15 mars 2007

3e soirée slam : coups de circuits poésie poésie poésie


Il y a une très jolie fille à notre table, les cheveux attachés dans le dos. Nina me présente. Elle refuse de faire la bise. Elle carbure au jus d'orange sans glace, émerge d'une vilaine grippe. Elle est blanche en effet, mais tout son corps parle, remarquera Nina avec à-propos. «Je sors pour la première fois. J'ai l'impression de marcher sur la lune», dit-elle. On me présente. Violaine me connaît. Ah! Vous avez bonne mémoire. Elle m'avait vu à l'Alizé réciter des poèmes et m'avait invité à son émission Le bal des oiseaux toujours diffusé à CIBL.FM. Cela ne s'est pas concrétisé. Pas important, que je lui dis.

Ivy rôde autour de la scène du Vys. La salle est pleine et ça murmure. Le slam va commencer. C'est lui qui mène le bal de ces wéseaux-là. Il me dit : «Ça fait 20 ans que je fais de la scène mais j'ai toujours un trac fou...» Il brasse le boulier du choix des cinq juges et me demande si je suis trop occupé? Pas pour dire non.

Et puis ça part. Mario Cholette, le grand gagnant de février, ouvre le chemin en se sacrifiant. Son texte est une ballade dans la ville aux murs rudes. Tout du long. Poète un tantinet rapeux. Il vient d'ouvrir un blogue consacré au slam. Et c'est une bonne nouvelle. Train de nuit parle et parlera du slam, mais d'une manière off sans aucune prétention, sinon celle d'être remué dans les éclats de la slameur.

Voici le lien de l'ami Cholette qu'on trouvera sous peu à demeure parmi mes favoris.

Donc, je me tourne vers la scène et je suis juge. Ici encore, le temps me manque ce matin pour mentionner comment, entre autres, les Sébastien Boulanger (3e place), Jocelyn Thouin (2e place), et... Violaine Forest (grande gagnante!) ont concocté des performances brillantes, drôles, acides, théâtrales, alouette, mais surtout, ils et elle nous ont ravi et transporté par la qualité poétique de leurs textes. Et je n'hésite pas à inclure ici le nom d'Olivier Choinière (L'amour passe, la porno reste) qui a livré une performance vraiment remarquable.

Je n'en dis pas plus pour l'instant. J'ai le chien à promener et Sa Majesté à servir... Je compléterai plus avant. Je vérifierai noms et prénoms! Étant juge, je n'ai pas pris de notes...

Je veux aussi mentionner avec quelques détails le lancement prochain d'un recueil de Violaine Forest que j'ai feuilleté sous le fanal trop pâle de notre table. Nina Louve et moi avons joué deux minutes aux mots épinglés par hasard dans les pages du recueil. J'ai levé le mot «loup». C'était de bonne augure.

Complément
Le recueil de Violaine s'intitule L'adoration du bourreau, aux éditions Art Le Sabort (avec un t, me précise Violaine, mais j'ignore la nuance en regard des éd. le Sabord?). Le lancement aura lieu à 20h00, pendant que la tendance se maintiendra et que Bernard s'énervera le toupet peinturé, le 26 mars 2007, à l'Hôtel Nelligan, dans le Vieux-Montréal.

Une visite sur le site Web du Sabord (t?) nous laisse feuilleter un catalogue dégoulinant de richesses mais néanmoins peu explicite et un tantinet en retard sur l'actualité éditoriale de la maison. Rien sur les plus récentes nouveautés qui seront lancées en même temps que le recueil de Violaine. Mais nous savons que la poésie sera là, à l'hôtel, à pleine porte, entre les canapés et le feutre subtilisé à Nez lit gant.

Complément deux

En commentaire, Sébastien Boulanger-Gagnon a raison de dire qu'il faudrait saluer le passage sur scène de tous. Frédérique aux textes acides, particulièrement bien cadrés, Queen K qui est possiblement l'auteur du «Québécois moyen» à la place de Sébastien (leurs thèmes se rejoignaient), Claude André avec un texte fort qui était quasi une chanson : «Et les junkies fixent les étoiles»... Et j'en oublie et je confonds probablement encore noms et textes. On m'excusera. Mais j'ai adoré cette soirée.

A+ +

15 commentaires:

strofka a dit...

-



ça donne envie.

:)

-

Onassis a dit...

Vous trippez mes amis...ça me fait plaisir :)

Jack a dit...

Eh! Onassis, tu t'es fait parler dans l'casque par Nina sur son blogue! Je suis d'accord avec tout ce qu'elle a dit concernant ta vibrante et... trippante écriture.

Strofka, bienvenu!

Nina louVe a dit...

Hé !
O
Oh oui, que de frissons, lèvres ouvertes. Béate j'étais. Émue si fort de cette Violaine Forest. Bon sang. Mon Feu! Jamais ne me serais attendue d'être ainsi remuée. Elle me faisait quelque chose, comme ça, juste à regarder son corps qui disait : je vis. Mais.. OuFF! Quelle théâtralité la grippée au 39 degrés de fièvre poète !!
Boom ça a fait. Mon Dieu, mon Feu, que c'était fort ce bout de femme, entre la vie et le dernier respire.

Choinière..Mhumm. Pas juste au théâtre derrière les acteurs finalement le dramaturge. Yess. Fine . Find. Fine. Goodiz.

Et les autres... chacun portait le mot, du ventre à la scène.

Ouiaips, suis muette chez Onassis mais me régale. Un jour, je serai vieille peut-être et lui, il naîtra, avec du sang d'encre sur ses lèvres plein sourrrriressss.

jack a dit...

Hissez haut! Très bien dit, Nina.

gmc a dit...

VIOLAINES FORETS

Au bal des oiseaux nomades
Les forêts sont violaines
Dans leurs confidences de houris
Tombent les manteaux de mohair
Des filles du drapier
L'adoration du bourreau les délure
Epelant leurs bijoux chamarrés
En pelotes de cachemire inutile
Seule reste la caresse
Qui les cambre
Amoureusement offertes
Dans l'impudeur des dévoilées
Béances soumises à une main sans gant
Intérieure vierge de fer
Qui les écartèle de frissons
Transpercées permanentes du vent
Elles rutilent luisantes
Imprégnées de pourpre et d'azur
Confluents de délices émouvants
Offertes en pâture sauvage
A l'aurore des baisers gracieux

gmc a dit...

tu lui fais suivre si tu l'estimes utile (ou plaisant), jack

jack a dit...

Gmc, tu savais que son recueil (lancement le 26 mars) s'intitule L'adoration du bourreau? Tu le savais sans doute. Mais comment le sais-tu?

Je ferai suivre à la première occasion avec grand plaisir, M.gmc.

gmc a dit...

elle a aussi écrit "le manteau de mohair", "confidence d'une jeune houri" et "la fille du drapier"; son émission sur radio montréal s'appelle "le bal des oiseaux".

gmc a dit...

gmc dispose (comme toi) de big brother goggle. soit dit en passant, les titres de ses ouvrages sont plutôt sympa, on peut même en faire des poèmes...

jack a dit...

Oui, j'ai été sur la Gogoune après ton message et j'ai réalisé que le titre de son dernier recueil est «attendu» depuis la rentrée de l'automne. Je croyais cela inédit. Éventuellement, Le Bal des oiseaux peut être syntonisé sur le ouèbe, à CIBL-FM, 105,01. http://www.cibl.cam.org/

s*é. a dit...

yo, merci jack (j’ai l’impression d’être imposteur en t’appelant d’un diminutif si court, probablement jacques… t k) merci pour le mot de la fin de soirée au vys avant d’aller fêter la fête à max cat au ch’fal mais, ouais, on est pas tout l’temps sûr qu’on touche le monde fak une parole comme la tienne après que les plumes aient collé sur le goudron me remonte le moral dans ce monde anormal

post-scriptum : mon nom c sébastien boulanger-gagnon… ouais trop long, juste s*é. ça l’fait, avec l’accent

pps : violaine, moi, je l'aime bien, elle m'a tjrs touché à chaque fois que je l'ai entendu, je trouve ça chien des fois la compétition, vaut mieux se souvenir de tout l'monde qui était là la semaine passée... ils calibrent tous comme dirait l'autre

jack a dit...

s*e, c'est bien toi «le Québécois moyen»? Bien apprécié que tu laisses un mot sur Train de nuit. Tous apportent leur couleur, en effet, c'est ça qui est beau et la compétition (amicale) exige juste un brin de brillant, d'adrénaline pour rejoindre plus vivement le public. Comme j'étais juge l'autre soir, je peux te dire que c'est torturant. J'ai eu tendance à mettre le max au monde, mais presque à chaque vote, ma note volait en éclat parce que trop haute! Alors, ça n'aidait pas le slameur, que je me disais. Tout le monde a aimé tes textes; cela s'entendait. Moi beaucoup. Je ne sais pas le nom de la figure rhétorique que tu utilises, tu sais quand tu parles juste un peu de biais comme pour faire une parenthèse par rapport à la ligne principale de ton monologue, un sous-entendu qui pique... Très efficace de «shifter» ainsi. Cela fait rebondir le sens, élague le sérieux trop sérieux et donne plus d'espace à ton propos. Tu as un regard inquiet. Je le comprends. Mais j'ajoute que le ciel de nos yeux peut être bleu aussi. Au plaisir de te lire et de te rencontrer de nouveau.

Queen Kahina a dit...

Le citoyen est un sujet aux milles visage Jack :)

jack a dit...

@s'e, revu au dernier slam, on s'est interrogé sur la figure, avons parlé de digression.

@ Queen Kahina, bienvenue!