| Photo Jacques Desmarais, Béthanie, 15 juillet 2013. |
25 juillet 2013
15 juillet 2013
ti-lût,ti-lulût!
| Photo Jacques Desmarais |
À l'affût de l'ombre d'une menace
de la rapace, de l'écureuil, du serpent
pas de sonnettes
ti-lût,ti-lulût de la rapace, de l'écureuil, du serpent
pas de sonnettes
TI-LÛT,TI LULÛT! En mode alerte!
En fait, c'est plutôt
tchip ou tukuk!
et pas du tout
cheerily-cheer-up-cheeriotut,tut,tut...
alerte alerle
criaille, répète la maman merlette
perchée sur une branche
de l'arbre mort de la ruelle
donnant sur la rue Saint-Laurent de l'arbre mort de la ruelle
pour que ses innocents d’oisillons nouveaux-nés sortis depuis dix jours
de leur bleu de merle
soient saisis d'un réflexe de la poitrine et faire se recroqueviller
tout au fond du nid posé juste drette icitte
dans le trou O d'une ancienne cheminée de la vieille véranda masacrée...
dans le trou O d'une ancienne cheminée de la vieille véranda masacrée...
C'est ô que oui beaucoup de vie,
de va-et-vient autour
qui n'abandonne pas!
criaille la maman merle
Mais comment veux-tu
mon merle mon merle
Comment veux-tu
mon merle chanter?
« Mais crier au meurtre,
c'est pas pour rien!
Car l'Amérique marlo!
Ben oui, l'Amérique!
Mais laquelle, barjo
d'agaguk! »
Mais comment veux-tu
mon merle mon merle
Comment veux-tu
mon merle chanter?
« Mais crier au meurtre,
c'est pas pour rien!
Car l'Amérique marlo!
Ben oui, l'Amérique!
Mais laquelle, barjo
d'agaguk! »
13 juillet 2013
« Le temps est venu d'allumer le huitième Feu » - William Commanda
La mort a tant de synonymes a dit un jour Gilles Vigneault.
La saleté est synonyme de la mort a dit un jour à la télévision mon cousin de médecin Paul-André Desmarais.
Ils avaient perdu leur volonté de vivre et leur but dans la vie, a dit le Grand-Père William Commanda. Dans La prophétie des Sept feux on peut lire :
« Prenez garde si la race des Lumières Pelées vient avec le visage de mort. Vous devez être prudents, car le visage de fraternité et le visage de la mort se ressemblent beaucoup. S'ils viennent avec une arme..., prenez garde. S'ils viennent avec de la souffrance... Ils pourraient vous tromper. Leurs coeurs peuvent être remplis de l'avidité pour la richesse de cette terre. S'ils sont en effet vos frères, faites-le leur prouver. Ne les acceptez pas avec une confiance totale. Vous saurez qu'ils portent le visage de la mort si les rivières coulent avec du poison et si le poisson ne peut plus se nourrir. Vous les reconnaîtrez par cela. »
Avec une pensée pour mon père décédé le 13 juillet 1965.
12 juillet 2013
Tisserande de la Grande-Allée
| Photo Jacques Desmarais. Quelque chose qui tient du miracle. |
L'actrice québécoise Françoise Berd (1923-2001) qui croisa un jour Antonin Artaud, peut-être plus, sous le ciel excessif du Mexique, se fit quelque temps speakrine les vendredis soir à l'antenne de l'ancienne Radio-Québec dans le cadre d'une série sur l'art intitulée, si ma vieille mémoire est bonne, La toile d'araignée.
Je pensais tout à l'heure à elle sur ma galerie, elle Françoise Berd rencontrée à L'UQAM à l'automne de 1980 ou 1981. Je lui avais parlé d'Artaud, justement. Auparavant, je l'avais vue jouer sur les planches à Sherbrooke dans La nerf des sorcières.
Je repensais à sa voix, à l'insistance avec laquelle semaine après semaine elle tissait cette idée toute simple, mais combien riche : tous les arts se rejoignent et forment une grande toile.
Mais cela m'est venu après coup. Seul pour souper en cette belle fin de journée délicieuse, je me suis installé pour la première fois de l'été qui a tant tardé avec vin et spaghetti sur la table du balcon. Puis, voilà, gratos, vrai spectacle digne du Montréal complètement cirque : une minuscule araignée couleur or s'est exécutée en silence devant moi avec la foi du charbonnier. Traverse le fil du fer forgé jusqu'à la trompette de la mort, monte, descend, repasse sur le ventre, sur le dos... Magnifique spectacle du moment! Il fallait être là disponible, en pleine lumière, sinon ON NE VOIT RIEN!
Tous les arts se rejoignent, non parce que c'est de l'art, mais parce que c'est de la vie dans sa surabondance et sa survie comme dirait Nietzsche, et aussi, plus près de nous, le très fin Pierre Audi dans Créer (Verdier 2011).
Gaétan Soucy, le philosophe-écrivain qui ramentevait
Cette année-là, en 2004, à La bataille des livres à la radio de Radio-Canada , La petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy était défendu par la cinéaste et comédienne Micheline Lanctôt. Ce fort récit sauvage et touffu passant par la bouche d'un enfant fut éliminé et c'est Un dimanche à la piscine à Kigali de feu Gilles Courtemanche qui l'emporta.
J'aimais les deux livres comme en témoigne le commentaire cité plus loin, à peine remanié, que j'avais laissé sur le site de l'émission Indicatif présent animée par Marie-France Bazzo. Mais mon vote, je le donnais à deux mains et tout coeur à La petite fille... qui reste encore à mes yeux l'un des romans les plus réjouissants de toute ma carrière d'humble lecteur.
Gaétan Soucy est parti bien de trop bonne heure!
Mes condoléances à ses proches, dont mon collègue Audrey qui est son neveu.
« C'est un joli mot, ramentevoir, je ne sais pas si ça existe, ça veut dire avoir des souvenirs. »
La petite fille qui aimait trop les allumettes, Boréal, 2000, page 67.
***
Je suis en train de lire Un dimanche à la piscine à Kigali, et j'éprouve à chaque page la portée de ce livre courageux et lucide, franc, qu'on portera à l'écran, je l'espère. Mais puisque qu'il faut en choisir un seul, La petite fille... est notre premier choix, car il s'agit ici avant tout d'un immense et lumineux coup littéraire, un tour de philosophe malin, une poésie dramatique, j'oserais dire, qui reste là longtemps suspendue à fouiller du regard les décombres de l'enfance, peut-être le seul pays vif de la littérature. Ce livre de Soucy avec ces agrès de grimoire et de grimaces rejoint, selon moi, La vie devant soi d'Émile Ajar et Bruit et Fureur de Faulkner.
Courtemanche est un frère, comment le remercier?
Gaétan Soucy est un sourcier délirant qui déparle, un écrivain majeur.
Montréal, 1 avril 2004
10 juillet 2013
Courage Lac-Mégantic!
Touchante photographie de Jacques Nadeau à la une du Devoir en ce mercredi 10 juillet 2013.
Courage Lac-Mégantic.
Soutien Lac-Mégantic - dons à la Croix-Rouge
Une catastophe évitable (blogue Studio-Peluche, 9 juillet 2013)
Courage Lac-Mégantic.
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| Photo Jacques Nadeau, Le Devoir, 10 juillet 2013. |
Soutien Lac-Mégantic - dons à la Croix-Rouge
Une catastophe évitable (blogue Studio-Peluche, 9 juillet 2013)
09 juillet 2013
Quatorze ans après L'Erreur boréale : un grand coup de godend'art!
Amenez-en de la pitoune de sapins puis d’épinettes
Amenez-en de la pitoune de quatre pieds
Puis des billots de douze pieds
C’est Tit-Paul qui est arrivé
On n’a pas fini de draver
— Gilles Vigneault, Tit-Paul la pitoune
L'ami Jean-Paul me donne des nouvelles du sympathique Festival Résistances de Foix dont le cinéma en est le principal volet. Avec Jean-Paul comme éditeur, j'ai eu le grand plaisir d'y participer, Poèmes cannibales sous le bras, en 2009.
J.P. m'informe qu'on y a présenté hier, le 8 juillet, L'Erreur boréale (1999), documentaire percutant réalisé par les complices de longue date Desjardins-Monderie. Mais personne sur place, note-t-il, pour faire le point sur la situation d'aujourd'hui!
Alors, je tenterai ici de donner quelques éléments de réponse à la question de Jean-Paul que je reformulerais ainsi : qu'en est-il de la forêt québécoise quatorze ans après la sortie du brûlot que fut l'Erreur boréale?
Ayant assisté l'an dernier au spectacle de l'Existoire, je peux témoigner du fait que le grand Desjardins continue à promouvoir auprès du public l'Action Boréale en Abitibi-Témiscamingue (L'ABAT) qui a pour objectif de promouvoir la sauvegarde de la forêt boréale pour les générations futures. Fondé en 2000, cet organisme a joué un rôle déterminant au regard de la Commisson Coulombe qui a déposé son rapport en 2004.
La frénésie du prix de l'or à partir de 2007 a mobilisé l'ABAT autour de l'exploitation des mines. L'actuel gouvernement Marois a déposé fin mai 2013 le tant attendu projet de loi 43 visant la modernisation de l'archaïque loi des mines, projet jugé décevant par les groupes écologiques, les municipalités et Québec solidaire.
Tout cela pour dire que l'enjeu actuel des ressources naturelles au Québec est loin d'être une valse tranquille au bois du rossignolet, et le drame sans nom qui vient d'éclater à Lac-Mégantic pose crûment la nécessité urgente de se sortir du pétrole et de forger un contrôle collectif d'un développement écosystémique et durable.
Mais revenons à l'Erreur boréale qui lors de sa sortie en 1999 fut qualifié par certains « spécialistes » de pamphlet inacceptable qui a terni l'image de l'industrie forestière. Avec le recul, en terme d'aujourd'hui et au regard de l'état actuel de la grande et exceptionnelle forêt québécoise, c'est tout le contraire qui se dégage de l'analyse de Luc Bouthillier, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval.
Interrogé en 2011 pour Le Devoir* par Réginald Harvey, le professeur de Laval soutient en effet que le documentaire a frappé juste là où ça compte. Résultat : ce film a provoqué une prise de conscience majeure de tous les intervenants et a littéralement catalysé la responsabilité partagée au regard de la forêt, majoritairement, faut-il le rappeler, propriété collective.
C'est tout le régime forestier qui s'en trouve transformé au moment même où la reprise des mises en chantier aux États-Unis et la forte demande de bois en Chine donnent de l'oxygène à l'industrie en crise entre 2000 et 2012. Au cours de cette période, il y a eu 35 000 emplois perdus selon Jean-Marie Décarrie (La verte relance de l'industrie forestière, La Presse, 26 avril 2013).
_________
Grâce à L'Erreur boréale - La forêt a encore un avenir
Les Québécois sont en phase de réappropriation de leurs forêts
Richard Desjardins et Robert Monderie ont suscité une prise de conscience avec la réalisation du documentaire L'Erreur boréale. Ils ont été des allumeurs de réverbères qui, dix ans plus tard, ont redonné à la forêt québécoise, à tout le moins en partie, son statut de territoire national. Que deviennent ces vastes espaces depuis ce temps?
Les forêts québécoises couvrent 761 100 km2 du territoire de la province, soit presque la moitié d'une superficie totale oscillant autour de 1 700 000 km2. Dans l'ensemble du monde, la superficie totale des forêts s'élève à 40 000 000 km2, au Canada, elle est de 4 021 000 km2, au Brésil, de 5 000 000 km2, en Europe, de 1 500 000 km2. À lui seul, le Québec possède 2 % des forêts mondiales. Il y a évidemment de quoi leur accorder de l'importance en raison de leur impact tant économique et social qu'écologique sur la population.
Luc Bouthillier, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval, a pour champ de spécialisation la politique forestière et l'évaluation écologique. Peu importe le nombre de détails techniques contestables que certains ont pu relever dans le brûlot cinématographique du poète chansonnier et de son complice, il estime aujourd'hui que le film a frappé fort et qu'il a marqué un tournant dans l'exploitation de cette ressource. Il situe le débat: «On parle d'immensité, de nordicité et de citoyenneté parce que 85 % de celle-ci est de tenure publique; inévitablement, elle représente un gros enjeu public à caractère politique parce que l'État en est fiduciaire, et non propriétaire, au nom de chaque citoyen.»
Cette forêt a été considérée, examinée et, jusqu'à un certain point, traitée comme un grand malade victime d'une pathologie chronique, au cours des dernières années. Il dresse son bilan de santé: «Je pense qu'elle se porte relativement bien, pour deux raisons. On a commencé les activités forestières autour de 1830; on compte presque deux siècles marqués par de telles activités pendant lesquelles la forêt n'a pas reculé. C'est une ressource résiliente et, même si les outils technologiques sont très puissants depuis les 50 dernières années, on n'a pas créé de désert. C'est la première raison qui m'amène à dire qu'elle se porte plutôt bien.»
La forêt est d'abord territoriale
Si cette forêt est en aussi bonne forme, pourquoi le secteur vit-il une crise majeure? Est-elle d'ordre strictement économique? «Actuellement, on parle d'une crise économique, mais ce que L'Erreur boréale a mis en lumière, c'est que celle-ci s'est profondément modifiée. Le film livre trois messages: on coupe trop, on coupe mal et il n'y a personne qui soit responsable. Sur le premier point, la commission Coulombe et le forestier en chef en sont arrivés à la conclusion que, oui, on coupe trop.»
Au-delà de ce constat, il est apparu, à la suite d'un examen plus poussé, que le véritable problème se situait ailleurs, comme le démontre le professeur: «L'industrie s'est toujours défendue d'avoir utilisé seulement la corde que le gouvernement lui avait donnée et celui-ci répondait qu'il avait mesuré la longueur de celle-ci le plus scientifiquement possible. Il faut donc fouiller comme il faut dans le rapport du forestier en chef pour comprendre que la grosse affaire qui a changé dans les 40 dernières années, ce sont les attentes envers la forêt.»
En fait, la forêt ne renferme pas que de la «pitoune» et de la planche. Il s'explique: «En fait, on voyait auparavant celle-ci comme un gros tas de bois et L'Erreur boréale a été un véritable révélateur sur ce plan et a mis le doigt là-dessus. Non, la forêt, ce n'est pas un tas de bois: toutes les autres ressources, tous les autres services ou tout ce qu'on pouvait attendre d'elle en plus du bois étaient considérés comme des contraintes; on essayait d'accommoder les milieux, mais la priorité demeurait toujours le bois, alors que la forêt, c'est d'abord un territoire avant d'être une source de matières premières.» Quant à dire si «on coupe trop», des mesures ont été prises sans répondre totalement aux attentes, selon les parties en présence qui s'expriment dans le débat.
Quant à savoir si «on coupe mal», là encore L'Erreur boréale contenait un gros fond de vérité, comme le signale M. Bouthillier: «Quand 95 % des pratiques forestières relèvent de la coupe à blanc, on constate qu'il est pratiquement impensable que cette seule façon de faire existe pour obtenir du bois dans la forêt québécoise.» En ce qui a trait à cet aspect de la question, des correctifs ont aussi été apportés: «On est loin d'avoir atteint le but, mais on se rend compte aujourd'hui que le coffre d'outils a été garni. Les façons de couper sont devenues différentes et démontrent un certain respect pour ce qu'on laisse sur le territoire et pour ce qu'on récolte. Il y a une amélioration.» Est-ce suffisant? «La réponse est non parce que, au fur et à mesure, la demande sociale à l'égard du territoire continue d'évoluer; on parle maintenant de la beauté des paysages et il est alors question d'esthétique. Mais, même si c'est difficile de couper mieux, ce n'est pas une raison pour ne pas essayer de le faire.»
Un nouveau régime se met en place
Finalement, un mouvement de réappropriation du territoire par les citoyens est apparu: «Celui-ci est survenu à la suite d'un cri du coeur, celui de L'Erreur boréale, dans le sillage duquel un nouveau régime forestier a vu le jour en mars 2010; il comprend deux grandes lignes de force et se penche sur d'autres points.» Il identifie la première: «Il y a la réappropriation du processus décisionnel par les régions qui ne se situe évidemment pas à 100 %, parce qu'il doit y avoir une reddition de comptes nationale. Dans chacune des 74 unités d'aménagement forestier des forêts publiques, il y a des tables locales de gestion intégrée où, de façon très régionale, on va définir ce qu'est la fameuse demande sociale.» Les forestiers donneront suite aux revendications dans la mesure du possible: «Il va y avoir un dialogue qui va s'établir au niveau d'une unité d'aménagement, ce qui n'existait pas du tout auparavant.»
Une autre étape est franchie et, encore une fois, L'Erreur boréale avait mis le doigt sur le bobo dans le cas de l'absence d'un interlocuteur valable, comme le laisse savoir Luc Bouthillier: «Desjardins dit dans l'avion qu'il n'était pas content de ce qui se passait derrière le chalet familial; il a alors appelé au ministère, qui l'a renvoyé à l'industriel, puis là c'était comme si j'appelais le bon Dieu et que c'était le diable qui me répondait.» Il traduit de tels propos: «Il voulait dire que le gouvernement a renoncé à ses responsabilités. Le but de ce film-là, c'était de montrer que la forêt relève du bien public mais que, finalement, la gestion en a été déléguée à un acteur bien particulier qui est l'industriel, dont la raison d'être est de transformer la matière ligneuse et non pas de la cultiver.»
Le professeur dégage l'autre trait majeur du nouveau régime: «C'est l'engagement à faire de l'aménagement écosystémique. Il existe par conséquent une dimension très sociopolitique dans le plan et une autre qui est davantage d'ordre technique, quoique les deux se rejoignent finalement. Sur le plan technique, on doit reconnaître que c'est une méchante commande: un tel aménagement, cela veut dire planifier les interventions en forêt de manière à s'inscrire dans une dynamique naturelle, qu'on connaît seulement de façon partielle. On assiste à un bouleversement de la culture du forestier qui est sans précédent.»
08 juillet 2013
L'indépendance populaire du Québec - 2
« [...] Mais n'oublions pas que l'indépendance se fera par et pour les travailleuses, chômeurs, sans-emplois et étudiantes qui composent ce pays. »
La radio de Radio-Canada vient de consacrer une superbe série de cinq émissions à Pierre Bourgault décédé il y a dix ans : C'était Bourgault. Bien que la radio ne nous rende pas captif, il m'était difficile d'y porter attention dans mon cabicule ouvert au bureau, de seulement penser à allumer mon poste entre 11 heures et midi alors que je suis totalement et sincèrement mobilisé pour Sa Majesté, tout un chacun sachant bien que dans une monarchie constitutionnelle, Sa Majesté est la substantifique moelle représentant le peuple!
Heureusement, on peut rependre le tout sur le site de Radio-Can à l'adresse indiquée plus haut.
J'ai souvent dit combien j'estime Bourgault. Si l'on décape quelque peu son style oratoire saisissant, mais ampoulé et théâtralisé à la planche, en caractères gras et grasseyant, et malgré qu'il ne fut jamais élu à l'Assemblée nationale, il reste un astre essentiel parmi les acteurs politiques québécois. Il est parmi ceux et celles qui répondent le mieux, et ce, à la fois sur le plan éthique (ce que l'on veut faire) et sur le plan moral (ce que l'on doit faire), à la question : pourquoi faire l'indépendance du Québec?
À la fin de sa vie, tout simplement, oiseau blessé, mais dégagé de toute volonté de puissance, Bourgault disait : il faut être indépendant le plaisir de voler de ses propres ailes. Voici les mots exacts :
« L’indépendance, c’est tout simplement
la capacité du Québec
de voler de ses propres ailes. »
(Chuchotement de Bourgault à Bernard Landry
sur son lit d’hôpital, 16 juin 2003)
J'ai suivi assidûment l'homme de radio jusqu'à la toute fin de sa vie, notamment à l'émission Indicatif présent de Radio-Canada. Ses billets légers sur les fleurs de son balcon avaient l'intensité de l'homme sachant sa fin imminente, trouvant belle la vie malgré tout. Reste que ses positions pacifistes contre la guerre en Irak étaient mordantes et exemplaires.
J'ai suivi avec passion une série de conférences en 1983 intitulées Entre l'ivresse et l'espoir.
J'étais également présent à titre de délégué de l'ex-comté de Shefford et j'ai entendu l'un des plus célèbres discours de Bourgault qui se présentait à l'exécutif du PQ lors d'un congrès au Patro roc amadour de Québec en 1971. En voici un extrait dont les maîtres mots respectabilité, solidarité.
Mais de quel bois se chauffent les jeunes indépendantistes d'aujourd'hui qui n'en sont plus seulement au pourquoi, mais aussi au comment faire l'indépendance ?
J'aime bien pour ma part suivre les analyses-fleuves de Jonathan Durand Folco qui écrivait ceci en juin dernier sur son blogue (cf. la recension dans la collonne de droite de Train de nuit), dans le même ordre d'idée que Gabriel-Nadeau Dubois cité plus haut :
Lettre à l’indépendantiste
« [...] L’indépendance populaire ne sera pas d’abord le fruit des urnes, d’une élite technocratique semblable à la Révolution tranquille, mais le produit d’une convergence des mouvements sociaux, des mobilisations citoyennes de toutes sortes, groupes écologistes, étudiants, autochtones, féministes, anti-impérialistes, etc. Ce sont les acteurs du changement social qui pourront « driver » le projet d’émancipation nationale, au sens de dynamiser, piloter, mouvoir, conduire. Ce n’est pas une organisation de la société civile comme le Conseil de la souveraineté du Québec, ni des groupuscules indépendantistes, ni un grand parti vendu au nationalisme pétrolier et l’impérialisme canadien, qui pourront assurer la libération du peuple québécois. [...] Prenons acte de l’histoire sociale, culturelle, économique, politique du Québec contemporain, et reposons le projet d’indépendance sur une nouvelle base. Il n’est plus possible de mettre un seul enjeu au-dessus des autres, que ce soit la lutte contre la pauvreté, la souveraineté, la défense des espèces menacées ou la paix dans le monde. La crise systémique du capitalisme, de l’environnement et de la démocratie nous oblige à proposer une alternative désirable, viable et atteignable, liée à une théorie de l’émancipation basée sur l’idée de la justice sociale et politique, une critique de la reproduction des schèmes de domination, l’analyse des contradictions qui ouvrent des possibilités d’expérimentation, et une perspective stratégique de la transformation des institutions. L’indépendance n’est pas autre chose qu’une pratique collective visant à libérer l’avenir du Québec, dans tous les sens tu terme. »
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