11 mars 2007

Pointe de brume au quai Superk


Hier, au Quai des Brumes
entre les murs chiffonnés rouge boeuf,
à un moment donné, Nina a mimé la fille qui fume de la pode,
des podscasts, de la pie, de la paille,
mimé « la fille qui fume la pipe »!

Vous la connaissez?
Malgré sa démarche aléatoire,
elle sort tout droit de la révolution LivEvil2K
et se dirige vers l’Aube, prise IV,
créature désirante de M. Le Roy dit SuperK

Un érosman qui tire du poignet avec Gérard
entre deux bouffées de cratères de mots lambrissés,
allumés dans la fournaise des corps tachetés de musique,
cette révolution du jus
à laquelle nous tendons,
j'ose aussi l'espérer, cher K.

Nina me dit : « Sais-tu où se tenait la fille? »

Nina connaît chaque pouce sniffé de ce bar, la scène, la loge, les coulisses, l'underground...

Elle se lève et marche plusieurs pas vers le mur opposé où nous sommes assis à l'arrière, à la gauche du bar. La lumière est feutrée. Nina, en filigrane, se tient un peu déhanchée et fait la pose à l'endroit même où la fille à la pipe se serait postée. Cette scène est éblouissante parce que c'est l'après-midi, parce que j'ai bu, parce qu'un texte qui m'est dédié est soudainement en train de prendre corps sous mes yeux. Où est-ce que je chus?

Je rêve éveillé.
Je suis heureux et triste. Jeune et vieux.
Le chien blond de la waitrice se tient à mes côtés comme si j'étais son aveugle. La bière rousse déposée sur la table crinque à nouveau le temps que nous passerons ici. Yé!

Il se passe quelque chose en effet, mon chien.

Trois artistes se tiennent à l'ombre dans la ruelle d'un bar.
Par le coeur. Je suis triste à cause de la fausse pudeur.
Je suis en câlice parce que je n'arrive pas à décharger
dans la cour la lecture intégrale que Nina fait par ailleurs de ce texte de Superk
qui m'est dédié.

Après tout, ce texte m'est dédié! C'est une fleur. Je suis orgueilleux!
Ce texte de jazz et de nuit traversée m'est dédié.

Nous entrons ici dans la lenteur extrême de la cendre consumée
comme variante infiniment trempée de la seconde disparue
de tous ces corps qui tombent dans le lit
et se dévorent sans feu ni lieu entre les noires
frottées sur la anche
avec juste ce soupçon de salive
qui passe entre l'encre et la nicotine.

Nous sommes à cent mille à l'heure sur la Route 11 de la poésie.
« Il y a des pensées qui ne pardonnent pas beaucoup ».
En tous les cas, elles nous modifient.

Ouvrez les chantepleures :

« Une jeune femme, habillée de gris et de noir, pénètre dans le bar, pipe au bec. Elle regarde furtivement devant elle, espérant rencontrer un regard apaisant, et se dirige vers le fond de l'établissement. Son corps, difficilement perceptible, marche de façon aléatoire, avance, recule, fait un pas de côté, prend une autre direction, fait un second pas de côté. La femme inspecte de nouveau la salle. Arrivée au bar, elle s'y assoit et commande une Kronenbourg. L'accumulation de fumée m'empêche de la voir complètement. Je regarde la vacuité céleste : on me chuchote que les musiciens du Death Tone arrivent.

Ian Butler, muni de sa clarinette basse, salue la serveuse. Il lui dit que l'amour plane comme une feuille d'olivier sur une tombe. »

L'amour plane comme une feuille d'olivier...
C'est crissement beau!
Nous sommes d'ac et d'ac Nina et moi
ce texte a des ailes, du mystère
de la virilité
il chante et suinte pour nous

Moi qui ne chante jamais

J'ai chanté hier au Quai des brumes,
j'ai ri, j'ai bu, j'ai braillé, yé!
Le chien blond m'a couvert de coups de langue dans sa tête
et l'amie comédienne aux yeux de voyage
avec des brillants, des étoiles dans les cheveux,
elle chantait aussi
elle chantait aussi!

Et l'on embrassait pour vrai
l'auteur absent
qui nous laissa 
accoudée au Quai des Brumes
la fille qui fume de la pipe

Tout un K.



6 commentaires:

superk a dit...

Touché Jack, touché, des larmes en pixels, ça donne quoi?

Nina louVe a dit...

Jack, Ô Boy. Torbiche.
Si je fais de l'amnésie, qu'un jour j'oublie mes nuits, je veux qu'on me lise des textes à n'en plus finir et qu'on me gave de rousses. (rires)
C'est ma première volonté. Qu'on me condamne à aimer ça toute ma vie, la poésie et... toutes ces proses.

Quai des Brumes, ce samedi.. avant que l'on n'efface tous une heure du temps, avant que l'on recule l'heure. Il fait beau bleu blanc jaune, c'est le jour.

Quai des Brumes, ce samedi. Les rires et les larmes, les mots, les maux, les rimes. Les chants sortis fumer dehors, le chien jaune de la waitraisse qui lèche nos émois de son regard en nous proposant la patte. Et K, encore une fois, qui est là sans que je ne le vois. Qui est là, VRAI comme on l'entend.

Jack, K, Nina. Trois soleils dans la forêt des mots, dans le printemps qui boue, qui dessine des desseins de show live chaud !!!

Des larmes de pixels K ? Ça donne des textes, encore et plus !

Go hero gazzz, go K !
Put that LiveEvil2K storie on stage. J'me prépare pour l'audition (rirress).

Jack a dit...

Nina, à 7h56, ce matin, frère à repasser, il y a eu une nouvelle version, un peu de vert et des tiges au bec pour me mettre en retard, peu importe l'heure.

Nina louVe a dit...

tant qu'on n'est pas en retard pour vivre, tout va, tout va bien.

t-rex a dit...

je suis heureux d'être tombé sur votre blog, par accident. À moins que ce ne soit le contraire, je ne me souviens plus. Heureux, en tout cas.

jack a dit...

T-rex, le plus heureux, c'est moi. Et crois-moi, en retour les visites chez vous ne sont jamais banales.