28 février 2009

Demande spéciale : un beau grand slow

Train de vie

Sur mon vieux passage
une note le long d'un corridor
qu'on appelle des Cantons-Hertel...

Pauvres voyageurs vantards
aux oreilles de poney!
Connaissez-vous
une seule maison sans racines
qui ne déblatèrent?

Ce sont des mots indiens
qu’il me faudrait
pour apaiser ma peine
et mon calvaire!

Je plaide avec un affreux silence
à la barre du soir cassé

Je marche sur des brisures de voix

Je suis floué dans le brouillard
et ma talle de thé sauvage
ils me l’ont arrachée des bras!

J’ai la dignité
comme un point qui flippe dans le dos

Je ne m’appartiens pas plus
qu’à Forillon ou Saint-Janvier

Je suis arpenté, axé, exploré,
serti de gabions...

Je perds connaissance
dans les replis du power trip
inondé au mercure

Je perds mon temps
sur le sol balafré
du bébé draveur

Je pleure en écho
comme la pluie en mineur
dans les chaudrons de l’avenir

Voyez-vous les croûtes sur le chemin?
Les paysans incertains, même les défrichés,
font toujours les frais de la fête

Or je fais crac!
Je fais Menaud!
Je plaide : coupable!

Et puis, devenu danseur à gogo,
à quoi me servirait tout ce bois?

Vague lecteur
au pied des roches d’Ely,
loin des chutes et des Innus,
loin de la Romaine et des flots vifs...

Mais quand est-ce que les lauriers fleurissent déjà?

Quand est-ce que ça bouillonne
la liberté dans les feuilles d’érable?

Nous n’irons plus au bois
Ni à Mirabel!

C’est toutt! C’est toutt!

25 février 2009

Térez : c'est magnifique !


J'aime a dire que Térez Montcalm est une compatriote de Tétreauville, un ange couleur Janis. L'ai vue une fois en personne tenir la guitare! Ouf!!! Sur ce nouvel opus, Connection, il nous semblera que Térez joue avec les trous dans sa voix noire, descend respirer jusqu'au sol du puits d'où jaillit une douce clarté si française et gamine - même dans les strophes en anglais -, entre les basses rauques, rocailleuses, roques, l'ipséité blues même de cette voix unique connue jusque dans les Afriques. Je capote avec son interprétation de C'est magnifique! Ça fait mal en dedans et ça chatouille très loin, partout.

23 février 2009

Niva mouVe...


La Nina Louvain d'amour s'en ira demain par les Vieux pays
user un peu beaucoup passionnément
ses rêves de tambours et de vin nouveaux...


Nina lisant mes poèmes au InVivo, oct. 2008. Photo : Sylvain Legault.

Elle prendra les chemins pour risquer sa peau,
son braille sous le manteau

pourquoi je pense au satin de ses mots?

Nina la saltimbanque, elle me l'a dit,
apportera les poèmes Cannibales dans sa valise

Un peu parti moi aussi,
bien au chaud avec Gould...

je ne me lamenterai pas.

Merde, Miss Kiss que j't'aime!

22 février 2009

21 février 2009

Willie Nelson & The City of New Orleans, baby!

F avec un Y a puisé dans ses reer pour acheter une demi-douzaine de billets & lancer un défi à la gagne de gars, celui d'interpréter une toune de Willie sur Ton Tuyau! N'ayant pas spécifié s'il fallait prendre absolument des compositions de Willie, pour moi, c'est tout choisi : ce sera The City of New Orleans (paroles de Steve Goodman). L'air est super connu (emprunté entre autres par Joe Dassin dans Salut les amoureux); la ville, je l'ai dans les veines, et pis le train de nuit, ça passe toujours drette icitte!

Mais pas tu suite, le clip! Pas avant jeudi!! Ça me brûle les lèvres, par exemple!




Autres versions :

1) Arlo Guthrie (2007)

2) Guthrie + desin annimé

3) Version Steve Goodman, l'auteur de la chanson, accompagné de Jethro Burns

4) Super version de Willie Nelson, Johnny Cash, et cie (The Highwaymen)

5) Très belle version solo de Johnny Cash

20 février 2009

J'suis pris jusqu'au cou!

Sorties pour la prochaine ronde de repêchage.

Ne peux pas trop mettre le nez dehors, en effet, surtout pas ce weekend! Je loupe ciné, la grosse partie de quilles pour Patricia et son projet en Ouganda, le slam libre au Quai des Brumes dimanche soir, les oscars, et tout et tout.

Encore quelques jours à bosser comme un n. blanc d'Amérique!

Parlant d'Amérique, je me régale quand même à l'avance en relayant cette annonce de Sorties Jazz :

Marcus Monteiro Quartet de Boston - vendredi le 17 avril 2009 à la Sala Rossa
Billets : 13$ /15$ à la porte (plus taxes) a la Casa del Popolo / 4873 St-Laurent / 514-284-0122
La Sala Rossa est située au 4848 St-Laurent, entre Gilford et St-Joseph

Au sax alto, remarquez bien le jeu de « l'époussoufflant » Jim Robitaille!!




Et pis, à part ça, j'ai donné le feu vert à F avec un Y pour Willie Nelson à la PDA, le 10 avril... Avec Ray Price en première partie qui chantera peut-être Night Life, juste pour me faire plaisir. Willie, lui, y devrait dont me chanter la chanson du cultivateur.

Comme copeaux nés sous la varlope


St-Valentin
en retard :
"J'aimerais jouer à inventer les manières qu'a l'amour de surprendre les gens. Il vient comme Jésus dans le cœur des bouillants, il vient aussi sournoisement, comme un voleur." (61)

"filouter les filles" (200)

"Nous avons vu des cyclistes, enroulés dans les guirlandes de la chanson qu'ils sifflent..." (203)

"Notre-Dame et Mignon enroulaient l'une à l'autre leurs deux imaginations, ils s'enguirlandaient comme deux violons dévidant leur mélodie..." (224)

"(...) non sur ce qu'il aurait dû m'interroger, s'il eût été plus fin ou qu'il eût eu plus de temps, et à quoi j'eusse prévu des réponses..." (219)

"...un bruit de ferraille crochetée." (233)

Projet pour le weekend :
"On danse la fumée. On fume la musique. On boit d'une bouche à l'autre." (250)

Ha! Gestes forestiers !
"Leur vocabulaire était enténébré de formules conjuratoires, leurs gestes étaient faunesques, forestiers, en même temps qu'évocateurs de ruelles, de pans d'ombre, de murailles, de clôtures escaladées." (237)

Pas beau :
"L'aube était grise, un peu grise, peu sûre d'elle-même, sur le point de tomber et de vomir." (252)

"...il pleura de ne pouvoir pleurer." (373)

"Libre, c'est-à-dire exilé parmi les vivants." (374)

Vocabulaire :
gardénal
acanthe
résille
ténias
saphi
gourgandine
roideur
corroder
chapardeur
éventaire
empyrée
décaniller
capeline
filouter
gnon
trôlée
cilice
lampassé
frappe (n)
tavernacle
derviche
amadou
balancelle
gibus
faille
valencienne
arum
feston
bouillonné (m)
coursive
pal
vergue
irréfragable
bastingage
vasque
embastillé
benzine
gouape
empenné
charmille
glycine
cheviote

Coïncidence de ma veille enfance :
"Sa tête roula et tomba tout d'un coup sur sa poitrine, comme celle des bergers de plâtre à genoux sur les troncs dans les crèches de Noël, quand on met une pièce dans la fente." (268)

- Dans les crèches, comme à l'Enfant-Jésus. À la différence près qu'il s'agissait d'un ange de plâtre, non d'un berger. Mon Dieu que cette tête faisant signe après que j'eus déposé 5 cents su me captiver. C'est comme si à trois ans j'avais mis un pied au ciel.

"Penser, c'est faire un acte." (258)

"J'ai longtemps cru que l'œuvre poétique proposait des conflits : elle les annule." (297)





GENET, Jean, Notre-Dame-des-Fleurs, Folio #860, Gallimard, éd. de 1984.

18 février 2009

Lettre d'Émile

Surpris et touché ce matin de trouver un commentaire de mon ancien professeur de poésie au CEGEP, Émile Roberge, mis en ligne sur le site du Flambeau, le 10 février 2009.

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Bonjour,

En furetant sur internet... deux découvertes.

La première: le beau témoignage que tu me faisais dans VOIR d'octobre 2007. J'en ai été ému. Je suis heureux d'avoir des anciens étudiants ayant pris goût à la poésie... qui ont les yeux du cœur tournés vers la beauté: André Marquis, toi et d'autres, un Jodoin (j'oublie le prénom) qui a fabriqué lui-même deux petits livres qu'il appelle "premier" et "second" "Petit livre de rien du tout". C'est riant, original et pas prétentieux du tout. (Un exemple: "Le soleil s'est levé/Je suis parti sur un/ Canard au chant de/Plume./Boème, que c'est/ÉPATANT!
") Puis d'autres qui ne publient pas: Louise Hébert, Sylvain Bélec... Merci encore du plaisir que tu m'as fait. La reconnaissance est une fleur rare qui ne pousse que dans de grandes âmes.

Deuxième découverte; tu as lancé un recueil de poésie.
J'ai hâte de te lire. Tes poèmes s'échelonnent sur trente ans... J'ai fait une démarche semblable à la tienne en publiant, "... mais amour" en 1992, des poèmes de 1970 à 1992. Puis de 1992 à 1999 dans "Noces dans les sentiers". J'en ai un autre qui attend sur le bureau d'un éditeur (1999-2009). J'ai aussi écrit un essai sur le Québec et sa poésie, "Sur la Place publique" (1995), dont les racines viennent de mes cours de poésie et de roman. Avant, en 1989, était paru "La France à la québécoise" (avec André Bergeron, prof au Cégep), un guide touristique.

Si tu passes par Granby, viens me voir.

Amitiés,

Émile

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« Dans les bouches closes de ton coeur, j'entrerai nu, car tu as les mains pleines des fleuves où je m'abreuve.

J'étais là avec toi,
la tête pleine de racines et les pieds
impatients, car le pays enfin rôdait autour! »

- Noces dans les sentiers, Éditions Humanitas, 1999, 111 p.



Signaux

Merci au scribouilleur Jean-Marc qui a rapaillé et publié des extraits de Par les signaux du grand bois dans la revue en ligne Librairie de poésie, numéro 62, janv. 2009. La photo de la page d'entrée (signée Cathy Garcia) amène tout à fait au bord de ce texte qui fut lu à la radio par Michel Garneau. On trouve des commentaires de quelques lecteurs qui ont aimé, d'autres moins. Merci!

14 février 2009

Ken, les yeux clairs



Et puis Ken, le Prince, pour la St-Valentin.


*

Wapikoni à Montréal





Communiqué

LE WAPIKONI À L’HONNEUR AUX RVCQ

Le 21 février 2009, les Rendez-vous du cinéma québécois célèbreront les cinq ans du Wapikoni mobile avec un programme exceptionnel. Plongez-vous dans l’univers autochtone le temps d’une journée!

16h Projection du film Entre l'arbre et l'écorce de Kevin Papatie, en compétition pour le Prix à la création artistique du Conseil des arts et lettres du Québec.
Cinémathèque québécoise – 335, boulevard De Maisonneuve - Salle Claude-Jutra

17h Le réalisateur Kevin Papatie prendra la parole au5 à 7 des Rendez-vous durant la table ronde Un écran trop blanc pour un Québec métissé?
Cinémathèque québécoise – 335, boulevard De Maisonneuve - Espace Cocktail

20h Dans la catégorie Coups de chapeau, les RVCQ célèbrent le 5e anniversaire du Wapikoni mobile par une projection de ses films les plus marquants.
Grande bibliothèque - 475, boul. De Maisonneuve Est - Auditorium

21h Projection du film Des forêts de Kitcisakik aux forêts du Xingù d’Évelyne Papatie.
Cinémathèque québécoise – 335, boulevard De Maisonneuve – Salle Fernand-Seguin.

Cynthia Girard



Où est-elle maintenant cette petite femme tachetée de son sur les joues, traversée de cours d'eau, de rush, de références et de préférences populaires, de mythes à boules à nuites en spirale? Fait-elle toujours bouillir de la suie dans l'eau? J'ai partagé une fois la scène avec Cynthia la poétesse, mais je vois bien par les traces d'écorches qu'elle laisse comme un petit Poucet sur son chemin que c'est la peinture qui la dérange. Cet ange. J'ai son adresse de naguère. Mais ça bouge tout le temps un artiste. J'aime son adresse picotée de narquoiseries. Est-elle encore du côté du mur à l'ombre à Berlin? Est-elle toujours aussi vivante? Aussi surprenante?

À propos de la Secte de la Souris volante, Centre Oboro, Montréal, 2007 :


« Dans ma tête il y a un tombeau et des tableaux. Dans le tombeau il y a des sculptures de style égyptien-western et sur les tableaux il y a ce qu’il y a dans ma tête. Mes yeux sont comme des portes, oui mes yeux sont les portes du tombeau qui est dans ma tête et le cerveau c’est la momie emmaillotée de mes idées mortes mais qui peuvent revenir à la vie si seulement, si seulement on me fait des offrandes. Mais personne ne me donne rien, ils me disent que je suis vivante alors je dois le faire moi-même. Je me peins à moi-même des offrandes pour revenir à la vie en passant par la porte de mes yeux, je me fais des peintures de choses que je désire et dans lesquelles je veux m’inscrire. Je suis Néfertiti, je suis Cléopâtre, je suis vengeresse et surtout peintre et je veux séduire à grands coups de pinceau. »

Cf. le clip Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme, La Triennale québécoise, Musée d'art contemporain de Montréal, mai-sept. 2008. On y entrevoit Cynthia très brièvement, à la suite d'Emmanel Licha et Rapaëlle de Groot.

12 février 2009

« Les nuits abat-jour »



On sème
des espoirs de toutes couleurs
sur nos nuits blanches
et le cœur s’apaise


On me fait suivre un « montage Giguère » en espérant que ça me plaise. Ha ! Ça me plaît en s'il vous plaît, il n'y a pas d'erreur, ça me palise même le palais, du Giguère ! Depuis mes 17 ans. Comme un drapeau qui claque au vent, je m'étais alors frotté la revendication générale avec ce coup de langue qui raviva mille fois mes espoirs de causes à effusions
multiples :

« La main du bourreau finit toujours par pourrir ».

Pas que je connaisse d'un bout à l'autre, loin de là, ce colorieur de mots lapidaires, ce lithographe aux grands cours tranquilles d'images debouttes, ce radical dans l'oeil ouvert, ce maquettiste de nuit hurlant, cet « artiste du maquis », comme le titrait Le Devoir du 6 février 1995.

Je n'ai qu'un seul recueil de Roland Giguère, celui magnifique, étincelant, incendiaire, celui de l'Âge de la parole, Éditions de L'Hexagone, 1965. Il en vaut bien mille car il nous jette tout cru sur le chemin tout court de la poésie naturelle, québécoise, surréelle, chienne et louve et miel, frappeuse de porte... Comme quand la peine bat.

« Chez-moi, le poème frappe à la porte. J'ouvre : il est là. », disait-il.

« Les poèmes appartiennent à ceux qui les aiment. »

Ha !

Même si l'on n'a pas vu les îles promises et les estampes profondes, on le croit sur parole celui qui ne blasphème pas pour rien. Mots de douleur qui se noient dans sa tête avec les défauts de la cuirasse comme lui dans la rivière. «Car les inondations n'attendent pas toujours le printemps ».

Il nous faut continuer parmi les poèmes affreux laissés sur le comptoir qui nous tendent la main, nous sortent du trou.

Je ne peux pas imaginer un artiste qui ne serait pas fraternel.

Tel est le grand Giguère de mémoire vive, de vergeures, d'encre et de marges plantées au cœur de nos forêts brûlantes.

« Pourtant, comme les vrais surréalistes — André Breton l’était-il ? —, il trahissait l’école, la doctrine, le mécanique devoir d’insurrection et donnait libre cours à son espoir d’une humanité totale, intègre, qui aurait la saveur de l’enfance. Une humanité sans les ronces, conçue au profit des petits êtres que nous sommes, par la grâce du poème insuffleur de bonne volonté, de plein amour et d’aucune autre possession que la frémissante liberté du cœur aimé. »
- André Brochu, Liberté, numéro 265, sept. 2004


Merci à Fantôme de m'avoir fait rouvrir le recueil sans rides qui m'est essentiel.

« au soleil un homme debout pesait
le bleu le jaune le vert »
- Le silence au champ, p. 113.



PAROLES ÂGÉES (le montage à Giguère)

Sur les rails de la patience
La raison des pas perdus

Lente mémoire des moments lourds
Limite du silence
Fenêtres d’exil

Ombres idéales des sans secret sans regret
Traits de plumes sur un mur froissé
Mots de par cœur
Histoires de VOIR
La vie prend le train du midi

Avec la patience du sommeil
La courbe du repos

L’encre bleue l’eau morte l’aurore et le sang des garrots
Connaître l’intérieur de ces marais de sang coagulé
Toute idée de boue disparue
Du noir au blanc, qu’un pas, L’OUBLI

AU SEUIL DE L’ENVOL
NOS AILES NÉCESSAIRES
Par un ciel implacable
Pour les plongeurs de cœurs

Simples cailloux noirs de la vie courante
Quatre ou cinq fenêtres donnant sur le paysage nouveau

Sur le ruban de la nuit, une ligne saigne
La pointe diamantée des dimanches hantés

Les fagots du lendemain
Le dernier halo
La rose carnivore
L’oiseau-lame frappe
Le sens du ruisseau

Un anneau solaire dans l’anfractuosité de l’obscur
La lune rouille sous les remparts
" une phrase qui cogne à la vitre "
(d’un oiseau rare)
"TOI QUI ENCRES LA HAINE AU CŒUR DU PRINTEMPS NEUF "

Et viendra l’accalmie

Roland Giguère
L’ÂGE DE LA PAROLE


Photo : Daniel Lessard


Ton regard





 Hier la savane 
était humide
et les nuages 
lapaient le ciel
et puis, 
tu as trempé tes cheveux
puis on a courru
sur la terre
de Faulkner
et puis
rien


l’aube revient
en marchant 
comme un chat
 sur le perron

Ce matin, 
ton regard est triste 









07 février 2009

Midnight mood

Mais...

« Coal can't no fire light in my soul when I ain't got ain't got no love to hold
I'm in a midnight mood »

Bill

Ton nom


Jérémiades à n’en plus finir


tu étais de mèche pourtant

avec les peupliers qui flamboient

dans la nuit exaltée de mes veines

rejet des incendies

dans le ciel bariolé

une seule pensée cognant à la paroi

te prendre...

je produisis des élisions

sur le papier consumé

dans le secret vivace de ta peau

là où les voyelles clignotaient

et le bruissement...

j’ai soudain renversé le casseau

au bord de la troisième dimension

ton nom m’échappait,

depuis l’éternité.

RCA Victor : le reel du matin des noces





03 février 2009

« J'aime les nuits de Montréal »


Montréal vu du haut de la croix


Photos signées par :
Sylvain Legault.

Avec quelques arrangements avec le gars du kodak. Aux malins de lever le voile...
Cliquez sur les images, ça vaut le coup d'œil.




















« J'aime les nuits de Montréal
Pour moi ça vaut la place Pigale
Je ris, je chante
La vie m'enchante
Il y a partout des refrains d'amour »
- Jacques Normand





02 février 2009

Montréal en lumières

Ceci est un scoop...

Un, deux, trois, testing... (photo : Sylvain Legault).


Vous le savez déjà : ce train barouche expressément la nuit dans la ville en forme de boomerang aux trois quarts endormie, pour dénicher la perle rare, l'inédit, rouler les trottoirs, humer l'air, bardasser, ah, ah, siffler à point nommé lorsqu'il s'agit d'entrelacer...

Mais le saviez-vous ? L'aviez-vous remarqué ? Le ciel se couche de bonne heure depuis six mois sur le haut de la montagne! Nouère comme le poêle au-dessus des sapins verts...

Or, bonnes gens, le décompte est commencé. La grande veilleuse, solide comme maison neuve sur ses jambes de Baptiste, est à la veille de remonter le courant. Mille reflets projetés à la ronde jusqu'au-delà du fleuve viendront danser à la belle étoile avec les salamandres du parc et les tam-tams de l'âme.

Déja convertie à la fibre optique en 1992, c'est en ce début février, alors que « la neige est rose comme chair de femme », que la croix du Mont-Royal s'illuminera de nouveau, après une cure de trois millions de dollars et l'ajout d'un jeu de lumière pas mal pété. D'où ma grandiloquence.

Pour marquer les saisons à venir et attiser l'altitude du regard, il y aura dorénavant une signature étonnante, tel le Christ à Rio, des signaux de ponctuation, une douceur de cristal pour les amoureux du dimanche au soir, pas juste du pourpre à la mort d'un pape, câliboire! Il y aura des poèmes bleu blanc rouge gravés d'innocence dans le ciel indéterminé de cette French lousy city. Imaginons les grands défilés le long du tour de l'Île, l'Île de Montréal. Imaginons les clins d'œil. Imaginons l'indépendance au regard bleu qui monte la garde... Sur le chemin de la Remembrance.

Et que l'Amérique soit en voix!



Cf., entre autres, les shift de nuit.

Photo : jd/sl

01 février 2009

SPW, pour les intimes


















Hier soir à la salle du Tohu, il faisait bon se délasser les bottes d'hiver sur des mots et des musiques plein soleil mijotés, brassés, grattés, tambourinés, balancés par les bons soins du trio Small Project Word.

Musiques du monde, certainement : on traverse les Andes et la Bolivie à dos de Charango en alternance avec une kyrielle de mini instruments joués avec énergie par Sébastien Dufour; puis on saute aux States; plus tard c'est un reel québécois très rapide en fusion bluegrass-roots style Kentucky; on fait un arrêt plus politique au Zimbabwe; on flye à Hawaii pour finir en percussions vocales à la sauce de Bumbay... Tout cela coule dans la bonne humeur, avec une touche de jazz et une bonne dose d'humour. Impeccable.

Parlant de percussions (Patrick Graham), c'est subtil, illustratif et pince sans rire : clochettes, carillon, gratton, patentes en bois, cajonito, kanjisa et j'en passe... L'ensemble est tenu à deux mains et parfois un archet par un chirurgien très compétent à la contrebasse du nom de Frédéric Samson.

Ces bons hommes animés par l'idée d'une humanité tissée serrée étaient sur la scène du FIJM en juin 2008. Ils valent le détour.

Quelques extraits ici de leur second album.

(Merci Marco & Sylvain).

Photo : jd

L'insconscient du Bonhomme Carnaval en fuite vers le Brésil avec son petit chat

Dessin de Jacques Desmarais