RASCAL FLATTS I Won't Let Go Lyrics It’s like a storm That cuts a path It breaks your will It feels like that You think you're lost But you're not lost On your own You're not alone
I will stand by you I will help you through When you’ve done all you can do And you can’t cope I will dry your eyes I will fight your fight I will hold you tight And I won't let go
It hurts my heart To see you cry I know it’s dark This part of life Oh, it finds us all But we’re too small To stop the rain Oh, but when it rains
I will stand by you I will help you through When you’ve done all you can do And you can’t cope I will dry your eyes I will fight your fight I will hold you tight And I won't let you fall
Don’t be afraid to fall I’m right here to catch you I won't let you down It won't get you down You're gonna make it Yeah, I know you can make it
Cause I will stand by you I will help you through When you’ve done all you can do And you can’t cope And I will dry your eyes I will fight your fight I will hold you tight And I won't let go
Oh I’m gonna hold you And I won't let go Won't let you go No, I won't
« Une prophétie autochtone, partagée autant par les Nez Percé de l’Idaho et les Sioux des Prairies que les Mohawks des Grands Lacs et les Mi’kmacs de l’Atlantique, est actuellement ravivée pour faire face aux temps apocalyptiques actuels, après avoir jadis servi à la résistance contre le chemin de fer et les autoroutes. Elle dit qu’un serpent noir surgira des montagnes et parcourera le continent, empoisonnant les eaux et les animaux sur son passage, et que si on ne l’en empêche, il étranglera l’île de la Tortue ! De toute évidence, il s'agit du pipeline. Et les autochtones s’organisent en conséquence : les Lakota annoncent qu'ils ont monté leurs chevaux et peint leur visages, promettant une « résistance épique » au serpent Keystone XL, si bien que sa route vers le Golfe du Mexique semble définitivement compromise. Alors que la victoire des Tsilhqot’in du Pacifique en cour suprême bloque la sortie vers l’Ouest, il ne semble rester que l’option québécoise. En chemin, les Mishkeegogamang du Lac Supérieur appellent à un front commun entre les nations rouges, blanches, jaunes et noires pour lui barrer le passage. Pourrons-nous entendre leur appel ? [...]
Alors que les voies de l’ouest et du sud sont bloquées au serpent, l’incidence du destin l’amène à longer le fleuve dont nous habitons les grèves, et où coule un quart de l’eau potable de la planète. Prenons acte. Révoquons le serpent. Destituons la couronne. Habitons le monde. » — Récapitulation de la menace principale, Littoral, avril 2015.
Redire pour soi « Fuck toute » est loin d'être futile pour saisir et partager même superficiellement les formes de vie qui s'esquissent au-delà de la colère de la jeunesse québécoise qui conteste l'austérité, la marchandisation de l'éducation, l'économisme mur à mur. Mais il ne suffit sans doute pas de prêter une oreille amicale loin du terrain où s'est engagé, hélas tout fin seul ou presque, le mouvement étudiant en ce Printemps 2015.
Hier, j'ai parcouru quelques textes de combats éloquents, surprenants, virulents, mais non sans maladresse, certains entichés de « l'étant », parus sur la page FB du Collectif de Débrayage.
Puis, comme Le Devoir dans sa version électronique est livré autour de minuit, il s'est ainsi adonné que je lise à la suite de ces textes le billet du lundi toujours vif de Jean-François Nadeau.
Le passage suivant m'a particulièrement frappé :
« La violence n’est pas un passage obligé [...] Mais pour que la jeunesse de toutes les époques puisse croire à l’idée qu’une révolution pacifique est possible, encore faudrait-il qu’elle puisse raisonnablement se sentir maître de son destin. Cela tient pour beaucoup à des conditions dont la jeunesse ne décide pas. Une étude de l’Université de la Colombie-Britannique publiée le 14 avril montre que ce sont principalement les jeunes qui, au cours des quatre dernières décennies, ont vu leur endettement s’alourdir, leurs revenus baisser et leurs perspectives générales s’assombrir. Et après, comme l’écrivait Sébastien Jean [cf. son entrée du 9 avril « Fuck-toute »] dans une lettre aux lecteurs du Devoir, on se demande, en jouant les vierges offensées, pourquoi une partie de cette jeunesse finit par avoir le goût de tout casser. »
Ce texte m'a semblé être la suite du billet du 7 avril intitulé La grenouille où Nadeau, un brin moralisateur, critiquait la stratégie et le nihilisme des étudiants. Sauf que les flèches semblent cette fois-ci être décochées en direction de l'administration de l'UQAM, nommément Lise Bissonnette, ancienne Directrice du Devoir, qui en préside le CA.
Or voici ce que Nadeau écrivait (je cite les derniers paragraphes) à l'endroit des étudiants :
« Nous voici devant des calicots éloquents placés en tête des cortèges des protestataires : " Fuck toute " et “Mangez toute de la marde”. L’ennemi du mouvement étudiant serait donc la totalité? Celle qui, sociale, récuse toute division? Celle qui, économique, refuse toute gratuité? Celle qui, symbolique, interdit toute magie à l’existence? Le monde visible serait une création d’un esprit foncièrement malin, une grande prison que nous partageons mais que seuls les initiés de pareils cortèges connaissent dans sa vérité? À l’austérité autoproclamée et son arrogance, il faut savoir opposer la vigueur d’une pensée qui tient à tout autre chose qu’un tel nihilisme facile qui n’arrange rien. La mise en échec des revendications du printemps 2012 réclame une prise de conscience en faveur d’un engagement social accru pas seulement du côté de la rue. Le néant vers lequel s’oriente une partie de la protestation actuelle résulte paradoxalement de ce que les étudiants dénoncent parfaitement à raison : un manque d’éducation digne de ce nom. »
Par ailleurs, aujourd'hui Le Devoir publie un texte d'analyse du Professeur de sociologie à l'UQAM, M. Joseph Yvan Thériault intitulé Quand « l'action directe » aide la droite. Ce spécialiste des tensions sociales — si l'on se fie à sa page personnelle — réfléchi sur l'embardée du mouvement actuel qui visait par contagion une vaste mobilisation populaire vers la grève sociale. Cela n'est pas advenu, et il y a lieu de craindre, poursuit Thériault, des conséquences négatives sur la gauche québécoise tout entière.
Mais une réflexion, et surtout une mobilisation « Au-delà du Primtemps 2015 », comme le titre dans son blogue Jonathan Durand Folco, ne saurait se limiter à l'analyse de l'influence anarchosyndicale du mouvement étudiant québécois. J'aime beaucoup l'analyse critique de Folco qui va plus loin que le professeur Thériault, et qui, en fait, est beaucoup plus tranchante, sans être moraliste, à l'égard de l'immédiateté de la révolte pourtant nécessaire.
L'objectif politique majeur de l'après Printemps 2015 devra effectivement réclamer un réinvestissement massif dans le système d'éducation, ce qui suppose une mobilisation populaire effective de tous les acteurs, une coconstruction des significations de l'intérêt général. La position éthico-politique défendue par « l'esprit de l'ours » de Folco comporte plusieurs suggestions pratiques pour mobiliser les ressources et cadrer les enjeux. C'est inspirant, concret, majeur, pas facile du tout!
À la veille du premier mai où plusieurs débrayages sont prévus, c'est à suivre.
Mais pendant ce temps-là, le gouvernement libéral judiciarise les « débordements » éudiants et passe ses lois d'équilibre budgétaire fourre-tout en imposant le bâillon dans le plus grand mépris de la tradition parlemenaire et de la liberté d'expression.
Ce n'est surtout pas le temps de bâiller aux corneilles!
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En complément :
« C’est [...] bien commode d’avoir des étudiants cagoulés par les temps qui courent ; ils sont les parfaits boucs émissaires pour ce qui est d’épingler les entorses démocratiques sur le dos de gens qui nous dérangent. De la même façon que la hantise des femmes voilées — du temps de la charte, mais encore aujourd’hui — nous empêche d’évaluer la véritable égalité hommes-femmes, nous conforte constamment dans nos choix, les dérapages étudiants à l’UQAM nous confortent dans l’idée que c’est eux le problème. L’écran de fumée créé par les radicaux nous empêche de nous regarder dans le miroir pour ce qui est de la transparence et l’imputabilité des élus. Quand on en arrive à justifier le recours aux policiers à l’intérieur des murs d’une université comme un geste somme toute normal, sans atteinte à l’idéal universitaire ni répercussions sur la « libre circulation des idées », on ne peut qu’en conclure que la démocratie a vu de meilleurs jours. L’université aussi. »
Vue de l'Orford bleu par un tournant près du lac Lovering. Avec à peine un zeste de jeu d'ombre baignant les lieux pour se rappeler à son sommet les sonnets d'un grand fils déchu d'une race surhumaine.
Photo Jacques Desmarais, vue du mont Orford, lac Lovering, Magog, 19 avril 2015
« Mais les mots indistincts que profère ma voix Sont encore : un rosier, une source, un branchage, Un chêne, un rossignol parmi le clair feuillage, Et comme au temps de mon aïeul, coureur des bois, Ma joie ou ma douleur chante le paysage. » - Alfred DesRochers, Je suis un fils déchu, À l'ombre de l'Orford, Fides, 1948, p.37.
Le département des Lettres est un triple deuil cette semaine. François Maspéro, Günter Grass et Eduardo Galeano se sont comme donné le mot pour sortir de l'horizon ensemble le 13 avril 2015.
Le mot horizon pour Galeano serait sans doute rivé à la marche réelle, aux humbles pas de la multitude, aux histoires du monde qu'on se raconte et qui tissent la persistance, l'Utopie toujours devant soi, celle fondamentalement de bâtir une maison pour tout le monde. La solidarité au jour le jour est un exercice d'humilité, dit-il. Voilà, mine de rien, le grand tapage dans les veines ouvertes de l'histoire des peuples.
C'est en quelque sorte le mot abracadabrant qui nous faudrait peut-être scander comme un tambour qui éprouve le réel et jure au milieu de la parade officielle. Image narquoise inoubliable de Günter Grass dans Le tambour justement, question de faire entrer la politique dans la littérature.
C'est que j'aime ce mot, autant que le mot galimatias, et presque autant que le mot salmigondis. J'ai surtout aimé glaner l'abracadabrant dans l'Homme rapaillé de Miron, le grand carillonneur. Or, il faut rappeler que c'est François Maspero en ses qualités de bricoleur, comme il aime à le dire de lui-même, animé par cette idée, ce ferment d'introduire du poétique à la politique, c'est lui qui publia en France par amitié et admiration L'Homme rapaillé. Voir Jean Royer, François Maspero : une édition de combat, Le Devoir, 23 janvier 1981.
Mais plus encore. En soulignant le décès de Galeamo, le journal Le Monde dans son édition du 13 avril cite quelques mots d'un entretient que le maître a donné à un journaliste espagnol en 2012. Voici ce qu'on peut lire :
« Je crois, disait Galeano, que les mots ont un pouvoir, comme Serenus Sammonicus, qui, en 208, pour éviter la fièvre tierce, conseillait de se mettre sur la poitrine un mot et de se protéger grâce à lui nuit et jour : c’était “abracadabra” qui signifie en hébreu ancien “envoie ta foudre jusqu’au bout”… Je choisirais également cette phrase. »
Le journalEl Païs rapporte dans son édition du 17 avril 2015 que des procédures ont été entamées pour traîner en justice Pedro Pablo Barrientos, ancien lieutenant de l'armée de Pinochet, accusé d'avoir torturé et assassiné en 1973 le chansonnier chilien Víctor Jara.
Je suis heureux que cela advienne!
En reprise, aux fins de triste mémoire, voici la touchante chanson de Jean-François Lessard qui rend hommage à Víctor.