15 octobre 2012

Feuille qui valse, qui ne veut pas mourir!


Chemin faisant dans un sentier presque secret à Sainte-Anne-des-Lacs, moment magique capté sur le vif. Vrai!

Vidéo : Jo.


14 octobre 2012

11 octobre 2012

Les armes du doux Shawn Cotton


Photo Jacques Desmarais.
Malgré le brassage « de cannettes vides traînant au fond du coeur », c'est un doux joueur avec des empreintes de coccinelles encore proches de l'enfance, Shawn Cotton, qui lançait le 11 octobre au Port de tête Les armes à penser (l'Oie de Cravan, 59 pages, 2012).  Sur la route des mots glanés dans le métro au retour, ce qui est bien court et à brûle pour point, quand même allures de pelletées brutes de signaux pour les survoyants du casse-tête animal-désastre-naufrage qui rentre par les yeux comme charbon, mais conscience de l'infini, mais remise au jeu pour les plus que frères, passeurs de nuits blanches - « je bois avec mes amis depuis si longtemps ».  Puis, souventes fois sur la page revient le mot sein comme lumière intime de la belle primordiale, cymbale, strophe de vie. Vie d'ange avec plusieurs tours dans son havre sacre. 

Photo Jacques Desmarais. Mykalle Bielinski, Shawn.
Parmi nous.

C'est pour moi! Santé!


Photos Jacques Desmarais.

09 octobre 2012

L'automne crève les yeux de loin


Decà, delà,
le sevrage, dirait Verlaine,
dans les coulisses
des longs violons qui sanglottent
malgré le fouillis lumineux
jaune, orange, pourpre,

bien avant le croquefort
du grand fret,
fruits et insectes
sortent de scène

et mon merle
a perdu son bec

bye bye éperviers, épervières
cerfs-volants et virgule solaire

gélinottes marines d'automne,
parulines aux chants sucrés,

canards canards fouillés
canard en v
canard colvert,
bernache décolletée,
fuligule à collier,
canard branchu,
grand harle,
macreuse brune,
canard pilet,
canard cafard
harel de Kakawi,
petit garot

canards calvaire

grosse parade dans les nuages

tous ces voyageurs ailés
sont vont jonglant
au diable vauvert

ils auront soif dans leur sang

et puis quoi faire avec les crapauds leclerc
et les araignées mageures
cachées au fin fond des bois
du rossignolet?

parmi toute la vrillance des sauvagines,
dans les grands reflux des ciels couverts
au-dessus des épinettes noires
petite pensée claire
émigrante underground
de la grosseur d'une tête d'épingle
pour les sweltes et impognables
libellules vertes, rouges, brunes?

frèles friandises
aux prouesses interdites,
migratrices
aux ailes jointes
transparentes nervures
frites à l'air
passées à l'eau

demoiselles élégantes
aux reflets métalliques
qui flirtent
jusqu'à l'éclatement
des quenouilles
des marais

mais s'ennuient-elles les dimanches au soir?

elles partiront aussi
comme en nuées de martiennes
avant la fin du bail
à travers bouleaux jolis
et papa l'ours
et les feuilles nourricières
en vol fatal,

guidées par les étoiles
avant la tombée
de la neige

elles disperseront
lumières nouvelles
sur le train bleu
du vent

de Chicago
jusqu'à la belle Louisiane

jusque sous les pattes
des aigrettes blanches

en ces bayous
de mystères
impardonnables

elles s'en vont
ramasser l'avenir.







Poèmes canibales à Bruxelle

Dans la série « Les poèmes cannibales tout le tour de la terre », il fallait bien qu'un bon jour la réalité dépasse la fiction.  C'est à Bruxelle que c'est arrivé et c'est là qu'attendait, souriant, le lutin d'Amélie Poulin.  Inouï! Incroyable! Mais vrai!

Photo collection Geneviève Arcand.

07 octobre 2012

Trabalhada de la terra ou l'automne d'oïl à d'oc


 Extrait - René Merle 

(Je me suis permis de mettre le poème en sillons et de modifier la troisième strophe en français, soit « on se sait » par « on ne sait ».  Que l'A., s'il repasse par ici, ne m'en tienne pas rigueur).

radeu

Ce matin n’en finit pas d’arriver 

On le devine 

Cependant il va sans dire on ne sait 

Vers quelles confluences
La grande cavalerie des rêves s’est arrêtée
Les étoiles ont fermé la porte
Il s’éclaire là un ciel de craie
Sans s’aventurer les arbres 

Regardent 

Mais pourquoi de quel usage
Ni plus ni moins exacte que par ailleurs
Et conséquente roule l’orgue du temps 

On appelle cela l’automne 

Prunelle de bois éteinte 
Vieille statue peinte aux couleurs d’antan 

Bleu et rouge bleu surtout et rouge 
Voilà que des inconnus t’ont relevée des schistes
Non sans un frémissement 

Convenables tournent les vols d’oiseaux migrateurs
Que leur importe cette roche humide désormais 

Si vient la mer 
Ouverte à mille regards indifférents
Bactéricide et longue à refroidir la vieille mer
On appelle cela l’automne 

Au quai sont amarrés les espadons
La terre ne se languit plus 

La terre travaillée de pensées mal connues 
Qui veut savoir se penche au puits [...]
 
Aqueu matin ne’n finis pas d’arribar
Va devinam 

Coma que sabem pas vers qualei mescladissas 
La grand cavalariá dei sòmis s’es aplantada
L’estelam a barrat la pòrta 
S’esclaira per aicí un cèu de gip de gip 
Sensa s’aventurar les aubres 

Agachan 
Coma vai que per qunta usança 

Pas mai pas mens exacta qu’autra part
Consequenta l’orguena dau temps redola
Aquò li dison l’automna
Viston de fusta amoçat
Estatua vielha pinturada ai colors d’antan 
Blau e roge blau subretot e roge
D’inconeiguts t’enausson dei lauvissas
Non sens un frejolum 
Convenables viran leis aucèus de partença 

Se’n garçan d’aquela ròca umida desenant
Se vèn la mar 
Duberta a vòstra indiférénci 

Bactericida e longa a refregir la mar vièlha 
Aquò li dison l’automne
Au quèi son amarrats lei pèis espasas 
La terra se languís plus
Trabalhada la terra de pensaments mau coneguts
Cu vòu saber se clina au potz  [...]

__________________________________

Cf. LO RADEU DE LA MEDUSA - LOU RADEU DE LA MEDUSO
Textes de Philippe GARDY, Maurice MERLE, René MERLE, Florian VERNET
S.E.H.T.D., 1989

05 octobre 2012

Martha : The Factory



The Factory

These are not my people, I should never have come here
The chick with a dick and the gift for the gab
I know a place, I've seen the face
And I'll take the coast from factory to factory
Ah

These night's that I've been on the road
Through my window the moonlight she shone
And on my walls the fire she danced
Playing out my very last chance to run, run, run, run
Don't look back, you're moving too fast
I know a place, I've seen the face
And I'll take the high road from factory to factory
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah

There are millions and millions of people around
On my TV, walking my streets, making sounds
And I can walk with them I love them I need their love
There are others I have known as poor souls, sores exposed
To the run-of-the-mill, the destitute, and the cold
Sores exposed to the blisters and shards
Where any kind of kindness is as far as the sun, the sun
The sun, the sun, run, run, run, run
I know a place, I've seen a face
And I'll take the coast from factory to factory
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah

Run, run
Mmmmmmm, mmmmmmm

These are not my people, I should never have come here
I know a place, I've seen the face
Take the coast from factory to factory
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah
Oh yeah
Oh yeah
Ah yeah
Ah yeah...

- Marta Wainwright

04 octobre 2012

Le beau brouillard

Le beau brouillard ce soir sur l'Île! On marcherait ainsi débraillé dans les rues jusqu'à désenfouir la lune pour en prendre une gorgée. Les lettres rouges aux enseignes des commerces sont comme des bonbons clairs alors que les feux arrière des autos traînent sous la douche floue des lampadaires auréolés du boulevard Henri-Bourassa. 

En dedans, la sous-réalité nous donne à penser qu'un régime est en train de tomber. 

Pourtant bien vrai! C'est octobre.





Photos Jacques Desmarais