27 octobre 2007

Train de nuit roule vers Courcelles







Vers Courcelles
et son pluton granitite,
sa rivière aux Bleuets,
ses cowboys devenus muets dessinateurs

Il y a eu un peu beaucoup de brousse
dans le paysage de notre imaginaire

Imaginez, un vieux snoque
invité par les Bido et les Nico.
C'est une chance!
Car sans farce, je crois
à l'égalité des marcheurs
même si je sais
qu'ils vont m'enterrer
de quolibets gentils
pour toujours

quolibet n'est pas le bon mot

Se retrouver entre nous avec une carafe de joie
c'est-à-dire entre Irlandais
au Griffintown Café

On m'aurait dit Courcelles
1848
entre Abénakis sous le tipi
pour prendre un pich
ou une chique de je ne sais trop quoi,
tout autant plumitif

je suis caméléon!

et j'ai mon passeport gaspésien
quand il fait froid dans la tête

C'était une soirée
où les fenêtres sont ouvertes
on parle, on parle
il nous manque toujours des mots
jamais d'allumettes

on veut parler de Fernande
quand je pense à Fernande
je pense à Brassière...
je veux dire Bras de sens

On veut parler de Fernande St-Martin,
signataire du Refus global,
sémiologue, gueule de liberté
et c'est même pas sur le bout de la langue


On veut parler de Serge Lemoyne
On veut parler de Serge Lemoyne

artiste tripeux bleu blanc rouge
originaire de la porte des Cantons-de-l'Est,
c'est-à-dire Acton Vale, 
mon pays,
façon de parler,
pis ça ne nous vient pas
on a le nom de Lamothe dans la tête
« Willie, c'est autre chose »,
dira Nico

Alors, on passe à autre chose

On se dit que c'est le grand âge

On vide un autre bock

On voudrait parler du ciel d'Anselm Kiefer...

On se dit que les arbres dans l'Ouest-de-l'Île
sont plus jaunes d'oc que ceux de l'Est
question d'espèce
que c'est joli

La vessie est plus qu'une lanterne
c't'un gyrophare croisant le faisceau de la Place Ville-Marie...

Alors, passé minuit,
on pisse a capella 
en revenant
sur la rue Notre-Dame
dans un carré vague
où il y a encore des fleurs soleil

puis à nouveau sur la rue Gustave-Bleau,
sous un arbre,
en se demandant s'il est parent avec Jos

On se dit que les pôles ce soir
sont bien arrosés de paraphes





et que vraiment,
ça adonne bien d'être
à Montréal
entre émigrés.

La Sainte-Flanelle a gagné 7-4
aux Carolines

Dans le dernier métro attrapé de justesse
on se dit joyeusement
que c'est l'âge, la boisson, l'ivresse...

Ah! oui, on parle des McGarrigle,
de la violence
de la création
de la pauvreté...

S. Lemoyne, Dryden
MBAM, ad usum privatum

entre la sagesse
et Lajeunesse

«Il y a un arrêt...».

5 commentaires:

carOlinade a dit...

Y'a que toi pour dire comme ça les paysages, le monde, l'histoire, le microcosme du bonheur, des heures lueur de soleil entre là-bas et demain entre today et icitte, entre toute pis rien, entre grands petits et petits grands... Tu regorges de vie. Vent de goût de vie. Quand je te lis, j'ai le goût de la vie.

superk a dit...

c'est vrai que tu nous fais voyager et en plus ça coûte pas cher.

et la mémoire nous joue des trous quand on a trop d'Irlandaises dans les jeans :)

strofka a dit...

-


j'voulais enregistrer ce texte
et poster le lien, la ; mais je
n en ai rien fait, j'me suis dit
que ç'aurait fait prétentieux.


je l'eus fait car je l'ai aimé
by the way.


aurais-je un jour la chance
de l'entendre de ta voix ?


-

Jack a dit...

Merci! Tu as une sapristie de bonne voix. Ne te retiens pas! Les lectures des autres, ce sont des cadeaux.

Jack a dit...

Karo, merci! Partir c'est mourir un peu, fermer les guillements, mais tes si bons mots de toujours attrappent au plus près le vrai beau train de la vie, pas la vie rêvée, la vie partagée un peu beaucoup passionnément.

SuperK, merci! je ne voudrais surtout pas empirer mon cas avec ces Irlandaises...