18 avril 2014

Soleil en sol

J'en appelle aux guitares espagnoles,
aux croûtes de peinture décrochées du soleil,
aux anges qui tremblent
comme feuilles de bouleau,
à la comédienne qui claque comme un drapeau.
Je suis pauvre poudrier, simple camaraman
S'il-vous-plaît, n'abandonnez pas votre ouvrage!

Microsillons


Le bonheur, un p'tit rien pantoute
Les deux pieds dans mon jardin,
J’ai la tête comme une cabane d’oiseaux
Ça entre
Ça sort...
Et pis rien d’autre!

13 avril 2014

Né rude

Il faut beaucoup d’esprit
pour faire une entrée en matière
l’inverse est tout aussi nécessaire
l’un dira aimer la pierre
le cœur le feu arrêté là
moi c’est l’oiseau fourmilier
qui picosse le bout de la nuit
pourtant si éphémère
celui qu’on ne voit pas
construire son nid
avoir des petits
et faire passer le jour surprenant
dans le menu grouillement
de sa faim millénaire.

28 mars 2014

Demain, aujourd'hui encore l'hiver!

Voir rejaillir des toits « comme des glaçons de bonbons clairs »? Profitons-en! On ne reverra pas ça avant huit-neuf mois, le temps que l'explosion de fleurs passagères advienne...
 
Photo j.d., Ste-Anne-des-Lacs, 23 mars 2014.


23 mars 2014

Le goût très fort d'aller au Chili


Sur le chemin de retour, en char, je le dis sans déférence, mais il est heureux que TLMEP ne soit pas à la radio, gala des Jutra oblige, et donc, j'ai pogné la dernière heure des Chemins de travers. L'émission portait sur le Chili.  J'irai rattraper la première heure avec Jose del Pozo que j'ai eu comme professeur en 1978 à l'université de Sherbrooke dans un cours sur l'histoire politique du Chili alors en pleine dictature.  Le trajet s'est donc fait en compagnie de l'excellent et très fin Mauricio Segura atour du Chili culturel — chanson, musique, poésie, cinéma, BD et j'en passe. Quel partage avec beaucoup de mailles communes Québec-Chili! Ça donne l'irrésistible envie d'y séjourner! Pour la beauté et la parenté. Malgré les fantômes.




Manifiesto

Yo no canto por cantar
ni por tener buena voz
canto porque la guitarra
tiene sentido y razon,
tiene corazon de tierra
y alas de palomita,
es como el agua bendita
santigua glorias y penas,
aqui se encajo mi canto
como dijera Violeta
guitarra trabajadora
con olor a primavera.

Que no es guitarra de ricos
ni cosa que se parezca
mi canto es de los andamios
para alcanzar las estrellas,
que el canto tiene sentido
cuando palpita en las venas
del que morira cantando
las verdades verdaderas,
no las lisonjas fugaces
ni las famas extranjeras
sino el canto de una alondra
hasta el fondo de la tierra.

Ahi donde llega todo
y donde todo comienza
canto que ha sido valiente
siempre sera cancion nueva.
- Victor Jara

Et puis, le Victor si triste de Jean-François Lessard.
Ce Victor que la droite chilienne ne peut toujours pas sentir!




Sur le souffle d'Elisapie Isaac, la gipsy Inuk

Le Devoir publie ce week-end un dossier de Caroline Montpetit sur les conditions de vie du Nunavik (n’entendrons-nous jamais ce vieux pays si jeune?), et voici que madame CoÏn Sidance s'adonne avec ma douce pour m'inviter hier soir au Théâtre du Marais de Val-Morin pour voir cette étoile blue velvet, narquoise et libre, la gipsy Inuk que j'adore : Elisapie Isaac. Merci Joanne!




Blue Velvet 

Ne manquez surtout pas ce document de l'ONF : Si le temps le permet

20 mars 2014

Fil littéraire par le chas d'une aiguille


Ex-citation

« Je me souviens qu'une phrase de Cicéron servait d'exemple dans la Grammaire latine de Cayrou :       “La cause de César ne manquait de rien : elle manquait seulement de cause.” On récitait en ânonnant cet exemple en classe de cinquième, elle paraissait creuse et factice. On portait des culottes de flanelle grises : elles laissaient les petits os des genoux glacés, choquants, nus, blancs, coupillés avec des croûtes noires qui chatouillaient. On voulait les ôter et on barguinait à le faire. C'était autrement passionnant. Le temps ne passait pas mais il est passé. Cette phrase de Cicéron me paraît de plus en plus belle parce qu'elle est vraie de tout. Elle est vraie de toutes choses, de toute action, de tout être. Elle est vraie de l'univers comme elle est vraie des mouvements de jambes qui nous firent. Elle est vraie de la subite apparition de notre sexe à vingt jours. Elle est vraie des petites coupures qui sont sur les genoux d'enfant, à la limite du revers des culottes de flanelle : elles peluchaient, certains brins s'amassaient en boule.  Elle vraie de ces amas de brins de laine grise. »

- Pascal Quignard, Albucius, P.O.L. , 1990, p. 93.