08 janvier 2016

Cambrousse blues



Cambrousse blues sur la frette


Dans l'arrière cambrousse de mon pays
là où les coyotes hurlent à la lune,
la nuit chargée de frousse 
de corneilles endormies
flambe son cinéma 
d'ombres et d'épouvante
aux pieds des arbres rabougris
qui craquent de froid

En hiver, les liens sauvages
ne sont pas faciles à défaire

Les mots barbares roulent 
dans la gueule des petits chats 
restés pris dehors
sur la cordée de bois
et jusque dans la botte 
de la survivance
comme un caillou maudit
« au fond des souliers »,
disent, faute de mieux,
les poètes infinis
aux joyeux paletots désaccordés!

Pour achever le plat de l'amour,
pour darder la vie qui grelotte,
pour donner son sang à la nuit blanche
au-dessus du val de la prairie neuve,
viendra à son heure impériale
l'aube échevelée, entre-ouverte
aux lèvres tout d'abord givrées,
mauves et rosacées, exquises,
avec sa grande barre de couleurs
et son gros vrot de front écarlate
qui périront en criant ciseau
dans le pastel défenestré

On n'y pensera plus dans le courant du jour
en attendant, ménestrels de mon âge,
le temps des cerises.

6 commentaires:

Nina louVe a dit...

octobre te va comme un gant, tu tricotte avec tes menottes des rimes de soleil et de bruine, miam ! GrRRRr !

jack a dit...

Nina...Merci! C'est peut-être que nous sommes faits «d'octobre et d'espérance» (Le plus beau voyage). C'est peut-être qu'octobre nous décolle le paysage en pleine face et nous force à partir, peut-être même à avoir maille à partir avec le langage
fait de nos saisons bouleversées. Jetés dans la mêlée, nous souhaiterions alors tricoter comme un joueur de hockey.

Nina louVe a dit...

tu sais que le 15 tu pourrais aller dire tout ça dans un mic ? (sourires)

Pascal Perrot a dit...

Ca a de la flamme, de la fougue, de la gueule … Bref, ça me parle mille fois plus que du GCM ou du GMC ! Mille bravos camarade vivant !

Jack a dit...

Je te remercie Pascal pour la flamme, la fougue,la gueule et tout le vivant que je souhaite en effet. Je ne crois pas toutefois mériter mille fois plus que qui que ce soit.

Jack a dit...

Texte refait. Mais comment se séparer des commentaires de jadis? Je les garde au chaud même s'ils visaient d'autres mots égarés.