consommation exacerbée par la machine publicitaire […], et qui consiste essentiellement à répondre aux intérêts des grands actionnaires). « Il faudra changer de paradigme parce que ce régime n’est pas viable, en espérant le faire de façon concertée » pour mettre fin « à ce grand délire ». C’est un défi colossal, mais aussi, c’est une occasion de se révéler à soi-même, alors qu’aujourd’hui tant de besoins, de talents et de dispositions sont étouffés. Malgré les sacrifices à faire et une simplicité dans notre manière de vivre, c’est une chance et une joie de bâtir un monde habitable, plus humble, plus calme, et, vraiment, solidaire.

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/desautels-le-dimanche/episodes/459852/rattrapage-du-dimanche-5-avril-2020/14

Le grand ostie de malade!

Élisabeth Valet, Le petit Président, Le Devoir, 4 avril 2020.

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/576413/etats-unis-le-petit-president#

02 avril 2020

Les robots ne rôdent plus...

Heureux de constater que feedburned et compagnie ne viennent plus biaiser pour rien Train de nuit.
J’en profite pour prendre des nouvelles. Entre autres d’Anneaux Nîme.
Courage. Prudence! Patience.
De mémoire, Valéry :
« Patience. Patience dans l’azur. Chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr. »

Photo jd., Béthanie, 31 mars 2020.

03 janvier 2020

L'étrangeté quantique et les ordinateurs



http://www.radio-canada.ca/radio/lumiere/

http://www.usherbrooke.ca/medias/communiques/communiques-details/c/14718/

16 décembre 2019

Salmigondis à la bonne franquette « dans ma cabane en bois de planche »

Photo jd., Béthanie, 7 juin 2019.

« C’est notre dégoût de la grosseur du tas des écrasés du cœur qui va nous sauver. »
- Réjean Ducharme, L’hiver de force.

« Mère, faut-il le rappeler? La nature, c’est naturel. »
- Jacques II de Chabannes de La Police

« Nous, au village, aussi on a 
De beaux assassinats »
- Georges Brassens

Il se peut que l’on perde un bardeau;
cela m’est déjà arrivé subrepticement 
comme une boîte à surprise en pleine farce
du Pirate Maboule à la fin d’un après-midi fauve.
Il se peut aussi qu’une planchette de pruche
se décloue et parte au vent comme rien...
Le temps est mûr alors,
et c’est une bonne idée, 
ma douce Franfreluche
d’amour fou fardé rouge,
de penser organiser 
en critères d’orgue d’improvisation libre de barbarie 
un grand concours de circonstances épique hourra, 
un sommet où seraient conviés sur le massif
tous nos alcolytes anonymes de la Terre,
tous, les damnés désunis du Manifeste, les ceux qui toussent, 
les celles qui adorent chourler la soupe à la corde
et snifer les Chants de Maldoror;
les pions allumés du feu d’échec du monopoly
zigzaguant à contre-courant 
dans l’ornière des gaz à effets de faux cils,
sans frémir, les yeux fermés, 
sur les us et coutumes surannées,
les os et les coupures,
pour deviser et deviner le temps boule chiqué gris de braises
qu’il fait à coucher dehors avec la chienne à Jacques
et « les raqués de l’histoire »,
question de lever le drapeau et le fly qui se dandine dans la demi-tout,
sachant bien qu’on ne fait pas des omoplates 
sans casser du sucre sur le dos des intempéries, 
et du cou, couper court côté cour
le sifflet mouillé au fil d’arrivée des endormis plates comme la pluie.
Oui, Madame Blancheville, oui Monsieur Net,
électeurs, électrices, électricité de la grande noirceur,
c’est bien juste pour dire aux gérants d’extraction 
qu’on ne peut tout de même pas 
se savonner la mémoire du printemps à l’Irishman 
et s’exciter le poil en marchette qui tombe pile 
sur les toits et les moi de l’humour en vantardise 
sans penser au peigne fin du don qui choque
le constat universel selon lequel, quel beau climat,
les oreilles ont des murs, c’est entendu,
et les murs, en revanche, ont des oreilles, 
c’est bien connu,
mais ils arborent aussi une bouche 
qui avertit comme le petit serin dans la mine de cop,
qui murmure en anglais, 
comme celle-ci que j’ai ouï-dire de mes yeux vue
entre les craques locales de la tessiture
de ces jeunes vieux Cantons-de-l’Est
que personnellement j’aime d’amour,
surtout le Canton d’Ely,
une très très ancienne aventure d’un ours olé olé, 
comme dans la maison ours que je reste,
peut-être s’agissait-il d’un loup :
Bou-Lou lâché lousse en plein visage vers 1878.


Tout le reste, Mère-grand, puisqu’il faut remonter le temps, n’est que littérature argentée.