31 mai 2010

La fumée atteint Montréal

Le monde est petit. Le Québec est minuscule. Je suis revenu tard de la cambrousse. J'étais à pitonner quand, il y a environ 30 minutes, une odeur de boucane s'est manifestée soudainement. Je n'ai pas tout de suite pensé aux feux de forêt. Je suis sorti à l'extérieur vérifier. Incroyable. De l'effet papillon à l'effet hipopotamtam.

29 mai 2010

L'épaisseur du pouvoir

À lire le billet de Jean Larose dans Le Devoir de ce week end... Au passage, j'ai formulé un bref commentaire au sujet de la radio plate qu'est Espace musique ...

Les héritiers du refus

Jean Larose
29 mai 2010

Une lettre circule, Le mépris des revues culturelles, contre la politique du ministère du Patrimoine canadien. Désormais, le Programme d'aide aux magazines artistiques et littéraires ne subventionnera que les publications qui se vendent à plus de 5000 exemplaires par année. Cela exclut la plupart des revues culturelles. Toutefois, le ministère propose aux perdants un soutien en «innovation commerciale», moyennant la présentation d'un plan d'affaires. (...)


samedi 29 mai 2010

Testament falsifié
Je partage chacun des énoncés de ce billet « politique » et j'apprécie l'écho des noms cités tel que ce Walter Benjamin, philosophe étampé comme un fossile sous les rares cyprès du blanc cimetière de Portbou et Jean-Guy Pilon, poète, homme de la « voix dépassée » qui osa partager concrètement cette idée avec le public, à savoir que la vie dans les livres à la radio est, curieusement, proche de la lecture et de la liberté... Nous sommes captifs de ces messieurs dames de la cote d'écoute et des cueilleurs de bonis, surfeurs ignares de la distraction que l'on décore de la Légion d'honneur et qui font triper les « classes possédantes » de ce pays. Espace musique est en effet une radio plate et dix ans après sa création, les seules émissions musicales qui retentissent sont celles-là mêmes qui existaient jadis : le jazz et les concerts classiques.




28 mai 2010

Tempête : vidéo souvenir du lancement

Ève Cournoyer lance Tempête from E Fondanesche on Vimeo.

Quand Patrice Desbiens tousse, c'est tout le Canada-français qui a fret


Noticias





Satori à Montréal : les mots de Patrice Desbiens

L’homme invisible et ses cascadeurs au Lion D'or le 30 mai

Le dimanche 30 mai à 20 h, la 11e édition du Marché de la poésie de Montréal, le Festival de jazz de Québec, L'OFF Festival de jazz de Montréal et les éditions Prise de parole présentent Satori à Montréal : les mots de Patrice Desbiens.

L'homme invisible (Patrice Desbiens) réapparaît sur les planches du Lion D'or, pour un soir seulement, flanqué de ses cascadeurs de l’amour Isabelle Blais, Nathalie Lessard, Yann Perreau et Alix Renaud.

Les auteurs-composteurs-interprètes Ève Cournoyer et Cindy Doire chanteront quelques poèmes de Desbiens

Un quartette jazz mené serré par le réputé contrebassiste Normand Guilbeault accompagnera la lecture des morceaux choisis dans l’oeuvre du célèbre écrivain franco-ontarien.

Ce spectacle unique nous revient en force avec la participation de la comédienne Isabelle Blais (C.A., Les invasions barbares, Borderline) et de l'auteur-compsiteur-interprète qui s’ajoutent pour la première fois aux artistes de Satori.

L’événement sera d’autant plus remarqué que le célèbre poète prendra lui-même la parole aux côtés des quatre musiciens et des cinq interprètes. En plus d'Isabelle Blais, les textes de Patrice Desbiens seront déclamés par Nathalie Lessard (récente lauréate du prix de l’Institut canadien de Québec – Prix d’excellence des arts et de la culture de la ville de Québec en 2009) et par Alix Renaud, poète et diseur de Québec.

Les mots du célèbre parolier de Chloé Ste-Marie et de Richard Desjardins seront accompagnés par la musique d'un quartette jazz de haut calibre : Normand Guilbeault à la contrebasse (album et tournée Kanasuta, avec Richard Desjardins, Normand Guilbeault Ensemble : hommage à Mingus), Vincent Gagnon au piano, Raynald Drouin aux percussions et Joe Sullivan à la trompète.

Ce spectacle, une création originale de Simon Couillard, a auparavant été présenté au Largo Resto-club (2008), au Café-spectacles du Palais Montcalm dans le cadre du Festival de jazz de Québec (2008) et au Lion D'or, dans la programmation du OFF Festival de jazz de Montréal (2009).

Les billets sont en vente sur le réseau Admission, à la billetterie du Monument National, chez Cheap Trills et Atom Hearth.

Billet : 25$ en pré-vente et 32.50$ à la porte

Informations:

Michael La Chance
418-575-4451

26 mai 2010

Parc national du Mont-Orford : Victoire citoyenne!









S
'adressant à la foule
nombreuse venue protester contre la privatisation du parc du Mont-Orford, l'écrivaine Marie Laberge avait dit : « Cette histoire est mal partie, mais elle pourrait se terminer très bien grâce à vous ».

On ne pouvait pas mieux appeler de ses voeux ce qui vient effectivement de se produire : nous pouvons célébrer la VICTOIRE!

Voici ce qu'on peut lire intégralement dans un communiqué de la Coalition SOS Orford en date du 25 mai :

Quatre ans après le début de cette saga, SOS Parc Orford crie enfin Victoire!

Le projet de loi 90, Loi concernant le parc national du Mont-Orford, a été adopté le 25 mai 2010 par l'ensemble des députés. Cette loi décrète notamment le retour des 459 hectares exclus à l'intérieur du parc national du Mont-Orford. Après quatre ans de saga, la Coalition SOS Parc Orford peut enfin célébrer le retour des terres. Le respect de l'intégrité écologique et territoriale du parc est maintenant assuré.

Rappelons qu'une pétition de 86 000 noms a été déposée à l'Assemblée nationale le 2 juin 2006 demandant le retour des 459 hectares dans le parc. S'ajoute à cela trois grands rassemblements populaires, dont celui dans les rues de Montréal en avril 2006 qui a réuni plus de 12 000 personnes.

SOS Parc Orford tient à remercier et à partager cette victoire avec tous les citoyens(nes) qui ont donné leur appui, sans oublier les nombreux artistes, avocats, donateurs, manifestants, experts, groupes environnementaux, bénévoles, etc. Aujourd'hui est un grand jour pour l'ensemble des citoyen(nes) qui ont à coeur la conservation de leur patrimoine.

Cette bataille aura marqué l'histoire de la conservation au Québec. Jamais plus un gouvernement n'essaiera d'exclure ou pire, de vendre, des terres protégées légalement. Sans aucun doute, les citoyens et les groupes demeureront vigilants quant au futur de l'ensemble du réseau des aires protégées au Québec.

Tous les sympathisants de SOS Parc Orford sont invités à la prochaine assemblée annuelle le samedi 11 septembre prochain qui aura pour but de mettre fin aux activités de la coalition.

LA COALITION SOS PARC ORFORD


Yé!

Un grand merci aux militants de Bonsecours et des environs qui ont maintenu avec courage les voiles de la protestation malgré les vents contraires et les gros intérêts en jeu. Merci à Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs d'avoir à la fin dignement réparé la grossière erreur de Jean Charest en 2006.

Photo jd, Mont-Royal, 22/04/2006



25 mai 2010

Rencontre



Sur la pointe
des pieds et du bec,
tour à tour
gris bleu mésange
et pic chevelu,
la tête renversée,
pour sur-vivre
Le temps de le dire.

«Parle-moi. Parle-moi. »






Rencontre

Beaumarais, noble poète contemporain,

Fier chevalier de sa langue et de sa

tribu,

Remarquable et profond par ses dires certains,

Laisse sur son passage encré de sabots, son

vécu.

Qu’importe son âme voyageant partout ses états.

De sa voix chaude, enjoliveuse et grave,

Il se doit de déclamer une tirade.

L’existence de sa mémoire

survivra.

Je l’ai lu, je l’ai entendu et je l’ai reconnu.

Vibrant, touchant, émouvant, j’étais émue.


Jo





Photo jd, Ste-Anne-des-Lacs, 23/05/10



22 mai 2010

Maxime Catellier paraphrasé : «(...) un train peut en révéler un autre, qui disent. »





Je le dis comme je le sens, depuis la mort de l'hebdomadaire ICI au printemps 2009, l'humble lecteur que je suis s'ennuie de la plume à la fois exquise et papier verré de Maxime Catellier, ce jeune  écrivain qui y dirigeait le pupitre des arts et donnait à lire des chroniques littéraires de premier plan.

Ma dernière rencontre avec lui remonte à l'an dernier lors du lancement du recueil de Danny Plourde. Plus tard, en décembre 2009, j'ai manqué d'un poil de party le lancement au Divan orange de l'album du collectif rock Les Fidel Castrol auquel il participe.  il m'arrivait de me demander : que fait donc Maxime Catellier?

J'ai eu la réponse il y a une couple de semaines à mon émission littéraire
La librairie francophone au cours de laquelle Manon Trépanier a recensé le premier roman de Maxime intitulé Le corps de la Deneuve, paru en mars 2010 chez l'éditeur Coups de tête.
« Roman osé, surréaliste... », a-t-elle indiqué.



« Nous avions faim à se couper les mains sur des araignées de mer...»

Photo Sirius-joe, avec son aimable autorisation.

Knock knock knock la réalité passe!


«
En plein milieu d'un rêve exceptionnel
Caressé par Vénus
Bercé par le Père Noël
Brrrr la réalité
Brrrr »

-
Jean-Pierre Ferland, La réalité

Jeudi, retour sans parachute d'un congé sidéral où j'ai joué dans la terre. Trois urgences ont les pieds enflés sur mon bureau. Bah! Minute! Longue pause avec mes camarades attitrés. Y. vient prendre de mes nouvelles. Il s'inquiétait. Sa sollicitude me touche. J'ai les bras ensoleillés et pleins de grafignes. J'ai joué de la hache à travers les branches loin dans ma cambrousse. Dix heures trente-huit: merda! J'ai oublié le rendez-vous à la demie pour mon évaluation de rendement annuelle! La salle Abitibi??? C'est à l'autre bout du corridor! Où est mon dossier, calvaire? On vient me chercher avec petite fureur dans les yeux. Je sors de cette rencontre à midi avec deux nouvelles actions sur les bras à faire tu suite! Je passe en vitesse à la cafétéria à 13 h chercher un lunch que je bouffe sur le pouce à mon bureau. J'ai même pas faim. Et bref, ça scalpe vite en maudit mon petit bronzage frais émoulu, ma belle sûreté de gars dispos. Puis les fils de la machinerie se recomposent comme les réflexes du chien de Pavlov dans cette tête que je ne portais plus depuis sept jours. Je décline avec regret l'expresso de trois heures que JDM et moi prenons habituellement en vitesse chez Juliette, avec Juliette. Réunion impromptue à 16 h à mon poste! Ça décale d'autant la rédaction du projet qu'on m'avait demandée pour 11 h ce matin! Aux gars de la section qui quittent, je dis : les Canadiens vont l'emporter ce soir. Pouah!, réplique Nico, vous allez avoir un pied dans la tombe! Je bosserai intensivement jusqu'à 19 h passé. À la fin, j'ouvre quelques-uns des 84 courriels accumulés. Ah! Il y a celui de Stef. reçu la veille qui rappelle que c'est MAINTENANT le souper de départ à la retraite de l'ami et collègue Ducharme? Heureusement que je l'ai vu! Je croyais que c'était le 25. Mon bureau est un bordel. Je range tout ce qui est « protégé ». Tant pis pour le match, je file tout de go au resto grec rejoindre mes collègues. Je n'ai pas un sous qui m'adore dans les poches. En mettant le pied au Carré St-Louis qui n'est pas carré, je pense au roman de Mistral. Je salue Émile en passant. Je croise Vic Vogel, on se dit allô, il est de très bonne humeur! À défaut de vin, j'achète deux St-Ambroise au dépanneur avec ma carte de crédit. Ducharme est vraiment content de me voir. Je donne un bec en pincette à la belle Hé! Je l'ai fait pleurer trois fois en parlant du devenir soi. « Deviens qui tu es ». Oui! Oui!, dit-elle. J'adore cette fille aux cheveux immaculés. En cognant tigne tigne tigne avec une cuillère sur un verre, Mario le kid communique à point nommé les résultats du Canadien. Yé! YÉ! Je quitte la Cabane grecque le cœur léger vers les 22 h. Sous la demi-lune un peu cantée au-dessus de la rue St-Denis, manifestement de bonne humeur elle aussi, cris, klaxons, claquements des petits drapeaux accrochés aux chars des valeureux partisans confirment la victoire écrasante! Je pense à Nico! Je me retrouve au métro entouré par des cohortes de bleu-blanc-rouge encore suintant l'exubérance des gradins du Centre Bell. J'en ai interviewé un qui m'a raconté l'ambiance, donné quelques faits saillants; puis j'ai dit à un autre avec le fer à cheval peinturluré dans la face : ça va te faire de la peine de te débarbouiller tout à l'heure? Pas grave, je vais recommencer à la prochaine partie! Il faut qu'une émotion collective zèbre parfois cette ville pour que tombe le quant-à-soi des voyageurs qui ordinairement ne s'adressent pas la parole dans le métro. Mais il faut bien reprendre l'ordinaire chemin du retour à la maison. Je plonge dans ma lecture. Les Bienveillantes. La guerre continue. Tiens, le tilleul dans la cour est en fleurs.