31 janvier 2018

Entendre l'herbe pousser

Le passage de Mathieu Bélisle à C'est fou dimanche dernier, substantiel! Inspirant! J'ai écouté l'émission à deux reprises. Peut-être qu'avec l'âge, je parle de mon grand âge, le sentiment de prendre sa retraite de tout (toute!) presse le pas alors qu'il reste toujours tant à faire en notre permis temporaire de séjour pour mettre sa vie en ordre, sa vie ordinaire... Une des références clé de l'auteur de Bienvenue au pays de la vie ordinaire (Leméac, 2017) est Les sources du moi de Charles Taylor (tr. Charlotte Melançon, Boréal, éd. 2003, 712 pages). Ouvrage majeur, en effet, sur l'identité moderne et ses complexités certaines. Sauf erreur, le barbare pour les Anciens était le nom donné à celui qui ne parlait pas la même langue. Aujourd'hui, l'étranger, c'est l'homme de partout, chante Pauline Julien. Il s'adonne que je suis en train de lire cet essai d'une grande rigueur de Taylor. Les inquiets de l'identité gagneraient à s'y mettre aussi! Par ailleurs, lors d'un segment d'archive de l'émission, un sociologue dont le nom m'échappe pour le moment cite une phrase superbe de Karl Marx que je ne connaissais pas et que j'entends très bien telle une flamme tenace, malgré tout, visant la jeunesse du monde, sa transformation, mais ne dédaignant pas le goût tout aussi obstiné de la contemplation active, ce qui à mon humble avis implique aussi un grand grand bol d'air libre d'herméneutique : " Le révolutionnaire doit être capable d'entendre l'herbe pousser. " (Lettre à Joseph Way Demeyer, 1852).

C'est fou, 28 janvier 201

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