10 juin 2016

Ce pays en manque d'infini

Eh oui chers, très chers payés libéraux pas de tête! Médiocrité jusqu'au trognon! Nous sommes en guerre depuis 40 ans, dirait l'économiste Ianik Marcil. Pourquoi pas quant à y être donner aux pétrolières le droit d'exproprier! (Le Devoir, 8 juin 2016). Précarité politique aveuglante : il y a urgence d'un « bonheur excessif », de « l'altitude du regard » (Vadeboncoeur). Façon comme une autre, un peu timide, d'inviter à lire ici la spontanéité engageante de l'écrivain Yvon Rivard qui écrit notamment ceci en conclusion de son texte À fonds perdus (Le Devoir, p. A9,10 juin 2016) : 

« Bien sûr, on peut toujours se dire que c’est la faute de ce gouvernement, mais c’est oublier que les gouvernements précédents n’ont pas fait mieux et que les libéraux sont aussi des Québécois, qu’ils sont issus de la même Révolution tranquille que les nationalistes et les sociaux-démocrates. La question que je me pose depuis des années et qui resurgit violemment ce matin est la suivante : comment se fait-il que le Québec des cinquante dernières années ait développé tant de compétences dans tous les domaines (artistiques, intellectuels, économiques, etc.), ait favorisé l’émergence d’une véritable conscience sociale, écologique, féministe, et que tout cela aboutisse à tant de médiocrité politique et morale ? Se peut-il que tout ce travail, tout ce dévouement ait été fait à fonds perdu ? Qu’est-ce qui manque au Québec pour qu’il puisse retenir et faire fructifier ce qui s’y fait de mieux, depuis le début de ce pays ? Quel est ce fonds qui lui fait défaut ? Vadeboncoeur disait, dans La ligne du risque, et dirait encore, je crois, qu’il manque d’infini. Je sais que ce mot fait peur ou fait rire, mais c’est celui qui accompagnait ma lecture du magnifique roman de Monique Proulx,Ce qu’il reste de moi. Pour que ce pays puisse croître, il faut qu’il s’enracine dans l’amour de tous ceux qui l’ont fait et qu’on le partage avec tous ceux qui l’habitent. Ne restera de ce pays que ce qu’il aura donné, sans trop savoir ce que ce sera. »

Magnifique!

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