12 décembre 2007

Des étoiles et des mots


Quels beaux vers

bus, zieutés

ce soir,
par les Fenêtres Ouvertes,

entresignés sans guillemets
la Fée Blackstick
mais en lien, semble-t-il,
avec Howard Pyle,
anyway :


«Tonight, his coat was half opened;
The snow was falling on his heart.
And our heads....without swords,
were covered with words and stars





08 décembre 2007

L'Âge des ténèbres







Séance de 19h05 du premier samedi suite à la sortie en salles québécoises de L'Âge des ténèbres. Salle 1, archi pleine, au Cinéma Boucherville. J'ai adoré.

N'en déplaise à la kyrielle des critiques qui ont démoli le film et le réalisateur. «Film de trop», a-t-on pu lire en France. Film décousu dans Le Devoir de ce week end! Je nuance moi-même ce que j'ai pu dire chez marmelades (avant de voir le film) à propos de «l'argenterie» et de la grosse patente qui, je le craignais, rendraient le propos moins pertinent.

M'a fait penser à Fellini pour la magie. Écriture fine. Labrèche est épouvantable! Quel acteur de toutes les gammes. Les actrices sont belles. On rit. On pleure. On pense. Le stade olympique enfin consacré bête politique aux plus hauts sommets de la bêtise. La critique sociale est à double sens. À la fin, les images touchantes du Bas-du-Fleuve replacent l'imaginaire à sa source.

Scène d'une pomme pelée si lentement après l'avalanche du trafic de l'enfer quotidien.

Jean-Marc Leblanc, le personnage principal, dira que nous vivons un temps de désintégration. Ce faisant, je n'estime pas que ce propos rejoint la droite «lucide», comme je l'ai lu. Façon de dire autrement que nous sommes au coton! Puis il y a bien eu dans les journaux, l'été dernier, la manchette faisant état d'au moins 71 lacs contaminés dans la Belle Province! Entre autres!!!

Il y a bel et bien une sclérose, une amiantose, quelque chose qui cloche du côté du droit administratif, là où s'exerce le pouvoir discrétionnaire des fonctionnaires. Les fonctionnaires, policiers, professeurs, médecins compris, ou simples commis et agents, s'occupent de la prunelle de nos yeux, comme le dit Michel Chartrand, c'est-à-dire nos enfants, nos vieux parents.

Mais on rogne. Ou bien on niaise avec du feng shui pour remonter le moral des troupes!

Depuis la tache à Thatcher, le pouvoir politique en Occident trouve que l'État libéral a trop de gras. Et puis à gauche, qu'est-ce que l'on propose de radicalement populaire? Plus d'État pour le bien commun?

Nous avons tous une vie trop compliquée pour les dirigeants «socio-économiques», ces «efficaces» champions de l'endormitoire politique, ces conservateurs imbéciles qui «livrent la marchandise», mais à qui? Pour qui? Pourquoi? Pour faire rouler l'économie, comme le chantait Dédé?

Les solutions ne viendront peut-être pas de la politique, en effet. Ça me semble être un élément de réflexion et de désillusion persistant chez Denys Arcand.

Ma blonde aussi a adoré ce film. Plus que Les invasions barbares. Des spectateurs ont applaudi après la séance! Je ne vois pas cela souvent.

Ce film n'est peut-être pas parti pour gagner un Oscar. On s'en fout! Il a une facture à la fois très moderne et«trop» québécoise. On ne demande pas non plus au meilleur réalisateur québécois de frapper des grands chelem à tous les coups. Qu'il veille seulement au grain!

Le réalisateur de Gina est au jardin. C'est une grande chance que l'on a. Il nous montre un jardin, le remarquera-t-on, où une tête blanche de vieille est en train de biner, n'est pas, en tous les cas, emmurée à l'hospice...

Arcand se salit les mains et pousse une brouette de paille. C'est nécessaire, la paille, pour renchausser. L'hiver viendra. Le printemps vaincra imperceptiblement! Enfin, peut-être. Peut-être bien.

Photos officielles de l'Âge des ténèbres publées dans divers médias.

Mur à l'os


J'ai Vanier le malcommode dans la tête.
Or à défaut d'avoir le temps de lire et d'écrire,
je publie, avec son aimable autorisation,
deux photos célèbres de Rolland Vallée.

Il m'en a fait parvenir quelques autres
qui ne tomberont pas dans l'œil d'un aveugle.

Merci Rolland
avec deux ailes.

Cliquer sur la photo pour lire le poème.



Photos-murales Denis Vanier : Rolland Vallée (2004)


07 décembre 2007

La vie aux fous

Je suis pris
de tous bords
tous côtés
ces temps de scie

j'allais oublier de relayer
dans le ciel de la poésie
ce communiqué
que voici et-t-et
y incluant tous les sic


Le congrès annuel de déso rientat ion du parti neorhino.ca

Date:
Dimanche le 9 décembre 2007

Heure:
14h00 à 18h00 Congrès de désorientation .
18h00 à 20h00 Souper et projection d'un film

Lieu:
Montréal
Casa obscura
4381 Papineau / coin Marianne
(514) 527-0592

Réservation:
Site internet: www.neorhino.ca
Qu'est-ce que c'est exactement:

Afin de ne pas s'égarer, nous nous limiterons à aborder un seul sujet:
il sera donc question de n'importe quoi en particulier et de tout en général.

Un des n'importe quoi a pour objectif la création des prémisses
d'un spectacle politique à présenter
à travers le Québec et le Canada.

Vous avez des idées, vous avez envie de rire, vous aimez les soupers gratuits avec vos enfants, vous en avez marre des gouvernements minoritaires-totalitaires, vous pensez souvent au sexe, vous croyez avec une foi des plus grammaticale que cette phrase
se termine avec le point d'interrogation qui suit ?

Je vous réponds tout de go : Bienvenue à notre congrès
P.S. Les enfants sont invités à partir de 18h00

N.B. Vous êtes invités à imprimer et distribuer ce courriel si vous en avez envie

Nous excavons la nuit





Dans le brouillard éclopé de l'hiver
comme un grand fanal givré d'espoir déçu
accroché à la faille des mots engourdis,
une fille poudrée d’espagnol rêve tout haut
de mer infinie...

Le ciel ouvert capote dans le jour gris
comme un crabe replié dans la phrase
qui ne sort pas de la bouche
pleine de coupures, de sable enneigé

Ce soir, peut-être, la lune revêtira sa peau de Chinoise.
Tout se confondra, se mordillera, s’annulera.

La chevelure de la Tsigane aura des reflets orangés.

Y a-t-il encore des griffes sur mon front, se demande-t-elle?

«J’ai perdu mon tambourin, ma flamme
sur le chemin où gigote le sauvage»

Nous excavons la nuit, se répète-t-elle!

L’horloge est bel et bien désaccordée.
Violon mordu, maudit par la fourche d’argent

L’arcanson de la solitude s’égraine
parmi les pierres muettes

Voilà les pauvres mots de coquilles,
souvenirs de bagarres, de grottes
de roches au fond de la voix

Et les jeux d’enfants sont des fossiles
entre les fougères qui ne vomissent plus charades d’oiseaux

Nous excavons la nuit, pense-t-elle,
dans la tête du monde à part cela

Que restera-t-il à l'aube de ma vingtième année?

La fille caramel, gitane, espagnole, esquimaude...
se carambole les pupilles

elle se déshabille dehors, mais pourquoi alors?

Elle est flambante sous le froid
bleuie sous la pluie

Elle plante des plumes sur le dos du chant des perdrix
Elle a de la terre des jardins d’autrefois sous les ongles

Elles s'est perdue
entre vous et moi!

Dans le brouillard éclopé de l'hiver
comme un grand fanal givré d'espoir déçu
accroché à la faille des mots engourdis,
une fille poudrée d’espagnol rêve tout haut
de mer infinie et de cordées de bois...

Photo Amourable avec son aimable autorisation.

03 décembre 2007

L'Utopik coule à pic




Alphonse.

Alphonse est un jeune touriste Français qui séjourne à Montréal depuis quelques mois. Il gagne sa croûte et son grabats en travaillant comme bénévole comptable au café l'Utopik, rue Ste-Catherine, deux pas à l'est d'Archambault.

Jeudi dernier, Alphonse me reçoit derrière le bar. Il m'explique, découragé, que les heures du café si cool sont comptées!

Alors que je commande ce qui risque d'être ma dernière soupe aux lentilles noires bio granolla, Alphonse me déboule une histoire pleine d'échardes que je ne comprends qu'à moitié.

Je ne sais pas grand chose de l'Utopik sauf que c'est est un organisme à but non lucratif qui offre à tous les groupes d’intérêt social un endroit où se réunir, discuter et organiser diverses activités dont plusieurs petits show très l'fun. Par exemple, il y a deux ans, les mardis soirs, après mon cours en éthique, j'arrêtais pour les jams de musique celtique. À chaque fois, une quinzaine de musiciens nous faisaient vivre un Montréal irlandais. C'était chouette. On y gérait également une auberge jeunesse. Ce qui conférait à l'endroit une ambiance jeune et cosmopolite.

Alphonse affirme avoir versé à l’organisme qui chapeaute L’Utopik l'argent mensuel du loyer. Il semble qu'il s'est creusé un trou d'évasion dans le porte-feuilles. Or les huissiers venaient de passer au moment de ma visite. Il manque 120 000 $ dans la caisse d'amour et de bouffe!

«Tous les employés et les bénévoles se sont fait baiser», ajoute Alphonse, indigné.

S't'écœurant!

Une jeune fille occupée à la cuisine dont j'ignore le nom me dit : «On va essayer de repartir l'endroit sous une autre base».

Je suis allé m'assoir pour avaler ma soupe épaisse comme du chocolat. Quelques gars de la Bande à Gaza pratiquaient tranquillement leur toune à la table d'à côté. Leurs belles guitares pleurante m'ont foutu la nostalgie. Je suis peiné que l'Utopik coule à pic!


Post Scriptum : Plusieurs lecteurs demandent encore ce texte. Depuis le printemps 2008, heureusement, L'Escalier fait suite au naufrage. Le même collectif d'employés y oeuvre. Je croise parfois Alphonse qui a l'air de bonne humeur. Cf. cette entrée sur Train de nuit : http://jack-jackyboy.blogspot.com/2008/03/lescalier-est-ouvert.html
jd, le 6/08/08.



Photo et vidéo : jd.

02 décembre 2007

Les Carolinades en beauté



Lancement hier, dans l'Ouest de la ville, du premier recueil de Caroline Legault intitulé Tricot sacré.

Karo nous a concocté une soirée littéraire populaire dans le sens fort du mot. Devant une salle remplie, extraits du livre joués par des comédiens sous forme de courtes carolinades, frottage de mains, chanson de Karo sur les blessures de l'enfance... Beaucoup d'amour, de beauté, de générosité.

Merci Karo, l'artiste!

Bon séjour en France!

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À la demande de Karo, quelques photos supplémentaires en guise de souvenir.


Caroline émue!

Michel Tétreault, Karo.

Nina, l'actrice.

Karo, la chanteuse.
















La fameuse séance de frottage de mains! C'est bon
pour l'âme! À l'avant plan, le papa de Karo qui,
plus tard, montera sur scène pour féliciter sa fille!
Que de beaux moments tout au long de ce lancement
de livre tricoté serré, pas comme les autres!


Photo : jd.