03 avril 2009

Carnets pelés 26 - « Debout les pâmés de la terre! »

Depuis mon déménagement  à l'été de 1989 sur la rue Ste-Clarisse, je n'avais pas fouillé dans mes boîtes d'archives remplies de fossiles débraillés, empilées dans le fond de la cave humide.

Vois-tu, je suis en plein élagage. J'ai déjà largué cinq caisses. Mais rien n'y paraît et je suis découragé!

Mon tempérament inquiet fait en sorte que je garde tout et plus encore : la strate poético-socialiste du CÉGEP, la mélancolie de mon séjour dans le Sud et toutes mes lettres d'amour, la filature philosophico-noéma-noématique de l’université, les agendas de mes longues années de services à Chaos publics, les simagrées et pattes de mouche des séminaires de recherche, les textes radiophoniques de Train de nuit, les factures de Bell, les cahiers littéraires du Devoir - une vraie maladie!, les journaux de bébé, les trois lettres aux lecteurs publiées jadis dans les quotidiens de la province, les cartes de souhaits que m'envoie ma marraine, etc., etc., etc.

Au milieu de ce salmigondis, il faut te figurer une chemise orange, format légal, qui porte ton nom.

En l'ouvrant, on trouve d’abord une photographie de toi grossièrement découpée en forme ovale, suivant le contour de ton dos courbé, - tu portes un t-shirt blanc parfaitement usé -, jusqu'aux rebords d'un chapeau de brousse tacheté brun, sous lequel tu rigoles excessivement. Au-dessus est collé un tapis volant de sultan.


Tu planes dans le flou!

Cette photo n'est qu'un élément parmi une population d’artefacts inusités, le tout constituant un collage au verso d'une grande enveloppe blanche avec des dessins et des lettres d’imprimerie qui forgent des slogans posés de travers tels que "Debout les pâmés de la terre!"

Une interview de James A. Michener tirée d'un numéro de Playboy accompagnait l'envoi ce jour-là. J'y ai appris que ce populaire auteur affectionnait, tout comme moi, le jus d'ananas. Il déclare par ailleurs :

« I do have wonderful respect and love for the old days.
I try to figure out what people were like and how they manages
then. »

Il fut un temps où tu m’écrivais tous les jours.

Photo : jd.

1 commentaire:

gaétan a dit...

Me demande moi aussi pourquoi je garde des vieux slips de paye, des articles de journaux datant de Matusalem, des billets de spectacle et autres cossins que je n'utiliserai jamais plu.
Je réussis quand même à en jeter une partie de temps en temps,pour faire de la place à d'autres ''cochonneries''que je garde au cas où.... :-)