07 octobre 2012

Trabalhada de la terra ou l'automne d'oïl à d'oc


 Extrait - René Merle 

(Je me suis permis de mettre le poème en sillons et de modifier la troisième strophe en français, soit « on se sait » par « on ne sait ».  Que l'A., s'il repasse par ici, ne m'en tienne pas rigueur).

radeu

Ce matin n’en finit pas d’arriver 

On le devine 

Cependant il va sans dire on ne sait 

Vers quelles confluences
La grande cavalerie des rêves s’est arrêtée
Les étoiles ont fermé la porte
Il s’éclaire là un ciel de craie
Sans s’aventurer les arbres 

Regardent 

Mais pourquoi de quel usage
Ni plus ni moins exacte que par ailleurs
Et conséquente roule l’orgue du temps 

On appelle cela l’automne 

Prunelle de bois éteinte 
Vieille statue peinte aux couleurs d’antan 

Bleu et rouge bleu surtout et rouge 
Voilà que des inconnus t’ont relevée des schistes
Non sans un frémissement 

Convenables tournent les vols d’oiseaux migrateurs
Que leur importe cette roche humide désormais 

Si vient la mer 
Ouverte à mille regards indifférents
Bactéricide et longue à refroidir la vieille mer
On appelle cela l’automne 

Au quai sont amarrés les espadons
La terre ne se languit plus 

La terre travaillée de pensées mal connues 
Qui veut savoir se penche au puits [...]
 
Aqueu matin ne’n finis pas d’arribar
Va devinam 

Coma que sabem pas vers qualei mescladissas 
La grand cavalariá dei sòmis s’es aplantada
L’estelam a barrat la pòrta 
S’esclaira per aicí un cèu de gip de gip 
Sensa s’aventurar les aubres 

Agachan 
Coma vai que per qunta usança 

Pas mai pas mens exacta qu’autra part
Consequenta l’orguena dau temps redola
Aquò li dison l’automna
Viston de fusta amoçat
Estatua vielha pinturada ai colors d’antan 
Blau e roge blau subretot e roge
D’inconeiguts t’enausson dei lauvissas
Non sens un frejolum 
Convenables viran leis aucèus de partença 

Se’n garçan d’aquela ròca umida desenant
Se vèn la mar 
Duberta a vòstra indiférénci 

Bactericida e longa a refregir la mar vièlha 
Aquò li dison l’automne
Au quèi son amarrats lei pèis espasas 
La terra se languís plus
Trabalhada la terra de pensaments mau coneguts
Cu vòu saber se clina au potz  [...]

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Cf. LO RADEU DE LA MEDUSA - LOU RADEU DE LA MEDUSO
Textes de Philippe GARDY, Maurice MERLE, René MERLE, Florian VERNET
S.E.H.T.D., 1989

05 octobre 2012

Martha : The Factory



The Factory

These are not my people, I should never have come here
The chick with a dick and the gift for the gab
I know a place, I've seen the face
And I'll take the coast from factory to factory
Ah

These night's that I've been on the road
Through my window the moonlight she shone
And on my walls the fire she danced
Playing out my very last chance to run, run, run, run
Don't look back, you're moving too fast
I know a place, I've seen the face
And I'll take the high road from factory to factory
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah

There are millions and millions of people around
On my TV, walking my streets, making sounds
And I can walk with them I love them I need their love
There are others I have known as poor souls, sores exposed
To the run-of-the-mill, the destitute, and the cold
Sores exposed to the blisters and shards
Where any kind of kindness is as far as the sun, the sun
The sun, the sun, run, run, run, run
I know a place, I've seen a face
And I'll take the coast from factory to factory
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah

Run, run
Mmmmmmm, mmmmmmm

These are not my people, I should never have come here
I know a place, I've seen the face
Take the coast from factory to factory
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah...

- Marta Wainwright

04 octobre 2012

Le beau brouillard

Le beau brouillard ce soir sur l'Île! On marcherait ainsi débraillé dans les rues jusqu'à désenfouir la lune pour en prendre une gorgée. Les lettres rouges aux enseignes des commerces sont comme des bonbons clairs alors que les feux arrière des autos traînent sous la douche floue des lampadaires auréolés du boulevard Henri-Bourassa. 

En dedans, la sous-réalité nous donne à penser qu'un régime est en train de tomber. 

Pourtant bien vrai! C'est octobre.





Photos Jacques Desmarais


30 septembre 2012

Poésie, sandwichs, clameurs et soif qui penchent...



Photo Jacques Desmarais. Clara la verseuse, Éric, Fanny...
Simon, Loui, Roger, Alexandre, Éric...
(Photos Jacques Desmarais).

29 septembre 2012

Un côté du mur à l'ombre


Promenade d'écureuil solitaire, mon cher Jean-Jacques. Marche imprévue sur Saint-Laurent. Imprévue, parce que je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez. Il était pourtant écrit que je devrais exceptionnellement faire un bout à pied pour me rendre au bureau ce matin après un bref passage à l'Hôtel-Dieu. 

Je fais le pont par la 55 jusqu'à l'angle Saint-Urbain et René-Lévesque. Il fait un beau soleil gorgé de miel de la fin Saint-Septembre. Rendu vis-à-vis le Complexe Desjardins, je descends du trottoir et j'étire le cou pour contourner les travaux qu'on est en train de faire plus bas sur le boulevard. Car au loin, depuis l'Est, une rumeur nous parvient. Comme un brouhaha de manif. Pourtant, on ne voit rien de manifeste. Au même moment, j'aperçois un ami en complet-veston-pas-de-cravate qui s'apprête à franchir les portes de Desjardins. Il se retourne lui aussi. À cause de la clameur lointaine. Cela se passe en une fraction de seconde. Je n'ai pas revu ni parlé à SuperK depuis une bonne année. Normal qu'il entre à Desjardins, il bosse à la C.P.  Il aurait fallu le haler, héler l'ami écrivain pour intercepter sa marche, franchir la vingtaine de pieds qui nous séparent, saisir l'impromptu, aller lui serrer la pince... Il s'en va travailler. Je m'en vais travailler. Voilà le mouvement de l'économie réelle. Le reste servira à la fiction. Tout est fiction, répète sans cesse SuperK.

Je gagne la Gauchetière. Un soldat canadien portant un béret aplati sur le côté, parlant français, cherche son chemin. Ça ferait plus surprenant d'écrire : ce matin dans les rues de Montréal un soldat canadien cherche son chemin. Un jeune ouvrier de la construction, un barbu comme il y en a tant, le renseigne. Le militaire avec un portable dans un sac à dos, cellulaire à la bouche, me précédera le temps de quelques pas avant de remonter en direction de la rue Sherbrooke. Ses souliers noirs sont impeccables. Ils brillent au soleil. Me font rappeler l'été de mes 17 ans dans le 22e, la rue Laframboise à Saint-Yaya, mon désir d'avoir de la barbe un jour... Y fallait-tu les frotter ses bottines! L'ennemi fictif pour nos scénarios de guerre n'était plus les Russes comme au bon vieux temps, c'était les bombes du FLQ posées aux portes du manège! Cela m'avait choqué. Le bon sergent, un gringalet, m'avait dit sur le ton de la confidence de ne pas m'en faire, qu'il avait sa carte du P.Q.

Me voici longeant par derrière le seul pan de mur solidifié d'un édifice d'environ huit étages qu'on a démoli. Le côté intérieur est coloré à chacun des paliers comme de la crème glacée napolitaine. On y construit une tour à condos de luxe sur La côte du Beaver Hall qui va donner sur le square Victoria. L'an dernier à pareille date, le square était squatté par le mouvement Occupons Montréal.

À la vue du fourmillement du chantier, la terre, le bétonnage, la dynamite, l'économie sousréelle, je ne peux pas m'empêcher de penser à la Sainte-Alliance de la mafia!                                                
Y a toujours un côté du mur à l'ombre, ombre.    


20 septembre 2012

Fierté, joie, solidarité

Photo Jacques Desmarais, Françoise et Amir, l'Olympia, Montréal, 4 septembre 2012.

Le Jean-Marc La Frenière nouveau



Noticias



Les Editions Chemins de Plume
sont heureuses de vous annoncer la parution du nouveau recueil de prose poétique de l'auteur québécois :

JEAN MARC LA FRENIERE

"J'ECRIS AVEC LA TERRE"
Jean-Marc-La-Freniere---J-ecris-avec-la-terre---Ed.Chemin.jpg 
pour le Festival du Livre de Mouans-Sartoux les 5, 6 et 7 octobre 2012

Jean-Marc La Frenière sera présent sur le stand des Editions Chemins de Plume au Bt A et dédicacera ses livres pendant toute la durée du Festival
Un rendez-vous à ne pas manquer.

4è de couverture : Je suis du bois debout dont on fait les maisons, non de celui couché dont on fait les potences, les tombeaux, les matraques. Mon coeur d'hélium s'envole et coupe la ficelle. Les dents sur la rampe,je grimpe l'escalier qui mène à la parole

Le mot de l'éditeur : Avec des lettres à un amour incontournable et des textes sur une nature blessée par l'avidité des hommes, Jean-Marc La Frenière - Prix Nouvelles voix en Littérature (Québec 2010) et Prix du Public au Festival international de poésie de Trois-Rivières  2011 - nous offre ici, un nouveau recueil magistral.