02 novembre 2008

Décor : Café Noir sur le Plateau bleu





Je me sens pareil à un barrage électrique avec des palmes d'éolienne gaspésienne dans les poumons. Emmenez-en de la pitoune, pis des billots de douze pieds...

J'ai dormi douze heures en ligne, c'est quasiment plus que les dernières semaines d'octobre au grand complet! Je ne sais pas quoi faire de toute cette clarté retrouvée avec une heure reculée par-dessus le marché.

J'ai décidé de ne rien faire. Ne pas aller en campagne labourer. Ne pas réparer le store de la cuisine. Ne pas lire Le Devoir de la fin de semaine ni les pages de sable du Livre de l'hospitalité de Jabès.

Heureusement je n'ai rien tenté car le peu que j'ai osé entreprendre avec toute cette énergie des beaux jours vire en queue de poisson.

Tenez, par exemple, j'ai parfois des « come back » de réflexes de journaliste simili pingouin. Cela me vient de mon cours en journalisme radio à CIBL. Sans aucune prétention, cet après-midi j'aurais voulu être le premier sur la terre à parler de la campagne électorale québécoise en « couvrant » la triple investiture de Québec solidaire au Patro Vys. Chemin faisant, je me suis rendu compte que je n'avais pas pris ma caméra! Lapsus?

Tricoteux que je suis les rares fois que je conduis l'auto en ville, je me suis retrouvé dans les méandres de la circulation du Plateau Mont-Royal, impossible de poser pied sans avoir barouché une secousse avant de me trouver un trou sur St-Denis.

Lorsque j'ai enfin pu gravir les marches du Patro Vys, j'ai bien compris que tout était scellé. La campagne non officielle s'entamerait sans moi. J'ai vu tout de même les trois urnes ayant servi à voter pour les candidats des comtés de Rosemont, Outremont et Crémazie, puis la tête lumineuse et blanche de Saillant, l'un des candidats vedettes. Voilà pour les faits.

Ayant du parco à dépenser, je ne voulais pas rebrousser chemin illico. Alors, je suis entré au Quai des Brumes (d'un coup qu'elle y serait...) , mais c'était désert comme les pages de Jabès, et la waitrice au bar était plongée dans une interminable conversation téléphonique... J'ai fui.

Me voici donc live au Café Noir à l'ombre d'un blé d'Inde, au coude à coude avec le peuple des écrivassiers sur portables. C'est plein! En avant de moi, une latino avec de la gueule en diarrhée, ein fatiguante, je n'entends qu'elle dans la broue ha! ha! du café, converse avec mec via webcam, et moi derrière, je suis planté dans le décor. Je ne suis pas game pour faire des beubye! J'en ai quand même fait en enfilant la manche de mon jacket. Mine de rien.

Tu sais, le genre de place où il faut chaud et où Stevie Shock passe en sourdine...

Mon parco est passé dû depuis dix minutes... Fa que, tourlou.

2 commentaires:

carOlinade a dit...

Tout comme si j'y étais ;) Une bouffée de Jack ! Ça fait du bien.

Jack a dit...

Karo, on se voit bientôt!