Je l'ai dit à Bonjour Brumaire dont au moins un de la gang est venu sur Train de nuit, et je le redis : J'ADORE cette chanson. C'est celle qu'il me faut en ce moment... Je joue par-dessus de l'harmonica en A, comme un déchaîné! «Ni les cheveux blancs, ni les chaînes n'auront raison...»
«Hey Jack, comment vas-tu?
Merci encore et effectivement l'harmonica se mêlerait bien avec Prunelle....»
Ode à Lavoisier. Super bon les gars et la fille de BB!
Bonjour Brumaire - Prunelle
07 août 2008
06 août 2008
Les vélorutionnaires
05 août 2008
04 août 2008
Le jour où la pluie ne viendra pas
Je ne peux pas m'en empêcher :
à The Swamp's Song.
Il pleut, c'est grisonnant
J'ouvre la radio et Piaf!
Mon Dieu. Non. C'est Catherine
qui ne s'esclaffe pas
Et voici d'autres mots qui coulent
abondamment
dans nos réserves
http://fr.youtube.com/watch?v=L090ldiVfBk&feature=related
Plus loin, en noir et blanc
on ne le voit pas
mais ce sera Demain Zigzag
au-delà de la dam
avec plans et voeux de nègres
en filigrane,
un espoir de tam-tams,
une espèce de couleur
pour le creux de nos mains
Ses doigts posés sur le piano
seront comme une brad
de stupéfiants millénaires,
douce pluie qui s'infiltre
sous la porte des vers
de toutes les chambres
de l'Hôtel des Poètes,
en Aix-En-Provence
Au bout de notre âge
nous aurons pastiché
tous les murs du mois de mai,
nous sortirons ensemble
Par la fenêtre, côté jardin, on aperçoit
une fontaine, puis une fille,
un écriteau posé pieds nus dans l'aube;
le pluie cesse à ce moment précis;
je vois son épaule frêle
et c'est le clair à lire comme arc-en-ciel
dans notre cher Complot du matin,
fidèle ami, Arthur mon ami de certitude,
laisse-nous chuchoter l'invisible :
«Nous partirons seuls, loin
Pendant que nos parents dorment
Nous prendrons le chemin
Nous prendrons notre enfance
Un peu d'eau et de pain
Et beaucoup d'espérance.»
- Félix Leclerc
Nous partirons dans la joie
avec celle qui danse,
portant radios dans nos bras
comme cerfs-volants de remembrance.
________________________________
Radiohead - Exit Music
«Wake... from your sleep
The drying of your tears
Today.. we escape
We escape.
Pack and get dressed
Before your father hears us
Before.. all hell.. breaks loose.
Breathe... keep breathing
Don't lose.. your nerve.
Breathe... keep breathing
I can't do this.. alone.
Sing us a song
A song to keep us warm
There's such a chill
Such a CHILL.
You can laugh
A spineless laugh
We hope your rules and wisdom choke you
Now we are one
In everlasting peace
We hope that you choke.. that you choke
We hope that you choke.. that you choke
We hope that you choke.. that you choke»
à The Swamp's Song.
Il pleut, c'est grisonnant
J'ouvre la radio et Piaf!
Mon Dieu. Non. C'est Catherine
qui ne s'esclaffe pas
Et voici d'autres mots qui coulent
abondamment
dans nos réserves
http://fr.youtube.com/watch?v=L090ldiVfBk&feature=related
Plus loin, en noir et blanc
on ne le voit pas
mais ce sera Demain Zigzag
au-delà de la dam
avec plans et voeux de nègres
en filigrane,
un espoir de tam-tams,
une espèce de couleur
pour le creux de nos mains
Ses doigts posés sur le piano
seront comme une brad
de stupéfiants millénaires,
douce pluie qui s'infiltre
sous la porte des vers
de toutes les chambres
de l'Hôtel des Poètes,
en Aix-En-Provence
Au bout de notre âge
nous aurons pastiché
tous les murs du mois de mai,
nous sortirons ensemble
Par la fenêtre, côté jardin, on aperçoit
une fontaine, puis une fille,
un écriteau posé pieds nus dans l'aube;
le pluie cesse à ce moment précis;
je vois son épaule frêle
et c'est le clair à lire comme arc-en-ciel
dans notre cher Complot du matin,
fidèle ami, Arthur mon ami de certitude,
laisse-nous chuchoter l'invisible :
«Nous partirons seuls, loin
Pendant que nos parents dorment
Nous prendrons le chemin
Nous prendrons notre enfance
Un peu d'eau et de pain
Et beaucoup d'espérance.»
- Félix Leclerc
Nous partirons dans la joie
avec celle qui danse,
portant radios dans nos bras
comme cerfs-volants de remembrance.
________________________________
Radiohead - Exit Music
«Wake... from your sleep
The drying of your tears
Today.. we escape
We escape.
Pack and get dressed
Before your father hears us
Before.. all hell.. breaks loose.
Breathe... keep breathing
Don't lose.. your nerve.
Breathe... keep breathing
I can't do this.. alone.
Sing us a song
A song to keep us warm
There's such a chill
Such a CHILL.
You can laugh
A spineless laugh
We hope your rules and wisdom choke you
Now we are one
In everlasting peace
We hope that you choke.. that you choke
We hope that you choke.. that you choke
We hope that you choke.. that you choke»
03 août 2008
Les folies sont finies
Pour une fois, j'aurai goûté un peu aux FrancoFolies qui s'achèvent cette nuit. En sus de Mutantès, voici quelques notes de parcours.
Vu : Philippe B. le taxidermiste, qui est dans mon radar depuis deux ou trois ans. Il fait partie de la bande à Pierre Lapointe, cet essaim de créateurs qui lancent en parallèle leurs propre filets. J'aime la simplicité et la véracité de ce chansonnier-musicien hors pair, oui très capable de vous payer la traite à la guitare. On dirait un chum qui raconte ses histoires de voyage, d'amour... Aucune dissonance entre le gars à barniques sur la scène et celui qu'on imagine dans la vie réelle. À la fois très américain au sens pluriel du terme, au sens de la route dans le corps et des conifères mur à mur, troubadour descendu de l'Abitibi et aimant retrouver la ville, la radio qui capte «la voix des animaux d'Amérique», mais en même temps très préoccupé par l'univers, la chute des corps, le chant des planètes... J'ai nommé Philippe Bergeron qui n'écrit pas ses chansons en vers, mais en tirets, je n'ai jamais vu cela nulle part. J'adore sa Chelsea mon
Vu : Philippe B. le taxidermiste, qui est dans mon radar depuis deux ou trois ans. Il fait partie de la bande à Pierre Lapointe, cet essaim de créateurs qui lancent en parallèle leurs propre filets. J'aime la simplicité et la véracité de ce chansonnier-musicien hors pair, oui très capable de vous payer la traite à la guitare. On dirait un chum qui raconte ses histoires de voyage, d'amour... Aucune dissonance entre le gars à barniques sur la scène et celui qu'on imagine dans la vie réelle. À la fois très américain au sens pluriel du terme, au sens de la route dans le corps et des conifères mur à mur, troubadour descendu de l'Abitibi et aimant retrouver la ville, la radio qui capte «la voix des animaux d'Amérique», mais en même temps très préoccupé par l'univers, la chute des corps, le chant des planètes... J'ai nommé Philippe Bergeron qui n'écrit pas ses chansons en vers, mais en tirets, je n'ai jamais vu cela nulle part. J'adore sa Chelsea mon
amour : «Je marche et toi tu cours - Je dors et toi tu rêves - Et on s'aime chacun son tour». Mais la plus belle à mon avis, c'est Les prisonniers du lac Dufault, un bijou suave qui se trouve sur son premier CD.
Photo : jd.
Photo : jd.Vu : Yves Desrosiers. Le tricoté intense avec ses Chansons indociles. Je suis très content d'avoir assisté à «son tour de chant». Je l'avais vu déjà dans un court extrait au Lion d'Or avec Mon oncl' Serge : les deux avaient littéralement allumé les planches. L'homme derrière Lhasa et Kanasuta, le collaborateur de Leloup et j'en passe, est l'un des meilleurs guitaristes en ville. Son univers est dramatique avec des roches dans les souliers et des tessons de bouteilles fantômes sur le bord de la route, mais avec par-dessus tout cela une écriture poignante qui éclaire dans la nuit. Ce qui rend particulièrement efficace les protest song russes qu'il reprend de Vladimir Vissotski. Mais «peut-être demain sera le plus fort, ne parlons plus, cachons-nous dans les ports... peut-être demain respirera les chagrins», chante-t-il dans la magnifique intitulée Les métaux noirs. Dans ses inflexions (cf. Circus), la voix emprunte à la fois à Renaud (en plus juste) et à Pierre Flyn pour l'insistance dans les fins de phrases. Ses mélodies sont riches et font de la place au contenu poétique des chansons. Entre autres, l'as accordéonniste Dumoutier l'accompagne. Parmi le public, non loin de moi, se trouvaient deux jeunes hommes d'environ 20 ans, des jumeaux identiques, en pantacourts gris, t-shirt blancs, tous deux les cheveux longs attachés en queue de cheval... Ces deux frères étaient splendidement souriant malgré les gouttelettes de pluie et en constante bonne entente entre eux. Ça se voyait. Mais le plus remarquable est qu'ils chantaient les paroles de plusieurs des chansons de Desrosiers. Cela démontre que Desrosiers peut compter sur un public prêt à le suivre.

Entrevu : Bonjour Brumaire; j'ai aimé sans comprendre la chanson L'insouciance ne s'improvise pas inspirée par Pierre Lapointe. Toutefois, Prunelle est plus indie et incendie.
Entrevu : Danny Placard; j'ai aimé le style direct et rugueux des chansons qui atterrissent tout de go dans l'âme.
Entraperçu : Dumas, au sortir du spectacle de Pierre Lapointe; j'ai entendu les deux dernières tounes très hip de son spectacle aux guitares survoltées.

Entrevu : Bonjour Brumaire; j'ai aimé sans comprendre la chanson L'insouciance ne s'improvise pas inspirée par Pierre Lapointe. Toutefois, Prunelle est plus indie et incendie.
Entrevu : Danny Placard; j'ai aimé le style direct et rugueux des chansons qui atterrissent tout de go dans l'âme.
Entraperçu : Dumas, au sortir du spectacle de Pierre Lapointe; j'ai entendu les deux dernières tounes très hip de son spectacle aux guitares survoltées.
Tour de chant
TOUR DE CHANT
(Effacer mes traces maintenant)
Il y avait de la buée
qui enveloppe tout,
un drôle d'esprit,
comme un effet de scène,
une distanciation rock'n'roll...
Le soir, assez tard,
- c’était obligatoire -,
de la chède à la grange,
n'avait plus de sang sur le coeur
quand il fallait se rendre, seul,
nettoyer la peur.
Vapeur haleine
s'échappant de la crèche
qui contrecarre, mais à peine,
le plan du frimas
en voie de gourer les vitres
à l'extérieur
et puis l'odeur qui imprègne tout
jusqu'aux caleçons
L'humeur
la nonchalance
les idées fixes
la vraie belle chaleur humide des bêtes
contre laquelle on aimerait dormir
La naïveté des yeux de vaches
qui vaguent et croient au ciel
ou bien songent à la liberté des cloches
dans un grand pré vert,
en plein hiver...
Et puis le goût de jouer!
Principe jeunesse qui crée l'évasion
entre les travaux et les jours
Imaginaire carrousel bleu
pour les invités vêtus de peaux
Alors, alors Tit-Gars, Tit-Coq,
Alors veaux, vaches, cochons, bougresses...
Comme sur les Plaines,
Aimez,
Aimez-vous?
Aimez-vous ma cruche de musique et de rêves?
Le public applaudit avec ses paupières
comme dans les livres de Félix Leclerc.
Il se brasse toujours des miracles,
de la gouache et des queues
dans les étables!
La routine y est montgolfière
L'enfant se disait :
"Moi, Ch. Ch..."
Petites mains nues de vanille
qui ont tâté de l'origine,
puis aussi de la nicotine
pour faire tinter l'homme en soi;
à présent, elles épandent de la paille
sous les ventres cousus de poux
le froc est grouillant de prières
les bas de laine gris bleu coulent
au fond des bottes
Sa petite tête racole les succès de l'heure :
Inch'Allah! Inch'Allah!
C'est toujours de la même manière
que s'achève la cérémonie :
le servant accroche au clou
la pelle et ses crissements;
range la fourche, ferme la chantepleure,
crache au passage dans le dalot...
Quand le ciment du plancher
était inspecté à la loupe
Quand les billes pacageaient
dans les allées en sonnaille
Quand l'atmosphère de bourgade,
petit lait de l'ennui rude,
était drabe à manger du foin!
Quand le réel craqué
se mâchouillait sur la balance
Quand c'était l'heure
de parler pour l'air du temps,
de chanter fort!
Pour enterrer les ténèbres.
Pour dissuader la face des revenants!
Sous la lumière blafarde,
les bêtes tricotées serrées
sont heureuses
et remplies de chagrin
avec un réveillon clandestin,
de l'eau à volonté,
un brin de douceur et de déjà-vu,
elles bavassent entre voisines
des pique-assiettes
elles flottent parmi l'inconscient
et l'avoine moulue
chacun, chacune, est à sa place;
pas de vêlage surprise,
pas de free for al!.
Or, il fallait bien aussi
revenir à la maison!
retraverser la cour
en prenant
la noirceur par les cornes...
Marcher à nouveau
comme un brave
dans la neige qui rote,
accompagné, ouf!
par un chien de brocante.
Ronde de nuit à la campagne
en pleine Révolution tranquille!
Quand le silence se rapportait
comme un sac de perdrix,
avec de l'ombre sur la poitrine
toile d'araignée, poussière d'or,
écho qui jappe!
de bosquets en clôtures...
Maudite marde!
Les voici donc encore
les grandes gueules de l'orchestre à relais
des Gardiens du Rang,
avec leurs hosties de solos d'enfer
qui défrisent la lune
jusqu'à la rivière Noire...
«CE N’EST PAS UN BRACONNIER!!
C'est juste MOÉ!»
N'avait pas de sous dans les poches
quand il claquait la porte de ses shows,
quand il clouait le bec aux fantômes,
quand les poules Bendées
jouquées, réveillées!
criaient : DÉSESPOIR!
Quand les nuages
copiaient leurs devoirs...
Parfois... Parfois...
Non!!! Efface ça!
N'aurait jamais pu se douter
être au coeur d'une oeuvre au noir
dans le pays où l'on forge sans le savoir!
Jusqu'au dernier fil du rêve éveillé,
jusqu'au sommet de la gloire,
il pouvait se capuchonner
en toute invraisemblance
Chanteur engagé
comme un homme engagé...
Mais juste avant de repasser
à travers le miroir,
tenant un glaçon arraché à la corniche de la grange
en guise de micro dans la main droite,
il imitait, à hue et à dia, et en roulant les r,
l'annonceur étoile qui frétille : "... Ho! Yé! BBABABALA!
... en PREMIÈRE position au palmarès CETTE semaine :
«Moi, Ch. Ch., douze ans,
petit fermier, prostitué
du Moyen-Age».
Ce texte a été lu par Michel Garneau aux Décrocheurs d'étoiles, Radio-Canada, le 14/11/1997
(Effacer mes traces maintenant)
Il y avait de la buée
qui enveloppe tout,
un drôle d'esprit,
comme un effet de scène,
une distanciation rock'n'roll...
Le soir, assez tard,
- c’était obligatoire -,
de la chède à la grange,
n'avait plus de sang sur le coeur
quand il fallait se rendre, seul,
nettoyer la peur.
Vapeur haleine
s'échappant de la crèche
qui contrecarre, mais à peine,
le plan du frimas
en voie de gourer les vitres
à l'extérieur
et puis l'odeur qui imprègne tout
jusqu'aux caleçons
L'humeur
la nonchalance
les idées fixes
la vraie belle chaleur humide des bêtes
contre laquelle on aimerait dormir
La naïveté des yeux de vaches
qui vaguent et croient au ciel
ou bien songent à la liberté des cloches
dans un grand pré vert,
en plein hiver...
Et puis le goût de jouer!
Principe jeunesse qui crée l'évasion
entre les travaux et les jours
Imaginaire carrousel bleu
pour les invités vêtus de peaux
Alors, alors Tit-Gars, Tit-Coq,
Alors veaux, vaches, cochons, bougresses...
Comme sur les Plaines,
Aimez,
Aimez-vous?
Aimez-vous ma cruche de musique et de rêves?
Le public applaudit avec ses paupières
comme dans les livres de Félix Leclerc.
Il se brasse toujours des miracles,
de la gouache et des queues
dans les étables!
La routine y est montgolfière
L'enfant se disait :
"Moi, Ch. Ch..."
Petites mains nues de vanille
qui ont tâté de l'origine,
puis aussi de la nicotine
pour faire tinter l'homme en soi;
à présent, elles épandent de la paille
sous les ventres cousus de poux
le froc est grouillant de prières
les bas de laine gris bleu coulent
au fond des bottes
Sa petite tête racole les succès de l'heure :
Inch'Allah! Inch'Allah!
C'est toujours de la même manière
que s'achève la cérémonie :
le servant accroche au clou
la pelle et ses crissements;
range la fourche, ferme la chantepleure,
crache au passage dans le dalot...
Quand le ciment du plancher
était inspecté à la loupe
Quand les billes pacageaient
dans les allées en sonnaille
Quand l'atmosphère de bourgade,
petit lait de l'ennui rude,
était drabe à manger du foin!
Quand le réel craqué
se mâchouillait sur la balance
Quand c'était l'heure
de parler pour l'air du temps,
de chanter fort!
Pour enterrer les ténèbres.
Pour dissuader la face des revenants!
Sous la lumière blafarde,
les bêtes tricotées serrées
sont heureuses
et remplies de chagrin
avec un réveillon clandestin,
de l'eau à volonté,
un brin de douceur et de déjà-vu,
elles bavassent entre voisines
des pique-assiettes
elles flottent parmi l'inconscient
et l'avoine moulue
chacun, chacune, est à sa place;
pas de vêlage surprise,
pas de free for al!.
Or, il fallait bien aussi
revenir à la maison!
retraverser la cour
en prenant
la noirceur par les cornes...
Marcher à nouveau
comme un brave
dans la neige qui rote,
accompagné, ouf!
par un chien de brocante.
Ronde de nuit à la campagne
en pleine Révolution tranquille!
Quand le silence se rapportait
comme un sac de perdrix,
avec de l'ombre sur la poitrine
toile d'araignée, poussière d'or,
écho qui jappe!
de bosquets en clôtures...
Maudite marde!
Les voici donc encore
les grandes gueules de l'orchestre à relais
des Gardiens du Rang,
avec leurs hosties de solos d'enfer
qui défrisent la lune
jusqu'à la rivière Noire...
«CE N’EST PAS UN BRACONNIER!!
C'est juste MOÉ!»
N'avait pas de sous dans les poches
quand il claquait la porte de ses shows,
quand il clouait le bec aux fantômes,
quand les poules Bendées
jouquées, réveillées!
criaient : DÉSESPOIR!
Quand les nuages
copiaient leurs devoirs...
Parfois... Parfois...
Non!!! Efface ça!
N'aurait jamais pu se douter
être au coeur d'une oeuvre au noir
dans le pays où l'on forge sans le savoir!
Jusqu'au dernier fil du rêve éveillé,
jusqu'au sommet de la gloire,
il pouvait se capuchonner
en toute invraisemblance
Chanteur engagé
comme un homme engagé...
Mais juste avant de repasser
à travers le miroir,
tenant un glaçon arraché à la corniche de la grange
en guise de micro dans la main droite,
il imitait, à hue et à dia, et en roulant les r,
l'annonceur étoile qui frétille : "... Ho! Yé! BBABABALA!
... en PREMIÈRE position au palmarès CETTE semaine :
«Moi, Ch. Ch., douze ans,
petit fermier, prostitué
du Moyen-Age».
Ce texte a été lu par Michel Garneau aux Décrocheurs d'étoiles, Radio-Canada, le 14/11/1997
02 août 2008
Mon coeur est comme un train
La radio faisait tirer un disque. Il fallait répondre le premier. Ce n'était pas difficile à deviner : aux premières gouttes des premiers accords, je reconnaissais la chanson qui m'électrisait jusqu'au bout des orteils! Mais fallait être vif comme un petit suisse pour sauter sur le téléphone à cornet et à manivelle, peser sur le bouton noir, à droite, réveiller la standardiste, communiquer le numéro pour enfin rejoindre Jean Malo, l'animateur vedette de fin d'après-midi à CHEF, le poste local de la Princesse des Cantons-de-l'Est!
J'ai dû faire mon coup sur l'heure du train où il n'y avait personne dans la maison. Toujours est-il que j'ai gagné!
Sauf erreur, il s'agissait de la toujours trippante I want to hold your hand. J'avais 10 ans. Je pense qu'il fallait simplement dire le mot magique, pas si connu à l'époque : Beatles!
À la première occasion où mon père eut affaire à la coopérative agricole de Granby, je me rendis rue Principale avec lui pour chercher mon prix au Studio de musique André. Le vendeur qui n'était pas jeune, sans doute le propriétaire, fit une remarque à mon sujet que je n'ai saisie qu'à moitié et cela m'intimida. En réponse, mon père semblait d'accord pour dire que j'étais assez déluré côté musique.
Le monsieur m'indiqua les bacs parmi lesquels je pouvais choisir. C'était les rayons bas de gamme, avec les compilations et les disques restés sur le carreau. Cheaperesse ce commanditaire qui visait sans doute à appâter le «gagnant» pour qu'il débourse quelques piastres de plus... Je ne disposais pas de cette autonomie. Toujours est-il que je ne prendrais pas les Beatles. Je ne sais même pas si de toute façon j'aurais osé...
Je me contentai des Grands Succès de l'heure, Vol. 3, avec, entre autres, Annie Cordy (Tu m'as voulu) et la version de Dick Rivers de Blue Bayou (Tu n'es plus là), chantée par une femme...
À la même époque, je m'étais débrouillé pour écrire à Renée Martel. On pouvait la voir chanter hebdomadairement avec l'orchestre de son père à CHLT-TV, le canal 7 de Sherbrooke. Elle venait d'enregistrer son premier 45 tours (C'est toi mon idole / Parle mon cœur) sur étiquette Météor. Et elle était mon amour, ma cousine Lise en deuxième position.
C'est arrivé à midi moins le quart dans la boîte aux lettres. Un paquet. À mon nom. Une photo en noir et blanc autographiée par Renée qui était coiffée avec des boudins sur un côté, tombant sur ses épaules, à l'avant. On voyait bien que ses cheveux sont blonds comme des blés. Elle me sembla plus jeune qu'à la télé. Elle portait une blouse blanche et un jumper style carreaux écossais. Elle souriait, timide, comme elle sourit tout le temps avec ses yeux beaux comme la mer que je n'ai alors jamais vue de ma sainte vie. Il y avait ma carte de membre de son fan-club et le 45 tours!
Emportant avec moi le petit tourne-disques dans son boîtier de bois brun foncé,

j'ai traversé la cour et je l'ai installé, branché dans l'étable, vide, puisque c'était l'été. Et là, j'ai écouté mon disque... Mon rêve éveillé, c'était la certitude de faire jouer un orchestre d'étoiles dans une grande salle de danse pleine à craquer. Avec Renée Martel!
Ce que je trouve de plus chouette, c'est que mon père me laissait faire tous ces jeux d'enfant plutôt seul à la campagne. Je repense toujours à cela en mesurant la chance que j'ai eue de jouir d'une grande plage de liberté pour créer tous les rôles qui me passaient par la tête. Bien sûr que j'étais gâté.
Entre Renée Martel et les Beatles, il y a un lien puisque Renée a interprété une chanson de McCartney (je ne repère pas laquelle pour le moment). Tout comme il y a dans mon histoire d'auditeur un lien entre le père de Renée, Marcel Martel, si présent à la maison quand j'étais jeune - j'avais reçu en cadeau de ma grande sœur un disque de Noël de lui avec sa femme Noëlla Therrien -, et mon admiration sans bornes pour Bob Dylan. C'est que nous sommes, de loin en loin, dans des filons et les fibres des chansons du cœur.
Cela donne des amours qui ne veulent pas mourir, ou, pour le dire autrement à la manière de Val-d'Or : «Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours...»
Sauf que... c'est un toujours différé; le train file, défie le temps, les mines s'épuisent, les liens continuent à se nouer alors que d'autres se dénudent, s'effilochent et cassent. Comme un paysage traversé. Avec passion. Mon cœur est comme un train, chantait Marcel Martel...
Renée Martel chante encore superbement aujourd'hui. Elle chante mieux qu'avant selon Daniel Bélanger. Elle fera le Théâtre Maisonneuve en novembre prochain et je m'en veux de ne l'apprendre que maintenant : tous les billets doivent être déjà vendus.

Sur son récent CD, L'héritage, elle fait même un duo inattendu avec Desjardins dans cette lettre-chanson intitulée : À un coeur de cristal. Ça, c'est le plus beau cadeau de l'année. C'est plus fort, plus humain, c'est masculin-féminin, c'est un grand coup de Desjardins, mieux encore que Quand j'aime une fois...
Et alors, elle et il ne chantent plus l'éternité pour la vitrine des émotions. Constat du vide, plainte, regret, délicatesse, oui, mais le regard vole ailleurs avec les ailes de l'irrévérence d'un vrai beau blues country, avec les grafignures de notre siècle et les leçons qu'il faut tirer de ces amours qui meurent parfois, déboulent comme une cordée de bois, cela n'étant pas une question de volonté, mais de rivière, de vie, de jadis et d'autrefois...
Ce qui est éternel, c'est plutôt le mouvement, disait M. Héraclite, et le retour des saisons, qui ne sont jamais tout à fait de la même eau, laisse cependant en nous le goût toujours vif du printemps et celui d'écrire ou d'écouter des chansons d'amour.
C'est là le premier rôle, la première mission du poète, disait un jour le même Desjardins dans une conférence à la Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie.
Toutes ces chansons, ce sont ma vie!
Qu'on m'enterre dans un juke-boxe et je serai parti!
Hey you! Honey, petite Madone,
I want to hold your hand!
J'ai dû faire mon coup sur l'heure du train où il n'y avait personne dans la maison. Toujours est-il que j'ai gagné!
Sauf erreur, il s'agissait de la toujours trippante I want to hold your hand. J'avais 10 ans. Je pense qu'il fallait simplement dire le mot magique, pas si connu à l'époque : Beatles!
À la première occasion où mon père eut affaire à la coopérative agricole de Granby, je me rendis rue Principale avec lui pour chercher mon prix au Studio de musique André. Le vendeur qui n'était pas jeune, sans doute le propriétaire, fit une remarque à mon sujet que je n'ai saisie qu'à moitié et cela m'intimida. En réponse, mon père semblait d'accord pour dire que j'étais assez déluré côté musique.
Le monsieur m'indiqua les bacs parmi lesquels je pouvais choisir. C'était les rayons bas de gamme, avec les compilations et les disques restés sur le carreau. Cheaperesse ce commanditaire qui visait sans doute à appâter le «gagnant» pour qu'il débourse quelques piastres de plus... Je ne disposais pas de cette autonomie. Toujours est-il que je ne prendrais pas les Beatles. Je ne sais même pas si de toute façon j'aurais osé...
Je me contentai des Grands Succès de l'heure, Vol. 3, avec, entre autres, Annie Cordy (Tu m'as voulu) et la version de Dick Rivers de Blue Bayou (Tu n'es plus là), chantée par une femme...À la même époque, je m'étais débrouillé pour écrire à Renée Martel. On pouvait la voir chanter hebdomadairement avec l'orchestre de son père à CHLT-TV, le canal 7 de Sherbrooke. Elle venait d'enregistrer son premier 45 tours (C'est toi mon idole / Parle mon cœur) sur étiquette Météor. Et elle était mon amour, ma cousine Lise en deuxième position.
C'est arrivé à midi moins le quart dans la boîte aux lettres. Un paquet. À mon nom. Une photo en noir et blanc autographiée par Renée qui était coiffée avec des boudins sur un côté, tombant sur ses épaules, à l'avant. On voyait bien que ses cheveux sont blonds comme des blés. Elle me sembla plus jeune qu'à la télé. Elle portait une blouse blanche et un jumper style carreaux écossais. Elle souriait, timide, comme elle sourit tout le temps avec ses yeux beaux comme la mer que je n'ai alors jamais vue de ma sainte vie. Il y avait ma carte de membre de son fan-club et le 45 tours!
Emportant avec moi le petit tourne-disques dans son boîtier de bois brun foncé,

j'ai traversé la cour et je l'ai installé, branché dans l'étable, vide, puisque c'était l'été. Et là, j'ai écouté mon disque... Mon rêve éveillé, c'était la certitude de faire jouer un orchestre d'étoiles dans une grande salle de danse pleine à craquer. Avec Renée Martel!
Ce que je trouve de plus chouette, c'est que mon père me laissait faire tous ces jeux d'enfant plutôt seul à la campagne. Je repense toujours à cela en mesurant la chance que j'ai eue de jouir d'une grande plage de liberté pour créer tous les rôles qui me passaient par la tête. Bien sûr que j'étais gâté.
***
Entre Renée Martel et les Beatles, il y a un lien puisque Renée a interprété une chanson de McCartney (je ne repère pas laquelle pour le moment). Tout comme il y a dans mon histoire d'auditeur un lien entre le père de Renée, Marcel Martel, si présent à la maison quand j'étais jeune - j'avais reçu en cadeau de ma grande sœur un disque de Noël de lui avec sa femme Noëlla Therrien -, et mon admiration sans bornes pour Bob Dylan. C'est que nous sommes, de loin en loin, dans des filons et les fibres des chansons du cœur.
Cela donne des amours qui ne veulent pas mourir, ou, pour le dire autrement à la manière de Val-d'Or : «Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours...»
Sauf que... c'est un toujours différé; le train file, défie le temps, les mines s'épuisent, les liens continuent à se nouer alors que d'autres se dénudent, s'effilochent et cassent. Comme un paysage traversé. Avec passion. Mon cœur est comme un train, chantait Marcel Martel...
Renée Martel chante encore superbement aujourd'hui. Elle chante mieux qu'avant selon Daniel Bélanger. Elle fera le Théâtre Maisonneuve en novembre prochain et je m'en veux de ne l'apprendre que maintenant : tous les billets doivent être déjà vendus.

Sur son récent CD, L'héritage, elle fait même un duo inattendu avec Desjardins dans cette lettre-chanson intitulée : À un coeur de cristal. Ça, c'est le plus beau cadeau de l'année. C'est plus fort, plus humain, c'est masculin-féminin, c'est un grand coup de Desjardins, mieux encore que Quand j'aime une fois...
J'veux pas t'faire de peine
Je sais que t'as un cœur de cristal
Faut que je te dise quand même
Je veux que tu t'en ailles
Je sais que t'as un cœur de cristal
Faut que je te dise quand même
Je veux que tu t'en ailles
Et alors, elle et il ne chantent plus l'éternité pour la vitrine des émotions. Constat du vide, plainte, regret, délicatesse, oui, mais le regard vole ailleurs avec les ailes de l'irrévérence d'un vrai beau blues country, avec les grafignures de notre siècle et les leçons qu'il faut tirer de ces amours qui meurent parfois, déboulent comme une cordée de bois, cela n'étant pas une question de volonté, mais de rivière, de vie, de jadis et d'autrefois...
Ce qui est éternel, c'est plutôt le mouvement, disait M. Héraclite, et le retour des saisons, qui ne sont jamais tout à fait de la même eau, laisse cependant en nous le goût toujours vif du printemps et celui d'écrire ou d'écouter des chansons d'amour.
C'est là le premier rôle, la première mission du poète, disait un jour le même Desjardins dans une conférence à la Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie.
Toutes ces chansons, ce sont ma vie!
Qu'on m'enterre dans un juke-boxe et je serai parti!
Hey you! Honey, petite Madone,
I want to hold your hand!
Mutantès : audace, beauté, tristesse...
Ce n'est certes pas une petite allumette qui va s'éteindre dans la seconde qui suit, dans l'oubli. Ayant vu Mutantès, on se dit qu'il conviendra bientôt de refaire la généalogie des arts de la scène d'ici à partir de cette solide interprétation de la «volonté de puissance» et du devenir soi, lignes d'horizon blessées, rejouées ici avec audace en brassant les cartes du cœur dans l'éclat de cette «étrange fusion des frères».
Après la Dufresne, en effet, Brossard-Tremblay, Lepage, Maheu, Lock, Charlebois, Desjardins de Kanasuta, le Cirque du Soleil, Plamondon, Céline, Arcade Fire, après tout ce foisonnement artistique divers et impressionnant, Mutantès, œuvre farouchement collective, fait une saillie dans l'imaginaire et le showbizz québécois en sera marqué d'une pierre blanche, d'un Pierre Lapointe.
La critique de Marie-Christine Blais - La Presse
La critique de Sylvain Cormier - Le Devoir
Bio artistique de Lapointe
Après la Dufresne, en effet, Brossard-Tremblay, Lepage, Maheu, Lock, Charlebois, Desjardins de Kanasuta, le Cirque du Soleil, Plamondon, Céline, Arcade Fire, après tout ce foisonnement artistique divers et impressionnant, Mutantès, œuvre farouchement collective, fait une saillie dans l'imaginaire et le showbizz québécois en sera marqué d'une pierre blanche, d'un Pierre Lapointe.
- Pierre Lapointe,auteur-compositeur-interprète, concepteur du projet
- Caude Poissant, metteur en scène
- Philippe Brault, chef de projet aux arrangements musicaux
- Geneviève Lizotte, scénographie
- Martin Labrecque, concepteur des éclairages
- Marie‑Chantale Vaillancourt, conception des costumes
- Frédérick Gravel, chorégraphe
- Pascal Grandmaison, photographe-vidéaste (promotion visuelle)
- Studio Feed, graphisme (promotion visuelle).
La critique de Marie-Christine Blais - La Presse
La critique de Sylvain Cormier - Le Devoir
Bio artistique de Lapointe
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