23 avril 2007

Ciel manqué, terre absente


Je parlerai juste
pour une bine sur un bras,
je parlerai pour hier
car ils vont et viennent
comme un jeu d'osselets
ces poèmes à pierre fendre,
ces coups
d'archet, M. Dunn,
remisés dans le blanc de la cage
un, deux, trois,
testing, testing...
Mais bonne mère de putain de page
que j'aimais bien les stars
de cette terre merde, bordel!
surtout ce «ciel manqué»
à coups de pinceaux décidés
que je dis moins bien maintenant,
juste de mémoire,
comme un oeil coupé dans sa ganse
sur une toile couleur citron
d'Anselm Kiefer

Je dis
moé'si
n'importe quoi sous le dégel
que le vent emportera dans sa sagesse,
dans sa tasse de thé chinois
calfeutrée d'orages verts,
sans eau de missel


Fini le pipi des folies!

Photo, Mirror. Oeuvre de Anselm Kiefer, dans la série des Corps Célestes, «Pluie d'étoiles» (traduction libre), exposition Heaven and Earth, Musée d’Art Contemporain de Montréal, printemps 2006

2 commentaires:

t-rex a dit...

c'est drôle, j'ai beaucoup pensé à cette toile hier. Au rituel des perséides aussi, pas pour faire des réserves de voeux ! Pour sentir la terre sous nos dos et voir cette inquiétante image qu'est le ciel nocture, où s'opposent les lumières inadéquates de leurs sources et les brefs météores. J'aurais mieux fait de dire, le trop loin et l'assez proche haha. C'est vrai que tout disparaît sur mon site ! C'est que j'ai peur de mon image(visage), aussi de ma voix quand je deviens violent. Bon !

jack a dit...

C'est bien dit. Je comprends. C'est assez surprenant la toile. Car j'ai cherché longtemps ce qui convenait à mon propos. Il fut un temps pour moi où remettre le moindre bout de papier écrit par moi constituait un défi, presqu'un déni, un dévisagement inquiet. Ce sentiment m'a quitté complètement. C'est mon grand âge peut-être. J'aime bien cette formule de Jean-François Malherbe qui fut l'un de mes profs favoris : «Aimer, c'est épouser les morts successives de l'autre.» Appliqué à soi-même, cet énoncé éclaire et repose. Son propre visage n'étant sans doute que la traversée de nos morts successives. J'aime bien l'intimité farouche avec laquelle tu cernes le monde. Ça me parle dans ma langue.