12 avril 2016

Denise Boucher, aujourd'hui, en sa Boîte d'images

Hier soir, lors d'un bref échange cordial après une réunion, de façon tout à fait imprévue, il s'est adonné que je glisse le nom de Denise Boucher (que j'aime beaucoup). Je l'ai rencontré à trois reprises. Une fois, elle m'a dit : « C'est toi le vrai Jacques Desmarais... » Et voici que ce matin, dans mon journal, une belle grande page lui est consacrée. J'ai entre autres beaucoup apprécié le petit bout sur les lamentations...


POÉSIE

La fée, sa vie, le temps, sa soif d’images

Denise Boucher, l’auteure de la pièce à scandale «Les fées ont soif», publie un nouveau recueil


Catherine Lalonde, Le Devoir, 12 avril 2016 | Livres


À 80 ans bien sonnés, Denise Boucher publie «Boîte d’images» (L’Hexagone), un septième recueil, fait de poèmes écrits au fil du temps, à différentes époques.
Photo: Annik MH de Carufel Le DevoirÀ 80 ans bien sonnés, Denise Boucher publie «Boîte d’images» (L’Hexagone), un septième recueil, fait de poèmes écrits au fil du temps, à différentes époques.
Denise Boucher
Boîte d’images
Denise Boucher
L’Hexagone
Montréal, 2016, 176 pages

11 avril 2016

Misère rouge : l'appel de Serge Bouchard

Serge Bouchard, anthropologue et homme de radio :

« Par où faudrait-il commencer pour décrire le désespoir qui se retrouve dans les communautés autochtones isolées? L'actualité traite des affaires d'Attawapiskaten Ontario, de Makwa Shakaiegan en Saskatchewan, de Pikangukum près de Kenora, de lac Simon (Cimo Shakaygan) en Abitibi, sans jamais entrer dans le vif du sujet. Qui sont vraiment ces gens, où se trouvent ces communautés, pourquoi sont--elles dans un pareil état de désolation, d'où originent ces vagues de suicides? Cela fait quarante ans qu'il y a urgence dans le Nord. Drogue, alcool, absurdité, anomie sociale, perte du sens de la vie, perte des langues, des cultures, des identités, pertes de vies, abus contre les personnes vulnérables Il nous faudrait un véritable coup de barre dans notre volonté et notre sensibilité politiques et porter une attention plus juste à ces réalités. Cela n'existe pas des autochtones en général. Ce sont des peuples, des communautés, des gens. Il y a des Cris de la Baie James à Attawapiskat, des Ojibways Anishinabes à Pekangikum, des Cris de l'Ouest à Makwa Shakaiegan, des Algonquins Anishinabes au Lac Simon. Oui, des peuples et des cultures, là où il faudrait tout reconstruire de ce que la politique et l'histoire ont démoli. Immense projet de désintoxication historique, de redressement des torts. Il faut ramener la fierté, valoriser la richesse de l'éducation, retrouver l'énergie créatrice collective, l'énergie vitale tout court. Il faut réintroduire la beauté du monde. La nouvelle génération des différentes nations autochtones a un défi colossal à relever. Cette génération a besoin d'alliés, d'amis et de respect. Elle n'a pas besoin de pitié. Soyons tous fiers de la diversité autochtone, des 
langues toujours vivantes, des cultures et de l'avenir espéré pour tous.»

Facebook, 11 avril 2016.

07 avril 2016

Du sirop d'érable avant le déluge

Photo Jacques Desmarais, Béthanie, 13 mars 2016.


Roméo Bouchard  : Le GOÛT d'un PAYS...

« Je sors de deux jours de tournage avec mon fils, pour un long métrage documentaire de Francis Legault sur LE GOÛT D'UN PAYS, sous un froid hivernal sans doute typique des exrêmes d'un climat surchauffé: le sirop d'érable et la cabane à sucre comme marqueur de l'identité d'un peuple modelé par l'hiver, qui se reconnaît dans ces peuplements nobles et fragiles de grands érables centenaires qui rougissent à l'automne et marquent la fin de l'hiver avec leur sucre magique devenu le SUCRE DU PAYS, et dans ces feuilles en dentelle qui sont devenues le symbole que l'occupant nous a dérobé, comme tout le reste, y compris le nom de Canada et Canadiens qui servait depuis les débuts à désigner ces bizarres de Français méconnaissables après les hivers passés dans ce pays du froid.

Cette cabane à sucre bâtie de nos mains et cette érablière dont nous connaissons, mon fils et moi, chaque arbre, est notre chez nous et ce qui nous reste du Petit Pays où je suis revenu refaire mes racines et ma tête, mais elle n'est déjà plus qu'une épave, un iceberg perdu en train de fondre dans l'océan de consommation et de facilité qui est en voie de submerger notre planète, une sorte d'arche de Noé comme celle de la Bible: "on mangeait et buvait, prenait femme et mari, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche et les gens ne se doutèrent de rien, jusqu'à l'arrivée du déluge, qui les emporta tous."


Je suis plus convaincu que jamais que l'industrialisation et la commercialisation mondiale du sirop d 'érable sont en train de dissoudre et de réduire à un folklore cette identité forgée au cours de toutes ces années à préparer l'hiver et à lui survivre. Le sirop d'érable n'est déjà plus le temps des sucres, la cabane à sucre et les réserves de sirop pour l'année: c'est désormais 43 millions d'entailles, 7300 entreprises, 13 500 acériculteurs, 10 000 emplois, qui rapportent près d'un milliard par année à notre PIB et constituent un de nos plus importants produits d'exportation.

Quand je me suis battu, au début des années 2000, avec 400 acériculteurs de l'arrière-pays qui ne voulaient pas de contingentement et d'agence de vente obligatoire dans le sirop, je ne réalisais pas jusqu'à quel point c'était le début de la fin de l'érable comme marqueur de notre identité. Le marché a été stabilisé, mais le rapport au pays et à la Nature est disparu.


Je ne réalisais pas jusqu'à quel point le rouleau compresseur du libre-échange commercial allait rapidement dissoudre partout les cultures et les identités dans la grande soupe toxique du marché et du PIB et entraîner la planète dans un dérèglement général.
Plus que jamais je dis qu'il est temps de réaliser que nous ne survivrons pas, comme peuple et comme espèce, au libre-échange.»

***

Échanges :


Jacques Desmarais M. Roméo Bouchard, j'ai lu au moins trois fois votre beau texte inquiet qui me touche beaucoup et je l'ai partagé avec Jean Paul Damaggio, un camarade français de longue date qui a beaucoup réfléchi et écrit sur les questions paysannes, notamment en filiation avec le paysan Renaud Jean qui fut élu député. Il m'a fait suivre le commentaire suivant : « Le sucre chez vous, c’était pour une part les vendanges chez nous. D’un côté sortir de l’hiver et de l’autre y entrer.
Pour Renaud Jean, si une machine à vendanger était mise au point alors c’était la mort de toute une culture, car le moment de la vendange constituait un grand moment de solidarité rendu obligatoire par la récolte, et favorisant ensuite les autres solidarités.
Merci donc pour ce texte solidaire qui donne une version a-commerciale de la globalisation. amitiés jean paul ».

Roméo Bouchard La comparaison est excellente: les sucres et les vendanges sont deux activités qui n'ont plus aucun sens en dehors du mode de vie d'un peuple et de sa relation au territoire. Le libre échange est un rouleau compresseur; qui vide tout de son sens et de son enracinement: la déterritorialisation.
Répondre25 avril, à 15:44

Bob Dylan, poète

03 avril 2016

L'Arabie saoudite, ce grand ami de l'Occident

Difficile de penser que le ministre des Affaires extérieures du Canada n'est pas au fait de ce qui est révélé dans ce document de Frontline à propos de l'Arabie saoudite.

 http://www.pbs.org/wgbh/frontline/film/saudi-arabia-uncovered/

29 mars 2016

Joe Bonamassa : Bird on the wire (Cohen)

À fond la caisse! Magnifique interprétation entre Shankar et Lamothe de ma chanson favorite de Leonard Cohen!

25 mars 2016

La douce Hélène Dorion par le feu des mots


Magnifique passage qui nous dépasse! Quelque chose du devenir soi ensemble avec les pieds sur la terre feuillée. L'altitude du regard, dirait Vadeboncoeur au nom de tous les pères. L'éphémère finitude en sol majeur. De mémoire, la douceur, l'abandon : « Mais, on le sait, tout est dédié à la saison suivante. »

Merci Hélène Dorion pour ce « vent d'âme ».




22 mars 2016

Visiteuses dépareillée de la France

 Les semaines se suivent, mais ne se ressemblent pas!  

Il y a d'abord eu dans le courant de la semaine du 13 mars la visite de madame Christiane Taubira venue au Québec porter son message hautement éthique et inspirant de Murmure à la jeunesse (Philippe Rey, 2016, 94 pages), livre rédigé au lendemain des attentats de Paris du 13 novembre 2015.  Elle fut acclamée par les jeunes qui l'avaient invitée, comme en témoigne ce papier de Lisa-Marie Gervais  au journal Le Devoir : Christiane Taubira, Une femme sans compromis

Puis, en ce moment, c'est Marine Le Pen qui est dans nos pauvres parages aveuglés.  Elle est venue nous prévenir et nous donner généreusement sa leçon!

Or, hier soir au Gala du Cinéma Québécois, Patricio Henriquez (récipiendaire du prix du meilleur long métrage documentaire pour Ouïghours, prisonniers de l’absurde) a fait lever la salle en improvisant des mots de bienvenue à la grande cheftaine. Magnifique! (Voir l'extrait de la vidéo sur la page FB de A 'salam Alaikom Québec). 
Gala du Cinéma Québécois: Patricio Henriquez sur la visite de Marine LePen.  "Elle se promène à droite...et à droite."  Merci Monsieur Henriquez 󾮞󾮞󾮞
Posté par A'salam Alaikom Québec sur 20 mars 2016
 C'est aussi repris par un journal télévisé français. :