08 septembre 2012
Mister Bob
Mister Jones
You walk into the room
With your pencil in your hand
You see somebody naked
And you say, "Who is that man ?"
You try so hard
But you don't understand
Just what you'll say
When you get home.
Because something is happening here
But you don't know what it is
Do you, Mister Jones ?
You raise up your head
And you ask, "Is this where it is ?"
And somebody points to you and says
"It's his"
And you says, "What's mine ?"
And somebody else says, "Where what is ?"
And you say, "Oh my God
Am I here all alone ?"
But something is happening here
But you don't know what it is
Do you, Mister Jones ?
You hand in your ticket
And you go watch the geek
Who immediately walks up to you
When he hears you speak
And says, "How does it feel
To be such a freak ?"
And you say, "Impossible"
As he hands you a bone.
And something is happening here
But you don't know what it is
Do you, Mister Jones ?
You have many contacts
Among the lumberjacks
To get you facts
When someone attacks your imagination
But nobody has any respect
Anyway they already expect you
To all give a check
To tax-deductible charity organizations.
You've been with the professors
And they've all liked your looks
With great lawyers you have
Discussed lepers and crooks
You've been through all of
F. Scott Fitzgerald's books
You're very well read
It's well known.
But something is happening here
And you don't know what it is
Do you, Mister Jones ?
Well, the sword swallower, he comes up to you
And then he kneels
He crosses himself
And then he clicks his high heels
And without further notice
He asks you how it feels
And he says, "Here is your throat back
Thanks for the loan".
And you know something is happening
But you don't know what it is
Do you, Mister Jones ?
Now you see this one-eyed midget
Shouting the word "NOW"
And you say, "For what reason ?"
And he says, "How ?"
And you say, "What does this mean ?"
And he screams back, "You're a cow
Give me some milk
Or else go home".
Because something is happening
But you don't know what it is
Do you, Mister Jones ?
Well, you walk into the room
Like a camel and then you frown
You put your eyes in your pocket
And your nose on the ground
There ought to be a law
Against you comin' around
You should be made
To wear earphones.
Does something is happening
And you don't know what it is
Do you, Mister Jones ?
- Bob Dylan[ Lyrics from: http://www.lyricsfreak.com/b/bob+dylan/ballad+of+a+thin+man_20021423.html ]
04 septembre 2012
Le centre vers la gauche!
À lire tous les commentaires inquiets de mes amis (véritables) qui insistent sur le côté progressiste de la platte-forme du PQ pour motiver en partie leur choix, sans compter les couleuvres plutôt vulgaires des épouvantails à moineau, je me dis que, quoi qu'il advienne des résultats du scrutin de ce soir, QS avec ses moyens limités a déjà gagné son pari d'offrir une alternative crédible et autonome à gauche.
Amérique dans la mémoire longtemps
La mémoire, elle nous vient parfois de nos amis qui en recollent des morceaux. J'avais complètement oublié cet échange que le snoro de Damaggio, l'ami de mai, reprend sur le blogue de La Brochure. Je retouche ici à peine quelques passages pour corriger quelques fautes. À la question de Jean-Paul, je réponds bien imparfaitement. Il aurait fallu parler davantage des frontières artificielles imposées par « l˙Histoire », parler de poésie et de tambours qui traversent les montagnes et s'animent encore sous les braises comme les ombres d'Orford du père DesRochers, ce fils déchu... J'aime tout de même à me souvenir avoir au moins évoqué le fond de résistance de, ou plutôt, des Amériques.
« J'entends pleurer en moi les grands espaces blancs,
Qu'ils parcouraient, nimbés de souffles d'ouragans,
Et j'abhorre comme eux la contrainte des maîtres. »
- Alfred DesRochers
***
Le 2 septembre 2004 je pose cette question bateau à Jacques Desmarais :
Qu'est-ce que l'Amérique?
Réponse :
D'abord une immensité comme une autre planète.
D'ailleurs, le 12 octobre 1492, on ne sait pas l'heure, Christophe Colomb se fait chercheur d'épices et d'Asie et devient par méprise «découvreur» du Nouveau monde.
L'Amérique est d'abord un accident de parcours, une méprise, une vue de l'esprit, un rêve de passage vers l'Asie avec ses promesses de richesse, d'or et d'épices, de jolies filles de Chine, rêve qui se frappe la coque aux rochers escarpés, se transforme en cauchemar de glace, en scorbut, en flèches ennemies... Mais la religion aidant, on finira par s'installer dans les grands espaces, par siphonner les ressources naturelles, par exterminer les sauvages et les bisons qu'on remplacera massivement par l'importation d'esclaves. Le rêve est devenu en peu de temps un rêve américain, C'est dire que beaucoup d'habitants des Amériques se font voler tout rond.
Mais cela est dit rapidement, les Amériques étant aussi un réservoir de résistance. C'est dire que malgré les spécificités des continents Nord et Sud, le refus de la violence est le signe de la dignité des hommes. En ce sens, il y a résistance, comme en ce moment au Venezuela, comme je l'ai vu au Massachusetts le mois dernier pendant la convention Démocrate.
Mais je reviens au début «officiel» de l'Amérique pour rappeler quelques dates épiques:
1497, John Cabot, un Italien, débarque à Terre-Neuve. 100 ans plus tard, les Anglais se serviront de ce voyage et essaimeront tout le continent.
1515, François 1er, dit le roi chevalier, dit le «père» de la Nouvelle-France; une nouvelle mode fait rage dans les mondanités parisiennes : tâter du Sauvage qu'on a ramené en France pour passer les vacances; 1534, Jacques Cartier, en bon chrétien, décide de faire le tour de la Gaspésie ; comme c'est un marin et qu'il n'a pas de tente, et qu'il ne peut pas rester là à rien faire, il décide de planter une croix à Gaspé et déclame dans la langue de Villon, mais sans blasphémer :
« Et icelle croix plantâmes sur ladite pointe devant eux [les Indiens], lesquels la regardaient faire et planter. Et après qu'elle fut élevée en l'air, nous mîmes tous à genoux, les mains jointes, en adorant celle devant eux, et leur fîmes signe, regardant et leur montrant le ciel, que par icelle était notre rédemption, de quoi ils firent plusieurs admirations, en tournant et regardant icelle croix.»
Plus tard, Cartier descendit en ville, à Montréal, qui s'appelait alors Hochelaga. Hochelaga la bourgade. La sauvage.
1603, Samuel de Champlain, un Acadien entreprenant, commence à crinquer la mémoire de Zachary Richard. En tous cas, en août 1604, les premières graines de l'Acadie américaine sont semées. C'est un peu tard pour semer en août car l'automne vient vite malgré les bontés de la mer. Je le sais parce pas plus tard qu'en août 2004, les Acadiens de partout, car ils sont de nulle part, incluant Zachary, ont fêté leur 400e anniversaire. C'est vieux pour un jeune peuple américain. On ne peut pas tous être vieux comme la Terre. En tout cas, les Acadiens sont plus vieux que les Québécois, Québec n'ayant été fondé qu'en 1608, par Champlain, toujours.
Ce cher Champlain, il me faisait tripper à l'école à cause de la grande maison qu'il érigea sur le Cap Diamant, dite l'Habitation, un fort qui avait l'air d'une grande auberge.
En fait, soyons clair, sans Champlain et ses énormes qualités d'administrateur, de navigateur, de dessinateur, de diplomate (entre les Hurons et les Iroquois), je ne crois pas que l'Amérique française aurait pu persister. Le premier hiver fut désastreux : huit survivants sur 28 hommes. Vingt ans plus tard il n'y avait toujours que cinq familles installées entre les sapins et les crève la-faim!
Champlain partage avec Diderot le sort suivant : on n’a aucune idée de l’endroit où l'on a déposé sa sépulture. Un grand lac qui coule aussi au Vermont porte son nom. C'est peut-être plus voyageur, plus évocateur qu'une pierre fixe portant l'inscription de la fin de notre permis de séjour ici bas.
Je dirais enfin que l'entonnoir d'un continent va jusque-là où vous êtes né. C'est bien mon cas. Malgré la crise d'identité de ma nation, je suis bien né en Amérique du Nord. Je peux même reconduire une prise de vue de la vieille maison où je suis né et qui n'est pas l'Habitation. Et aussi le petit cimetière baptiste oublié sous un grand pin, perdu entre ma terre et celle du voisin. Si jamais on voulait m'enterrer là, je pourrais peut-être pour quelques voyageurs éventuels faire inscrire sur ma pierre tombale ces mots :
«Mon âme aussi repose sur cette terre que j'ai aimée et mes amours me survivront».
Note Jean-Paul Damaggio : J’ai repris ce texte, car le vieux français de Champlain me permet de comprendre pourquoi en cette langue, Richard Desjardins a écrit une ode à Aliénor d'Aquitaine, un très beau texte
30 août 2012
Campagne blues
Plutôt blues aujourd'hui, je trouve, dans les médias côté campagne électorale. Je ne parle pas des niaiseries de la CAQ qui a pris le champ et qui n'a pas fini de nous étonner dans le sens broche à foin et contradictions à la noix. L'écrivain François Hébert y va d'une lettre au Devoir ad hominen à fond le crayon contre « maman Françoise et papa Amir ». Un beurrage de mots qui vole bas côté idées de fond. Puis, toujours au Devoir, Mme Andrée Ferretti que j'aime beaucoup pour son immense culture littéraire, philosophique et politique, son coeur aussi, s'enligne pour le PQ qu'elle souhaite tout de même plus radical! Cela est écrit après avoir si finement appuyé Qs à l'hiver 2011 lors du 5e anniversaire du parti*. « J'appuie Québec solidaire, disait-elle alors, parce que le PQ a fait la preuve depuis 40 ans de son impuissance à la réaliser [l'indépendance], pour ne pas dire son manque de volonté. » L'auteure du Roman non autorisé est-elle aujourd'hui comme hier « pour la pleine mesure des choses », pour la vitalité de la gauche ? Bien sûr, il faut parler unité, le maître mot de Madeleine Parent. Mais la sourde oreille et les couleuvres au PQ (Duceppe, Dubuc, Laviolette, Paquette, Lisée, Alouette...) ce n'est toujours bien pas Qs qui les invente!
Enfin, pour achever le plat, au téléjournal, Céline Galipeau visite une famille dite baromêtre de St-Jean. Sympatique et sans doute représentative de beaucoup de gens de la classe moyenne, chacun étant très intéressé par la « joute » politique au sens sportif, mais somme toute peu politisé au sens de prendre minimalement en considération le pourquoi et le comment des enjeux en éducation (pas un mot sur les revendications étudiantes), en santé, etc. L'effritement du pouvoir d'achat de la classe moyenne est fortement ressenti, puis, on a bien aimé la prestation de Mme David au débat des Chefs, mais on saute dans les bras de la CAQ! Ca sent la CAQ à pleins tubes. Ça sent les effets de la droite qui trouve si adroitement le tour de retomber sur ses deux pieds, peu importe les crises et les acteurs du moment, adapte les canaux et les rouages de l'exploitation pour cristalliser infiniment son emprise politique. La CAQ, c'est l'ADQ, c'est la réingénierie libérale, c'est les lucides, c'est tout ce qu'on a essayé depuis 50 ans, c'est considérer l'Hydro comme un « monopole » (Legault dans son bla bla d'aujourd'hui sur les ondes de radio-can)... La CAQ, c'est vraiment le changement dans la continuité pour faire le ménage, c'est-à-dire, dégraisser ce vil État! La CAQ en plus familial et couleur locale, c'est les conservateurs à cheveux longs qui sont par ailleurs détestés par la population! Il s'en trouve une couple de ceux là aussi au PQ!
Bref, rebâtir le consensus politique autour du bien commun est un défi vital qui va prendre au moins 20 ans, écrivait mon ami Jean-Paul Damaggio. En ce sens, le vote à gauche fait déjà LA différence. Et que c'est qui disait le poète Godin ? De mémoire : Nous sommes nombreux à être seul, mais nous sommes plusieurs à l'être. Ça fait que je file blues, mais ce n'est pas pour rien.
* Conférence de presse, 5e anniversaire de Québec solidaire, février 2011. Mme Ferretti prend la parole vers 12,30.
28 août 2012
Pourquoi le pays du Québec solidaire?
Extraits du Grand rassemblement de Québec solidaire au Marché Maisonneuve dans Hochelaga-Maisonneuve le 25 août dernier. Faisait chaud et beau!
23 août 2012
Guitare, égoïne, tisons dans les cordes...
Patrick Watson, une étoile de Montréal.
Words In The Fire
Words In The Fire
Put your words into the fire
Watch them burn your heart's desire
Rise up in the air
In a cloud of silk and smoke and dust
Fade into the night
It's a comforting feeling with you at my side
Let me shake your honest hands
And I'll sit down beside you now
Lean our heavy heads
Of the weight of the things that are left unsaid
Don't worry about it now
'Cause in the morning they will all just be ashes on the ground
So what's been on your mind
Eating you inside
Taking all of your time
On this warm summer night
Put your words down in the fire
When we were down at sandy beach
Old man talking in young man's words
Tell me where you would like to be
Tonight don't be afraid to dream
Lean on the fire for a while
Cause in the morning it will all just be ashes on the ground
So what's been on your mind
Eating you inside
Taking all of your time
On this warm summer night
Put those words down in the fire
- Paroles & musique Patrick Watson
Watch them burn your heart's desire
Rise up in the air
In a cloud of silk and smoke and dust
Fade into the night
It's a comforting feeling with you at my side
Let me shake your honest hands
And I'll sit down beside you now
Lean our heavy heads
Of the weight of the things that are left unsaid
Don't worry about it now
'Cause in the morning they will all just be ashes on the ground
So what's been on your mind
Eating you inside
Taking all of your time
On this warm summer night
Put your words down in the fire
When we were down at sandy beach
Old man talking in young man's words
Tell me where you would like to be
Tonight don't be afraid to dream
Lean on the fire for a while
Cause in the morning it will all just be ashes on the ground
So what's been on your mind
Eating you inside
Taking all of your time
On this warm summer night
Put those words down in the fire
- Paroles & musique Patrick Watson
22 août 2012
Voter librement!
Beau petit clip publicitaire de Qs qui remet en question le calcul non fondé du vote stratégique.
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