09 juillet 2011

Circa ou pourquoi ne pas marcher sur la tête en talons aiguilles

Tapis rouge et cheval blanc aux portes de la Tohu, jeudi soir dernier, pour le coup d'envoi de Montréal complètement cirque.

Les officiels : Raymond Bachand, ministre des finances, Stéphane Lavoie, Directeur général de la Tohu,
Mme Fotopoulos, membre du Comité exécutif de la Ville de Montréal.

Avec ses ongles abradacabrant, c'est la troupe australienne Circa qui a ouvert le bal de la seconde édition sur la magnifique scène circulaire de la rue Jarry avec son Wunderkammer (Cabinet de curiosités).

La scène circulaire de la Tohu, un gros silo vu de l'extérieur.
Comme on peut le lire dans le Voir de cette semaine sous la plume de Fabienne Cabado qui mène un très bon interview avec Darcy Grant : « Main à main, équilibre, trapèze, corde, hula hoop, lancer de la fille et contorsion comptent parmi les acrobaties au programme de ce spectacle abstrait dans lequel chacun peut s'amuser à tisser sa propre trame narrative. ».

Mais somme toute, intrigués que nous sommes d'entrée de jeu par une espèce de sniffage de balloune élastique qui insinue dès le départ une bizarrerie un tantinet insolente, les « personnages » en noir et blanc peau, talons aiguilles, maillots et plastron d'un cabaret ludique, onirique, électrique, carré, punk, sans allure, bref ces extravertis utilisent somme toute assez peu les accessoires classiques du cirque.  C'est en effet davantage entre eux que les flammèches revolent dans le mouvement incessant des corps agiles ou mous comme de la quenille, c'est selon et très changeant, corps qui se frottent, se poussent, plongent ou grimpent, qui brake-dance, qui n'en finissent pas de s'extirper d'eux-mêmes, de se mettre à nu jusqu'à la lisière incertaine de l'intériorité.

Sous des éclairages magnifiques et une trame sonore recherchée, Circa nous entraîne dans un entortillage inextricable de situations hautement trafiquées par la prouesse. Mais la mouche réussit toujours à sortir de la bouteille où elle s'était fourrée. Ou bien, le verre imaginaire se brise de lui-même dans un éclat de rire.  Il y a du Wittgenstein en coulisse de cet ensemble scénique inusité et vraiment très beau.
     
J'avais vu ravi, ébloui, la production précédente, de facture plus poétique, de ces drôles de moineaux lors de leur passage à Montréal en avril 2009 (cf. Train de nuit) .

Cette fois-ci, j'ai été particulièrement touché par la scène finale jouée sur la version de Don't think twice, it's all right (Dylan) de Suzanna and the Magical Orchestra où l'on nous dit adieu avec raffinement et une touche de tristesse clownesque. 



L'ami Marc-André Delorme, responsable du financement public  de la Tohu,
 avec collègues et amis.

Scott (?) de Circa.  Il a slamé en déclinant tous les pays du monde en trois minutes!



Photos Jacques Desmarais.

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