10 novembre 2007

Il se passe quelque chose, en effet







Je suis parfois si débraillé
que j'en ai mal au dentier
et n'ai plus rien à dire
ni derrière, ni devant

C'était au printemps de 1998
à la cabane à sucre des Pontbriand,
dans mon coin,
à Roxton Pond,
là ou la ligne
des Cantons-Hertel
passerait éventuellement

C'était au lendemain de la frise
du verglas et des cols roulant

Il y eut un symposium
sur l'art et la ruralité

à la cabane à sucre

ce qui n'a rien à voir avec le pétrin,
ni avec l'électricité au plus sacrant

mais tout avec
la contestation
qui respire
et les signaux dans le vent

car c'est en soi
l'électrisant qui tangue

Des gens de l'Abitibi
de Joliette, de partout
y étaient

C'était au printemps

Sur les terres culturelles
de mon pays

j'y ai rencontré pour la première fois Guy
Sioui-Durand

celui qui connait
les grands lacs époustouflants,
le radeau de la Méduse, les pitounes
les marques sur les jambes du temps...

«l'artiste fait voir,
donc transforme, et l'endroit et ses us...»

C'est de cette rencontre
que m'est restée dans la caboche à sucre
de mon sentiment intime
l'expression
qui vient comme une ligne qu'on tire
après une opération mathématique,

ou quand on observe des mains agissantes
dans un grand bol de vagir

des mains, vous dis-je,
comme une langue,
qui pétrirent tant et tant
une pâte si matérielle
qu'elle se transmuta à jamais
dans notre imaginaire
de sillons ruraux...

«Il se passe quelque chose, en effet»

À suivre...


07 novembre 2007

Pierre Martineau

Dédé Lacoste, un ami qui remonte aux années de l'école secondaire, fut l'organiste attitré de la LNI à ses tout débuts, puis, sauf erreur, sauta sur la glace avec l'équipe de Michel Garneau. Il partageait alors les hauteurs de la patinoire avec son pote Pierre Martineau qui était quant à lui maître de cérémonie, mais aussi co-fondateur de la LNI. Ce dernier vient de quitter ce monde. Dédé en peine nous rappelle que c'est Martineau qui avait déterré du fin fond la fameuse «Feuille d'érable», l'hymne grave et grandiloquent entonné à l'ouverture des rencontres. Improvisation libre, chantée, sans comparaison. Absolument mémorable.



Puis, voici la version «intégrale» de 1978 telle que déposée au musée virtuel de la LNI.

05 novembre 2007

Slam Okaz : «le doigt entre l'arabe et l'écorce»


Le Festival du Monde Arabe bat son plein à Montréal et la reine berbère, Queen KA, en grande forme, a réuni hier sur la scène du Studio-Théâtre de la PDA une brochette impressionnante d'artistes venus d'horizons divers, mais surtout du théâtre, pour un slam thématique autour du mot arabe, pris littéralement et dans tous les sens.

Queen KA, c'est Elkahna Talbi qui nous a présenté ses complices avec simplicité et humour. Dans certains cas, elle entendrait pour la première fois, comme nous, les textes mijotés par ses amis.

Sombre pour les photos le Studio-théâtre. Je me suis retenu! Et limitée est ma mémoire des noms. Mais lumineuse était la scène en ce dimanche où Noël passait sur l'Atlantique!

C'est d'abord le travail d'ensemble que l'on retient comme une fresque remuante de mots qui s'installe en vous avec bonheur.

Voici en bref quelques notes.

En intro, un duo de jeunes comédiennes a brisé la glace avec quelques courtes saynètes dont l'une s'inspirait d'un texte fameux de Julios Beaucarne. En contrepoint, Yvy est venu faire un slam rappelant la souffrance «des enfants qui meurent comme des grands». Il y a eu Nina LouVe et sa soif, son appétit pour l'Autre. Il y a eu ce poème d'amour de Carl Bessette en alexandrins! Un passeur de mots. Marie-Paule Grimaldi était là, poésie coulant de source. Puis ce texte émouvant sur les souvenirs d'enfance «qui tracent l'avenir», dit par le comédien tuniso-suisse-montréalais Karim Bourara. Il y a eu Olivier Choinière, auteur dramatique, dans un slam hilarant, caustique et baroque en guise de bienvenue à Montréal jusqu'à y compris Hérouxville! Il y a eu ce rap très applaudi, bien planté, de bonne humeur, fougue sortie de la bouche de Damakro (j'espère avoir bien noté son nom, sinon c'est Mohamed, il me l'a dit). C'est de lui que j'ai glané le slam final qui clanche : «Il ne faut pas mettre le doigt entre l'arabe et l'écorce!» A suivi la comédienne Hynda Benabdallah qui a des yeux de feu et qui fut impeccable. Il y a eu un court texte sur la peur que j'ai beaucoup aimé mais, misère, le nom du slameur m'échappe.

Pour clore ce début de soirée, Queen KA a refait comme si c'était la première fois «Les enfants de deuxième génération».

«Ou7ibb» sur toute la ligne! Ce Slam Okaz a démontré qu'on pouvait faire des slams thématiques sans tomber dans la lourdeur des «messages» qui s'empilent. Bravo! Il y en aura d'autres sous le ciel montréalais.

Quelques photos

Queen Ka


Les slameurs d'Okaz (agrandir la photo pour mieux voir le monde).


La comédienne Leila Thibault-Louchem qui a fait un slam picoté arabe-bleuet! Une surprise et un grand plaisir de revoir Leila qui est souvent venue à la maison quand elle était enfant. Elle est du même âge que ma fille Sarah, habitait tout près sur St-Émile avant que sa famille «émigre» au Lac St-Jean.


Nina, l'étoile turcoise! Dans un très beau texte d'amour, de souffle, adoro... «À ce moment précis, à cet instant sacré/Par ton regard et mes pupilles qui s’y baignent/Défilent en sépia nos deux vies en parallèle ...»


Ivy, slameur dans le ciel de baby alone...


À la sortie de la PDA, les gens de théâtre se rencontrent. Caroline Legault et Olivier Choinière.

Photos : jd

04 novembre 2007

Jack in the box

Avant le billet sur Gabrielle Roy et le Bulletin des agriculteurs comme il parait que je suis supposé faire, avant aussi de faire écho au très beau Slam Okaz qui avait lieu ce soir dans la cadre du Festival du Monde Arabe de Montréal, je ne peux résister à l'envie de publier cette photo prise par Carolinade.

Non, ce n'est pas de cette manière que je cruise habituellement!

Auto-photo : Caroline Legault.

03 novembre 2007

Saint-Gervais, nom de diou!



Serge Truffaut, ma référence montréalaise de la planète jazz, recense le dernier opus de Yannick Rieu dans Le Devoir d'aujourd'hui, opus qui s'intitule Saint-Gervais. Et puis quoi? Bien, Tuffaut n'y va pas avec le dos de la cuiller :

«Car outre l'ampleur de son son, écrit-il direct to the point, Rieu décline son discours sur le mode de la finesse. Comme s'il tenait mordicus à rendre hommage aux beautés composées par autrui. Il interprète du Rollins, du Sammy Cahn et Johnny Burke. Lorsqu'il ne prend pas à sa charge les thèmes écrits par ces messieurs, il nous propose ses propres visions musicales du monde. Et alors? Elles tiennent drôlement la comparaison. C'est très sérieux (...) Tout est dit. En fait, pas tout à fait: achetez-le. Nom dé diou!»

C'est sûr et certain!

En attendant, on peut se titiller les oreilles en allant glaner les extraits sur Justin time.

Parmi les pistes offertes, on remarquera la reprise de In the Myth, une composition de Yannik. Ce dernier était venu en 1991 à Train de nuit, version radio Centre-ville, présenter cette pièce qui est aussi le titre d'un album, si je ne m'abuse. Nous en étions alors au début de l'importante discographie de ce souffleur lumineux.

Crédits-photo : pochette de l'album - Justin Time

02 novembre 2007

Mathieu Lippé et son cabaret spirit groove




Suis pogné à la gorge avec un travail universitaire,
devrais en plus aller en cambrousse rentrer les trompettes de la mort, poser les châssis doubles...
J'irai assurément au slam arabe à Keen Ka dimanche.
Alors, me reste peu de chance d'aller entendre Mathieu, le faiseur d'univers, demain soir, le 3 novembre, au O Patro Vys, et je le regrette.

Lippé est sans contredit l'un de ceux qui m'ont le plus épaté au slam la saison dernière.

C'est un artiste à suivre. Pour l'heure, il nous propose le nouvel album Là où le coeur mène.

Mathieu Lippé
Sur scène avec :
Nicholas Williams ; piano,flûtes accordéon
Sébastien Hinse : batterie
David Da Castello : basse
Shawn Mativetsky : Tabla
Charle Van Goïdtsenhoven : violon

Crédits-photo : Danielle Bérard.

Slam Okaz au FMA


Dans le cadre du Festival du Monde Arabe de Montréal
QUEEN KA ET AMI(E)S (QUÉBEC)
présente Slam Okaz au
Studio-Théâtre de la Place des Arts,
Dimanche, le 4 novembre à 18h 00.
Prix du billet : 15 $,

Queen Ka (Elkahna Talbi) est une étoile bien connue de la scène slam montréalaise. Elle s'est classée deuxième à la finale québécoise en septembre dernier.

Je ne suis pas dans le secret de la reine berbère et j'ignore quels seront les slameurs invités à son show de dimanche. Par contre je sais, cela coule de source claire, que la poétesse d'Oka,
Nina Louve,
sera sur la scène!