21 mars 2016

Petit manifeste


En cette journée internationale de la poésie : 
Petit manifeste du maître-chantre Garneau.

« Par ce sonnet allongé, vous fais assavoir
Que je ne désire dans la vie plus rien faire,
Oui, comme on le dit, je ne veux plus rien savoir,
Que je ne m'intéresse plus à d'autre affaire

Que l'écriture quotidienne du poème
Qui est stratégie, emblème et stratagème
Vers la liberté intérieure, et, avec l'âge
De se faire le regard honnête jusqu'au courage,
De voir tout cru, de voir tout nu, de voir le voir,
De voir toute la fragilité de son histoire,
De nourrir son amour à même la terreur,
De se faire de ses secrets le vaillant foreur
En recevant trop pour avoir besoin de rien,
N'attendant de soi-même qu'un oui bienveillant,
Reconnaissant déjà d'avoir été terrien,
Où je ne pouvais aller que m'émerveillant
Que tout soit au fond aussi fou que le soleil
Et nous une rosée qui meurt dès son éveil. »
- Michel Garneau, Les chevaux approximatifs, Un hommage aux formes, L'Hexagone, 2010, page 298.

17 mars 2016

Encore La Joute

Comment dire au Palais de Riopelle? Faisceau en tête de flèche; cœur d'artiste chaud; offrande. Une orange écartée sur la glace de mars. Ensorcellement.




Photo jd, Montréal, 12 mars 2016.

12 mars 2016

Panache, extrait de La Joute

Comme un semblant de voyageur du vendredi avec son froc appréhendé du printemps, en passant, j'ai croqué le fier panache de La Joute. Soleil délicieux de fin de sieste, mais bien des craques à manger avant de raviver la fontaine. La place Jean-Paul Riopelle est encore entourée d'une bonne couche de glace où viennent glisser les pigeons. Clac.

Photo jd, La place Jean-Paul Riopelle, Montréal, 11 mars 2016.

09 mars 2016

Jean-Paul et les anges « aux ailes guitare »

Les poèmes publiés dans les quotidiens, c'est rare en titi de nos jours. Ce matin, Le Devoir ouvre ses branches à de Brèves incursions à l'occasion du Mois de la poésie et c'est Jean-Paul Daoust aux grands yeux qui brise la glace des inédits à venir avec cet hommage aux musiciens souterrains : Les anges gris 

« Les anges gris ont appris l’harmonie des astres
Chaque note unique tel un flocon
Alors quand il neige il tombe du cristal
Qu’ils savent faire vibrer

Les anges gris jouent dans le métro
Affamés mais glorieux de pouvoir chante
r
[...] »

08 mars 2016

Une femme de sucre et de printemps

Un petit tour sucré dans une érablière bio à Acton Vale avec le beau sourire et les bons soins de la propriétaire, Sylvie Favreau-Bisaillon, qui en plus est ma petite-cousine.


 

05 mars 2016

Pour faire signe


Ce matin, un oiseau intense de l'espèce des fabliers me semblait bien préoccupé par le temps qui advient. Ça m'a désaltéré d'entendre les éclisses de son chant de paruline. Plutôt de troglodyte. Je ne le sais pas. Mais le message était clair comme bonjour : les sucres sont proches! Puis, à travers la fenêtre qui est sale de toutes les saisons de la ville, j'ai vu scintiller les frais bourgeons sauges du magnolia. Chants de mars à profusion.

Photo JD., Montréal, 4 mars 2016.

04 mars 2016

Bourgault vu par Jean-François Nadeau


Jean-François Nadeau annonce qu'il fait paraître ces jours-ci une nouvelle édition, augmentée et corrigée, de la biographie de Pierre Bourgault.  J'aime beaucoup la citation qui accompagne sa réclame.  Ça clame, en effet :

«Je rêve que le Québec, libre enfin, devienne le premier pays du monde à n’avoir ni drapeau, ni hymne national. Je rêve de voir notre seule liberté nous servir d’étendard et notre seule fraternité nous servir d’identification pour le genre humain.» 
—Pierre Bourgault, 1970.



Lors de la parution originale du livre de Nadeau (Lux Éditeur, 2013), Louis Gill avait partagé une recension substantielle dans le Bulletin d'histoire politique.

Capri, c'est presque fini!


Depuis novembre 2015, j'ai repris du service pour Sa Majesté dans le cadre d'un contrat de rédaction. Plus qu'une semaine! Dans les pires moments de torture, je repense à la mouche de Wittgenstein, celle qui nous personnifie et qu'on a mise soi-même dans le fond d'une bouteille pour voir comment elle va s'en sortir. Plus qu'une semaine!

(En passant, sur la mouche, Jean-François Malherbe donne à penser autrement, humainement dans Le Nomade polyglotte.  Passage. )