16 janvier 2007

Slamer comme une belle tempête de neige!


C'était un beau désert blanc hier soir à Montréal.

Glissant. Coulissant. Slamant.

«Au désert la pierre est un cadran», dit le poète José Acquelin. (Photo J.D)

Question de traction, un chauffeur de taxi m'a dit, amusé, avoir vu une Mercedes flambant neuve incapable de monter la Côte-des-Neiges! Ah!

Question de traction populaire et underground, c'était aussi la première des premières vraies soirées slam à Montréal...

(Photo J.D. - Oeuvre de Jolène Lemarier, artiste du mois qui expose O Patro Vys)

J'arrive avec des traces de pelle aux mains, en retard, la salle est littéralement bondée! Des spectateurs debouts, assis, accroupis, accrochés au bar, tant et si bien que le vestiaire affiche complet et n'a pas voulu de mon parka!

J'avais manqué Ivy en ouverture et le poète sacrifié (Carlito), c'est-à-dire le premier slameur que l'on envoie au front pour casser la glace, question de permettre au cinq juges choisis parmi le public de faire aller leur jugeote.

Manqué également d'entrée de jeu Félix, que j'ai bien apprécié à la seconde manche et qui va d'ailleurs monter sur le «slamum» à la fin de la rencontre en décrochant la troisième place. Félix a une écriture très sensible. Je lui ai demandé s'il trouvait difficile de puncher son parcours afin de marquer des points et convaincre les juges? «Oui, un peu, mais lors de mon premier slam, je parlais d'un ami qui est décédé, et je crois avoir saisi le public».

Félix. ( Photo : Carlito)

Outre Félix, voici le nom de tous les slameurs de la
soirée : Isabelle Saint-Pierre, RebelleTranquille, Carl Bessette, Polo, José Acquelin, Séba, Queen K, Francis Pellerin. (Voir les belles photos de Rachel plus loin. Tout le monde y est).

Je le dis comme je le pense : il y eu de l'âme tout au long de cette soirée et je compte bien montrer du doigt le responsable en chef de ces éclats de vers, soit le poète Ivy, vrai chef d'orchestre à chapeau qui a inspiré de bout en bout cette joyeuse rencontre. Mais faut bien le dire aussi, le public était là, attentif, ravi, sans doute le joueur le plus important de la soirée!

Les autres complices de l'aventure sont :
Paolo Tofu., le DJ (Photo J.D)

Le Chrono master et pointeur, le poète le plus «choué» de la soirée, Bertrand Laverdure.

La vidéo a été conçue par Attic Visua (Alain Starotsa).

Pour traverser l'entre-deux manches, il y eu la présence de l'excellent chansonnier Thomàs Jensen. Pur chansonnier venu de l'Argentine, Thomàs n'a plus la gueule de Guevara depuis qu'il porte les cheveux très courts. Il en a quand même poussé une très belle en espagnol, souhaitant que le «Che entre dans tous les sous-sols de l'Amérique du Nord»! Sur la photo (de Carlito), Thomas tente un texte sans sa guitare.








Ce premier vrai Slam de toute l'histoire de lÎle Jésus était un mélange culotté de neige (Polo), de quick aux fraises (Pellerin), de pizza au poil (Séba), de temple qui résonne (Aquelin) et j'en passe pour arriver à ce constat : la poésie dans sa diversité a été bien servie hier soir.

Sur la prochaine photo, à la même table que Khyro (Atach Tatuq), on reconnaît Séba, en arrière-plan, souriant, avec la barbe et le quartier d'orange sous le nez. Il sort tout juste de scène. Il est content de son coup. C'est lui qu'on applaudit. Il faudrait dire un mot sur son «conte», son slam aiguisé parti de rien sur le perron des Foufs où son personnage accroche une dulcinée nue de poils, ô... Abracadabrance avec un oeil de bête de scène dans ce Séba qui s'est classé bon deuxième!


Puis enfin, il y a eu ce vlimeux de bon marqueur, un grand gaillard qui a le tour d'entortiller les mots avec la naïveté des grands : Carl «avec un C», me précise-t-il. Sur la prochaine photo, on le surprend dans l'attente de la compilation du pointage de son deuxième slam qui fut brillant. Les notes sont hautes et vont le faire passer au premier rang.



(Photos J.D.)

A+ + +

A+, c'est maintenant puisque je reçois des photos, gracieuseté de la photographe Rachel Biberian.

Un grand grand merci!

Alors, on fait un train d'honneur à tous les slameurs-artistes de la soirée!

Bravo!


Carlito, le poète sacrifié



RebelleTranquille

José Acquelin

Carl Bessette, le slameur couronné.

Séba, bon deuxième.

Francis Pellerin

Queen K

Félix, 3e position
Isabelle

Polo

Thomàs Jensen

Le Manitou, Ivy (photos Rachel Biberian)

6 commentaires:

Jack a dit...

De sylvainkimouss. Il m'excusera. Je triche un peu. Par enthousiasme et je publie-colle son commentaire reçu ce matin par courriel. Je citerai plus tard son adresse blogue qui est une mine d'or de ce qui se passe sur la scène slam en France. Merci Sylvain!

«Hello Jack !

Un vrai plaisir aussi. Heureux de voir que la poésie soit aussi vivante du côté de chez vous. Mais à vrai dire, le contraire m'aurait étonné ;-)

Je ne connais pas Carlito. Mais j'irai avec plaisir à sa rencontre à Paname quand il sera là.

J'ai regardé ton blog : super ! Ca donne envie de traverser l'océan... Bravo en tous cas.

Porte toi bien d'ici là.

Je vais toucher quelques mots avec un ami qui est l'un des grands manitou des scènes slam en France, j'ai nommé Tsunami. Il édite un site que tu dois connaître également : www.planeteslam.com

Il est très ouvert et consacre tout son temps au slam.»

Yes Sir!

Carolinade a dit...

jACK et dis-moi, plus particulièrement ce que Slammait Francis Pellerin. Si l'on parle du même... je l'ai vu en spectacle solo et je l'ai adoré.

Jack a dit...

Francis (voir photo) vient de la tradition du conte populaire. Timide sur scène, une fois son histoire entamée, sa voix et ses gestes portent. Il captive d'entrée de jeu avec une image forte qu'il développe de façon humoristique avec quelques naïvetés surréalistes style Paul et Paul. L'une de ses slams commençait ainsi : «La vie, c't'une fissssuuuureee...» Pis ça va dégénérer en une critique inattendue de la molesse, des biscuits soda, etc. Très bon.

carOlinade a dit...

merci Jack. Comme je t'écrivais, j'avais vu un show de lui l'été passé et j'avais beaucoup aimé.
thanks grand jack

superk a dit...

j'arrive à reculons à l'envers bras dessus dessous! je slamme dans les horizons nuptiaux qui transcendent les oeillères des iris courbé de louves et d'or.

je lis je l'is je lys mais toujours hors du lit.

Jack a dit...

Très belle image que ces oeillères des iris que j'ai vus un jour sauvages(les iris), sans devant derrière, éparpillés ici et là au devant de la grande séduction des caps d'Harrington Harbour. Des oeillères minuscules justement pour garder le cap.