11 décembre 2014

Journée internationnale des droits de l'Homme

Pour ceux et celles qui n'auraient pas encore signé la pétition d'Amnistie Internationale visant à libérer Raif Badawi, prisonnier d'opinion en Arabie Saoudite. Sa conjointe et ses trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke (Québec) depuis octobre 2013.  

https://www.amnistie.ca/outils/petitions/index.php…

09 décembre 2014

Simon Goldin au O Patro Vys

Noticias

J'ai croisé Simon Goldin un de ces beaux soirs à l'Escalier (celui d'Éric Roger) où j'avions lu un texte accompagné au sax par Sylvain LegaultComme un Survenant, Simon est survenu près du bar en tapant du pied sur le vieux plancher de bois franc, puis il a claqué des doigts, sifflé, scandé a cappella une chanson « d'ouvrier ». Ce garçon chansonnier plein d'énergie qui fait carrière sur les routes de France m'a tout de suite plu. Il est en ville en ce moment pour renouer avec la belle bordée de Montréal. Sera en spectacle au O Patro Vys ce dimanche 14 décembre 2014. 
Nous y serons! Mes amitiés, cher Simon. 

14 décembre 20:00 au O Patro Vys... 10 $ (« pour payer mon retour à Besançon ») réservation : 514-845-3855.

06 décembre 2014

Françoise David : « Se souvenir, mais surtout agir! »


Publication: Mis à jour: 


Le 4 décembre, à l'initiative de Québec solidaire, et suite à un travail remarquable du Cercle des femmes parlementaires, mettant de côté les ambitions partisanes et les luttes politiques, les 33 députées de tous les partis de l'Assemblée nationale ont uni leurs voix et leurs larmes pour commémorer le 25e anniversaire de la tuerie de Polytechnique.

Pour rappeler que Geneviève, Hélène, Nathalie, Barbara, Anne-Marie, Maud, Sonia, Annie, Barbara, Maryse, Anne-Marie, Annie, Michèle et Maryse ne sont pas mortes dans la fleur de l'âge pour rien et qu'elles sont encore vivantes dans nos mémoires. Cette commémoration touchante rendait aussi hommage à toutes les femmes victimes de violence, au Québec et ailleurs.

L'annonce de la tragédie de Polytechnique a créé une onde de choc sur le Québec que nous connaissions en 1989. Nous sommes des milliers à nous rappeler exactement ce que nous faisions il y a 25 ans jour pour jour, vers 16 h. J'étais avec mon fils de 9 ans, je préparais le souper. Quelle stupeur! Il m'a fallu plusieurs heures avant de réaliser l'ampleur du drame, des mois à m'en remettre. Comme tant d'autres femmes, j'ai été en deuil.
En deuil de ces 14 jeunes femmes, bien sûr, et en deuil de l'illusion, à l'époque, que le Québec tout entier était féministe.

Dès le lendemain du drame, plusieurs ont qualifié l'événement d'acte isolé, posé par un homme égaré. Pourtant, Marc Lépine avait ciblé uniquement des femmes. Les féministes ont été les premières à tenir un discours différent. À l'époque, j'étais coordonnatrice de l'R des centres de femmes du Québec, regroupant une centaine de centres dans toutes les régions. Le 7 décembre, j'étais aux côtés de ces groupes pour essayer de comprendre, d'expliquer l'inadmissible.

Aujourd'hui, il semble plus facile de reconnaitre que le geste de Marc Lépine, dans son extrémisme, représentait une misogynie ambiante dans une fraction de la société québécoise à l'égard des femmes. Il faut se rappeler la confusion qui régnait alors: c'était difficile d'admettre ces choses-là.

Beaucoup de chemin a été parcouru en 25 ans. De nouvelles lois et politiques promouvant l'égalité entre les femmes et les hommes ont été adoptées. Pensons à la loi sur l'équité salariale, à la création des CPE, du Régime québécois d'assurance parentale, et surtout, à la création du registre des armes à feu, quelques années après le drame. Malgré cela, il est difficile de célébrer.

Près de 1500 femmes ont été assassinées par un conjoint ou un ex-conjoint au Québec depuis 25 ans. Plus de 1000 femmes autochtones ont disparu ou ont été assassinées au Canada depuis ce temps. Le registre des armes à feu a été démantelé par le gouvernement conservateur, détruisant un outil essentiel dans la lutte contre la violence envers les femmes. Le gouvernement du Québec a réussi à conserver les données québécoises de ce registre, mais au prix d'une bataille juridique qui n'est pas terminée. Et plus près de nous, cet automne, un nombre stupéfiant de femmes, et parfois d'hommes, ont fracassé le silence en révélant avoir été victimes de harcèlement et d'agressions à caractère sexuel. Ces personnes, connues ou non, se sont levées pour dire « moi aussi », refusant désormais de vivre dans le silence.

Comme en 1989, le Québec découvre que l'image qu'il a de lui-même n'est pas tout à fait juste. Cette fois, et c'est la preuve que nous avons appris, nous acceptons de faire face à nos démons. Si tant de nos sœurs et de nos frères ont choisi le silence pendant si longtemps, c'est qu'il y a un problème. C'est pourquoi, suite au travail de pression des groupes de femmes et avec l'appui de tous les partis politiques, le gouvernement du Québec tiendra cet hiver une commission parlementaire et un forum itinérant sur les violences sexuelles. Ce sera l'occasion de parler, de débattre! Car il faut trouver des solutions, ensemble, à la violence sexiste. Nous avancerons!

Le premier ministre du Québec s'est engagé lors de la commémoration de l'Assemblée nationale à créer un registre québécois des armes à feu. Attention! Dès le lendemain, il apportait des bémols, affirmant que nous aurions le registre que nous serons en mesure de payer. Je serai de celles et de ceux qui suivront tout cela de très près, refusant de reculer en cette matière puisque le consensus québécois est formel: nous voulons un registre efficace!

En terminant, j'aimerais vous inviter à visionner la vidéo de la commémoration que Québec solidaire a tenue lors de son Conseil national de la semaine dernière, réunissant plus de 200 personnes.  
C'est avec Sylvie Haviernik, sœur de Maud tuée il y a 25 ans, que j'ai pris la parole pour rappeler ce drame, mais aussi lancer un message d'espoir, rappelant que nous avons la responsabilité collective d'agir contre toutes les violences qui blessent les femmes et aussi les hommes. Et surtout, pour que nous effacions le nom du tueur de nos mémoires et que nous nous rappelions plutôt de ceux de Geneviève, Hélène, Nathalie, Barbara, Anne-Marie, Maud, Sonia, Annie, Barbara, Maryse, Anne-Marie, Annie, Michèle et Maryse.



6 décembre 1989

Geneviève Bergeron, Barbara Daigneault, Hélène Colgan, Barbara Maria Klucznick, Anne-Marie Edward, Annie Turcotte, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Nathalie Croteau, Sonia Pelletier, Maryse Leclaire, Anne-Marie Lemay, Maud Haviernick, Maryse Laganière...

05 décembre 2014

Polytechnique : le devoir de mémoire

Lors d'une motion sans préavis, les femmes parlementaires à l'Assemblée nationale rendaient hier d'un seul coeur un émouvant hommage aux 14 jeunes filles étudiantes abattues à la Polytechnique le 6 décembre 1989.

01 décembre 2014

Le transport « tranquille » à Montréal


Mine de rien, belle petite dérision ce matin de Jean-Francois Nadeau dans son billet au Devoir qui me remet en mémoire les travaux du sociologue José Prades (un grand Maître que j'ai eu le privilège d'avoir comme professeur en 1972 au CÉGEP de Granby et plus tard à l'UQAM) pour penser un système de transport avancé et résoudre concrètement les problèmes inouïs en cette matière, ce qui nous renvoie à l'éthique, à l'environnement et au climat, au développement « soutenable » respectueux des humains. Alors qu'il faut se sortir des années 70 (Martin Coiteux), voilà que les bicycles sur le BS nous ramènent aux années 30? Vive la prolifération des autos et des camions! 

Or, il y a déjà plus de 15 ans, Prades et son équipe de chercheurs (José fut Directeur du GREIGE de 1992-2007) esquissaient des scénarios visant à réduire les émissions des gaz à effets de serre dans la région métropolitaine de 5 %. Ce n'est pas beaucoup, direz-vous, mais cela « nécessiterait [...] la disparition des voitures à essence pour le transport urbain d'ici 2020 (!!!), au profit d'automobiles fonctionnant à l'électricité ou à l'alcool, l'accroissement de la part des transports en commun dans les déplacements urbains de 16 à 26 % d'ici 2010 (!!!), et une tarification différentielle de l'essence [...] en 2035, par rapport aux carburants moins polluants. Des changements qui exigent de la part des autorités une stratégie à long terme, ce qui n'est pas la moindre des tâches [...]. » (Pour une révolution « tranquille » du transport, Agence Science-Presse, décembre1998)

À ce propos, si M. Poëti, ministre actuel des Transports à Québec est chambranlant et ne semble pas vouloir poursuivre les efforts d'électrification du gouvernement de Pauline Marois, il est à souhaiter que la rentrée de Richard Bergeron au Conseil exécutif de la Ville de Montréal fasse une différence en faveur d'un système de transport avancé où les concepts de José Prades sont toujours un enjeu vital à concrétiser : électrification, informatisation, automatisation.