05 octobre 2019

Le « pétrole sale » de l’Alberta, pain et beurre des travailleurs...

Dans le cadre de la campagne électorale en cours au Canada, l’équipe du Rad (le laboratoire de journalisme de Radio-Canada) nous amène en Alberta, la plus riche province canadienne dotée des sables bitumineux d’une superficie comparable à la Floride, desquels sont extraits au delà de 300 000 barils de pétrole par jour parmi les plus polluants de la planète et dont 96% sont exportés aux États-Unis. Il s’agit le la troisième réserve de pétrole la plus importante au monde. La chute des prix fait très mal à l’économie de la province de l’Ouest habituée à rouler sur l’or noir. Par ailleurs, l’urgence de mettre en place une politique climatique radicale qui nous fasse abandonner au plus vite notre dépendance au pétrole pèse sur la tension inévitable entre des « ayants droits » aux motivations et intérêts opposés.

Oh boy! Nous ne sommes pas sortis de l’auberge canadienne!

https://www.rad.ca/dossier/elections-2019/240/13-25-que-faire-de-tout-le-petrole-canadie

https://www.facebook.com/115457012314003/posts/675706299622402?sfns=mo

24 septembre 2019

Fabuleux Train de nuit Mistral

je ne saurais dire aujourd’hui où est rendu ce Train de nuit, au quai ou en voiture, chou chou en rails vers quelque part, réelle aventure artistique, festive et amicale autour de la nuit qui a fleuri en France, la vidéo que je viens de capter date de 2016. C’est bien l’fun. J’espère qu’il n’est pas rendu d’l’autre bord, avec Le P’tit train du Nord de Monsieur Leclerc. Quoiqu’ils ont pu se croiser dans « l’art chipel » des imaginations. 
Et en passant, « quelque part » est une parole sage de Ducharme, Réjean, que nous a fait connaître le talentueux gaspésien Patrice Michaud en l’insérant dans Kamikaze, une chanson populaire composée et interprétée par lui : 
« L’amour, ce n’est pas quelque chose, mais quelque part... »





Marie-Claire Blais dans l’underground américain

Substantielle présentation dans The New Yorker du 16 septembre 2019 de l’œuvre de Marie-Claire Blais, finement tournée en vue d’attirer à la lecture le public des Etats-Unis, pays où vit, pense, écrit l’auteure de Tête Blanche, récit qui me subjugua à 16 ans. En ce moment, je suis dans la tête de Geneviève, un des personnages de Les nuits de l’Underground. Je suis loin d’être à jour. Je me rappelle toujours avec émotion avoir vu sur scène Marie-Claire Blais à la Nuit de la poésie de 1991. Elle parla de la guerre en cours « dans la chambre d’à-côté ».
Pasha Malla : « The French-Canadian novelist—who has lived in Florida for decades—has been writing brilliant, original fiction for more than half a century ».
https://www.newyorker.com/books/under-review/will-american-readers-ever-catch-on-to-marie-claire-blais

En rappel, je signale également un entretien à Radio-Canada avec Michel Désautels à son émission  dominicale du 21 janvier 2018 : L’Amérique et ses soifs selon Marie-Claire Blais.

29 août 2019

Jean Royer, écrivain, poète en-allé

Très beau texte d’Odile Tremblay dans Le Devoir en hommage à Jean Royer, amant de la poésie, décédé le 4 juillet dernier.

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/561532/l-immortelle-poesie

Vif de feu soleil

Le réflecteur, c’est le nom que je donne au calendrier 2007 que m’avait alors gentiment offert Alain Brunet, ex-collègue et ami des Chaos publics. Quels seraient les signes à récapituler sur la page du mois d’août 2007, me suis-je demandé?  Vent d’août frôlant, dorant par en-dessous la procession des jardins en leur ultime élan. C’est jaune orangé avec des traces de miel; c’est vert picoté rouille forêt; c’est bariolé, jamais pareil dans le ciel bleu mauve gris... C’est toujours bien une saison chargée d’été, trop brève, qui passe en criant lapin. Vif de feu soleil est le temps des moissons qui s’annonce en frissons de grâces. À l’endos du calendrier, ces mots, justement, je crois que c’est de Cécile Cloutier :
« Brève, la vie, en son mouvement 
d’aubes et de ténèbres 
Brèves, les saisons qui mesurent notre présence »

Hier même, j’ai entendu des bernaches...
Ma mère Béatrice Favreau s’est envolée le 22 août 1995.

Dans le haut de la page, toujours celle du mois d’août 2007, il y a cet exergue d’une écrivaine de l’intériorité que j’aime :
« Aveuglée de silence dans le sommeil 
des herbes et de la terre
Je voyais frémir le lourd miracle du blé »
- Marie-Claire Blais 

Sur le même thème, Cécile Cloutier ajoute :
« À perte de paysage
Une brume de blé
Chaud
À tendance de voilure »

La fin août est une période de réjouissances dans ma petite famille adorée : ce sont les anniversaires de naissance de la belle Sarah, ma fille aînée, et de son fils, notre petit coco qui va avoir 4 ans!

Je suis des plus choyé d’être entouré de si magnifiques enfants!

Source : Poètes québécoises 2007, « Le temps fragmenté comme un très long voyage » (Élise Turcotte); calendrier publié en 2006 aux Éditions tout autrement, exemplaire numéro 1647 sur 2000. Illustrations et choix des poèmes au gré de l’ambiance des saisons par Hélène Dufour.

Photo jd.

15 juillet 2019

Dans le cœur du lys

Poudre magique, fébrile,
couleur ocre
bien prise sur l’établi
des premiers éclats clic
de ces fleurs-oiseaux oranges 
dans le cou de l’été enfin venu;
or, en haut vert, de beau matin,
de toute la talle des vieilles âmes des lys vivaces de l’Est,
la plus pressée d’accoster 
m’a eu par le regard, hum!
J’ai dit hum de vive voix;
je suis allé tout près d’elle,
« quand on aime
on a toujours 20 ans »,
me la mettre, 
l’humble,
sur la langue 
de l’intérieur 
de l’éternité
comme une 
aiguille
de pick-up.

C’est pour cela que ça joue fort
que ça dégrise la batterie des morts
que ça twist and shout 
dans le joli vent...

La première ne sera pas la dernière
« à espérer jusqu’au dernier soleil »

Photo jd., jardin de cambrousse d’Ely, 10 juillet 2019.