30 juin 2015

Le bruit des arbres

Juste à voir la bande-annonce, ça m'atteint.

Dette


On tombe parfois heureusement sur les mots des autres et l'on est séduit par l'à-propos, l'agilité, l'élégance... On contracte une dette. Le transfert est un jeu de billes. On est renversé par l'audace qui sacre à grands coups de Jarnac, cela est loin d’être sournois, dans la langue exposée aux quatre vents sur ces grands lacs majuscules de feux vifs comme des milliers d’yeux sous la lune, comme des peaux trouées de verbes dépeignés, équarris, que l'on défendra jusqu'à la lisière du jour, jusqu'aux creux des murmures de nos prochaines petites morts tendres si ponctuées, si populeuses de simagrées étranges, de malentendus, de tas de roches. Ainsi tangue le miroir dépensier dans le compte-gouttes de la tribu aux masques d'écrevisse pour le bon usage de nos soirs penchés vers l’amoncellement de plumes et de prières, poussières de silence à venir, brume à rebours d'encre inconsolable dans la barque du temps disparu, menée pourtant tambour battant comme une exclamation, quasiment comme un poème. Mais toujours, cette griffe qui strie le parcours incertain comme un appel à double tranchant vissé au corps, à la présence bien trop brève de nos amours porteurs de flambeaux. Pour s’échapper, une bonne sainte chance qu'on tombe parfois, la nuit surtout, sur les mots des autres.  



29 juin 2015

Mister Jamie Cullum de retour au Festival International de Jazz de Montréal

Jamie Cullum sera en ville le 1er juillet à la Maison symphonique dans le cadre du FIJM. Je lai d'abord vu mettre le feu au Spectrum en 2005, ce fut surprenant! Puis, à la très feutrée, sinon froide salle Maisonneuve en 2006 et ce ne fut rien de moins que renversant! (J'avais d'ailleurs griffonné un mot sur mes impressions au lendemain de ce spectacle sur le Train http://jack-jackyboy.blogspot.ca/…/jamie-cullum-ou-lappel-a…).

Nous irons le revoir cette année avec joie. Plus vieux, plus fou, encore plus vivant, de quel bois, en tout cas, on s'attend à une belle soirée d'été qui grouille! 

On peut le voir ici live en formule big band à Vienne en 2014. Voir entre autres comment ça chauffe vers 1:15:26 : 

28 juin 2015

Message tendre

Trop loin l'Irlande, à la voix claire, Claire Pelletier avec Richard Séguin (1997).

Pierre Curzi au 21e



Les interviews de fond à la radio et sur le web de Michel Lacombe à son 21e sont toujours amples et d'un vif intérêt. Au retour de ma cambrousse hier soir en auto, j'ai pu suivre avec bonheur la radiodiffusion de la rencontre avec Pierre Curzi, comédien, syndicaliste à l'Union des artistes et homme politique, « homme de principes » pour reprendre le titre de l'interview qui date d'avril 2015.

À mi-chemin de l'entrevue, vers 28.50 (cf. le site de Rado-Canada), Curzi remémore sa rencontre marquante avec le cinéaste Glles Carle (1928-2009) qui lui a tout appris du langage cinématographique. Puis, le comédien rappelle que le réalisateur des Plouffe, ce « grand professeur de liberté » comme le dira Lacombe, s'intéressait au plus près à la poésie. Il a cofondé avec Miron et d'autres camarades les éditions de l'Hexagone en 1953. Et l’on saisit d'autant le souffle qui anime Chloé Sainte-Marie, la muse rousse et flamme de Carle, en cette saison de À la croisée des silences.

Je relève à main levée le plus fidèlement possible ces quelques extraits de Curzi : « [...] tu te rends compte qu'être dans l'univers de la poésie, c'est profondément vivifiant et révolutionnaire. [...] Je pense que la poésie, c'est porteur de rêves et d'énergies, et c'est extraordinairement dynamique. [...] Les veines de la poésie, c'est les grandes veines de la société, c'est les grandes veines du comportement humain. »   
       

25 juin 2015

Orni qui mal y chante!

Encore un peu de musique en ce lendemain de Fête!
À vous Monsieur Philippe B.

La mer anglophone

Échos fraternels américains. 

David Vermette publiait hier sur sa page FB le fleur de lysée québécois avec le commentaire suivant 
« Today is la Fête Nationale du Québec. French-Canadians and Franco-Americans throughout North America also celebrate it as la St-Jean Baptiste. Bonne fête à tout le monde !
We’ve heard a lot about flags this week. I’m not a flag waver by inclination so why do I display this flag today? What does it mean to me?
With malice toward none, with charity toward all, it means that I support the right of Québec and all North America’s Francophone and Franco-gene peoples to defend our language and mores against cultural hegemony. It means opposition to empires and their colonial wars. It is a bulwark against monoculture and the Wal-Martization of North America. It means that great empires do not get to declare arbitrarily which ethnic groups are “superior” to which and therefore which ones are to be assimilated deliberately to the dominant culture “for their own good” (cf. Durham Report, 1839).
It means that there remains some corner of North America where people pronounce my name correctly, and understand my family’s history, and where the proper names found in our histories and geographies evoke more than a blank look. It means that all who struggled for all of these reasons above over a period of centuries did not struggle in vain. We honor what is honorable, correct what is correctable, and remember what is memorable. »

24 juin 2015

Vivre debout!

«Boire et dormir debout comme font les chevaux
Le pas de liberté inscrit dans leurs sabots »



« Vivre… Vivre debout
Pour me survivre
Délesté de mes vieux tabous
Mais le coeur toujours prêt à suivre
Le pas pressé du caribou
Vivre… Vivre debout!
Vivre la peur fermée mais la conscience ouverte
Sur l’horizon tremblant entre hier et demain
Vivre entre le début et la fin du chemin
Les cinq sens au repos, le sixième en alerte
Savoir trois électrons que j’appelle mon âme
Joueront au joli jeu de l’immortalité
Voir l’avenir… rêver d’être et d’avoir été
Et mon coeur qui s’entête à tirer sur les rames
J’apprivoise le temps en réduisant l’espace
Et sans me retourner pour entrevoir le port
Ce passage obligé qui se prend pour la mort
M’apparaît lumineux comme l’oeil d’un rapace
Vivre debout et prêt à partir à toute heure
Boire et dormir debout comme font les chevaux
Le pas de liberté inscrit dans leurs sabots
Puisqu’il y a toujours péril en la demeure
Pour défendre trois mots que disait mon grand-père
Apportés par chez nous au temps de Rabelais
En forme de rondeau, ballade ou triolet
Pour que mon petit-fils apprenne au secondaire
Que c’est en perdant ça que les peuples se meurent
Mais que c’est acadien de survivre au danger
Qu’être chez soi permet d’accueillir l’étranger
Et qu’il y a toujours péril en la demeure »
-  Gilles Vigneault