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29 mai 2016

Moment de grâce et de douceur : Bïa à la fête de QS

Bïa au 10e anniversaire de Québec Solidaire sur la scène du Club Soda.  Elle chante Cucurrucucú Paloma (Hable Con Ella).

Photo Jacques Desmarais. Bïa, Club Soda, 28 mai 2016.


Dicen que por las noches No más se le iba en puro llorar Dicen que no comia No mas se le iba en puro tomar Juran que el mismo cielo Se extremecia al oir su llanto Como sufria por ella Que hasta en su muerte la fue llamando Ay, ay, ay, ay, ay Cantaba Ay, ay, ay, ay, ay Gemia Ay, ay, ay, ay, ay Cantaba De pasión mortal moria Que una paloma triste Muy de mañana le vá a cantar A la casita sola Con las puertitas de par en par Juran que esa paloma No és otra cosa mas que su alma Que todavia la espera A que regrese la desdichada Cucurrucucú Paloma Cucurrucucú No llores Las piedras jamás Paloma Que van a saber De amores......

19 avril 2016

Brésil : le combat de la droite

Très bon texte de Guy Taillefer dans Le Devoir sur le grand théâtre politique du Brésil qui se joue en ce moment sur fond de lutte des classes et de parfaite hypocrisie. L'éditorialiste souligne à son tour que la procédure de destitution enclenchée à l'égard de Mme Rousseff est un coup d'État « avec des gants blancs.»
*** 



Guy Taillefer, Brésil Et tous les autresLe Devoir, 19 avril 2016.


 Et tous les autres?

« Si le Brésil voulait vraiment s’attaquer à la corruption, c’est une grande partie de la classe politique qu’il faudrait destituer, et pas seulement la présidente Dilma Rousseff. Or, l’épouvantable débâcle politique dans laquelle se trouve plongé le pays repose sur des hypocrisies dont, du reste, la jeune démocratie brésilienne n’a certainement pas le monopole. En réalité, les forces politiciennes et les intérêts de classe qui sont en train de chasser Mme Rousseff du pouvoir visent moins à assainir le système qu’à casser son Parti des travailleurs (PT) et la gauche dans son ensemble.

Il est vrai que Mme Rousseff est loin d’être une présidente de la qualité de Luiz Inácio Lula da Silva. Son gouvernement est coupable d’avoir géré la crise économique et les finances du pays de façon particulièrement inadéquate, après avoir hérité en 2010 des mains de Lula d’une économie en santé. Encore que, si l’économie flanche aujourd’hui de manière radicale (chute du PIB de 3,8 % l’année dernière) et que le chômage et l’inflation s’envolent, cela tient également, bien entendu, aux retombées de la Grande Récession et à des facteurs macroéconomiques comme l’effondrement des prix des matières premières.

Que, pour avoir dilapidé l’héritage, Mme Rousseff touche des bas-fonds d’impopularité, soit. Le PT souffre manifestement d’usure du pouvoir. Pour autant, le vote enregistré dimanche par la majorité des députés en faveur de la procédure de destitution est un geste objectivement démesuré au regard de ce que l’opposition lui reproche — à savoir, non pas d’être mêlée au scandale de corruption de Petrobras qui secoue le pays, mais d’avoir maquillé en 2014, l’année de sa réélection, l’ampleur du déficit public par« pédalage budgétaire ». S’il va de soi que Mme Rousseff mérite d’être sanctionnée pour ses manipulations de livre, pratiques par ailleurs courantes dans nos gouvernements, il reste que le casus belli est boiteux.

Plus crédible, en fait, serait l’entreprise de lynchage si, par exemple, le député ultraconservateur Eduardo Cunha, l’instigateur de la procédure de destitution, n’apparaissait pas dans les Panama Papers et s’il n’était lui-même inculpé pour« corruption et blanchiment d’argent » en rapport avec Petrobras. Ou si, des 65 membres de la Commission spéciale qui s’est prononcée la semaine dernière en faveur de la destitution, près de la moitié n’avaient été inculpés ou condamnés. Ou s’il n’était devenu patent que l’enquête judiciaire du juge Moro était politiquement teintée.

Difficile en l’occurrence de ne pas en conclure que la tempête que traverse le Brésil se résume à une vulgaire lutte de pouvoir. Et qu’on assiste à un coup d’État qui, empruntant la voie parlementaire, met des gants blancs. »

23 juin 2013

Repiquage 2 - Pour danser Aragon


Texte publié dans Libre Salmigondis le 18 août 2005.


POUR DANSER ARAGON


Il y a Les Yeux d'Elsa de Louis Aragon.
Il y a les oreilles d'Aragon qui préférait le chant du portugais, la plus belle langue du monde, a-t-il dit un jour.

Il y a ce début vertigineux du poème :

«Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire»

Il y a l'ami Claudio Lorenzo de Bahia, au Brésil, qui m'écrit avec son accent de papillon.  Il répond à ma demande de traduction des vers cités.

- Salut Jacques!
Je t'envoie une tentative, mais il y a beaucoup de choses d'Aragon traduites en portugais.  Je vais essayer de trouver des vraies traductions.  La plus grande dificulté pour conserver un peu du rythme original de ces vers, c'est qu'Aragon utilise très bien les pronoms «y» et «en», une ressource pour éviter la répétition du sujet.  Il n'existe pas de correspondance en portugais.

Voici donc Les Yeux qui dansent à la manière de Claudio :

«Teus olhos são tão profundos que ao enclinar-me sobre eles para beber
Eu vi todos os sóis vindo a eles se mirar,
E neles vi lançando-se a morte todos os desesperados.
Teus olhos são tão profundos que eu perco dentro deles minha memória»



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1 Commentaire :

Commentaire écrit le vendredi 19 août 2005 à 09:10:51 (lien)
Poufff...

J'avoue sincèrement que je ne pourrais point aller au delà de cette traduction. Félicitations à Claudio qui, je crois, à réussi à traduire l'âme du Poème.

02 mars 2013

Baden Powell

Extrait d'un des rares concerts du maître brésilien à Paris en 1999, un an avant sa mort à Rio de Janeiro.



24 janvier 2009

Mas tenho muito tempo

Marcher sur la grande plage devant nous en jouant sur les mots...
Ne m'en veut pas, Jo!
Ne m'en voulez pas Légion Urbaine!

La tempête qui arrive est de la couleur de tes yeux marrons. Nous nous sommes éloignés de tout. Et tout ce temps perdu comme des grandes flaques innocentes parmi les naufrages d'encrier... Je n'ai pas peur des mots. Je n'ai pas peur du noir, mais laisse à présent la lumière allumée.

***


D'après les textes de :
Joanne Marcotte



Désir

Le vent du sud, celui du désir m’interpelle
Allongée, de tout mon petit long
sur ce quai de bois mouillé
Le grand héron me fait de l’ombre
avec ses ailes

Sourire intérieur,
je plane... grisée... séchée

Désir troublant de ne point arrêter
Tant est magnifique ce moment
cette danse du temps

Le réveil me surprend
hébétée, toujours allongée
Je suis oiseau, soleil, ciel
et rien
Dans cet espace...
m’offrant une place sans fin

Surprise,
je remercie l’ange
passant tout près de mon sein
De parcourir le mystère invisible
et d’en faire mien


Temps foutral

Bruine du temps qui passe
S’écoule sur ce corps céleste
Comme des sillons labourant un champ
Et, subtilement, affecte l’égo terrestre
Du système capillaire américain
Pour projeter une image dénudée...
Mais, délivrée par le chant...


Insomnie

Crachons du feu terni
Pour allumer la flamme
(...)
Crie ta tendresse pour une fois
Sans oublier les caresses d’automne
Du tout puissant carbone
Qui jaillit au-dessus du nid de coucou

Mars -déc. 2008

***


01 mai 2008

Train de nuit à la veille de...
















J'ai été incapable jusqu'à maintenant de retracer la référence de cette photo.
Mes excuses à l'auteur (quelque part en France, je crois). Mais je l'aime trop cette image de flèche bleue qui enrubanne la nuit le temps d'un bref passage.

Puis, c'est la veille du deuxième anniversaire de Train de nuit... Petit train ne va pas toujours loin. Mais s'il est vrai que le symbole donne à penser, il conviendra après 448 «messages» de symboliser un brin le sentiment qui m'anime, aussi vif aujourd'hui qu'au début de ce blogue, en évoquant le désir d'être en mouvement, d'apprendre plus qu'on peut donner, de filer doux à travers son ignorance - au sens du Maître ignorant -, intervenir, transformer un tant soit peu «le parc d'attraction qu'on a dans la bouche» (slameur entendu dimanche dernier au QdB et dont j'ignore le nom), plaisir toujours renouvelé d'inventer quelques pas sur les vieux chemins de traverse d'Hermès, emmêlés à la parole des chemineurs, des voyageurs, des autres blogueurs. Paysages du sens qui émergent librement.

Comme je le lisais chez le poète Tony Tremblay, il n'y a pas que le blogue dans la vie. Peut-être, faut-il raffiner les énergies, user du silence comme une flamme, faire l'amour plus souvent et mieux. Peut-être suis-je un drogué, un dlogué, un timbré. Peut-être faut-il tout balayer, sacrer tout ça dans le rond de VLB, repartir à zéro?

Reste que j'ai le sentiment d'avoir fait jusqu'à présent un beau voyage à peu de frais.

Merci infiniment à ceux et celles qui me font l'honneur de monter à bord.

«Car ma joie, aujourd'hui, ça commence avec toi.»

Justement, en musique, je propose en reprise l'intense
Cássia Eller du Brésil...






04 avril 2008

Brésileries à la lumière de Tiêta

Au sortir du Cluny, Marc-André me rappelle que je lui ai fait suivre, il y a plusieurs semaines, un essai de traduction (très humble)d'une chanson que j'adore de Caetano Veloso (vu à la PDA, un de mes meilleurs shows à vie).

Marc possède assez bien merci le portugais brésilien. Il m'a dit que c'était bon. En t k, je crois que ça donne une idée... Je n'ai pas cherché à conserver la forme des vers, juste à rendre un peu la profondeur sous la joie.



Luz de Tieta

Composição: Caetano Veloso

Todo dia é o mesmo dia
A vida é tão tacanha
Nada novo sob o sol
Tem que se esconder no escuro
Quem na luz se banha
Por debaixo do lençol...

Nessa terra a dor é grande
A ambição pequena
Carnaval e futebol
Quem não finge
Quem não mente
Quem mais goza e pena
É que serve de farol...

Existe alguém em nós
Em muitos dentre nós
Esse alguém
Que brilha mais do que
Milhões de sóis
E que a escuridão
Conhece também...

Existe alguém aqui
Fundo no fundo de você
De mim
Que grita para quem quiser ouvir
Quando canta assim...

Toda noite é a mesma noite
A vida é tão estreita
Nada de novo ao luar
Todo mundo quer saber
Com quem você se deita
Nada pode prosperar...

É domingo, é fevereiro
É sete de setembro
Futebol e carnaval
Nada muda, é tudo escuro
Até onde eu me lembro
Uma dor que é sempre igual...

Existe alguém em nós
Em muitos dentre nós
Esse alguém
Que brilha mais do que
Milhões de sóis
E que a escuridão
Conhece também...

Existe alguém aqui
Fundo no fundo de você
De mim
Que grita para quem quiser ouvir
Quando canta assim...

Êta!
Êta, êta, êta
É a lua, é o sol é a luz de tiêta
Êta, êta!...(2x)

Existe alguém em nós
Em muitos dentre nós
Esse alguém
Que brilha mais do que
Milhões de sóis
E que a escuridão
Conhece também...

Existe alguém aqui
Fundo no fundo de você
De mim
Que grita para quem quiser ouvir
Quando canta assim...

Toda noite é a mesma noite
A vida é tão estreita
Nada de novo ao luar
Todo mundo quer saber
Com quem você se deita
Nada pode prosperar...

É domingo, é fevereiro
É sete de setembro
Futebol e carnaval
Nada muda, é tudo escuro
Até onde eu me lembro
Uma dor que é sempre igual...

Existe alguém em nós
Em muitos dentre nós
Esse alguém
Que brilha mais do que
Milhões de sóis
E que a escuridão
Conhece também...

Existe alguém aqui
Fundo no fundo de você
De mim
Que grita para quem quiser ouvir
Quando canta assim...

Êta
Êta, êta, êta
É a lua, é o sol é a luz de tiêta
Êta, êta!...(4x)
***


Rien de nouveau sous le soleil; ce qui ne se perçoit pas à la noirceur se baignera demain en pleine lumière, puis viendra se reposer plus tard sous les draps... Sur cette terre de douleur, il y a l'ambition,la folie du carnaval,l'ivresse du football; esprit, sensualité, jouissance, finesse, agilité avec toute cette peine emmêlée, phare qui roule au milieu de la nuit... Il y a une lumière en nous qui brille à elle seule plus qu'un million de soleils; une lumière dans la nuit noire... Mais voici que l'obscurité t'envahit de part en part... Il y a une voix dans le tréfonds de toi, de moi aussi, quelqu'un qui crie pour qu'on l'entende et qui CHANTE toute la nuit; nuit blanche de la petite vie où il n'y a rien de nouveau sous la lune. C'est sûr, tout le monde voudra savoir avec qui tu as couché... C'est dimanche, c'est février, c'est le sept septembre, football et carnaval rament ensemble dans la mer des corps. Tout est noirceur étale jusqu'au moment où je me rappelle cette douleur toujours vive à mon cœur... Il y a cette lumière qui scintille en nous, pour plusieurs d'entre nous... Elle brille plus qu'un million de soleils, même le plus obscur côté du monde est traversé par cette lueur... Dans le tréfonds de toi, de moi aussi, ça crie, ça chante... Vague après vague, toutes les nuits se ressemblent;la vie est un étroit chemin; il n'y a rien de nouveau au clair de la lune; tout le monde voudra savoir avec qui tu as couché... C'est dimanche, c'est février... Il y a une voix dans le tréfonds de toi qui crie pour qu'on l'entende et qui CHANTE... Êta Êta, êta, êta c'est la lune, c'est le soleil, c'est la lumière de Tiêta, êta, êta!



26 août 2007

Interlude forró
















En correspondance avec l'Espagouin, le forró, ce n'est pas simple comme d'ailleurs toutes les tresses touffues de la musique brésilienne. Toujours, on navique dans le chatoyant, tantôt quasi cajun (accordéon, triangle), tantôt jazz de marche de la Nouvelle-Orléans avec force cuivres et deux rangées de percussions, lascif à la country mais picoté d'une flûte de troubadour, tantôt sautillant et très électrique avec du ska bariolé.... Il y a même des soirées de poésie forró si je comprends bien mes sources et j'en perds mon portugais. Claùdio, amigo, qu'est-ce à dire?

Ce que j'ai vu (vu avec mes pieds, mes fesses, par tout ce qui bouge, entraîné en fait par la foule compacte, suante et lâchée lousse au risque constant de se perdre) dans les rues de Recife et d'Olinda, ces villes sont jumelles et collées, au Carnaval 2007, tout m'a absolument charmé et dépassé. Je ne pourrais en rien répéter les motifs abracadabrant des danseurs que j'ai croisés et qui improvisaient ça et là des espèces de gigues twistées sur l'acide!

Ci-joint, d'abord un extrait qui me semble être plus proche de la samba, parfois ça frise le flamenco, mais à partir duquel on reconnaît bien le roulant du forró (quelque chose comme ta ta ta tatam-ta...), ce que je crois être une des lignes rythmiques de base. Mais ceci dit, je suis peut-être perdu dans la canne à sucre.

Les musiciens sont de Recife et le clip date de 2006.

Dans l'autre extrait, on a idée des processions sans fin et qui s'emberlificotent au carrefour, sueur en sus, dans les rues pavées et pentues (Olinda veut dire colline). Sous un soleil de plomb, j'étais dans la procession des marionnettes géantes que l'on voit dans le clip où le forró emprunte soudain l'air de Happy birthday to you...


Photos : Claùdio et jd, mars 2007.

30 mai 2007

Avec le temps, saudade!

Marco qui est à Sao Paulo!
Tu comprendras,
compatriote amigo,
que je suis en train de te souhaiter
un kiss de bon anniversaire brésilien! Creuse bien en toi le mot «saudade» pour nous verser un peu l'âme du Sud quand tu r'viendras.
Je t'embrasse, mon ami et je trinque à ta santé via la jolie paire de yeux que voici...






09 mai 2007

Mal à ma Lambada!

J'ai mon ami Marco qui à l'instar de Bento XVI s'embarquera betôt pour le Brésil. Ce départ me fait remonter à la tête la petite drogue de ce pays. Quand on a la piqûre... Mon come back remonte à... 1989! On se souviendra alors des douleurs persistantes au bas du dos et des «j'ai mal à ma Lambada»! L'affaire la plus sexy dans les clubs en ville, c't'ait ça. La lambada est passée de mode, comme la Lada, la crème Bolwick, le mur de Berlin, comme bien d'autre chose. Mais dans la vidéo qui suit, un peu casseau au début, on peut constater à nouveau comme ils sont pourris les Brésiliens pour danser! Ils essaient même de danser avec le ballon. Imaginez quand ils sont en amour!

La lambada est effectivement une invention brésilienne! Que voulez-vous, chers chrétiens? Ils ont d'abord inventé la sensualité là-bas. Depuis, les enfants naissent, dansent avant d'apprendre à marcher...

Selon Wikipedia, la lambada (coup de fouet) «est une danse et un genre musical du Brésil, née dans les années 1990, qui mélange carimbo, reggae, salsa et merengue. Lors de cette danse un couple,corps contre corps, ondule des hanches et des épaules et coincent de temps en temps un de ses genoux entre les jambes du partenaire. Originaire de la région de Belém, la lambada s'est diffusée à Bahia...»

Boa viagem, Marco! Peut-être croiseras-tu tipope Ben16 dans l'autobus...

En sens opposé, il y a mon ami Clàudio de Bahia qui part pour Bruxelles et Lisbonne représenter le Brésil dans des conférences en éthique. Il m'a promis des photos du docteur chic en cravate veston...




Et pis, tiens, encore un tour avec les p'tits vlimeux, Chico et Roberta!
Lambada

05 mai 2007

Train de nuit a un an !

Des Craker Jack, il y a en a dans toutes les bonnes boîtes. Mais ce n'est pas dans toutes les boîtes qu'on trouve des sifflets pas pire. Dans cette vidéo, il y a Mister Jack en personne et en harmonica crunché (disques introuvables à Mon Réal)avec tout un sifflet! Quand nous jouions à la ma-relle-elle... cha cha cha!

23 avril 2007

Lettre du Brésil

Il faut lire la lettre de soleil qui suit en imaginant l'accent brésilien de mon ami Claùdio sur chacune des syllabes. Comme un accent tonique sur le dos des noires et blanches.

(Rita, si tu viens sur le blogue et lis la présente, tu peux passer par-dessus le passage rêvé de la vue par la fenêtre... Fenêtre que je connais, d'ailleurs... Ce n'est que mise en scène d'un gars trop occupé, mais Brésilien néanmoins, c'est-à-dire avec toujours une noce à rattraper.)



Claùdio, toujours busy, même quand on prend un coup! Foto : Jack.


Oi...!
Tudo bom?

Comment ça va mon ami? Ici, nous sommes toujours sous 30 dégrés. Le chaufement de la planète, nous le sentons dans la charme des tropiques. Les étés ne finissent plus jamais .

Excuse-moi de ne réussir pas d'être un ami présent, de ne pas envoyer souvent des messages, etc. Mais, mon gars, je travaille encore plus fort depuis que je suis entré dans la FAC (...) Quand j'arrive à maison, parfois, comme aujourd'hui, je travaille encore deux ou trois heures pour réussir d'accomplir les tâches de consultation pour le gouvernement. Il y a tellement de choses à faire que j'ai peur d'oublier définitivement le restant de ma vie: mon théâtre, ma poésie, mes programmes culturels, mes amis. La tranquillité que j'ai eue au Québec, il semble de plus en plus un souvenir distant, mais je peux sentir toujours le parfum doux et pourri des feuilles des érablières en train de fondre dans le boue joyeuse du printemps. Et je te jure mon ami, ça me manque.

Le 12 mai, je pars vers la Belgique, je vais représenter le Brésil dans une réunion d'experts en éthique de la recherche organisée par le Parlement européen (plutôt par la manque de experts dans le domaine au Brésil que par mes mérites) et la tâche me fait trembler. Le 16 mai je vais à Lisboa, où je parle sur l'éthique de la recherche au Brésil dans l'institut de Médecine Tropicale. Tout ça c'est profondément stimulant du point de vue professionnel, mais ça me fait travailler comme un fou. Et ce n'est pas juste l'Éthique appliquée que j'aime dans la vie. En fait j'aime bien plus avoir le temps pour voir passer à la fenêtre les fesses des femmes brunes de ma terre sans rien à penser, de fumer mon pétard et lire un livre qui n'informe rien, de prendre une batida de gengibre dans le marché populaire pour faire le monde tournoyer.

Rita visite souvent ton blog et me donne tes nouvelles et me lis tes textes. Pedro parfois pose des questions sur toi, ta maison, tes enfants, ta voiture. Moi, je pense aussi souvent à toi, surtout quand je trouve des choses à la rue, lesquelles tes yeux d'enfant et de poète auraient aimer voir.

Toi, tu auras toujours une maison dans cette Amérique si différente de celle du Nord. Quoi faire si nous aimons les deux?

Bye...!

18 mars 2007

Je suis poète et je n'ai pas appris à aimer

Cássia Eller - Malandragem ( 2001 )

Imaginez Cassia chantant en français Non, je ne regrette rien! Mais encore, elle n'est pas si en voix dans cette vidéo plus ou moins casseau... Rien à faire, j'adore cette chanson entendue en boucle dans l'auto (sur le cd, c'est mieux)de Bahia à Recife.


Malandragem
Quem sabe eu ainda sou uma garotinha
Esperando o ônibus da escola sozinha
Cansada com minhas meias três quartos
Rezando baixo pelos cantos
Por ser uma menina má
Quem sabe o príncipe virou um chato
Que vive dando no meu saco
Quem sabe a vida é não sonhar
Eu só peço a Deus
Um pouco de malandragem
Pois sou criança
E não conheço a verdade
Eu sou poeta e não aprendi a amar
Eu sou poeta e não aprendi a amar
Bobeira é não viver a realidade
E eu ainda tenho uma tarde inteira
E eu ando nas ruas
Eu troco cheque
Mudo uma planta de lugar
Dirijo meu carro
Tomo o meu pileque
E ainda tenho tempo pra cantar
Pra cantar
Eu só peço a Deus
Um pouco de malandragem
Pois sou criança
E não conheço a verdade
Eu sou poeta e não aprendi a amar
Eu sou poeta e não aprendi a amar
Eu ando nas ruas
Eu troco cheque
Mudo uma planta de lugar
Dirijo meu carro
Tomo o meu pileque
E ainda tenho tempo pra cantar
Pra cantar
Eu só peço a Deus
Um pouco de malandragem
Pois sou criança
E não conheço a verdade
Eu sou poeta e não aprendi a amar
Eu sou poeta e não aprendi a amar
Eu só peço a Deus
Um pouco de malandragem
Pois sou criança
E não conheço a verdade
Eu sou poeta e não aprendi a amar
Eu sou poeta e não aprendi a amar

Traduction libre des dernières strophes :

Je suis un peu bum sur les bords
Je suis comme un enfant, un bohémien,un gypsy
Je ne connais pas la vérité
Je suis poète
et je n'ai pas appris à aimer
Je suis poète
et je n'ai pas appris à aimer


Note : l'ancien mot français malandrin nous renvoie à la parenté latine...
Malandrin : (ma-lan-drin), n. m. 1° Nom donné à des bandes de pillards qui, dans les longues guerres avec les Anglais, dévastèrent la France 2° Par extension, brigand, vagabond.

Poudrerie, poeta et samba

Tom Jobim+Vinicius de Moraes+Toquinho+Miúcha, en Italie, j'ignore quand... Mais c'était rendu avancé dans le show, la bouteille de whisky sur la table étant vide!

Poudrerie et Interlude brésilien

Le Brésil me colle au cul et cela me fait plaisir.

Un jeune nouveau collèque au bureau, Marc, curieux comme dix, sympa, est récemment devenu papa. Sa compagne est... Brésilienne. Ben tiens.

Vendredi dernier, mon ami de longue date Marc-André m'invite comme pique-assiette à zieuter le 5 à 7 de la clôture d'une conférence internationale qui se tenait au Centre d'histoire de Montréal. Marco, il est là-dedans jusqu'au cou. Une forte délégation du Brésil était présente puisque c'est à Sao Paulo qu'est née l'idée des musées de la personne. Entre deux bouchées d'un petit fruit orangé farci au fromage et dont le nom m'échappe pour l'instant, je me délectais comme un chat au soleil laissant mes oreilles valser dans le ronron portugais si bellement relevé de brésillerie. À un moment donné, j'ai osé dire aux trois demoiselles qui discutaient : «Eu passa a Bahia». Je ne sais comment conjuguer mon verbe au passé. Lydia m'a répondu dans un très bon français. Elle fait un post-doc ici. Elle adore les Québécois. Mais pas le froid. Elle vibre en parlant de son pays. Mais se désole de la violence. Elle connaît le Brésil de fond en comble. Elle est de Fortaleza où se chamaillent une ribambelle de praia jumelles à ne pas croire que cela existe sur la terre. C'est la profusion du soleil et de la mer. Nous avons conversé une bonne demi-heure. Elle m'a donné le goût de repartir tout de go.

Et tiens tiens tiens, hier, revenant de mon patelin, parce que je m'endormais sur la route et que parler fort, me donner des claques sur les joues ne suffisait pas, je suis arrêté au Magasin Général Champy à Upton (épicerie fine, huile de tournesol locale) pour me changer les idées. J'y trouve toujours de la bière à coucher dehors, du fromage, du thé japonais, une foule de petits quelques choses à tripoter. J'arrête souvent à cet endroit où l'on entend aussi de la musique extra. Pour la première fois, j'aperçois le boss cultivateur qui est derrière le comptoir. Je l'entends dire aux clients qui me précèdent qu'il se trouvait au Brésil récemment. Ben! On a parlé! Il est allé visiter des fermes biologiques du Sud, de Porto Alegre jusqu'à Rio. «On partage pas mal les mêmes problèmes», dit-il. Ah! Belle jase, anecdotes, autre point de vue. Le monde est grand, le monde est petit. Le Brésil me colle au cul. Alors on danse avec Vinicius? Il faut aller un étage plus, les codes de youtube étant bien mal foutus...

06 mars 2007

C'est un peu solitaire

Photo Jacques Desmarais
Trois chevaux brettent sur la colline
Un trait de blues dans l'auto...
C'est cogner des clous sur les pierres brunes
avec un oeil qui court parmi les racines

Pays de verdure et de poussière,
paillis pour demain sur dos de tortue,
terre d'ocres rouges qu'on avale
pour le chemin contrasté qui chemine vers la lune

Pour écouler la canne, le pas
et le rêve coração des filles aux yeux sucrés
c'est un piège entrouvert
un espoir de vivre

Ce sont les cocotiers géants avec de grands bas blancs
C'est l'âne à côté du parabolique
C'est le fruit ensoleillé
qui roule à cinq heures dans l'assiette des bichous

C'est la maison de terre, de carton ou de brique
c'est le bar inondé
le marché de rubans et l'huile de palme
les piments qui fermentent dans les pots de vitre

Les paysans sans terre sur le bord des fossés
piochent la misère, la malice,
un pas de côté
C'est la fin de l'été mais c'est toujours la mer

Poubelles et plastiques épandus partout comme gibier de pitance
Dans le jardin, à l'orée du village,
c'est un troupeau d'urubus noirs
Ils reviendront ce soir à l'abri des regards

C'est un coq sans pantalon
marchant court vers Recife
Il donne la chair de poule surréaliste
Apparence de pluie qui chacale sous un soleil de plomb

C'est un grand domaine mirobolant, loin du chemin
du brouhaha, avec des caves féodales on imagine,
où il y a peut-être du vin en masse de l'Argentine,
des domestiques à la douzaine qui s'userinent

C'est un chien en errance, la tête basse
C'est un chaland de vif argent parmi les cafards
Un itinérant las qui ratisse vos désirs
offrant bijoux, verres fumés, fromage à l'orégano...

C'est une chanson en éclats de carnaval
qui passe bariolée par la fenêtre
Barola barola, barola barola...
et bis et braises à volonté

C'est beau, c'est grave et lointain,
c'est léger et fluide, c'est foncé incertain
Comme un garçon qui fume
en tirant dans le champ son poulain rétif...

Comme eaux de mars en février...

CD, s'il vous plaît.
On ne fait que passer...

«Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c'est un peu solitaire
C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil
C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entrouvert (...)»

- Les eaux de Mars, Moustaki/Jobin










Photos : jd.

03 mars 2007

Lettre de Bahia


Train de nuit reprendra tranquillement sa place vers le pôle qui fond avec un oeil sur le pays de braises.

À chacun ses problèmes et les vaches politiques ne sauront toujours pas garder en tête le génie des peuples. Kant misait là-dessus. Je ne saurais quoi en dire aujourd'hui sinon qu'il faut danser la jajaja.

À chacun ses problèmes. Je parle à Clàudio d'un voyage sur la Côte-Nord que nous avons adoré Carol et moi. J'y ai découvert à la Pointe-Mingan des plages insoupçonnées pour le Québécois de l'Est. Mais si froides qu'elles vous éternisent de gel en-deçà de 45 secondes. «Ce sont des beautés qu'on ne peut toucher», dira Clàudio. Mais souhaiterait-on qu'elles se réchauffent, ces eaux immémoriales?

À chacun son coin de planète brisée. Je dirais que j'ai vu dans ce pays si magnifique des beautés qu'on ne pourra plus toucher. Fleuves et rivières sans vie, océan poubelle, villages à la campagne comme dumpes à ciel ouvert. Et Lula de dire aux pays riches qu'ils ont bien pris le soin d'exploiter jusqu'à l'os les ressources, forêts, etc., avant de penser à mettre des sous pour sauvegarder l'environnement (Le Monde, 27/02/07).

Argument fallacieux, s'il en est, qui promeut en premier lieu «le droit de produire», comme disaient nos agriculteurs dans les années 1980. Principe qui a inscrit un énorme retard en environnement au Québec.

Mais au Brésil, le gâteau n'est pas assez grand pour nourrir tout le monde. Croit-on vraiment qu'en faisant un gâteau plus gros, plus de monde vont partager?

Dans l'État de Bahia, des élections récentes ont porté au pouvoir la gauche, proche du P.T. de Lula. Ce fut une victoire inattendue. Lors d'une fête pour souligner mon départ, plusieurs amis de Claudio étaient là. «Nous sommes en train de parler de politique», me dit en aparté Clàudio. «On est en train de dire que la gauche va instaurer le capitalisme intégral. Avec la droite, on avait encore un pied dans le féodalisme. Belle évolution, hein?»

Du point de vue national, tous ceux que j'ai interrogé, à commencer par le chauffeur de taxi à Sao Paulo, tous sans exception m'ont dit être très heureux de la ré-élection de Lula. Il se dégage aussi le sentiment que les politiques sociales avancent et aident tangiblement les plus démunis. La question de la corruption au sein du gouvernement a été passée au peigne fin par les médias alors que sous d'autres régimes, personne n'en faisait cas tant elle était dans les moeurs. Les gens apprécient l'action et la transparence de Lula sur cette question et cela ne pouvait pas être un argument électoral en sa défaveur.

Sur plusieurs plans, il y a des retards et le second mandat du P.T. va sans doute être plus marquant. Mais il semble bien aux yeux mêmes des Brésiliens les plus éveillés qu'il s'agit d'une gauche-libérale-conservatrice pour parler en termes britanniques qui nous sont familiers.

À chacun ses bébittes. Mais comme tout se ressemble en Occident.

J'ai été étonné de constater aussi la convergence de notre culture latine. Le français et le portugais peuvent broder des airs ensemble. Et que dire de notre âme?

Je ne sais trop si c'est un défaut, mais à l'étranger, nous aimons parler du Québec. Je crois qu'en Amérique latine nous puisons nos ressemblances en parlant de nous-mêmes à des frères qui peuvent saisir nos émotions. C'est extrêmement gratifiant être soi-même de par le monde. Nous sommes blancs, froids peut-être, en comparaison, mais si chauds en-dedans.

J'ai reçu tout à l'heure une lettre de Bahia. Par pur exhibitionnisme latin, je la publie tel quel, avec l'accent, ici, en complément de ce retour à la casa.

Mon Cher Jacques,

On dit au Brésil que la meilleur partie de la voyage c'est rentrer. Je suis content que tu aye arrivé bien, malgré les petits problèmes.

La maison ici a toujours un peu de ton esprit d'enfant et de poète. Toute la famille a bien aimé te connaître et vivre un peu avec toi. Nous étions tous touchés par la force de l'amitié que traverse les océans, les histoires et les cultures. Toi, tu nous manque à tous. C'est incroyable comme toi a réussi, sans dominer l'indiome local, de montrer aux gens celui qui tu es. Maintenant tu a un frère à Bahia et une demi-douzaine d'amis. Nous aimerons beaucoup avoir l'oportunité de te recevoir chez-nous encore et encore. La semaine prochaine je vais t'envoyer le DVD de Cássia Eller (non, rien de rien...), ton petit cadeau qui arrive en retard.

Dit salut à Carole. Je vous souhaite le meilleur pour vous deux.

Rita est passé tout le jour suivant en train de parler de toi, en me disant que je n'avais pas menti quand j'ai dit que toi était quelqu'un de spécial.

Je t'embrasse (très latin!),

Cláudio


Photo jd : toile de Rita qui se trouve dans la salle à manger, rue Mato Grossa.