20 octobre 2012

16 octobre 2012

Coeur de Catherine


Photo Jacques Desmarais


« Y a longtemps qu'on fait d' la politique
Vingt ans de guerre contre les moustiques »

Suis allé prendre un pot avec l'ami Johnny au  Brasseur de Montréal à Griffintown. J. et moi parlons sans fin de politique. Au retour, pris de grands bols d'air sur la Catherine d'ouest en est. Même après plus de trente ans de vie montréalaise, la Catherine, de préférence d'ouest en est, c'est tout un trip! En vrac et en très condensé : langues diverses au bec des fumeurs qui flânent; promeneurs et promeneuses du mardi soir détendus; impressionnant le plafond des Ailes de la mode où je suis arrêté tirer une pisse; zieuté par la vitrine le gala du 40e d'Aldo; les employés des commerces ferment leur shop, passent la vadrouille; dans le haut d'un studio de dance, des filles roulent des épaules; me suis fait offert des billets scalpés d'Alanis Morrissette; vu un couple, lui en chemise carreautée rouge, monter l'escalier de l'Hôtel l'Abri du Voyageur... C'est plus intime dépassé les Foufounes, la rue est tamisée, c'est plus théâtral; la murale du TNM inaugurée aujourd'hui est dans l'ombre, mais ô si bellement lettrée blanche... À 21 h, les fourmis de l'UQAM ont le pas décidé. Un gars dit à l'autre : « Des Américains en visite en fin de semaine... Y me demandent le nom de bons restaurants, où sortir... La fille me dit : You look like an artist? Aren't you? Haha! Non... J'aimerais ben trop ça... Une hostie d'carré rouge!!! ».



Le cœur de cette ville bat fort. Fucke la mafia!

Baltimore Fire


It was on a silver falls by a narrow
That I heard the cry I ever will remember
The fire set and cast its burning ember
On another fated city of our land
Fire fire I heard the cry
From every breeze that passes by
All the world was one sad cry of pity
Strong men in anguish prayed
Calling out to the heavens for aid
While the fire in ruins was laid
Fair Baltimore the beautiful city
Amid an awful struggle and commotion
The wind blew a gale from the ocean
Brave firemen struggled with devotion
But their efforts all proved in vain
Fire fire I heard the cry
From every breeze that passes by
All the world was one sad cry of pity
Strong men in anguish prayed
Calling out to the heavens for aid
While the fire in ruins was laid
Fair Baltimore the beautiful city

Anna & Kate McGarrigles

15 octobre 2012

Feuille qui valse, qui ne veut pas mourir!


Chemin faisant dans un sentier presque secret à Sainte-Anne-des-Lacs, moment magique capté sur le vif. Vrai!

Vidéo : Jo.


14 octobre 2012

11 octobre 2012

Les armes du doux Shawn Cotton


Photo Jacques Desmarais.
Malgré le brassage « de cannettes vides traînant au fond du coeur », c'est un doux joueur avec des empreintes de coccinelles encore proches de l'enfance, Shawn Cotton, qui lançait le 11 octobre au Port de tête Les armes à penser (l'Oie de Cravan, 59 pages, 2012).  Sur la route des mots glanés dans le métro au retour, ce qui est bien court et à brûle pour point, quand même allures de pelletées brutes de signaux pour les survoyants du casse-tête animal-désastre-naufrage qui rentre par les yeux comme charbon, mais conscience de l'infini, mais remise au jeu pour les plus que frères, passeurs de nuits blanches - « je bois avec mes amis depuis si longtemps ».  Puis, souventes fois sur la page revient le mot sein comme lumière intime de la belle primordiale, cymbale, strophe de vie. Vie d'ange avec plusieurs tours dans son havre sacre. 

Photo Jacques Desmarais. Mykalle Bielinski, Shawn.
Parmi nous.

C'est pour moi! Santé!


Photos Jacques Desmarais.

09 octobre 2012

L'automne crève les yeux de loin


Decà, delà,
le sevrage, dirait Verlaine,
dans les coulisses
des longs violons qui sanglottent
malgré le fouillis lumineux
jaune, orange, pourpre,

bien avant le croquefort
du grand fret,
fruits et insectes
sortent de scène

et mon merle
a perdu son bec

bye bye éperviers, épervières
cerfs-volants et virgule solaire

gélinottes marines d'automne,
parulines aux chants sucrés,

canards canards fouillés
canard en v
canard colvert,
bernache décolletée,
fuligule à collier,
canard branchu,
grand harle,
macreuse brune,
canard pilet,
canard cafard
harel de Kakawi,
petit garot

canards calvaire

grosse parade dans les nuages

tous ces voyageurs ailés
sont vont jonglant
au diable vauvert

ils auront soif dans leur sang

et puis quoi faire avec les crapauds leclerc
et les araignées mageures
cachées au fin fond des bois
du rossignolet?

parmi toute la vrillance des sauvagines,
dans les grands reflux des ciels couverts
au-dessus des épinettes noires
petite pensée claire
émigrante underground
de la grosseur d'une tête d'épingle
pour les sweltes et impognables
libellules vertes, rouges, brunes?

frèles friandises
aux prouesses interdites,
migratrices
aux ailes jointes
transparentes nervures
frites à l'air
passées à l'eau

demoiselles élégantes
aux reflets métalliques
qui flirtent
jusqu'à l'éclatement
des quenouilles
des marais

mais s'ennuient-elles les dimanches au soir?

elles partiront aussi
comme en nuées de martiennes
avant la fin du bail
à travers bouleaux jolis
et papa l'ours
et les feuilles nourricières
en vol fatal,

guidées par les étoiles
avant la tombée
de la neige

elles disperseront
lumières nouvelles
sur le train bleu
du vent

de Chicago
jusqu'à la belle Louisiane

jusque sous les pattes
des aigrettes blanches

en ces bayous
de mystères
impardonnables

elles s'en vont
ramasser l'avenir.







Poèmes canibales à Bruxelle

Dans la série « Les poèmes cannibales tout le tour de la terre », il fallait bien qu'un bon jour la réalité dépasse la fiction.  C'est à Bruxelle que c'est arrivé et c'est là qu'attendait, souriant, le lutin d'Amélie Poulin.  Inouï! Incroyable! Mais vrai!

Photo collection Geneviève Arcand.