30 septembre 2007

Dans les pommes






Sûr que c'est un tendre pays rayé de rouge,
de rosacées fruitières avec ses promesses
de gelées croqueuses de souvenirs d'abeilles lointaines
avec des monts de Cortland,
de McIntosh, de Lobo ensoleillées,
de Paulared instantanées

Puis il y a ce cœur de vieux sylvestre
sous les feuilles un brin sauvage
s du pommier
et encore la chair juteuse
de tes jolis yeux songeurs
dans mon verger si bref...


Photo : jd, Rougemont, 30/09/07

29 septembre 2007

Déterrer hash de naguère pour faire face à la vieille musique de demain

«On me croyait mort
mais je fumais du silence.
Charcoal, Charcoal.»
-Richard Desjardins

D'accord, mes racines dans le comté de St-Yaya-de-Bagosse (Béthanie s'y trouve) sont si profondes qu'elles réagissent deux semaines en retard à la partielle ousque le zappartiste V comme Vanasse s'est fait aller le gorgoton et les hormones néo-rhinocéroses, lui qui avait déjà la langue bien pendue dans les eaux brûlantes et purinées de la rivière Yamaska.

Je me reprends donc! Pour la générale fédérale et proverbiale qui s'en vient à grands pas de loups et de bottes où l'on nous serinera que les Réformistes sur le party ont «livré la marchandise»! Dixit Mme Vers Nerf, le Beauceron libertarien, Fort Tillez, le commis de la haute et autres burinés de l'automobile personnelle payée par le peuple mais enfin remise entre les mains de l'entreprise privée de tout, tout cela pour le plus grand bien-être du plus grand nombre le premier de chaque mois sur le calendrier de Toto-Québec...

Je me reprends avec en prime un message du grand Gourdin de la folle politiquincaillerie, j'ai nommé, non, je m'en vais le faire, celui qui est comme le grand prix Con Gourd des cabarets poétiques du Mourial qui n'existe pas, Monsieur tout cru Franc Siouois Gourd lui-même, en vers et pour tout le monde.

Je fais exprès d'en parler maintenant. C'est pour contrecarrer ce que j'ai entendu 20 fois à la radio aujourd'hui et ça me fout le cafard de la grande ligne Des Cantons-Hertel : le Collet Roulé, alias Bon Papa Caillé, vient de se brancher le reste du power en bas, à droite, à droite droite, très très bas comme on dirait ô port tuniste, au chaud sous les urnes appréhendées du grand séducteur réducteur autonomiste personnel et social, celui qui aimerait voir sa stature au parlement à l'égal de Robert mais qui pourrait bien se retrouver dans l'ombre de Maurice, hein, lui qui va tout rafler, les têteux de pouvoir et les miettes qui comptent, les Chats qui callent, même Tit-Jean Garon comme devant, le ministre en tiques du zonage agricole, même le vote des ronfleux... Pas de progrès, pas d'avancement! Pas d'avancement, pas de Friends Froutte dans le Charcoal!

Électeurs, Électrices, Électricité...

Je suis certain que Monsieur Lulu, ça lui démange la broue dans le toupet en titi. Il ne fera jamais le sot en sous-fifre à l'ABCDQ, mais viande à chien lucide que ça doit lui tenter! Il est sans doute à relire Jos Connaissant de Montréal Mort, un quartier innocent de VLB.

Mais qu'ils sautent donc tous dans le pacage pentu de Mario Dumont les beaux villons de droite de la province de Québec dont plusieurs sortent leurs beaux dollars de soie actuellement! Un régime d'au moins 15 ans est envisagé. Pavez, pavez, il restera toujours des bouts de chemin à promettre...

Mario Dumont, premier sinistre du Québec, 2008-2023.

Tabarnak! Laissons pas faire ça nous autres!

En guise d'antidote légère, je suggère aussi de ré-écouter (si cela se peut) L'autre midi à la table d'à côté à Radio-can, l'émission d'aujourd'hui, avec Raoul Duguay et Biz. Écœurant!

Sur le plan artistique, les Loco ne referont jamais plus un «Libérez-nous des libéraux» (dont le modèle était «La Bitt à Tibi») à la sauce de «Libérez-nous des Cons Serves». N'empêche que ça serait dû, autrement, ailleurs, partout ce genre de petites torches allumées ici et là dans ce valeureux et si cher Canada!

Parfois la poésie prend par surprise comme l'exergue du dernier roman de Christian Mistral.

Voilà! Comme disent les Français.

Vas-y pas t'en guerre, cher François!

Et vous, cher petit Christ, ne rongez pas trop votre cheval car la grande bataille reviendra au gallup dès que les sondages de ceux qui opinent du chef auront été compostés par les zamis du parti.

«(...) Il y aura peut-être un rendez-vous électoral bientôt
et vous les sorcières, les elfes, les magiciennes, les adeptes de l'amour
et de la tendresse,
vous êtes encore invitées à joindre vos esprits à cette tentative de
prendre la parole
afin de faire entendre aux autres alliés naturels qu'un nouveau réseau se
tisse.

Les bouffons du maquis lancent dans l'air la mélodie rassembleuse.
Les idiots du village planétaire veulent le retour du sourire sur les
photos de passeports.

Si nous laissons toute la voie libre aux marchands de canons,
nous laissons piétiner ces jardins que nous avons bâti chacun de notre
coté.
Nous avons cru et nous croyons encore à la possibilité d'un monde
meilleur.
Si nous laissons les forces noires occuper tout le terrain,
chacun des petits cercles magiques pourra être détruit car isolé, donc
plus fragile.

Les seuls discours présents sont de chiffre et de profits,
tandis qu'on saccage la nature et qu'on dénature les humains.

Plein de gros colons sans culture et sans coeur
prennent possession de tout, de l'eau, de la terre, de l\'air.

Trouvez parmi vos amis des gens pour prendre la parole et la répandre.

Avec presque rien,
deux candidats neorhino ont pu faire entendre leur voix dans les grands
réseaux officiels,
plein de gens nous ont remerciés et se sont reconnus dans notre petite
tentative.

Nous voulons abolir le budget militaire
et le transférer à la culture, à la santé et à l'éducation.

Juste cela devrait être suffisant pour nous unir.

Vous possédez des clés que nous n'avons pas
et nous avons la grande folie de vouloir ouvrir plein de portes.

Le grand jeu que nous proposons sera une occasion merveilleuse
de faire entendre nos cœurs à l'univers tout entier.

Alors mes bonnes amies, voulez vous danser avec nous,
voulez-vous chanter avec nous, voulez-vous jouer avec nous???»

Fousoi Gourd, foulosophe, niaisologue, apprenti décepteur,
coyotte, guerrier pacifique et cousin éloigné de Mulla Nasrudin


(Et j'ajouterais libre libre libre comme une chambre à air sans bile omnibus)


28 septembre 2007

Vendredi Soir dans l'Est



Arrivé dégoulinant du boulot trop tard pour le ciné
Arrivé trop mort pour nadiner au Quai des des brumes.
Alors, je mange des beignes,
je bois du thé, j'écoute du blues, 
je pépite tranquille dans la mondanité de l'Est de Montréal,
je me frotte les pieds avec de l'antistatique...
Rien à faire, je ne bougerai pas de la veillée.
J'ai fait un lavage de délicat (mes chemises!)
Ma fille rigole au salon
devant la tivi
j'ai voté sur internet pour mes zartistes favoris
les interprètes de l'année qui sont quasiment tous des auteurs-compositeurs-interprètes! Et bien sûr, ça va être Lapointe de bord en bord. Alors, je n'ai pas voté pour lui parce que c'est flagrant que c'est le roi en ce moment, que tout le monde va se garrocher sur lui. 
Reçu un courriel de Martimots qui fait un show avec ses foutus de bons musiciens.
Reçu un communiqué de Séba qui annonce le lancement du CD de Gatineau le 23 octobre.
Charles m'écrit automatiquement qu'il m'a amicalisé la face dans son Facebook.
J'ai nourri Patch avec un restant de poulet, et ça, c'est le bonheur à poil long sur quatre pattes.
Lavé la cuvette. Ça va être fait pour demain.
Pensé à ma voisine sortant de chez elle ce matin avec son sac de vidanges et à qui j'ai dit : dépêchez-vous, le camion est arrivé! Clap! clap! clap! clap! clap! font les petits talons hauts en accéléré sur le pavé...
Téléphoné à Sylvain, mon comparse de Train de nuit jadis format radio,
pour l'avertir d'une job qui est taillée sur mesure pour lui...
Avons parlé de Rudi Caya, d'Axel Fish, de Ivy,
de Gatineau, de Mathieu Lippé,
de Nadine Samuel, de slam
du cinéma Beaubien
où j'ai raté le lancement d’ Un cri au bonheur,
avons parlé de Soie qu'il ira voir ce soir à la séance de 21 h
au cinéma Beaubien justement,
parlé de Baricco,
raconté l'anecdote de Garba et Richard,
deux collègues en détachement pour faire des projets de coopération
et qui se sont retrouvés par hasard à Kigali
où se tenait un festival de cinéma
et sans savoir ce qui était à l'affiche,
ils ont vu Un dimanche à Kigali
à Kigali!
On a parlé de Roy Dupuis, de Picard
de la ville de Montréal qui est en manque
de techniciens du bâtiment
on a parlé de chicanes sur les chantiers de construction
Là, j'ai dit à Sylvain, excuse-moi un instant...
— Noé?
— Quoi?
— Veux-tu aller voir la soupe sur le poêle, il m'semble que ça sent pas mal!..
[...]
Bon, excuse-moi.
C'est correct.
Oui...
On est revenu dans notre talle habituelle.
On a parlé de Michel Dubeault, de la blonde de Michel,
de Dominique Tremblay, de la blonde de Dominique,
d'Adrien Gagnon, de Robert Charlebois, de Dolorès...

Bon. Je ne sais pas si j'en oublie.
On s'est parlé même pas 15 minutes.
On n'est pas si mémère que ça!


27 septembre 2007

Un cri au bonheur



J'aime la poésie. Si ce n'était pas le cas, ce bloque n'existerait pas ou serait tout autre, comme le serait sans doute aussi une partie de ma vie depuis l'âge de 18 ans.

C'est au Cégep, en effet, par les bons soins d'Émile Roberge, mon professeur de poésie, que me sont parvenus en pleine face les poèmes de la Nuit de la poésie (théâtre Gesù, le 27 mars 1970). Ce fut pour moi la révélation que la parole pouvait transcender la parole banale, enfermée, encrassée, gênée. Mise en scène de «l'or alité» qui galope naturellement en joual, proclamation démontrant la force effrontée du langage, sa séduction déclamatoire, son pouvoir de fracasser l'indignation, de multiplier l'émotion et les lumières. Je ne me le disais pas en ces termes-là, mais j'ai clairement éprouvé une joie profonde à l'écoute des poètes d'ici. Avant cette magistrale «leçon» de poésie, je n'aurais jamais imaginé que cela fut possible.

Trop jeune ou trop loin de Montréal pour y avoir participé en chair et en os, c'est par le cinéma (O.N.F., J. C. Labrecque/ Jean-Pierre Masse) que sont venus à moi ces Gauvreau, Lalonde, Duguay, Miron, Garneau, D'or, Godin, Julien, Lévesque...

C'est réjouissant de constater que l'alliage cinéma-poésie se poursuit de temps à autre. On lancera demain, le 28 septembre, au cinéma Beaubien et au cinéma Parallèle de L'Ex-Centris, Un cri au bonheur, collectif de 11 cinéastes (dont Michel Brault) qui ont transposé à l'écran 21 poèmes sur le thème du bonheur, entre autres ceux de Danny Plourde, Claude Beausoleil, André Roy, Pierre Morency...

Ça va sans doute faire mon bonheur.

26 septembre 2007

Ça riopelle dans le ciel!

Leur sang doit bien bouillir par le temps extraordinairement chaud qu'il fait en ce moment. Néanmoins, elles cacardent dans le ciel les outardes au beau nom de Bernaches du Canada. Elles s'appareillent comme de coutume. Je n'ai pas encore vu leurs volières fendre l'espace vers le sud. Ça fait quand même deux soirées qu'elles m'arrachent l'oreille. Il n'y a pas complainte d'échardes plus rugueuse et plus belle au monde que cet encouragement de la palmure au voyage en grand V irrégulier. Ça rit avec des grosses pelles en couleur, ka-lunk, ka-lunk dans le ciel montréalais. Présage. Demain, l'hiver...


N.B. : L'an dernier, ça retournait la nuit dès le 20/09/06

Qui dort Nadine...



Au Quai des Brumes, nous avons nos assises : des personnages de Superk qui jazzent et fument et projettent des plans d'amour et longent les murs lambrissés, un chien jaune qui donne la patte et pleure lorsque vous pleurez, puis il y a Nadine Samuel, peintre et chanteuse, à l'affiche cette semaine...

25 septembre 2007

Réponse à Linge sale



«… des vêtements ! Le symbole que je fus. Le symbole contre les regards. Et j’avainçais parmi les éternités diverses. Les moins chères comme les autres.»
- Orlando

Cache misère

Avant que je ne change d'idée comme de chemise,
avant que le bon roi Dagobert ne me fasse parler à l'envers,
avant de me boutonner en jaloux, puis de me mettre sur mon 36
avec mes guenilles rapiécées, patchées, pleines de trous,
de me tirer du jeu à quatre épingles, d'avoir mal à ma laine, d'avoir toujours la fringue gale
et l'obligation de me javelliser les plates coutures,
d'être mal culotté avec des pensées de poches percées,
avant d'avoir la braguette bâillante...
je veux dire que j'ai bien aimé enfiler ce paletot de mots qui est vôtre
et qui est comme un machinaw qui claque au vent, avec un casque,
une tuque attachée avec de la broche, évidemment,
qui fut jadis, c'est vrai, comme le puits de votre tête.
Mais qui donc aujourd'hui étendra son linge toutes voiles dehors
sur une corde raide traversant les igloos de l'éternité pressée?

«J'avais des habits taillés aux nuages
J'avais des cheveux comme des drapeaux
Et flottait au vent ma crinière sage
Or j'ai tout perdu, reste que la peau (...)»
- Léo Ferré




21 septembre 2007

Tous les vieux jazz sur le vif soliloquent


Je remonterais volontiers la filière prolifique de ce promeneur des rues de Montréal en parlant d'un essai antérieur :

GERBER, Alain, Portraits en jazz,
Renaudot et Cie, 1990.

Dans mes boules à mythes, il y a bien, en effet, quelques pages qui se gerboisent encore au pays du jazz entre le chiendent et les signes dans le ciel.

Ici, on trouve d'abord une belle préface de Gilles Anquetil qui fait claquer d'entrée de jeu la passion de vivre, d'écrire, de faire circuler les histoires de jazz.

Quand le jazz est là, la pensée ne s'en va pas... C'est là aussi le propos. Jazzmen et philosophes. C'est vide ou plein? Violet ou carreauté? Le populaire et le savant comme aiment à le pratiquer les Italiens? On pense aussi à ce qu'un Boris Vian a pu risquer si magnifiquement dans les années 50.

Aussi, traçant l'évolution de cette passion de jeunesse et des cavaliers dont Gerber est le héros, on voit bien que son parcours fut galvanisé par les débats des années 1965-1980 où l'on associât toutes les frénésies.

Le télescopage idéologico-esthétique dont il est question ici fut bien représenté à Montréal par un Bison Ravi qui chinait du am stram gram dans sa bouche de picoleux : Marx, Deleuze, Lacan avec Coltrane et nicotine extrême...

Puis Gerber se fait plus littéraire... Il a depuis 2001 entamé une série de romans-jazz (pas encore lus) avec Chet, Charlie et Lady Day qui passent eux-mêmes à l'état de personnages...

J'aime bien enfin quand il est dit que le jazz est une école de la complicité. Du coup, je retrouve Serge Truffaut qui, à l'aube du Festival International de Jazz de Montréal de 1992, écrivait à peu près ceci dans son Devoir natal : dans cette galère, il s'agit d'être complice.

Complices : n'ayons point peur de perpétrer!